Interview de Mme Amélie de Montchalin, ministre de la transformation et de la fonction publiques, à Sud Radio le 14 juin 2021, sur le déconfinement, l'armée, la réforme de la fonction publique et les élections régionales.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Amélie de MONTCHALIN.

AMELIE DE MONTCHALIN
Bonjour

PATRICK ROGER
Lendemain de week-end avec des fêtes clandestines, franchement, est-ce que le couvre-feu à 23h, ça a encore une utilité et du sens ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Ecoutez, je pense qu'on a tous extrêmement envie de profiter des soirées, il fait beau, et on a envie d'être avec nos amis. Donc on voit bien qu'on a aujourd'hui un enjeu, c'est quand même de continuer à réussir cette sortie progressive du confinement, le couvre-feu, il était à 19h, puis, à 21h, puis, à 23h, dans quinze jours, il n'y aura plus de couvre-feu, donc c'est un effort, il faut le reconnaître. Moi, je vois beaucoup de Français qui sont dans le civisme, et puis, je vois après des hommes et des femmes politiques, Valérie PECRESSE et d'autres, qui nous parlent au fond d'électoralisme, qui nous disent : voilà, pour capter…

PATRICK ROGER
Valérie PECRESSE qui dit : il faut arrêter avec ce couvre-feu…

AMELIE DE MONTCHALIN
On est en train de faire les choses sérieusement, avec un sens à nouveau des responsabilités des Français dans leur immense majorité, qui est exemplaire. On sait qu'on a quinze jours encore devant nous d'efforts à tenir progressivement pour que le virus puisse, eh bien, partir, et qu'on puisse surtout avoir beaucoup de belles soirées d'été. Donc ne soyons pas dans des messages simplistes, électoralistes. La jeunesse, je pense qu'elle fait des efforts depuis maintenant des mois, et on fait les choses par étape, c'est ce qu'il y a de plus important.

PATRICK ROGER
Oui, donc le week-end, on aurait peut-être pu accorder certaines dérogations, non ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Non…

PATRICK ROGER
On a bien accordé des dérogations pour Roland Garros…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais attendez, dans un protocole très strict, les gens assis qui ont tous fait un pass sanitaire…

PATRICK ROGER
Oui, enfin, qui sont les uns, les autres, et qui crient, quoi…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais on est dans un contexte où il nous faut être progressifs et responsables. Donc je ne ferai pas aujourd'hui à nouveau d'électoralisme, maintenant, je tiens à remercier ceux qui font des efforts ; et je pense qu'on en a tous très envie, retrouver la vie avec nos amis, sans regarder sa montre, je pense que c'est un objectif collectif.

PATRICK ROGER
Oui, le général LECOINTRE, chef d'état-major des Armées depuis 2017, il a succédé de VILLIERS, va quitter ses fonctions après le 14 juillet, la neutralité des Armées doit être préservée à tout prix, a-t-il dit, pour se justifier. Comment vous interprétez, vous, ce départ ?

AMELIE DE MONTCHALIN
D'abord, je l'interprète comme celui d'un homme d'Etat qui a servi la nation, mené des armées dans un contexte extrêmement difficile, et qui fait honneur à ses valeurs du service public, qui sont aussi les valeurs de l'armée, des valeurs de loyauté, des valeurs d'engagement, de neutralité, c'est une respiration au fond qui est habituelle dans les armées, au bout de 4 ans, les choses changent, et donc c'est-ce que le général LECOINTRE, je crois, incarne aujourd'hui.

PATRICK ROGER
Oui, il semble regretter quand même que la nouvelle génération ne s'intéresse pas plus à l'armée et qu'il n'y a pas davantage de crédit dans une période qui est quand même très incertaine au niveau de la planète.

