Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec BFMTV/RMC le 4 juin 2021, sur la vaccination contre le coronavirus et les efforts en faveur du tourisme.

Texte intégral

Q - Merci d'être avec nous. On va parler tourisme, vous êtes secrétaire d'Etat chargée du tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie. On va parler tourisme, on va parler de nos vacances, et j'ai plein de questions à vous poser, vous n'en doutez pas. Vous étiez avec le Président de la République dans le Lot, nous parlerons aussi de ce premier déplacement. Je suis contre la vaccination obligatoire à ce stade, a dit Emmanuel Macron, hier, dans le Lot. Il faudra au moins 80% de Français vaccinés pour atteindre l'immunité collective. Cette immunité sera peut-être impossible à atteindre si la vaccination n'est pas rendue obligatoire ?

R - Je crois qu'on a ouvert assez largement, et maintenant totalement, en fait, la vaccination. On le voit. On est d'ailleurs à la moitié de la population adulte qui est vaccinée.

Q - Oui, un peu plus de 50%.

R - C'est vous dire que cela progresse bien, et je pense que les Français...

Q - Première dose.

R - Les Français se rendent bien compte que le vaccin, quand même, ça protège. Ça protège parce qu'on le voit, les courbes partent à la baisse. C'est donc important.

Q - Mais, Jean-Baptiste Lemoyne, dans de nombreux pays, tous les professionnels du tourisme sont vaccinés obligatoirement. J'ai vu cela, dans des pays très touristiques, la Grèce, par exemple, ou d'autres pays. Pourquoi est-ce qu'on ne vaccine pas obligatoirement tous les professionnels du tourisme ?

R - Mais nous les avons mis dans les publics prioritaires. Ils ont pu, dès le 24 mai, prétendre, par priorité, à être vaccinés. Mais c'est vrai que le choix qui a été fait...

Q - Quel est le taux de vaccination, on le sait ?

R - Le choix qui a été fait, le Président l'a dit, à ce stade, c'est de ne pas rendre obligatoire la vaccination. C'est aussi un choix de société, un choix éthique, à ce stade...

Q - Cela rassurerait les touristes, non ?

R - Et je peux vous dire qu'en tous les cas les centres ne désemplissent pas. Pour la montée en charge de la vaccination, on avance à grands pas. Hier 724.000 doses injectées, de mémoire : on est donc en route pour les 30 millions de personnes vaccinées à la mi-juin. Donc, c'est cela qui va nous permettre effectivement, petit-à-petit, de créer cette immunité collective. Et puis, tout simplement de desserrer l'étau qui pèse sur nos vies, en termes de mobilité, en termes d'activité.

Le 9 juin, on a une nouvelle étape où, justement, de nouvelles activités vont ouvrir, grâce à cette montée en puissance de la vaccination. On va pouvoir à nouveau retourner faire de la thalasso, aller dans les restaurants à l'intérieur, reprendre l'événementiel - c'est un secteur qui a beaucoup souffert -, des événements professionnels. Eh bien, tout cela, c'est parce que la vaccination monte en puissance et parce que les Français aussi, il faut le rendre hommage, ont été prudents.

Q - Mais, est-ce que par exemple cet été, pour permettre aux Français d'être vaccinés, vous allez ouvrir des centres de vaccination particuliers, dans des zones très touristiques ? Je ne sais pas, sur la Côte d'Azur, sur le littoral en Bretagne, d'autres, de nouveaux centres de vaccination ? Est-ce que vous allez aménager la vaccination ?

R - L'idée, c'est de pouvoir se faire vacciner plutôt à proximité de chez soi, et de pouvoir, - vous le savez, il y a un temps de délai, un délai entre la première dose et la deuxième dose -, et faire en sorte que les délais peut-être puissent être un petit peu aménagés, pour permettre aux gens aussi de s'organiser, de faire leur première dose éventuellement avant de partir, la deuxième au retour. Bref, vous savez, vous prenez rarement deux mois de vacances d'affilée, il faut dire les choses.

Q - Non, rarement deux mois. Mais celui qui part trois semaines, par exemple, puisque le délai, trois semaines... même pour celui qui part un mois. Première dose à Paris par exemple, à Paris ou à Lyon, ou je ne sais pas où, deuxième dose sur son lieu de vacances : c'est possible ou pas ?

R - La règle, c'est de privilégier l'endroit où vous avez reçu votre première dose.

