Interview de M. Marc Fesneau, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne, vice-président du MoDem, à France Bleu Orléans le 20 mai 2021, sur la campagne des élections régionales dans le Centre-Val de Loire.

Texte intégral

JOURNALISTE
A pile un mois du premier tour des élections régionale, Pierre-Antoine LEFORT nous recevons le ministre des Relations avec le Parlement et candidat soutenu par la République En Marche et le MoDem.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Bonjour Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Bonjour.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Vous venez donc de présenter votre liste complète pour le Loiret, on retrouve en tête de liste chez nous le maire d'Olivet, Matthieu SCHLESINGER, une ancienne figure LR. La couleur est donnée, vous allez chercher les réserves de voix à droite ?

MARC FESNEAU
Pas seulement, je pense que la volonté qui est la nôtre dans la constitution des listes, c'est de rassembler largement. Il y a un certain nombre de gens qui viennent de l'horizon de la droite et d'autres qui viennent de l'horizon de la gauche dans d'autres départements ou dans ce département aussi, et il me semble que c'est important, quand on veut être président de région, de rassembler largement, et de rassembler par-delà les étiquettes, et c'est bien la volonté qui a été à l'œuvre, dans le Loiret comme ailleurs.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Bon, on vous a retrouvé dans le premier sondage en vue des régionales, un sondage France Bleu – France 3. En seconde position, au 1er tour, 21%. Face au RN, face à la gauche, avez-vous une autre option qu'une l'alliance avec la droite de Nicolas FORISSIER au second tour ?

MARC FESNEAU
Mais, la première option c'est de rassembler le plus largement possible, et au fond l'élément central de ce sondage, c'est la capacité de rassemblement qui est la nôtre puisque ça nous place en tête, devant le président sortant et devant Nicolas FORISSIER. Et donc c'est avec cette volonté là qu'on fera les choses, et on parlera du 2ème tour, le soir du 1er tour. Je pense qu'il faut faire les choses dans l'ordre et dans les étapes qu'il faut…

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Si on comprend bien, vous ne fermez pas la porte.

MARC FESNEAU
Non, mais je n'ai jamais, vous ne m'avez jamais entendu fermer quelques portes que ce soit, la volonté qui est la mienne c'est une volonté de rassemblement, et la deuxième volonté c'est celle de l'alternance. Et au fond, face au Rassemblement national ou au président sortant, qui cherche son salut, dans un rassemblement un peu iconoclaste avec la France insoumise et Europe Écologie-Les Verts, parce que c'est comme ça qu'il essaie de faire les additions, je pense qu'on a besoin de construire un rassemblement large. Ce que je cherche, c'est un rassemblement large du 1er tour, de ce point de vue-là le sondage est encourageant.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Marc FESNEAU, on va parler de votre programme maintenant. On sort à peine de plusieurs mois de confinement, la crise économique, elle, va durer. Vous comptez mettre en place un fonds souverain régional de 300 millions d'euros. A quoi va-t-il servir. ?

MARC FESNEAU
D'abord, il sera mobilisé à la fois en sollicitant l'épargne des citoyens de la région Centre-Val de Loire, puisqu'au fond il y a quelque chose de l'ordre d'une démarche citoyenne dans cette volonté, et par ailleurs abonder évidemment à due proportion par la région. Et la deuxième chose, à quoi ça doit servir ? Ça doit servir à encourager, accompagner les investissements des entreprises de la région Centre, dans des secteurs stratégiques…

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Lesquels ?

MARC FESNEAU
Secteur de l'aéronautique, le secteur de la Transition automobile, le secteur de la transition écologique, le secteur du numérique. Il faut que nous puissions nous approprier nos outils de production, nos outils industriels, et quoi de mieux qu'un fonds souverain au fond qui permettra à chacune et à chacun, avec le soutien de la région, soit par des prêts aux entreprises, soit par des prises de participation dans les entreprises, de faire en sorte que nos entreprises de la région Centre puissent se développer.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Soutien également cet été à nos restaurateurs formés pendant de longs mois, vous comptez financer 50% du repas au restaurant pour le deuxième convive, une enveloppe qui va être conséquente, est-ce que c'est vraiment à la région de sortir le porte-monnaie ?

MARC FESNEAU
Mais il me semble que ça a été fait, d'ailleurs on devrait regarder ce qui a été fait par un certain nombre de communes, d'ailleurs de tous horizons politiques, qui ont par la forme d'un Chèque Restaurant ou d'un Chèque Cadeau, incité…

PIERRE-ANTOINE LEFORT
L'été dernier.

MARC FESNEAU
L'été dernier, incité à aller chez nos restaurateurs, chez nos commerçants, et donc c'est une série de mesures, ça ne durera que le temps d'un été, mais la volonté c'est un signe d'encouragement aux restaurateurs et aussi un signe pour encourager tout le monde à découvrir ou à redécouvrir la restauration. On a bien vu hier au fond le soulagement qui était celui, à la fois des clients mais aussi des restaurateurs, de voir leurs commerces rouverts.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
On part direction les lycées, les CFA, gérés on le sait par la région. Un prix unique du repas à 2 €, là encore est-ce que c'est à la région de s'en préoccuper ?

MARC FESNEAU
Eh bien c'est à la région de s'en préoccuper, parce que pardon, la région elle gère les lycées, et elle gère en particulier tout ce qui est au fond l'intendance…

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Mais ça va être, encore une fois, un investissement qui est très important à une heure où on nous demande de faire attention.

MARC FESNEAU
Non mais, la politique c'est de faire des choix. Le choix que je fais c'est le soutien au développement économique, le soutien à ceux qui sont impactés durement par la crise et puis le soutien aussi aux citoyens, parce que le coût de la prise en charge d'un repas c'est un coût… Vous ne me verrez pas proposer, jamais, la gratuité absolue, simplement l'effort qui est fait par la région c'est un effort de nature sociale pour permettre à chacun de pouvoir se nourrir dans de bonnes conditions. J'ajoute un deuxième élément, la volonté que nous puissions alimenter dans les lycées, les jeunes avec des produits locaux. Enfin, on ne peut pas à la fois dire « il faut faire des produits locaux » et ne pas le faire depuis 10 ou 15 ans, ça c'est le bilan du président BONNEAU.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Marc FESNEAU, si vous êtes élu, allez-vous quitter le gouvernement ?

MARC FESNEAU
Mais c'est la logique des choses. Si je suis candidat, c'est pour être élu président de région et pour siéger à la région et pour être président de région. Donc c'est la logique des choses, c'est aussi simple que ça.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Et si vous n'êtes pas élu, est-ce que vous quittez le gouvernement ?

MARC FESNEAU
Mais ça c'est, pardon de vous dire, ce n'est pas le ministre qui décide ? Dans les institutions, c'est le Premier ministre, c'est le président de la République qui décide.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Vous pouvez présenter votre démission…

MARC FESNEAU
Oui, mais enfin, quand vous faites des combats électoraux, vous faites des combats électoraux, en tout cas j'accepte, sans aucune difficulté, le fait que ça puisse en être une conséquence. Mais ce n'est pas dans mes mains, parce qu'il y a quelque chose qui serait au fond un peu indécent que de décider des choses qu'on n'a pas dans sa main en termes de décision.

PIERRE-ANTOINE LEFORT
Merci beaucoup Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 mai 2021