Interview de Mme Amélie de Montchalin, ministre de la transformation et de la fonction publiques, à Radio Classique le 13 avril 2021 sur les élections régionales, la suppression de l'ENA et la simplification des procédures pour les entreprises.

Texte intégral

GUILLAUME DURAND
Nous sommes en direct avec Amélie de MONTCHALIN, qui est ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Les sujets ne vont pas manquer. La politique et évidemment la transformation de l'Ecole nationale d'administration qui suscite beaucoup de réactions devant la Presse ce matin.
Bienvenue sur l'antenne e radio Classique. La première question est très simple, elle sort de cette affaire de régionales repoussée aux 20 et 27 juin, bien sûr, on a l'impression comme le disait Guillaume TABARD, qu'au fond le président de la République n'était pas pour la tenue de ces régionales et qu'il s'y retrouve contraint.

AMELIE DE MONTCHALIN
Ce n'est pas du tout ce qu'il faut comprendre. On est dans une crise sanitaire…

GUILLAUME DURAND
Par la pression de LARCHER, par la pression des maires, par la pression des élus.

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais ce n'est pas une question de pression. On est en démocratie, d'ailleurs les sénateurs, les parlementaires, les députés de l'opposition, passent leur temps à nous dire que nous ne consultons pas assez les acteurs de terrain. Nous avons sur cette affaire, suivi une méthode très simple : s'assurer que chacun prenne ses responsabilités et que le choix qui sera fait, qui va donc être présenté par le Premier ministre cet après-midi au Parlement, soit un choix ancré et sur la réalité de ceux et celles qui doivent organiser des élections que sont les maires. Aujourd'hui, la situation est clarifiée…

GUILLAUME DURAND
20 et 27 juin.

AMELIE DE MONTCHALIN
Il y a quand même 40 % des maires qui ont fait part d'un certain nombre de doutes, de questions, qu'il va nous falloir très précisément résoudre et regarder en détail. Et je pense que dans une démocratie, quand certains hurlent parce que vous ne consultez pas assez et hurlent encore plus fort quand vous consultez, eh bien chacun…

GUILLAUME DURAND
Non, mais c'est le côté dernier moment, pardonnez-moi d'être franc mais c'est le côté dernier moment de la consultation, on a l'impression, il y a beaucoup de papiers qui ont filtré, qui disaient que le gouvernement et surtout le président de la République n'était pas pour ces régionales.

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais parce qu'un certain nombre de maires faisaient…

GUILLAUME DURAND
Donc, ce ne sont pas des choses qui ont été inventées par les journalistes.

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, mais parce qu'un certain nombre de maires avaient des doutes, les ont fait remonter, qu'il a semblé utile que pour clarifier le jeu de la décision, il y ait une consultation la plus ouverte, et de tous les maires, pas de seulement ceux qui avaient fait remonter là, où ça ou là leurs questions. Et que donc maintenant nous pouvons avancer. Nous avions fixé un rendez-vous que le Conseil scientifique début avril, il a eu lieu, nous sommes aujourd'hui le 13 avril, les décisions pourraient être prises et les élections qui sont un moment de vérité important pour notre pays pour replacer aussi le rôle, les projets, les collectivités et de l'Etat, vont pouvoir se tenir.

