Entretien de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, avec Radio J le 15 avril 2021, sur l'Union européenne face à l'épidémie de Covid-19, les relations avec la Turquie et la construction européenne.

Intervenant(s) :

Prononcé le

Temps de lecture 18 minutes

Texte intégral

Q - Vous êtes secrétaire d'Etat aux affaires européennes dans le gouvernement et hier on a appris qu'un pays européen, le Danemark, n'utiliserait plus le vaccin AstraZeneca. Alors quand ce pays a suspendu ce vaccin, on l'a tous suivi et là est-ce qu'on va en faire autant, c'est-à-dire est-ce qu'en France, on va jeter les doses d'AstraZeneca ?

R - Non, le Danemark a toujours effectivement une approche plus prudente, ce sont ses procédures nationales. La recommandation de ses autorités sanitaires. Quand vous regardez ce qui s'est passé au niveau européen, on n'a pas suivi à l'époque un pays. Il y avait des doutes de plusieurs autorités sanitaires, dans une large partie des pays européens, un peu plus d'une dizaine.

Q - Dont l'Allemagne.

R - Dont l'Allemagne effectivement. Il y avait une recommandation même de nos autorités sanitaires. Là c'est très différent : on avait justement demandé un avis à l'Agence européenne des médicaments qui a dit très clairement que le bénéfice était très largement positif. On a ciblé sur une population, plus de 55 ans pour prendre en compte les recommandations scientifiques, les quelques cas dangereux, difficiles, mais il n'y a pas de suspension qui serait prévue, qui découlerait d'une décision danoise qui est très minoritaire, qui est même isolée.

Q - Mais pourquoi l'Europe est-elle incapable de prendre des décisions communes, similaires, appuyer une agence de santé, pourquoi ?

R - Parce que Christophe Barbier, il n'y avait rien au départ, l'Europe de la santé, ce n'était rien au début de la crise.

Q - Et on l'invente en marchant.

R - On l'invente un peu en marchant. Je pense que si on regarde ce qui s'est passé au début de la crise, on se dit qu'on aurait dû avoir une Europe de la santé pour financer la recherche médicale, pour harmoniser nos données sanitaires, pour donner des recommandations qui s'imposent à tous, ou qui soient les mêmes partout. On en voit l'utilité parce que tout le monde se compare, c'est normal et on le fait dans la crise sur les recommandations scientifiques. Je le dis, on le fait quand même plutôt bien puisqu'on s'en est remis justement à ce juge de paix européen qu'est l'Agence européenne des médicaments, scientifiquement incontestable. Et c'est sur cette base justement que l'AstraZeneca a été réutilisé au bout de quelques heures, quelques jours quand il y a eu un doute, levé par cette autorité. Il est réutilisé en Allemagne, en France, en Italie, partout en Europe. Il y a un cas danois parce qu'on n'a pas aujourd'hui une compétence européenne qui s'impose. Donc je le dis, il n'y a pas de risque à avoir, pas d'inquiétude à avoir et l'immense majorité, on va dire la quasi intégralité des pays européens et au-delà utilisent ce vaccin.

Q - Alors l'Europe s'impose aussi pour acheter des vaccins, Pfizer va en livrer 50 millions de plus en Europe dont 7 pour la France, c'est notre quote-part, 15 %.

R - Absolument.

Q - Si on était tout seul sur le marché, est-ce qu'on n'en aurait pas plus, plus vite ?

R - Non. Je ne crois franchement pas. Moi je le dis, il y a des difficultés européennes dans ce cadre d'achat. Une notamment, c'est que l'on a sans doute pas financé l'innovation assez fort et assez vite, il y a un an quand la crise a démarré et qu'on aurait dû - comme les Américains l'ont fait, comme d'autres pays l'ont fait, la Grande-Bretagne - mettre de l'argent sur les essais cliniques, la finalisation de la recherche du vaccin.