AMELIE DE MONTCHALIN
Vous savez, c'est tous les métiers, tous les métiers du service de l'intérêt général qu'il nous faut faire connaître, qu'il nous faut valoriser, c'est aussi mon rôle en tant que ministre de la Fonction publique, on a une campagne en ce moment qui s'appelle « Rejoins le service public », qui fait connaître ses métiers, et qui montre que servir les autres, s'engager pour les autres, c'est la plus belle manière donner sens à sa vie et d'être utile, et je crois que…

PATRICK ROGER
Alors, qu'est-ce que vous voulez dire par-là, il faudrait peut-être revoir le rôle de l'armée…

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, mais je vous dis que l'armée, les services publics, la Fonction publique, on doit redonner du sens à ces métiers qui sont des métiers d'engagement, de service, et évidemment, l'armée a un rôle à ce titre extrêmement important, on a aujourd'hui l'armée de métier, qui doit en permanence recruter, et c'est pour nous une priorité que les Français connaissent la réalité…

PATRICK ROGER
Vous avez du mal à recruter, vous avez du mal à recruter pour l'armée ?

AMELIE DE MONTCHALIN
L'armée aujourd'hui recrute tous les ans et beaucoup, recrute très bien, en revanche, moi, je peux vous dire que pour la Fonction publique en général, on a 100.000 postes offerts à des jeunes, de tous niveaux, eh bien, on est obligé aujourd'hui, et c'est le sens de mon action, de faire connaître les métiers, de sortir des clichés, de montrer que, eh bien, cette Fonction publique, elle a un sens, elle a des valeurs, et c'est surtout un métier où on a une utilité, et je crois que, aujourd'hui, beaucoup de jeunes cherchent une voie, cherchent une orientation, moi, je leur dis : s'engager pour les autres, c'est une belle manière, eh bien, de mettre son énergie au service d'une cause, de l'utilité générale.

PATRICK ROGER
Bon, alors, sur la réforme de la Fonction publique, il y a surtout des critiques sur la suppression du corps préfectoral en tant que tel, on vous accuse de vouloir libéraliser la Fonction publique, est-ce que vous assumez cette introduction justement dans les grands corps de ce système libéral ?

AMELIE DE MONTCHALIN
D'abord, ce n'est pas un système libéral, vous savez, les libéraux, c'est ceux qui, de Jean-François COPE à Eric WOERTH à Guillaume PELTIER, nous expliquent matin midi et soir que leurs solutions à tous les problèmes de la France, c'est de supprimer tout bonnement le statut de la Fonction publique, c'est de passer à la contractualisation, moi, ce n'est pas du tout avec le président de la République et le Premier ministre, la réforme que je porte. La réforme que je porte, c'est de croire effectivement aux valeurs du service public, de croire à ce statut, mais dans ce statut, nous assurer que ce ne sont pas les déterminismes, les corporatismes, le classement qu'on a à 25 ans qui fait votre carrière, et aujourd'hui, vous savez que trois quarts des Français, et c'est assez inédit, parce que c'est aussi trois quarts des agents publics, qui soutiennent cette réforme, qui est là pour les Français, à trois égards, d'abord, parce qu'elle permet de valoriser les postes opérationnels, les postes de terrain, parce qu'elle dit que les promotions se feront avec de l'évaluation, et parce qu' elle dit aussi une chose, c'est que les grandes fonctions prestigieuses d'inspection, de contrôle et de jugement, ce ne sont pas des fonctions que l'on fait quand commence sa carrière et qu'on fait toute sa vie, pour bien juger, il faut bien connaître le terrain, pour bien inspecter, il faut bien connaître le terrain, et donc cette réforme, c'est une réforme, voyez, qu'on ne fait pas, parce qu'on aurait 2022 dans le viseur. On le fait dans l'intérêt des Français, de la reconstruction de notre pays, c'est un système, vous savez, qui n'avait pas changé depuis 75 ans. Moi, je suis en train de consulter nos fonctionnaires, 6.000 d'entre eux ont répondu, eh bien, ils ont des grandes attentes justement de changement, de mobilité, de transparence, et donc on ne supprime – je tiens vraiment à le dire ici – on ne supprime aucun métier, évidemment qu'on ne va pas supprimer le préfet…

PATRICK ROGER
Les suppressions du corps préfectoral en tant que tel, quoi…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais, la logique de corps, c'est une logique qui enferme, moi, aux logiques de corps, je préférerais toujours les compétences…