GUILLAUME DURAND
Vous êtes donc ministre la Transformation, de la Fonction publiques. Alors, vous connaissez le débat qui existe en France et après on parlera de l'ENA, parce que c'est un sujet important avec un très beau texte de François SUREAU que j'évoquais tout à l'heure, qui a été énarque, même s'il est avocat aujourd'hui. Pour une partie de la gauche, je pense par exemple à Mathilde PANOT de la France insoumise, parlementaire, vous êtes la ministre de la liquidation de la Fonction publique, et hier il y avait dans Le Monde un papier sur le boom des contractuels, que vous avez j'ai lu probablement, entre 2005 et 2019, ils ont augmenté de 49 %. Voilà pour la gauche. A droite ils sont toujours nostalgiques, je parle de la droite qui a voté pour François FILLON, de la suppression de 500 000 postes. Donc on a l'impression qu'on est coincé entre deux logiques dans l'opinion en France, il y a des gens qui considèrent que les fonctionnaires sont beaucoup trop nombreux et sont à l'origine de la bureaucratie qui paralyse totalement notamment ce que nous sommes en train de vivre avec la crise du Covid, et d'autres qui voudraient au contraire qu'on en engage de plus en plus, et ce peut-être sans fin. Alors, quelle est la position exacte qui est la vôtre sur le fond ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Sur le fond, avec le président de la République, avec le Premier ministre, on a un objectif : recréer un Etat efficace. Un Etat efficace, ça ne veut pas dire avoir une approche comptable du nombre d'agents publics, un Etat efficace ça ne veut pas considérer qu'il faudrait tout bazarder comme j'entends maintenant la droite nous expliquer que le statut de la Fonction publique ce serait la meilleure chose à supprimer pour que l'Etat aille mieux ? Un Etat efficace c'est de prendre les choses dans le détail, sur le terrain, et assurer aux Français un Etat qui répond à leurs questions, qui répond rapidement, qui prend des décisions là où ils sont et qui notamment est beaucoup plus en proximité des sujets. La réforme de la Haute Fonction publique que nous proposons, est là pour bâtir un Etat efficace. Pourquoi ? Pour avoir des Hauts fonctionnaires formés, en continu, tout au long de leur vie, aux enjeux du XXIème siècle, que ce soit le numérique, l'écologie ou la laïcité.

GUILLAUME DURAND
Mais là vous parlez de l'ENA ou de la Fonction publique dans son ensemble ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Je parle des Hauts fonctionnaires, mais l'enjeu de la formation continue il s'appliquera à l'ensemble des fonctionnaires, de ceux qui ont eu peut-être moins de chance dans leur vie d'avoir accès à la formation, et à l'ensemble des fonctionnaires. Donc pour les Hauts fonctionnaires la formation également en continu, c'est une nouveauté puisque la formation continue ce n'était pas la logique, et en tout cas la culture de notre pays. Un Etat efficace c'est aussi des gens, les hauts fonctionnaires, qui vont commencer leur carrière sur le terrain et qui vont y revenir régulièrement, pour rester connectés aux enjeux opérationnels de mise en oeuvre des politiques publiques. Un Etat efficace, enfin, c'est un état où on est évalué sur ses résultats. Moi je préfère être devant vous aujourd'hui, pour vous parler de la réalité, de nos enjeux, de ce que la crise nous a montré comme forces et faiblesses. Pas pour abattre un monument, pas pour être dans le symbolique, pas pour être dans la démagogie, mais pour refonder un Etat efficace qui soit capable de regarder les défis du XXIème siècle et d'y répondre.

GUILLAUME DURAND
Je pense que l'évaluation des fonctionnaires, les gens sont majoritairement pour, qu'ils soient dans les deux camps que nous évoquions tout à l'heure. Qu'ils aillent faire un tour sur le terrain, dans les stages de l'ENA…

AMELIE DE MONTCHALIN
Non non, c'est de commencer sa carrière par des postes opérationnels…

GUILLAUME DURAND
Oui, j'ai compris.

AMELIE DE MONTCHALIN
Commencer sa carrière, pas des stages. C'est 3 ans sur le terrain, c'est y revenir à chaque fois qu'on a une promotion, un avancement…

GUILLAUME DURAND
Je crois que… j'avais compris. Le problème qui est posé, c'est qu'on vient de vivre une crise où justement la bureaucratie est dénoncée par tout le monde, y compris par le président de la République qui a dit : c'est une réforme qui fonctionne, je parlais de la vaccination, au diesel, et on sait qu'il y a un nombre d'institutions qui doivent donner leur avis sur la vaccination, qui est absolument colossal.

AMELIE DE MONTCHALIN
Notre combat, c'est un combat de la responsabilité. Comment on redonne des marges de manoeuvre, des capacités de décisions, comment on remet de la prise de risque, comment on remet de l'audace et comment on remet au-dessus de tout ça, de la responsabilité. Pour ça il faut que les gens soient formés, formés aux enjeux de la complexité du XXIème siècle. Vous savez, l'ENA, ce système de la Haute Fonction publique dont on parle, et dont on parle depuis des années, des décennies, et que tout le monde considère qu'il faut faire une réforme…