Mais l'achat des doses en commun, je le dis, nous protège. Vous avez pris l'exemple hier des 50 millions de doses anticipées qu'on aura dès le deuxième trimestre, c'est quand même plus de 700 000 doses par semaine entre maintenant et juin pour la France, c'est beaucoup. C'est permis parce que l'Europe a resigné des contrats avec Pfizer BioNTech, parce qu'on est un gros acheteur de doses de vaccins, et donc c'est utile. Et je crois qu'il ne faut pas confondre un problème qui a été le financement européen de l'innovation au départ et l'achat en commun des doses de vaccins qui est utile et qu'on va accélérer encore pour les deuxième génération, etc...

Si on avait fait cavalier seul, je le dis, si on va jusqu'au bout de la logique nationale, peut-être qu'on attendrait aujourd'hui le vaccin français, dont on sait qu'il n'existe pas encore. Les doses sont produites en Belgique, au Pays-Bas et pas en France encore aujourd'hui, on va le faire mais pas encore aujourd'hui.

Q - Tous les achats ne sont pas en commun. Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'azur, a préréservé 500 000 doses de Spoutnik, comme les Bavarois, comme l'ont fait les Slovaques, les Hongrois. C'est légal ce qu'il fait Renaud Muselier, et est-ce que c'est loyal ?

R - Je dirais que ce n'est pas une bonne chose et ce n'est pas responsable. Parce que qu'est-ce qui va se passer si - allons là aussi jusqu'au bout de cette logique - si chaque région, peut-être chaque département ou chaque ville, si elle dit : moi je peux commander, moi j'ai des moyens ? Qu'est-ce qu'on va faire ? On va avoir plus de doses à Neuilly-sur-Seine qu'à Saint-Denis ? Plus de doses en PACA qu'en Ile-de-France ? C'est cela qu'on veut ? Moi je veux que cette politique de santé, cette protection vaccinale, soit égalitaire pour tous les Français.

Et par ailleurs il ne faut pas céder à certains mirages. Le vaccin russe, il ne faut pas l'exclure : il a déposé son dossier à l'Agence européenne du médicament. Justement faisons l'évaluation ensemble, d'ailleurs Renaud Muselier lui-même a reconnu qu'il devrait attendre de toute façon l'avis de l'Agence européenne. Et si on dit aujourd'hui, il y a du vaccin russe quelque part qui traine et qu'on n'utilise pas, ce n'est pas vrai. Il n'est pas produit significativement, il n'est pas produit en Europe.

Q - Et il y a des doutes en Slovaquie ?

R - Il y a des doutes en Slovaquie sur les livraisons qui ont été faites. Donc ne l'excluons pas, faisons-le sérieusement avec une évaluation européenne. Le moment venu, peut-être qu'on en commandera. Mais je crois que ce n'est pas sérieux, ce n'est pas responsable de créer des différences entre territoires au sein de notre territoire national et de faire croire qu'il y a des commandes qu'on n'utiliserait pas par ostracisme géopolitique, ce n'est pas vrai.

Q - Les vols en provenance du Brésil sont suspendus mais si je fais Rio-Francfort ou Rio-Rome et après je veux venir à Paris, ça passe ?

R - Non. Alors d'abord il y a toujours dans toutes solutions de protection, vous avez raison, il y a des imperfections et c'est pour cela justement quand on prend des mesures comme celles-ci, c'est mieux de le faire en coordination européenne. Là on a pris une mesure d'urgence et de précaution qui réduit encore - on avait déjà pris des mesures sérieuses -, qui réduit encore dans les jours qui viennent le nombre d'arrivées. On a pris cette mesure d'urgence et de précaution jusqu'à dimanche soir, le temps d'avoir un dispositif robuste, plus robuste - et j'espère plus européen aussi - qui permettra de limiter les arrivées encore plus qu'on ne le faisait ces derniers jours du Brésil vers l'Europe et vers la France en particulier, de le faire justement en coordination européenne et de permettre quand même, parce que c'est important et c'est un droit d'ailleurs, à nos ressortissants français de regagner le territoire national.