Q - C'est dommage, non ?

R - Mais, encore une fois, avec quelques aménagements en termes de durée ; encore une fois, les Français, vous le savez, partent une semaine, deux semaines, parfois trois semaines, rarement plus. Donc, tout cela est compatible. Et franchement, il n'y aura pas de drame, tout se passera bien.

Q - Quelles vacances ? Sans masque, sans couvre-feu, sans restrictions sanitaires ?

R - Alors, on a le réflexe crème solaire d'habitude en vacances, mais je crois qu'il va falloir garder le réflexe "gestes barrières" aussi. Voilà, parce qu'on est quand même dans...

Q - Donc, masques, cet été ?

R - Gestes barrières, c'est-à-dire faire attention, continuer à être prudent...

Q - Distanciation ?

R - Distanciation, voilà. Mais, encore une fois...

Q - Sans couvre-feu.

R - A partir du 30 juin, ça y est, le couvre-feu est fini. Et donc, nous retrouverons cette capacité...

Q - Vacances sans couvre-feu, sans masque. De plus en plus de communes, notamment touristiques...

R - Justement, le Président a eu l'occasion de répondre à un de vos confrères, lors de ce déplacement dans le Lot, sur le masque. Il a dit que pour l'instant, et donc, dans cette période qui nous conduit encore aux étapes du 9 juin jusqu'au 30 juin, a priori, la doctrine demeurera la même. Donc, on va encore garder le masque quelque temps. Mais l'idée, Olivier Véran le disait, c'est naturellement, quand on est à la plage, ce n'est pas d'avoir le masque. Voilà. Donc, allez, on fait encore quelques petits efforts là dans les semaines à venir pour pouvoir retrouver pleinement ce qui fait le sel de nos vies d'avant.

Q - Alors, souvent en vacances, on va en discothèque. Elles seront ouvertes ? Parce qu'elles sont ouvertes en Espagne, elles ouvrent en Espagne. Est-ce qu'elles seront ouvertes en France ?

R - Alors, on s'est engagé à leur donner des perspectives, le 15 juin. Donc rendez-vous, le 15 juin, Jean-Jacques Bourdin. Je sais que c'est un secteur qui a beaucoup souffert, parce qu'ils n'ont pas pu rouvrir...

Q - Oui, mais des perspectives le 15 juin...

R - Ils n'ont pas pu rouvrir un seul jour depuis mars 2020.

Q - Est-ce que vous pouvez leur dire : bonne nouvelle, le 15 juin, franchement ? Aujourd'hui, nous sommes le 4.

R - Voilà, on est le 4 juin, on n'est pas le 15 juin. Et donc, si je vous disais : bonne nouvelle le 15 juin, cela voudrait dire qu'en fait j'annonce les choses le 4 !

Q - Non, mais est-ce qu'on va vers une ouverture aménagée ?

R - Vous savez, tout cela va continuer à être discuté au sein de cette CIC, avec le Premier ministre, naturellement. Donc, aujourd'hui je ne peux pas vous donner la réponse, ce serait vous mentir, ce serait mentir aux Français. Donc, rendez-vous, le 15 juin, c'est là qu'on donnera des perspectives. Et encore une fois, un mot pour ces professionnels qui ont beaucoup souffert, parce que ne pas travailler, c'est moralement très dur.

Q - Mais oui, mais ils n'ont pas passé...

R - On a mis en place les dispositifs de soutien pour les aider à passer le cap, mais il y a un moment, on voit bien que...

Q - Être fermé un nouvel été, ce serait catastrophique. Je me fais leur porte-parole.

R - Ce que l'on voit bien, le sujet n'est d'ailleurs même pas d'une concurrence espagnole, parce qu'on voit bien que celles et ceux qui souhaiteraient contourner des règles, - on a vu des phénomènes l'été dernier, sur les plages, la nuit, des regroupements, des attroupements -, et donc, on voit bien que tout cela n'est pas mieux, en termes de sécurité sanitaire.

Q - Mais on les aura aussi cette année.

R - Et donc, c'est pour cela que... Ce sont des grands professionnels. Je veux dire avec Alain Griset - puisqu'on on les voit régulièrement - combien on sait qu'ils sont capables de gérer un certain nombre de flux. Et donc encore une fois, rendez-vous le 15 juin avec eux.