AMELIE DE MONTCHALIN
Vous ouvrez ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Je préférerais toujours les personnes, et je préférerais toujours de nous mettre à jour au fond d'un monde de plus en plus complexe, où on a besoin que les compétences circulent plutôt qu'on enferme les gens dans des modèles où, en fait, on perd aussi beaucoup de liberté, et on perd aussi des perspectives, il y a quand même chose qu'on ne dit pas, il y a beaucoup, beaucoup aujourd'hui de préfets qui n'ont plus de perspectives de carrière, qui sont, comme on dit, les préfets hors cadre, pour eux, c'est un gâchis humain incroyable, vous imaginez, la ministre que je suis de voir qu'il y a des gens, parce qu'ils sont dans un corps, ils n'ont plus la possibilité, pour des raisons administratives, pour des raisons de statut, de mettre leurs compétences au service du pays, c'est ça la réforme qu'on porte, et vous voyez que c'est une réforme pour l'avenir…

PATRICK ROGER
Et donc, pour qu'ils partent ailleurs dans le privé éventuellement, et puis, qu'il y ait des gens…

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, pas forcément dans le privé, leurs compétences qu'ils aillent servir dans d'autres ministères. Vous savez, le Général de GAULLE, en 45, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit : il faut que les compétences circulent d'un ministère à un autre, on est 75 ans plus tard, ça ne se produit plus, cette réforme, à ce titre, elle est Gaullienne, s'assurer que les meilleurs vont travailler pour ce qui est le plus compliqué dans notre pays, c'est-à-dire s'intéresser à notre pays, s'intéresser à son avenir, au numérique, à l'écologie, aux valeurs de la République, qu'on le fasse avec un esprit collectif et pas un esprit de corps.

PATRICK ROGER
Bon, quand est-ce qu'elle va rentrer en vigueur cette réforme vraiment ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Toute cette réforme, elle rentre en vigueur le 1er janvier 2022, on est, là, en train de mettre vraiment sur pied la mise en oeuvre concrète, on le fait avec les hauts fonctionnaires, c'est inédit.

PATRICK ROGER
Mais en revanche, il n'y a pas de débat au Parlement, sur cette réforme, pourquoi…

AMELIE DE MONTCHALIN
Il y a eu un débat en 2019, le Parlement a débattu…

PATRICK ROGER
Oui, mais là, en même temps, on est dans l'application…

AMELIE DE MONTCHALIN
Le Parlement a débattu, il a habilité le gouvernement... c'est le fonctionnement normal d'une démocratie, c'est la Constitution française qui le permet, et donc aujourd'hui, l'ordonnance a été présentée et signée, il y a 15 jours, maintenant, on est dans la mise en oeuvre, et moi, je fais quoi, je consulte, jamais on n'a consulté directement les 12.000 hauts fonctionnaires de notre pays pour leur demander qu'est-ce qu'ils attendent pour leur carrière, de quoi ils ont besoin et comment ils se projettent dans l'avenir.

PATRICK ROGER
A propos justement aussi du nombre de fonctionnaires, Emmanuel MACRON voulait en supprimer 120.000, me semble-t-il, pendant la campagne électorale, où en sommes-nous aujourd'hui ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, d'abord, on a eu une crise très dure, qui s'appelle la crise Covid, on a des enjeux de sécurité, des enjeux de justice, qui fait que, on a regardé les choses en face, et on s'est dit : c'est quoi l'enjeu aujourd'hui, on stabilise les effectifs, donc c'est un effort, pas plus au total d'agents publics de l'Etat, en revanche, on réalloue nos compétences, on réalloue nos besoins, il y a besoin de plus de monde sur le terrain, on est en train de renvoyer du monde dans les départements, il y a besoin de plus de monde dans les forces de l'ordre, on recrute 10.000 policiers et gendarmes, on a besoin de plus de monde à la justice, et donc, il y a des ministères qui font des…

PATRICK ROGER
Donc pas de suppression, il n'y a pas eu de suppression, il y a eu 10.000, c'est ça, suppressions, à peu près ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais notre enjeu aujourd'hui…

PATRICK ROGER
Eh bien, non, mais je voudrais un chiffre, Amélie de MONTCHALIN…

AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, je ne suis pas la ministre, je veux dire, je ne suis pas…