Donc c'est une mesure d'urgence qui va durer quelques jours parce que c'était un filet de protection supplémentaire. On essaie de construire une solution européenne qui évite tout contournement, qui évite toute incohérence et qui permette aussi de manière vérifiée avec un test PCR négatif par ailleurs à tous nos ressortissants qui le souhaiteraient de regagner le territoire national, ce sera à partir du début de la semaine prochaine.

Q - Israël fête aujourd'hui son 73ème anniversaire en ayant vacciné assez pour pouvoir avoir une vie normale et vraiment fêter cette indépendance. On peut même en étant en Israël désormais inviter les touristes vaccinés à venir en Israël. Or on apprend hier que les Etats n'ont pas retenu le projet de l'Union européenne du passeport vaccinal, l'ont resserré, ce n'est pas un document de voyage entend t-on comme si les Etats se réservaient de fermer leurs frontières même aux vaccinés.

Q - D'abord c'est un jour important, celui de l'anniversaire, du 73ème anniversaire de l'indépendance d'Israël que je veux souligner et saluer. Et sur la question de circulation, il y a deux choses. Il y a un débat sur ce qu'on appelle le certificat sanitaire. J'insiste sur le mot sanitaire parce que oui, en Europe, on fait ce choix : cela ne doit pas dépendre, la circulation, seulement du vaccin. Pourquoi ? Parce que d'abord il y a encore beaucoup de gens qui ne sont pas vaccinés. Même cet été qui est l'horizon qu'on se donne notamment pour le tourisme, pour le voyage, il y aura des jeunes par exemple en Europe, qui ne seront pas encore vaccinés, des gens de 18-20 ans, et on ne va pas leur interdire tout déplacement pour partir étudier à l'étranger ou pour faire un voyage, après tout ce qu'ont vécu par ailleurs nos jeunes.

Donc sanitaire, c'est-à-dire qu'on pourra montrer qu'on est vacciné ou qu'on a un test PCR négatif, ou éventuellement qu'on a eu la Covid et qu'on est immunisé. Et je ne parle pas de passeport parce que cela donne l'impression qu'il y a des droits différents d'une personne à l'autre, mais un pass qui permet non pas de fermer mais de rouvrir la circulation en Europe, les voyages en Europe cet été.

Cela, oui, on n'est pas contre, on y travaille justement dans un cadre européen pour éviter que chaque pays ait des règles différentes et j'espère que cet été, à travers notamment cette petite application, ce certificat numérique ou papier, on pourra rouvrir un peu nos frontières européennes de manière sûre parce qu'aujourd'hui on ne peut pas circuler facilement en Europe. Il faut en général montrer un test PCF négatif partout, parfois faire une quarantaine. L'idée de ce certificat, c'est de simplifier, harmoniser, rouvrir de manière sûre les voyages en Europe.

Q - Le parlement européen vient d'annuler encore une fois une session pour des raisons sanitaires, la démocratie européenne est en panne à cause de l'épidémie ?

R - Non. D'abord je tiens à le dire, dans le modèle européen de réponse à la crise, il y a deux choses qui ont été très bien faites : la solidarité, nulle part ailleurs dans le monde, on a autant aidé les individus, les personnes...

Q - Les entreprises.

R - Les entreprises bien sûr. Et puis le débat démocratique qui a été plus difficile mais que malgré tout on a préservé partout, nos assemblées ont continué parfois de manière virtuelle, hybride comme on dit, à voter les lois, à contrôler le gouvernement, c'est normal. Et le Parlement européen aussi : il n'y a pas une annulation de la session stricto-sensu ; une annulation du format de réunion physique, mais il y aura bien des votes, des réunions, sur le Brexit, sur ce certificat sanitaire d'ailleurs. Et donc la démocratie européenne, non, elle continue. Ce que je regrette simplement, c'est qu'elle ne puisse plus se réunir depuis quelques mois à Strasbourg, au siège du Parlement européen. Et je le dis, la France veut que le Parlement - on peut l'organiser - revienne vite à son siège de Strasbourg.