Q - Donc, réouverture sous conditions. J'ai tout compris.

R - Je n'ai pas dit ça.

Q - Non, vous n'avez pas dit ça, mais je sens que ça va être ça. Bon, on verra. On verra. Baisse de la TVA pour la restauration ? C'est ce que demandent beaucoup de restaurateurs.

R - Ecoutez, pour l'instant le sujet qui est venu, c'est plutôt le maintien des aides...

Q - Alors, jusqu'à quand ?

R - ...et qu'on a adaptées. Et donc, nous avons délibéré en Conseil des ministres, là, il y a deux jours, la loi de finances rectificative qui prévoit 15 milliards d'euros d'aides qui vont se poursuivre, dans les semaines et les mois à venir, par exemple, on va continuer avec le Fonds de solidarité. Il est adapté : dès qu'on perd 10% de son chiffre d'affaires - parce que la jauge des restaurateurs n'est pas encore pleine, regardez pour l'instant, il n'y a que les terrasses. Le 9 juin ils pourront faire 50% dans leurs salles -, tout cela fait qu'ils n'ont pas forcément leur point d'équilibre. Donc, on maintient le fonds de solidarité, on indemnise sur les pertes, dès lors qu'il y a plus de 10% de pertes. Et puis, on va continuer aussi avec l'activité partielle, avec des exonérations de charges.

Q - Jusqu'à quand ?

R - Cela va de façon dégressive : juin, juillet, août... Et puis, naturellement, vous savez, il faudra faire un point à la fin de la saison, pour voir comment se porte le secteur. Et puis, on n'a pas fait tous ces efforts, depuis 14 mois, pour les laisser tomber ; donc, je crois que le Président de la République...

Q - Et, rassurez-les, les aides qui n'ont pas été versées, - il y en a beaucoup -, seront versées. Tout sera versé ?

R - Ah, mais, toutes les aides qui sont prévues sont versées, bien sûr.

Q - Certaines ont pris du retard.

R - Je peux vous dire que très régulièrement, au sein du comité de la filière tourisme, on reçoit celles et ceux qui effectivement n'ont pas reçu en temps et en heure, on débloque les dossiers. Parce que c'est beaucoup de travail, il faut aussi rendre hommage à toute cette administration fiscale qui étudie les dossiers, etc., et fait en sorte que les versements désormais soient quand même rapides.

Q - A partir du 9 juin, la France accueillera des voyageurs étrangers ; - étrangers -. Alors, on va distinguer les voyageurs qui viennent de l'Union européenne et les voyageurs extra, comme on dit, extracommunautaires. Vous nous apprenez ce matin, c'est une information exclusive, vous nous révélez le système qui va être mis en place à partir du 9 juin. Je crois qu'il s'agit de carte. Alors, expliquez-nous.

R - Oui, tout à fait Jean-Jacques Bourdin. Donc, le Président de la République s'est engagé, dès le 9 juin, capacité à accueillir un certain nombre de voyageurs internationaux, et également à voyager à l'international. Mais, il faut concilier le principe de mobilité avec le principe de sécurité, sécurité sanitaire, encore une fois. Parce que rien ne serait pire que de retomber dans une énième vague Covid, dans quelques semaines, dans quelques mois, parce qu'on n'aurait pas pris suffisamment de précautions.

Donc, on a travaillé, en fait, avec des codes couleurs. Les pays sont classés selon trois types de zones. Les zones vertes, c'est-à-dire des zones dans lesquelles il n'y a pas de circulation active du virus, il n'y a pas de variant préoccupant.

Q - Alors, Union européenne - hors Grande-Bretagne -, Australie, Corée du Sud, Israël, par exemple.

R - Voilà, exactement. Ensuite, il y a...

Q - Alors, pour venir en France... Attendez... Pour venir en France si l'on est citoyen de l'un des pays de cette zone, Union européenne, Australie, Corée du Sud, Israël, que doit-on présenter pour entrer en France ?

R - Alors, deux cas de figure. Si je suis vacciné et que je viens d'un de ces pays verts, on ne me demandera pas de test : je viens, je prends mon billet, je viens, j'arrive, et bienvenue en France !

Q - Si je ne suis pas vacciné ?

R - Si vous n'êtes pas vacciné, on vous demandera un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures, et à ce moment-là...

Q - Fait avant l'embarquement.

R - Moins de 72 heures, bienvenue en France !