GUILLAUME DURAND
CHEVENEMENT en parlait déjà à l'époque.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est un système qui est né en 1945, dans un contexte très particulier, d'un pays à reconstruire après deux guerres, et qui regardait l'avenir en se disant : quelle est au fond l'élite, les meilleurs qu'on doit attirer pour rebâtir notre pays ? Aujourd'hui on est 75 ans après. Aucune organisation au monde ne se poserait pas des questions de refondation, de mise à jour de son logiciel. L'enjeu aujourd'hui c'est d'attirer les meilleur, c'est de s'assurer que, on a divisé vous savez depuis 15 ans, par trois le nombre de jeunes qui se présentent aux concours. Donc l'enjeu c'est d'être…

GUILLAUME DURAND
Ils sont en train de plancher en ce moment, ceux qui…

AMELIE DE MONTCHALIN
L'enjeu c'est d'être attractif, d'attirer les meilleurs, d'attirer des gens différents, qui n'ont pas que des compétences en droit public mais qui sont capables de faire du numérique, de l'écologie, de s'assurer aussi qu'on est en connexion avec les enjeux des entreprises. Comment on simplifie les procédures, c'est aussi les questions très importantes.

GUILLAUME DURAND
Nous sommes en direct avec Amélie de MONTCHALIN. Je voudrais vous poser deux ou trois questions précises concernant justement l'ENA, parce que c'est un dossier est un très beau texte de François SUREA, auquel vous avez répondu sur Twitter, qui est avocat, qui est un ancien énarque, et qui dit au fond c'est à un enterrement que, mais il le dit d'une manière assez poétique, lui qui est un spécialiste de Guillaume APOLLINAIRE, je ne suis pas là pour louer César, c'est-à-dire pour louer ce qu'a fait l'ENA, mais pour simplement l'enterrer d'une manière solennelle et peut-être un peu grandiose. Vous avez madame PECRESSE qui dit : finalement moi j'ai fait HEC, mais après j'ai été à l'ENA, parce que c'est quand même la seule école en France où l'intérêt général a été pris en compte et on ne fabriquait pas simplement des golden boys qui se précipitaient sur les affaires. Il y a donc une vraie réponse, parce que l'ENA n'a pas failli sur tout, quatre présidents de la République sur sept sortent de l'ENA, c'était le cas…

AMELIE DE MONTCHALIN
Si on crée l'Institut du service…

GUILLAUME DURAND
Y compris celui qui nous dirige.

AMELIE DE MONTCHALIN
Si on crée l'Institut du service public pour en faire une école des cadres, en formation continue, d'un Etat efficace, qui est en phase avec le siècle et défis qui vient, c'est parce que d'abord nous croyons à la formation, à la formation humaine, nous croyons au service public. Le service public c'est une donnée d'engagement personnel, on sert ses concitoyens, on n'enrichit pas tel ou tel actionnaire ou tel…

GUILLAUME DURAND
Vous pouvez réformer l'ENA sans la décapiter.

AMELIE DE MONTCHALIN
On ne décapite rien, on ne supprime pas un monument, on met à jour un logiciel. C'était une école de formation qui classait des élèves, ça va devenir une école de formation continue pour s'assurer que, au cours de sa carrière, plusieurs fois dans sa vie, on est à nouveau connecté aux enjeux du siècle qui vient. On a des mutations écologiques, numériques, scientifiques, de laïcité, et donc c'est aujourd'hui pas des choses qui ont été dans le réformé.

GUILLAUME DURAND
Mais on est en train d'abattre un symbole, pardonnez-moi mais vous avez fait des études à l'étranger, vous savez très bien par exemple que Barack OBAMA sort de Harvard, que Boris JOHNSON…

AMELIE DE MONTCHALIN
J'étais à la Kennedy School à Harvard, donc je peux vous en parler effectivement, d'autres modèles de formation existent, et on doit s'inspirer des meilleures. Mais moi je regarde les critiques…

GUILLAUME DURAND
Oui mais ça s'appelle toujours Harvard.