PATRICK ROGER
Non, mais attendez, attendez, il y avait un chiffre qui avait été avancé, on parle toujours des promesses électorales, il y avait ce chiffre de 120.000, bon, aujourd'hui, on en est où, Amélie de MONTCHALIN, on voudrait savoir ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On en est que, dans l'Etat, qui est la responsabilité que je porte devant vous, je ne vous parle pas des collectivités locales, je parle de l'Etat, en 2021, la décision que nous avons prise avec le Premier ministre, c'est de stabiliser les effectifs, moi, je ne suis pas la ministre d'une approche comptable, pendant des années, la seule chose qu'on a eu à dire sur les fonctionnaires dans notre pays, c'est qu'ils étaient trop nombreux, ce n'est pas la raison de création de mon ministère, en juillet dernier, en juillet dernier, on s'est dit quoi, on doit…

PATRICK ROGER
Bon, vous ne n'avez toujours pas donné de chiffre, combien ?…

AMELIE DE MONTCHALIN
On est à un peu moins... on doit être à quelques milliers de moins qu'en début du quinquennat, mais notre enjeu…

PATRICK ROGER
D'accord, pour moins de 10.000…

AMELIE DE MONTCHALIN
On stabilise les effectifs et on réalloue nos compétences, on réalloue en fonction des besoins, je pense que les Français l'entendent, l'approche comptable, qu'est-ce qu'elle a fait, elle a vidé l'Etat dans les préfectures et les sous-préfectures, elle a retiré de la force à l'Etat…

PATRICK ROGER
Non, non, mais peut-être, d'accord, mais il y avait une promesse de campagne, donc, voilà…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais aujourd'hui, les Français expriment un besoin de santé, un besoin de sécurité, un besoin de justice…

PATRICK ROGER
Ce qui veut dire que les promesses n'engagent que ceux qui les…

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, vous savez, sur le site du gouvernement : « gouvernement.fr », vous avez nos résultats département par département, sur les 36 politiques prioritaires, on n'a aucune difficulté à présenter ce qu'on a fait, ce qu'on doit encore accélérer Mais je vous dis une chose, si on garde cette approche comptable qui objectivement a fait énormément de mal, notamment quand la droite était au pouvoir avec la fameuse RGPP, eh bien, c'est l'Etat qu'on affaiblit, et les Français aujourd'hui, ils comprennent très bien que c'est un effort collectif pour leur intérêt d'avoir plus d'hommes et de femmes…

PATRICK ROGER
Bon, mais les Français, ils savent aussi que la France est quand même assez endettée. Un mot maintenant sur le télétravail, où en est-on dans la Fonction publique ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On en est que depuis mercredi dernier, on a changé les règles, on a aujourd'hui 3 jours de télétravail, 2 jours en présentiel, comme on dit, donc de retour dans les bureaux et les administrations, on fait ça progressivement, les choses à nouveau changeront au 1er juillet si la situation sanitaire le permet.

PATRICK ROGER
C'est-à-dire, au 1er juillet ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Et on passera du coup, à ce moment-là, à plus que 2 jours de télétravail, et notre enjeu, c'est en ce moment de négocier avec les syndicats, de négocier avec l'ensemble des ministères, parce que le télétravail va rester dans la Fonction publique, on va s'assurer…

PATRICK ROGER
Mais c'est-à-dire que, à la rentrée, en septembre, il y a des gens qui pourront continuer de faire 1 jour ou 2 journées de télétravail ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Evidemment, et c'est pour ça qu'on a un nouvel accord cadre, parce que de cette période, on a aussi beaucoup changé nos organisations, on a fait augmenter la confiance dans les organisations, et donc évidemment, le télétravail, c'est quelque chose qui restera, et c'est, je crois, une vraie ouverture, un vrai positif pour les agents publics.