Q - Bien. Deuxième zone, la zone orange, qui concerne quels pays ?

R - Alors, la zone orange concerne des pays où la circulation du virus existe encore, mais est maîtrisée, et dans lesquels il y a pas de variant préoccupant. Cela concerne la majorité des pays dans le monde, en réalité. Je vous présente la carte, vos téléspectateurs la verront, les auditeurs pas, mais ils pourront télécharger le dossier, je le précise, dans la matinée, sur gouvernement.fr, très important, parce que c'est un peu le mode d'emploi pour organiser vos déplacements à l'international dans les prochaines semaines. Et donc, dans ces zones orange...

Q - Etats-Unis, reste du monde.

R - Etats-Unis et beaucoup de pays du monde...

Q - Pratiquement le reste du monde à part la zone rouge.

R - Tout à fait. Là aussi, deux cas de figure. Si vous êtes vacciné, on vous demande un test PCR de moins de 72 heures en plus, ou un test TAG de moins de 48 heures, et à ce moment-là, bienvenue en France ; vous arrivez, vous sillonnez nos routes et vous découvrez nos terroirs !

Q - Et si pas vacciné ?

R - Et si pas vacciné, là en revanche, on met des motifs impérieux pour venir en France. C'est-à-dire que ne peuvent accéder au sol français et européen, seulement des gens qui ont un motif très important. Ce sont des motifs familiaux, ce sont des motifs professionnels assez restreints. Et puis, après, il y a cette liste rouge où là, ce sont les pays qui...

Q - Voilà, la zone rouge, Afrique du Sud, Brésil, Inde, par exemple.

R - Des pays où le virus circule de façon assez active, où il y a parfois des variants préoccupants ; donc, dans ces pays-là, on met une liste de motifs impérieux. Donc, il n'y a pas de déplacements de loisir...

Q - Vacciné ou pas vacciné, motif impérieux, pas de déplacement loisirs.

R - Exactement.

Q - Donc, le citoyen qui vient d'Afrique du Sud, du Brésil ou d'Inde, ne pourra pas circuler en France comme un touriste normal.

R - Non, mais c'est un choix assumé. On a besoin encore une fois de sécurité sanitaire, on a besoin d'éviter l'importation de variants, de formes d'évolution du virus qui pourraient remettre en cause tous les efforts faits depuis des mois par les Français et qui ont permis, encore une fois, de regagner du terrain.

Q - Alors, deux questions encore. J'imagine les aéroports, français notamment, qui vont être embouteillés. Les contrôles aux aéroports de tous ces tests, seront faits où ? A l'enregistrement, à l'embarquement, aux douanes ? Je parle des Français qui partent à l'étranger.

R - Pour tous ces contrôles, on travaille main dans la main avec les compagnies aériennes. Nous avons aussi, notamment pour circuler au sein de l'Union européenne, ce fameux Certificat vert européen, qui permet, soit avec votre téléphone, soit avec un papier, avec un QR Code, de prouver que, soit vous êtes vacciné, soit vous avez votre test PCR qui est bien négatif, soit vous êtes immunisé parce que vous avez eu le virus mais que vous êtes rétabli. Tout cela va remettre de la fluidité et je veux remercier les compagnies parce que c'est beaucoup de travail, on le fait main dans la main, et elles se préparent. La montée en puissance va se faire, la semaine prochaine, pour la reprise de ces voyages internationaux.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, je pars en Europe, ou ailleurs. J'ai fait mes tests, je suis vacciné, mais les enfants, les enfants de moins de six ans, on ne leur demande rien, je crois, n'est-ce pas ?

R - Les enfants, par exemple, si je comprends bien votre question, je suis une famille, parents, enfants, nous voulons, par exemple, aller en Tunisie. La Tunisie est un pays qui devrait être classé orange, cela veut dire qu'on ne peut y aller que si on est vacciné. Et donc, si les parents sont vaccinés, les enfants mineurs, indépendamment de leur statut, peuvent les accompagner.

Q - Bon, d'accord. Mais dans beaucoup de pays, on va me demander des tests, et régulièrement. En France, les tests sont gratuits, mais en Europe ils ne sont pas gratuits, enfin, rares sont les pays où les tests sont gratuits.

R - L'Union européenne a recommandé que les tests soient à prix abordables.

Q - Alors, est-ce qu'ils vont être gratuits dans toute l'Europe ?