AMELIE DE MONTCHALIN
Non mais, attendez, je regarde…

GUILLAUME DURAND
Boris JOHNSON sort de… je termine, Boris JOHNSON sort d'Oxford, madame MERKEL est une physicienne renommée qui sort de la meilleure université allemande, donc si vous voulez…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais là vous parlez d'écoles qui sont des écoles…

GUILLAUME DURAND
Moi je ne suis pas là pour défendre les institutions…

AMELIE DE MONTCHALIN
Vous me parlez d'écoles qui sont diplômantes, moi je vous parle d'une école qui est une école où on recrute et où l'Etat forme ses propres cadres. C'est une école des cadres. Je peux parler juste des oppositions politiques, puisque vous m'en parlez. Je regarde un peu ce qui se dit depuis quelques jours. D'un côté vous avez les populistes, réactionnaires, qui sont contre tout. Ensuite vous avez des impuissants qui n'ont rien fait et qui sont aussi contre. Et puis ensuite vous avez des phraseurs, je vais reprendre. Les réactionnaires populistes, c'est LE PEN, VILLIERS, DUPONT-AIGNAN, de toute façon ils sont contre tout, ils sont incohérents. On le sait, ce n'est pas là qu'on va aller chercher de la contradiction critique qui va nous faire avancer. Vous avez ensuite des impuissants, qui ont objectivement beaucoup parlé du sujet, qui n'ont pas fait grand-chose, je pense à Jean-François COPE ou Christian JACOB, qui nous expliquent au fond que ce n'est pas la bonne réforme, que la nôtre serait démago, mais, que eux, en supprimant le statut de la Fonction publique, tout irait mieux. Et puis ensuite vous avez, ce que j'appelle les phraseurs, qui s'affichent contre, mais quand vous écoutez dans le détail, proposent la même chose que nous. Quand Valérie PECRESSE dit : il faudrait une école des cadres qui forme en formation continue tous les Hauts fonctionnaires, c'est exactement ce que nous faisons. Donc c'est un débat important, on n'est pas là pour mettre à bas un monument, on est là pour mettre à jour un logiciel qui est celui d'un Etat qui avait évidemment beaucoup de bénéfices au XXème siècle, XXIème siècle doit nous amener à penser différemment, à nous former différemment.

GUILLAUME DURAND
Et alors, le calendrier c'est lequel ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Le calendrier : fin mai une nouvelle ordonnance, qui présente la manière dont les choses vont donc être déroulées désormais sur la création de cet institut, sur la gestion du corps des administrateurs de l'Etat. Ensuite en janvier 2022, la création de cet institut, la nouvelle promotion qui intégrera cette école, le tronc commun qui sera mis en place pour que du magistrat, de l'administrateur territorial, au policier, au commissaire de police, vous ayez un tronc commun de culture commune sur les enjeux du XXIème siècle, et puis…

GUILLAUME DURAND
Avec des quotas ou pas ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, c'est l'ensemble, toutes les personnes qui aujourd'hui ont passé le concours des commissaires de police, des magistrats, des directeurs d'hôpitaux, on a besoin d'eux, mais on a aussi besoin qu'ils puissent parler ensemble, qu'ils aient des réflexes, des références communes. Je continue, la laïcité, c'est quand même essentiel dans notre pays que l'ensemble des cadres, de l'ensemble des Fonctions publiques notre pays, aient ça en partage. Moi ce que je vois, c'est que ce n'est pas une réforme ni symbolique, ni démagogique. Ça fait 30 ans…

GUILLAUME DURAND
Donc il y a beaucoup de gens qui ont dit : au fond, on fait plaisir aux Gilets jaunes, on est dans un moment de l'histoire de France où tout le monde tape sur les élites, donc au fond on sacrifie l'ENA pour des raisons de salut.

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais on a besoin d'une élite, on a besoin d'excellence, on a besoin de sélectivité on a besoin d'une formation de très haut niveau, on a besoin d'une formation plusieurs fois dans la vie, on a besoin de commencer sa carrière sur le terrain et on a besoin d'être évalué. C'est une réforme, vous savez, on part d'un point de départ aujourd'hui où il n'y a pas de gestion des compétences, où il n'y a pas de gestion des ressources humaines, de l'encadrement supérieur de l'Etat. Aucune organisation après 75 ans ne se remettrait pas en question après la crise qu'on a vécue, pour avancer concrètement.

GUILLAUME DURAND
J'ai deux questions pour terminer, d'abord la réponse à SUREAU, donc SUREAU, pour ceux qui nous écoutent, c'est un avocat, il a fait l'ENA, ce sera ma dernière question concernant l'Ecole Nationale d'Administration, et au fond il prononce une sorte de De Profundis romantique en disant que finalement tout ça sort de la Résistance, tout ça sort d'un esprit justement qui était l'intérêt public et qu'il n'y aucune raison, peut-être dit-il, de le maintenir « ad definitum », mais en tout cas d'en faire un procès exagéré.