Q - Vous craignez que ça soit une manière de l'enterrer dans le futur ce siège...

R - On ne laissera pas faire ça. On ne laissera pas faire ça.

Q - La Turquie a tendu - je prends votre expression - un piège protocolaire à l'Europe, avez-vous déclaré, donc à propos de l'incident, le fameux incident du canapé : Ursula von der Leyen, reléguée sur un sofa, pendant que Erdogan et Charles Michel avaient droit à un fauteuil. Alors, quelle sanction l'Union européenne va-t-elle prendre à l'encontre de la Turquie ?

R - On ne va pas prendre des sanctions pour ça, mais on a une relation difficile avec la Turquie. Vous savez que c'est la France qui a beaucoup insisté, le Président de la République, ces derniers mois, pour qu'on montre les dents quand c'était nécessaire, qu'on montre les muscles quand c'était nécessaire à l'égard de la Turquie, sans naïveté. Et donc, il y a quelques mois, au mois de décembre, on avait dit au niveau européen : on est prêt à mettre des sanctions. Si la Turquie veut faire des gestes d'apaisement, on les prend en compte ; si elle veut continuer dans l'agressivité, on sanctionnera le cas échéant. Le sofa-gate, c'est un signal, cette histoire de...

Q - de sièges, oui...

R - de canapé, oui, de protocole, c'est un signal de plus d'une forme d'agressivité, là aussi, de provocation peut-être. Il ne faut pas résumer notre relation à la Turquie avec ça. Il faut en tirer les leçons pour nous-mêmes. Nous, Européens, parfois, nous avons aussi un peu de naïveté dans les symboles, dans les images. Moi, je veux que l'Europe soit forte sur le fond, et ne laisse pas faire des symboles qui font mal, on l'a tous vu.

Mais ce n'est pas ça qui va déclencher ou qui va déterminer tout notre agenda avec la Turquie. Ce qu'on fait en un mot, on continue à discuter dans ces prochaines semaines avec la Turquie. Nous avons, nous la France, demandé qu'au sommet européen du mois de juin, il y ait un nouveau rendez-vous pour dire : est-ce que la Turquie se moque de nous, et continue dans une forme d'agressivité, au-delà de ces symboles, en Méditerranée, en Libye, en Syrie, etc..., ou est-ce qu'elle a fait plutôt des gestes d'apaisement. Parce que, heureusement, il y en a quelques-uns, de retrait de bateau en Méditerranée, de reprise des discussions sur Chypre. On fera l'équilibre entre ces différents signaux, au mois de juin. On sera prêt à être ferme s'il le faut, c'est ce qu'a prévu et demandé la France.

Q - Considérez-vous que la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union européenne est toujours une affaire vivante, en cours, ou est-ce qu'elle est définitivement close ?

R - Je crois qu'il faut assumer que c'est très largement fictif, le président de la République l'a dit d'ailleurs, lorsqu'il avait reçu, il y a déjà plus de deux ans, M. Erdogan à Paris. Pour être tout simplement non pas agressif, mais honnête, on a une discussion qui n'avance pas. Et dans le contexte actuel, on voit bien qu'il n'y a aucune perspective de cette nature. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir des partenariats, des discussions, si les circonstances le permettent. Et on voit aujourd'hui à quel point c'est difficile, avec la Turquie. Mais je crois que croire, de manière générale d'ailleurs, que l'Union européenne doit encore et encore s'élargir, c'est une erreur et c'est une faute. Parce qu'on a besoin de consolider notre union et de l'améliorer.

Q - On reçoit demain à Paris le président ukrainien, c'est ce qui lui sera tenu comme message aussi, l'Ukraine dans l'Europe ?