R - La réponse est que chaque pays décide de sa politique sur le prix des tests.

Q - 300 euros le test en Suède !

R - L'Union européenne fait une recommandation, elle demande que les tests soient à un prix abordable. Nous, Français, ce qu'on a souhaité faire, c'est un remboursement forfaitaire ; c'est-à-dire que si vous faites votre test parce que vous vous déplacez en Allemagne ou en Italie, et que si d'aventure vous devez payer, il y a un remboursement forfaitaire qui est fait pas la Sécurité sociale. Donc, cela vous permet quand même d'en prendre en partie, en compte, une partie du coût.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, le tourisme, c'est une valeur sûre de l'économie française, on le sait, malheureusement, pas suffisamment mise en valeur. Est-ce que vous allez engager une grande campagne de communication pour promouvoir la destination France ?

R - Alors, oui, Jean-Jacques Bourdin, tout à fait. Nous mettons d'ailleurs le paquet avec les destinations, les régions. Depuis le 11 mai, nous avons lancé une grande campagne, à la fois à la destination des Français, et à la fois vis-à-vis de dix marchés clés dans l'Union européenne, sur l'espace européen. Je pense à l'Allemagne, à la Belgique, aux Pays-Bas, à la Suisse ; ce sont des publics qui aiment la France, mais il est important d'être présent auprès d'eux, de leur donner cette envie de revenir chez nous. Nous avons donc lancé cette campagne Ce qui compte vraiment, qui décline avec de très beaux visuels, des différentes régions - là, on est sur la région Sud, sur la région Bourgogne-Franche-Comté, etc. - cette envie, finalement, et dans toutes les langues naturellement, de revenir à l'essentiel. Et revenir à l'essentiel, c'est quoi ? C'est se retrouver entre amis, se retrouver en famille, et c'est surtout se retrouver en France, voilà, avec la diversité des paysages et des activités.

Q - Je sais que vous aidez le tourisme, mais il va falloir l'aider encore plus. Je sais qu'il y a un nouveau plan de reconquête et d'investissement dans le tourisme qui est prévu. C'est bien cela ? Sur cinq ans, quel montant ?

R - Nous avons de la chance d'avoir un Président de la République qui, depuis le début, a fait du tourisme une priorité nationale. Ce n'est pas un slogan, je ne dis pas cela pour faire la brosse à reluire...

Q - Oui, mais moi, je veux du concret. C'est bien beau les slogans, mais le concret ?

R - Le concret, c'est que, depuis quatorze mois, ce sont trente milliards d'euros qui ont été mis en soutien de l'industrie du tourisme, de l'hôtellerie, de la restauration, par l'Etat français. Trente milliards d'euros !

Q - Ce nouveau plan, il va y avoir un nouveau plan ?

R - Le Président a été à la rencontre des acteurs du tourisme, avant-hier, effectivement, à Saint-Cirq-Lapopie, magnifique petit village, plus beau village de France. Nous avons travaillé avec les professionnels, les représentants de l'hôtellerie, de la restauration, etc. Il leur a dit : "Moi, je souhaite, au-delà des mesures d'urgence, que nous puissions, justement, travailler ensemble à un plan de reconquête, de transformation de l'industrie du tourisme", à échéance cinq ans, parce que là, maintenant, il faut lever le nez du guidon et se projeter aussi...

Q - Quels moyens ?

R - Justement, nous allons y travailler. On rendra la copie, au mois de septembre. Notre méthode, c'est de travailler avec les acteurs, ce n'est pas d'imposer un truc d'en haut. Je vous prends un cas, on l'a fait d'ailleurs, la preuve par l'exemple, on l'a fait, il y a une semaine, en rendant le plan pour l'avenir de la montagne française, avec le Premier Ministre. Ce plan, on l'a travaillé avec les acteurs de la montagne, et là, on va faire la même chose.

Q - Ce plan, il va s'adresser à qui ?

