Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, à LCI le 6 avril 2021, sur la production de vaccins contre le coronavirus, les difficultés économiques d'Air France et les dîners clandestins.

Texte intégral

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER, vous êtes ministre de l'Industrie, merci d'avoir accepté l'invitation de LCI. À partir de demain, je ne me trompe pas des vaccins seront produits en France.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait le site de Delpharm va démarrer pour la production du vaccin BioNTech Pfizer, donc c'est de la mise en flacon, mais c'est une opération qui est absolument majeure et complexe.

JEAN-MICHEL APHATIE
La mise en flacon, ça veut dire que des produits, le principe actif par exemple vient d'ailleurs et on l'assemble.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Effectivement on l'assemble, on peut avoir une phase de formulation et ensuite une phase de mise en flacon et de conditionnement final pour pouvoir libérer les doses vers la mise sur le marché.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et ça ce ne sont pas des vaccins qui sont destinés spécifiquement à la France, ils sont répartis ensuite sur l'Europe.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait mais nous sommes une partie d'une chaîne de production européenne et c'est parce que nous avons choisi au niveau européen les sites qui étaient le plus à même de produire des quantités massives de vaccins qu'aujourd'hui nous avons BioNTech Pfizer qui produit des millions de doses pour l'Union européenne et l'ensemble des Français et des Européens.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et ensuite d'autres sites seront mis à contribution.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ensuite d'ici grosso-modo 2 semaines démarrera un deuxième site, celui de Récipharm pour la production du Moderna, puis dans les semaines qui suivront deux sites pour Curevac donc qui est un vaccin également ARN messager et dont on attend l'AMM, l'Autorisation de Mise sur le Marché fin mai, début juin, donc concomitamment nous aurons deux sites français puisque c'est la France qui portera l'essentiel de cette étape d'enflaconnage.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et après un vaccin Janssen aussi se produit en France.

AGNES PANNIER-RUNACHER
alors pour SANOFI puisque SANOFI a accepté de produire pour ses concurrents BioNTech en Allemagne puisqu'ils ont une usine à proximité de celle qui produit le principe actif, ils démarreront dès qu'ils auront le principe actif disponible pour mettre les chaînes de production en route, ça, ça devrait être du côté de juin juillet et Janssen en France qui est donc un adénovirus qui démarrera sur le site de Marcy L'étoile près de Lyon pour SANOFI, là encore dès que le principe actif sera disponible et ça devrait être du côté de juillet selon nos dernières informations.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour parler des sites qui vont commencer à partir de demain puis mi-avril ça va résoudre le problème, s'il y en a un, parce qu'on n'est pas toujours bien informés là-dessus de pénurie des vaccins en France ou de manque de doses de vaccins, est-ce qu'il y a une situation de manque aujourd'hui, ce matin ? Là maintenant est-ce qu'il y a des régions en France où on n'a pas de vaccin ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui on a 3 millions de vaccins qui ont été livrés la semaine prochaine donc plus que ce que nous avons vacciné.

JEAN-MICHEL APHATIE
Trois millions de doses qui seront livrées la semaine prochaine.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Qui ont été livrées la semaine dernière.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez dit…

AGNES PANNIER-RUNACHER
La semaine dernière pardon, je vous prie de m'excuser. Et nous sommes sur une montée des livraisons. Et effectivement toutes ses chaînes de production qui aujourd'hui se mettent en place vont donner de l'aisance à la vaccination parce qu'aujourd'hui on vaccine avec des chaînes logistiques qui sont tendues et donc nous avons suffisamment de vaccins mais il faut…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un peu ric rac.