R - Non, il ne faut pas croire, vous savez, on a longtemps cru, parce que l'Union européenne n'avait pas de politique étrangère, que notre seule relation avec nos voisins, c'était de finir par les intégrer ou les absorber. On peut avoir des bonnes relations avec l'Ukraine, on peut soutenir l'Ukraine, on le fait, notamment dans la situation difficile actuelle, avec la Russie, mais cela ne veut pas dire l'adhésion, je crois que ce n'est pas une perspective sérieuse.

Q - L'Allemagne va avoir des élections en septembre, puis, rentrer dans des négociations de coalition, et puis après, il y aura la campagne présidentielle en France. Est-ce que l'Union européenne ne va pas s'arrêter ?

R - Non, vous savez, heureusement, l'Union européenne, ce club un peu miraculeux de 27 démocraties, qui heureusement ont leur vie interne....

Q - Mais ça ne va pas être simple de faire avancer l'Union avec la France et l'Allemagne en élections...

R - Mais d'abord, il faut donner un coup d'accélérateur avant les élections, avec Mme Merkel, qui, je crois, aura encore envie de lancer des initiatives dans les prochains mois. Et puis, il faut qu'on propose tout de suite, comme le Président de la République l'avait fait d'ailleurs à la Sorbonne, il y a quatre ans, lors des précédentes élections allemandes, dire : voilà, nous avons un certain nombre de sujets sur lesquels on veut vite travailler avec l'Allemagne pour tout de suite ne pas perdre de temps, quand une nouvelle coalition, un nouveau chancelier ou une nouvelle chancelière s'installera à Berlin. Donc il ne faut pas croire que c'est une mauvaise position, je crois que la France a du leadership en Europe. Le Président de la République est installé en Europe, si je puis dire, il a fait des propositions, on pourra saisir très vite la nouvelle coalition allemande.

Q - Et la France, Emmanuel Macron, va présider l'Europe à partir de janvier 2022. Peut-on bien présider l'Union européenne et être candidat à la présidentielle ?

R - Je ne sais pas ce qu'il fera pour la présidentielle, mais oui, on aura de toute façon une campagne. Et c'est conciliable, c'est une responsabilité d'ailleurs qui n'est pas seulement celle du gouvernement, la présidence française, qui est notre engagement collectif. Et cela aurait été, parce que c'était déjà prévu, ce n'est pas nous qui avons choisi ce calendrier, la présidence française en 2022, c'était prévu. Je crois que cela aurait été une fuite, une forme d'irresponsabilité de dire : écoutez, on a nos élections internes, on n'est pas capable d'agir en Europe quand on est aussi engagé qu'on l'est, que le président l'est depuis quatre ans en Europe, on fera les deux.

Q - Je voudrais votre sentiment personnel pour finir sur l'affaire Sarah Halimi, son assassin ne retournera pas devant les juges parce qu'il a été déclaré irresponsable, en s'étant mis lui-même en bouffée délirante. Une question de citoyen : est-ce que vous souhaitez qu'on change la loi pour qu'on ne se retrouve pas dans ces situations ?

R - Ecoutez, moi, je ne veux pas donner l'impression de commenter une décision de justice, on peut avoir un avis personnel et citoyen, mais je suis un responsable politique ; donc je ne commenterai pas une décision de justice par principe. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas touché ou heurté comme personne, et je veux être clair, le fait que - et ça, c'est une décision indépendante - il y ait une reconnaissance d'irresponsabilité, ne veut pas dire que ce meurtre n'est pas monstrueux, qu'il n'est pas antisémite. Il l'est, et Mme Halimi, comme malheureusement plusieurs cas précédents dans les dernières années, a été tuée parce que juive. Et ça, je veux qu'il n'y ait aucun doute là-dessus. Ce n'est pas par quelque décision de justice que ce soit une remise en cause du caractère horrible et antisémite de cet acte qui, quatre ans après, nous touche encore beaucoup, tous.

Q - Et la justice européenne sera d'ailleurs saisie.

R - Et ça, c'est les procédures, bien sûr, elle sera saisie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 avril 2021