AMELIE DE MONTCHALIN
Aucun procès dans ma bouche, moi je crois fondamentalement profondément au service public, au service du public, au service de l'intérêt général, je pense que la jeunesse veut s'engager, veut être utile, il faut pour ça l'attirer et lui donner une formation qui soit en phase avec les défis de notre temps, et c'est ce que nous faisons, et je crois qu'il faut vraiment voir ça comme une refondation positive, constructive, c'est l'ambition du président.

GUILLAUME DURAND
Alors, dernière question, elle est importante aussi, je parle à tous les jeunes chefs d'entreprise qui veulent se lancer, vous savez que dans le domaine justement de la fonction publique, l'un des grands problèmes c'est quand vous allez dans les pays anglo-saxons, et même pas forcément anglo-saxons, parce que ce n'est pas le modèle absolu, mais la fabrication ou la constitution d'une entreprise, on a l'impression que c'est extrêmement compliqué, extrêmement long en France, et extrêmement rapide d'ailleurs, est-ce qu'on ne pourrait pas monter ou organiser une sorte de commission qui accélérerait la fabrication d'une entreprise, si on a envie l'un et l'autre… ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, avec Alain GRISET, sur ce sujet de la simplification des procédures pour les entreprises, de leur création, à leur croissance, nous faisons deux choses très importantes, deux annonces que je partager rapidement avec vous. D'abord, nous mettons en place, dans les services de l'Etat, une procédure d'amélioration continue pour supprimer les lourdeurs, les délais, les formulaires incompréhensibles, on a une plateforme, qui s'appelle le Services Publics+, très concrètement, quand vous êtes chef d'entreprise, quand vous êtes même particulier, quand les choses sont absurdes, qu'elles sont incompréhensibles et qu'elles ne correspondent pas…

GUILLAUME DURAND
Ou trop longues.

AMELIE DE MONTCHALIN
Ou trop longues, vous nous le faites savoir, et moi, tous les trimestres, je réunis tous les services de l'Etat, aujourd'hui avec Alain GRISET, pour faire le point et que les choses avancent, ça s'appelle la simplification par la réalité, par le terrain. La deuxième chose que nous faisons aujourd'hui, en lien avec votre question, on est dans une phase de relance, on a besoin d'entreprises qui innovent, qui regardent l'avenir et qui créent des emplois en France sur des domaines innovants. souvent les normes, les règles, qui sont héritées du passé, empêchent d'innover, parce que telle ou telle règle, tel ou tel règlement, vous empêche de faire ce que vous voudriez faire, nous avons une politique publique qui s'appelle France Expérimentation, qui permet à tout chef d'entreprise, et à toute administration, de regarder ensemble comment on peut déroger, comment on peut lever tel ou tel règlement, ou loi, pour que vous puissiez vous lancer, vous puissiez tester, innover, et qu'ensuite on ajuste les choses, parce que nous avons besoin…

GUILLAUME DURAND
Est-ce que ça intégrera par exemple les entreprises qui sont tombées lors de cette crise du Covid, car vous savez très bien que…

AMELIE DE MONTCHALIN
On a besoin évidemment, dans cette phase de relance, et de soutien, et de sortie de crise, de laisser le plus grand potentiel d'innovation possible à notre pays. Le président l'a dit, nous avons besoin de retrouver collectivement le goût du risque, pas le risque pour mettre en danger la population, mais le goût de l'audace, pour que notre pays redevienne un pays où on puisse, quand vous avez un projet d'entreprise, le faire ici. France Expérimentation, c'est une démarche qui est constructive, qui est moderne, qui est rapide, pour que nous puissions, là aussi, simplifier la vie des entreprises en continu. Ces deux annonces-là elles sont au coeur de la vision que j'ai d'un Etat efficace, un Etat en phase avec son temps, qui n'empêche pas la société d'avancer, mais qui l'accompagne, et qui rend possible la création d'emplois, l'innovation, et le fait que les Français, comme ils sont dans notre pays, ils aient un Etat à leur service, avec des hommes et des femmes formés pour les accompagner.

GUILLAUME DURAND
08h30 sur l'antenne de Radio Classique, Amélie de MONTCHALIN était notre invitée ce matin, je vous rappelle qu'elle est ministre chargée de la Transition dans la fonction publique et de la modification justement de la fonction publique telle qu'elle existe, nous avons pris plusieurs exemples.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 avril 2021