AGNES PANNIER-RUNACHER
… redescendent très vite dans les chaînes logistiques et c'est ces petits grains de sable qui rendent la vaccination difficile, plus on a de doses, plus ce sera facile d'alimenter tous les circuits qui souhaitent disposer de doses de vaccin.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc bientôt il y aura du stock, il y aura pas de manque. Aucun maire, aucun président de département ou de région ne viendra dire, chez moi il y en a pas, c'est le bazar. C'est fini.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je pense que ce sera difficile d'autant que nous avons 250 millions de doses qui devraient être produites en France d'ici la fin de l'année, 250 millions de doses, on voit bien c'est énorme et nous prenons une forte contribution à la production du vaccin français, du vaccin européen.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bien sûr vous parler de la fin de l'année parce que vous vous avez une vision complète de ce projet industriel, mais là c'est maintenant, c'est avril.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Exactement c'est plusieurs millions de doses qui sont livrées chaque semaine, ce qui permet ensuite au ministère de la Santé d'augmenter les possibilités de vaccination, d'ouvrir des vaccinodromes, ce n'était pas possible en début d'année, on n'avait pas suffisamment de doses, là c'est possible puisqu'elles redescendent progressivement et massivement sur tous les points de vaccination.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc vous pour la responsabilité qui est la vôtre c'est-à-dire la part industrielle vous dites on va alimenter dans les 3 mois qui viennent le marché français à la hauteur des besoins qui sont les siens.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Chaque semaine qui passe, on est dans une situation plus aisée que la semaine qui précède parce que les chaînes de production deviennent de plus en plus stables, de plus en plus rapides et fournissent de plus en plus de doses. Alors on a toujours des surprises, des surprises désagréables, une livraison qui glisse de 3 ou 4 jours, ça l'air de rien mais ça peut désorganiser et expliquer effectivement que tel maire nous dise Mais où sont mes doses, donc c'est pour ça que nous sommes avec le ministère de la Santé main dans la main pour faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de stabilité et de doses qui arrivent en France pour vacciner les Français. Je pense que là on tient le bon bout, la fameuse lumière au bout du tunnel.

JEAN-MICHEL APHATIE
À la fin de l'été comme l'a promis le président à plusieurs reprises, tous les Français qui le souhaitent seront vaccinés.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tous les Français adultes qui le souhaitent pourront se faire vacciner tout à fait.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez cité plusieurs marques de vaccins qui seront conditionnés désormais en France, vous n'avez pas parlé d'Astrazeneca.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Parce qu'Astrazeneca a organisé ses sites de production en se basant sur l'ensemble d'autres pays européens mais pas sur la France, il faut avoir en tête que sur de l'adénovirus ça sera plutôt du vaccin Janssen qui sera produit en France. C'est une question d'un d'organisation, nous avions proposé des sites à Astrazeneca qui en a préféré d'autres.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce qu'Astrazeneca a failli à ses engagements ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Astrazeneca a failli à ses engagements contractuels puisqu'ils ont livré à la fin du 1er trimestre 25 % de son contrat. Donc je crois que…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est assez clair.

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est très clair. On peut avoir des soucis industriels.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ils ont failli, voilà pourquoi, soucis industriels où ils ont favorisé d'autres pays comme la Grande-Bretagne par exemple ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors il y a un ensemble d'éléments. Ils ont eu des soucis industriels sur quelques sites mais pas sur l'ensemble de leurs sites et cela ne suffit pas à justifier ces moindres livraisons de doses vaccinales au niveau de l'Union européenne. Et on peut très bien comprendre parce que je le redis, c'est une prouesse industrielle qui est en train de se dérouler sous nos yeux. On ne se rend pas compte qu'une vaccination ce n'est pas un vaccin, ce n'est pas un produit comme les autres, tout doit faire l'objet d'une validation, toute dose qui sort a fait l'objet d'un test.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bien sûr on ne fait pas n'importe quoi avec un vaccin.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et donc ça prend du temps. Ça prend en temps normal entre 18 et 30 mois pour mettre en place une ligne industrielle.

JEAN-MICHEL APHATIE
On a raccourci les délais, c'était un défi industriel, il a été plus ou moins bien relevé, mais est-ce qu'il y a eu de la mauvaise foi chez Astrazeneca ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est le point sur lequel on a le sentiment qu'Astrazeneca a eu des sincérités successives. ils nous ont donné des raisons qui n'étaient pas toujours très claires, ils n'ont pas toujours été transparents sur les productions qui étaient faites en Europe puisque une usine a effectivement produit pour le Royaume-Uni et il nous semble dans des proportions qui auraient pu permettre de soulager l'Union européenne en nombre de doses et donc la Commission européenne a pris ses responsabilités et a demandé Astrazeneca effectivement un plan pour revenir au nombre de doses à livrer pour l'Europe avec une démarche près contentieuse pour mettre la pression sur le laboratoire Astrazeneca.

JEAN-MICHEL APHATIE
Des poursuites judiciaires ne sont pas exclues contre Astrazeneca mais c'est la Commission qui décide, ce n'est pas la France.

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est la Commission européenne qui a signé le contrat donc c'est la Commission européenne qui mène la bataille. Après l'enjeu c'est d'être pragmatique, il ne s'agit pas d'avoir un juge qui va trancher dans un sens favorable pour nous d'ici 10 mois. L'enjeu c'est d'avoir des doses donc c'est très exactement ce sur quoi nous travaillons.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les contrats sont secrets, ils vont le rester. C'est comme ça…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non les contrats sont secrets mais ils n'ont vocation à le rester puisque nous avons Olivier VERAN, Clément BEAUNE et moi-même demandé à la Commission européenne dès le mois de décembre de faire la transparence sur les contrats.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est toujours pas fait.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Dès que ce sera possible, c'est-à-dire dès que l'ensemble des contrats seront conclus, vous savez qu'il y a encore des négociations avec VALNEEVA, avec NOVAVAX et donc au terme de cette, je dirais, ensemble de négociations il est légitime que les Européens aient accès à ces contrats.