R - Ce plan s'adressera à l'ensemble du tourisme, pour pouvoir travailler sur les enjeux d'emploi, vous savez que par exemple, beaucoup de professionnels ont du mal à recruter, - je veux d'ailleurs profiter de votre antenne pour inciter ceux qui cherchent un emploi dans le tourisme ou qui cherchent des compétences, à se rendre sur la plateforme monemploitourisme.fr, nous l'avons lancée avant-hier aussi, elle permet de faire se rencontrer l'offre et la demande. C'est très pratique, vous mettez un endroit à partir duquel vous voulez travailler, vous pouvez trouver toutes les offres qui existent dans le tourisme, dans l'hôtellerie, la restauration. Ces sujets d'emploi, par exemple, nous allons continuer à travailler. Il y a besoin de créer des passerelles, parce que parfois, un certain nombre, après avoir travaillé dans l'hôtellerie ou la restauration, au bout de cinq ans, veulent changer, mais il faut qu'on les garde dans le secteur du tourisme. Donc, les sujets d'emploi et de formation ; les sujets également d'investissements : il y a besoin d'investir pour faire que notre offre soit toujours au niveau compétitif, parce que le tourisme, il n'y a rien de plus concurrentiel. Je peux vous dire qu'en vingt ans, il y a des destinations qui n'existaient pas en tant que destination et qui ont émergé. Regardez les Emirats, par exemple, qui ont misé sur le tourisme d'affaires, etc. Donc nous avons aussi besoin d'aider à investir, cela veut dire des pépettes, c'est de l'argent, c'est du budgétaire qu'il va falloir à un moment mettre sur la table.

Q - De l'argent aussi pour, je ne sais pas moi, rembourser les avoirs des voyageurs ? Parce que des tours opérateurs sont menacés de faire faillite, parce que beaucoup de voyageurs ont des avoirs et ils ont peur de ne pas pouvoir être remboursés. Alors qui paiera ?

R - Nous sommes très actifs sur cette question, depuis le début, parce que souvenez-vous, en mars 2020, quand tout s'est arrêté, le risque était que les agences de voyages ne puissent pas faire face à toutes les demandes de remboursements. Donc, nous avons mis en place cette législation qui, pendant 18 mois, a permis de bénéficier d'un report des voyages qu'on avait commandés. D'ailleurs, beaucoup ont déjà consommé ce report, mais d'autres ne l'ont pas fait.

Q - Exactement.

R - Et donc, nous travaillons avec les entreprises du voyage, leur président Jean-Pierre Mas, pour imaginer des dispositifs. Donc, travail en cours, pour voir comment on peut arriver à faire face...

Q - Mais je veux savoir qui paiera ! Est-ce que vous allez instaurer une taxe, par exemple, sur les billets d'avion, sur les voyages, pour payer, justement, ce risque ?

R - Aujourd'hui, Jean-Jacques Bourdin, je ne peux pas vous donner la réponse, puisque nous sommes à la tâche avec les acteurs du tourisme, pour trouver des solutions. Encore une fois, dès qu'on aura cette solution, dans quelques semaines...

Q - Mais c'est une solution, la taxe ?

R - Encore une fois, nous ne sommes pas dans l'idée de création de taxe etc...

Q - Mais "encore une fois", il ne s'agit pas d'encore une fois, pardon Jean-Baptiste Lemoyne...

R - Mais nous sommes en train d'y travailler avec les acteurs donc je ne peux pas vous donner la réponse...

Q - Mais c'est donc une solution ?

R - Je n'ai pas dit cela. Je dis que nous sommes en train de travailler, et que par conséquent, lorsqu'il y aura un schéma qui fonctionnera, je serai prêt à venir vous le présenter. Ce qui est sûr, c'est que nous avons toujours voulu préserver à la fois ces agences de voyages, en même temps préserver les droits du consommateur, et c'est cela, l'équilibre qu'on a trouvé. Nous continuerons à être aux côtés de ces acteurs parce que les agences de voyages ont beaucoup souffert, les voyages internationaux, dont elles s'occupent beaucoup, ont été pénalisés. Et d'ailleurs, je veux dire aux Français, que dans ce temps où, on le voit, se déplacer à l'international est compliqué, il y a des règles, les règles que nous, on édicte, mais aussi les règles qui sont édictées par les Etats dans lesquels vous vous rendez, et comme c'est très compliqué, je leur dis : faites confiance à vos agents de voyage, parce que, eux, ils vont vous faciliter le déplacement.

Q - Et le consommateur sera remboursé, quoi qu'il arrive ?

R - De toute façon, c'est la loi, et ce qu'il faut, c'est qu'on puisse naturellement aider les entreprises de voyages à faire face à cela.

(...)

Q - Merci, Jean-Baptiste Lemoyne, d'être venu nous voir.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 juin 2021