Déclaration de Mme Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur les bonnes pratiques pour parvenir à une participation pleine et effective des femmes à la vie publique et à la prise de décision, New York le 16 mars 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Visioconférence dans le cadre de la 65ème commission de la condition de la femme (CSW/ONU), le 16 mars 2021

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,


Je me réjouis d'être parmi vous aujourd'hui pour parler de la parité, un sujet qui me tient particulièrement à coeur pour l'émancipation des femmes.

J'aimerais à mon tour partager avec vous quelques réflexions inspirées de notre action publique en France.

Partout dans le monde, nous faisons le même constat. Les femmes occupent une place encore trop réduite dans les lieux de pouvoir et de décision.

Cette situation nuit non seulement aux femmes mais elle nuit à toute la société.

Aux femmes tout d'abord. Parce que les décisions prises ne prennent pas en compte leurs besoins, leurs réalités et leurs aspirations.

Mais aussi à la société. Car elle n'est pas représentée dans toute sa diversité.

Face à ce constat, les mesures contraignantes permettant de faire bouger les lignes ont été prises et sont nécessaires.

En France, elles ont eu un réel impact.

Dans la haute fonction publique par exemple, le taux de primo-nomination des femmes est passé de 32% en 2013 à 37% aujourd'hui. C'est un progrès certes, mais qui reste insuffisant car la loi fixe un objectif de 40% depuis 2017.

Dans les entreprises, l'instauration d'un quota minimum de 40% de femmes dans les conseils d'administration a également eu un impact majeur. Les conseils d'administration des entreprises du CAC 40 se sont spectaculairement féminisés depuis la loi Copé-Zimmermann.

Grâce à ce dispositif, la France est sur la première marche du podium européen et deuxième au niveau mondial, juste derrière l'Islande.

Forts de ce constat, nous avons mis en place un nouvel outil simple et pratique pour faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes à tous les échelons de l'entreprise : "l'index égalité". Chaque année au 1er mars, les entreprises doivent calculer sur une grille de 100 points et publier sur leur site internet des informations qui permettent de mesurer les écarts de rémunération et de situation entre les femmes et les hommes au sein de l'entreprise. Et en cas de score insuffisant, l'entreprise se voit obligée de rectifier les anomalies dans un délai de trois ans sous peine de sanction financière.

Seules des mesures contraignantes permettent de briser le statu quo et de faire progresser la parité de manière rapide et significative.

Si l'amélioration est significative, la question de la parité est encore loin d'être résolue.

Il est encore nécessaire de faire bouger les lignes à certains endroits. Par exemple dans les instances dirigeantes des entreprises où les femmes sont toujours confrontées à un "plafond de verre".

La sensibilisation, la formation et l'accompagnement des employeurs sont également indispensables pour atteindre nos objectifs.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 mars 2021