JEAN-MICHEL APHATIE
Par curiosité elle c'est la Commission qui a négocié ? Vous vous connaissez les contrats ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui je les connais tout à fait, ce n'est pas la commission qui a négocié, c'est un Joint négociation team (phon) en bon français, c'est-à-dire une équipe de négociation composée de 6 pays européens qui ont pris le devant, accompagnée de la Commission européenne et donc pour chaque contrat vous avez un pays et la Commission européenne, la France a été particulièrement mobilisée sur 3 contrats, Curevac, Sanofi et le troisième m'échappe à l'instant.

JEAN-MICHEL APHATIE
Je ne peux pas vous aider.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Peu importe, mais c'est pour vous dire et Astrazeneca pardon. Donc c'est pour vous dire que nous étions effectivement parfaitement impliqués dans ces négociations.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ma question est sur le versant sanitaire mais peut-être vous aurez une réponse, vous voyez la méfiance qui monte à l'égard du vaccin Astrazeneca, on dit dans les Hauts-de-France, des milliers de doses, les gens n'en veulent plus, ils préfèrent Pfizer ou d'autres choses mais pas Astrazeneca, c'est une inquiétude et donc du coup peut-être des achats inutiles qui sont faits si on n'arrive pas à écouler ce vaccin.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi je veux dire aux Français que Astrazeneca c'est un vaccin qui a fait l'objet d'un contrôleur très strict sur son efficacité et sa sécurité. L'Agence du médicament européenne, c'est une des plus strictes au plan mondial. On a pu lui reprocher même à certains moments d'être trop stricte, de ne pas être allée assez vite et c'est pour ça qu'aujourd'hui vous avez des millions de personnes qui sont vaccinées, des millions de personnes qui sont vaccinées dans le monde. Et le bénéfice de ce vaccin n'est plus à démontrer. Et à titre personnel moi je veux mettre tout le monde à l'aise, mon père, ma mère, ma fille qui soignante sont vaccinés à l'Astrazeneca, donc c'est un bénéfice considérable de pouvoir avoir accès à ce vaccin aujourd'hui et ce n'est pas de souci de livraison qui doivent laisser l'impression…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas que les soucis de livraisons, il y a les thromboses, il y a ce que l'on entend sur des effets secondaires, certes les cas sont rares, mais ils existent.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, mais…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et puis ils concernant tous ASTRAZENECA, pas autre chose.

AGNES PANNIER-RUNACHER
L'Agence du médicament a été très claire sur ce sujet-là, on a un bénéfice qui est tellement considérable aujourd'hui, d'arrêter la circulation du virus, le virus tue, il va tuer près de 100.000 personnes en France, donc quel est le choix que nous faisons aujourd'hui ? Je pense que les Français ont bien compris que la vaccination c'était aussi une façon de sortir de cette année de contraintes sanitaires et où on ne vit plus normalement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc la France participe maintenant à l'effort industriel et des vaccins seront produits sur le territoire, et nous ne manquerons pas de doses de vaccins, c'est ce que vous nous dites ce matin Agnès PANNIER-RUNACHER. Sur un autre versant industriel, AIR FRANCE, le gouvernement, l'Etat pardon, pas le gouvernement, mais l'Etat, va monter au capital d'AIR FRANCE ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait, Bruno LE MAIRE vient d'achever la négociation avec la Commission européenne pour obtenir effectivement qu'on renforce le capital d'AIR FRANCE. Pourquoi ? Parce qu'en Europe les compagnies aériennes sont dans une situation très difficile, on a 75% du trafic aérien qui s'est arrêté, en comparaison la Chine est repartie normalement et a le même trafic aérien qu'en 2019, donc c'est très important. AIR FRANCE est une entreprise très importante, plus de 40.000 salariés, c'est une entreprise emblématique française, elle contribue à l'attractivité de notre pays, et donc il était légitime de la soutenir. C'est 3 milliards d'euros de prêt que nous allons convertir en fonds propres, de façon à ce que cette entreprise soit plus forte pour faire face à ses différentes dépenses, et puis une augmentation…

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc le prêt ne sera pas remboursé…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, mais nous serons actionnaires, ça veut dire que lorsque leur entreprise rebondira nous bénéficierons de ce rebond, et 1 milliard d'euros d'augmentation de capital.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc ça permettra à AIR FRANCE de traverser la crise ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est l'objectif, qu'AIR FRANCE traverse la crise, qu'elle puisse rebondir dès que les bonnes nouvelles de la relance arriveront et dès que le trafic aérien sera en situation de reprendre, au moins sur tout ce qui est moyen-courrier.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous regardez la tournée des popotes qu'est en train de faire Edouard PHILIPPE avec son livre « Impressions et lignes claires » ? Dimanche soir il n'a pas été capable de dire s'il souhaitait qu'Emmanuel MACRON soit à nouveau candidat, s'il ne soutiendrait, si lui-même pourrait être candidat, comment vous jugez l'ancien Premier ministre dans cette tournée de promotion, pas très franc du collier ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je pense intéressant qu'Edouard PHILIPPE fasse partager son expérience politique, mais pour moi c'est très clair, Emmanuel MACRON c'est le candidat de la majorité présidentielle, Edouard PHILIPPE a porté cette majorité présidentielle, avec d'ailleurs beaucoup de talent pendant 2 ans et demi, je serais très surprise et probablement déçue s'il imaginait imaginer rentrer en concurrence avec un président qui assume ses responsabilités, qui est le capitaine dans ces moments difficiles, et dont je pense qu'on verra, avec le recul, qu'il a bien tenu la barre.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ce n'est pas surprenant de ne pas entendre Edouard PHILIPPE dire très clairement qu'il soutient Emmanuel MACRON, ça ne vous surprend pas ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je n'ai pas écouté ce qu'il disait, pour être très sincère…

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord, vous aviez autre chose à faire ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Sur France 2, donc je ne me permettrais pas de commenter une interview que je n'ai pas écoutée.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que vous allez au restaurant ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, parce qu'ils sont fermés, Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Parce qu'il paraît qu'il y a des ministres qui vont au restaurant.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, alors là je suis très surprise de ça, j'observe d'ailleurs que la personne qui a été interviewée anonymement…

JEAN-MICHEL APHATIE
Pierre-Jean CHALENCON, oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
S'est rétractée lorsque son nom est devenu un peu moins anonyme. Moi je veux rassurer les Français, les règles du jeu elles s'appliquent à tout le monde, et elles s'appliquent aux ministres au premier chef parce que nous avons un devoir d'exemplarité, je serais très surprise, je serais vraiment très surprise…

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que vous êtes certaines que tous vos collègues ont respecté ce devoir d'exemplarité ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, ça serait une faute politique majeure que de ne pas le respecter, donc je serais très surprise que ce soit le cas, mais, ça va être très simple, une enquête est ouverte, donc on en aura le coeur net assez vite.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et si quelqu'un au gouvernement ne l'a pas respecté ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je pense que les décisions seront prises en conséquence.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'aura plus sa place au gouvernement, c'est ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout le monde est égal devant la loi, et ce devoir d'exemplarité emporte un certain nombre de conséquences dans le comportement qu'individuellement nous devons avoir.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bon, vous n'avez pas mené propre enquête auprès de vos collègues, « tu as été au restaurant ? », « tu n'as pas été au restaurant ? », non, vous n'avez pas eu le temps de faire ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, mais encore une fois, Jean-Michel APHATIE, je serais vraiment très surprise parce que ça s'apparente à un suicide politique que de se croire au-dessus des lois, dans ce moment de tension où tous les Français font des efforts considérables, considérables, et on se croirait au-dessus de ces efforts. Et je rappelle une chose, il ne s'agit pas seulement d'aller au restaurant, il s'agit d'empêcher le virus de circuler, donc c'est une responsabilité sanitaire, c'est le fait de ne pas mettre en danger la vie d'autrui, c'est ça dont il est question, c'est suffisamment grave pour qu'on y prête attention.

JEAN-MICHEL APHATIE
La personne qui a été enregistrée, à son insu d'ailleurs, disait « quand on entre chez moi il n'y a plus de virus, tout le monde se fait la bise », donc c'est assez irresponsable…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Totalement irresponsable.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et toutes les personnes qui y participent effectivement, méritent des sanctions.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Totalement irresponsable, ce d'autant qu'à Paris le virus circule beaucoup, les niveaux d'incidence sont élevés, donc je veux dire, à un moment il faut être aussi chacun face à nos responsabilités, les Français le sont, soyons à la hauteur.

JEAN-MICHEL APHATIE
A suivre, on verra ce que donne l'enquête, merci Agnès PANNIER-RUNACHER d'avoir accepté l'invitation de LCI.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup Jean-Michel APHATIE.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 avril 2021