PATRICK ROGER
Amélie de MONTCHALIN, un mot sur les régionales, la question qui fâche en ce moment, c'est celle du Front républicain, vous, vous y êtes favorable ou pas ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Vous savez, moi, ce qui me fâche, c'est qu'on a oublié que faire campagne, c'est d'abord proposer des projets, ça me semble absolument aberrant qu'aujourd'hui on demande plus aux candidats, à la présidence des régions, ce qu'ils feront au second tour que ce qu'ils feront pour les Français de leur région, la meilleure manière de combattre le Front national, c'est d'aller faire campagne sur le terrain, c'est d'aller rencontrer les Français, c'est de faire ce que Laurent SAINT-MARTIN fait en Ile-de-France, ce que je fais, moi, tous les jours en Essonne, c'est d'aller convaincre avec des idées, qu'est-ce que veut le Front national ? Et vous regardez, c'est de ne pas faire campagne, c'est de laisser les partis s'entre-déchirer à leur égard…

PATRICK ROGER
On les entend, ils font des propositions sur la sécurité…

AMELIE DE MONTCHALIN
Il n'y a aucune proposition, Jordan BARDELLA, il n'y a aucune proposition, Jordan BARDELLA, il ne vient pas aux débats, Jordan BARDELLA ne vient pas débattre sur le terrain, dans les départements avec personne, le tract que le Front national distribue partout, c'est une photo de Marine LE PEN et en disant : Vivement 2022 ! Donc moi, ce qui, aujourd'hui, me choque profondément, c'est que les présidents de région aujourd'hui, ils sont plus interrogés, et certains d'ailleurs s'y complaisent, sur ce qu'ils feront au deuxième tour que ce qu'ils font pour les Français. L'autre chose que je vois aussi, c'est que, être président de région, ce n'est pas se servir du tiroir-caisse de sa région pour se créer un fan club pour 2022, c'est de travailler aujourd'hui sur la relance, sur les lycées, sur les transports. Ce n'est pas non plus de faire campagne contre l'Etat…

PATRICK ROGER
Bon, et le président, il fait le tour de France aussi pour avoir un fan club aussi, pour 2022, quoi…

AMELIE DE MONTCHALIN
Non, parce qu'il s'occupe de son pays, et il serait à l'Elysée, on dirait quoi ? Qu'il est caché, qu'il n'a pas le courage de défendre ce qu'il fait aux Français…

PATRICK ROGER
Bon, dernière question, Amélie de MONTCHALIN, avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Oui, le 6 juillet prochain, les agents de la Fonction publique sauront si leur fiche de paie va évoluer, à un an des élections, est-ce qu'on peut s'attendre à des mesures importantes ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Alors évidemment, il y a des mesures importantes, d'abord, la première mesure importante, c'est que tous les agents publics auront une contribution de leur employeur, c'est-à-dire de l'Etat ou de leur employeur public pour payer leur mutuelle santé, c'était une inégalité énorme. Et certains déjà disaient : oh, là, là, quel privilège ! Moi, je suis celle qui a tenu un engagement, que les agents publics, comme tous les autres Français, leur mutuelle santé, dans les prochaines années, soit bien payée à 50 % par leur employeur, et ensuite, je prendrai d'autres mesures…

CECILE DE MENIBUS
Et la revalorisation du point d'indice par exemple ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On est en train de travailler sur un certain nombre de choses sur les bas salaires, sur les inégalités hommes/femmes, et moi, j'ai un enjeu, c'est qu'on doit aujourd'hui regarder en face ce que ce système qui, parfois, a une approche totalement générale, c'est la même augmentation pour tout le monde, génère comme inégalités, les inégalités entre ceux qui travaillent à Paris, et puis ceux qui travaillent dans les autres régions, les inégalités entre les hommes et les femmes, les inégalités entre des filières, et donc on fait ce travail très précis, moi j'ai un engagement très fort, que les syndicats, et que les agents publics connaissent très bien, c'est qu'on regarde précisément les situations, et on les corrige, c'est pour ça…

CECILE DE MENIBUS
Il faut vraiment des annonces, là, pour l'élection, c'est-à-dire que…

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais ce n'est pas pour les élections qu'on fait des annonces, c'est parce que, pourquoi on fait le Grenelle de l'Education, parce qu'on considère que les jeunes professeurs, en début de carrière, ne sont pas assez payés, pourquoi on fait des revalorisations à l'hôpital, parce qu'on considère qu'il était urgent de rattraper 20 ans, eh bien, de non augmentation salariale. Donc on fait des choses précises, concrètes ciblées, et vous pouvez compter sur moi pour le fait qu'elles soient réelles, et que sur la feuille de paye de ceux qui ont été oubliés pendant des années, ça se voit.

PATRICK ROGER
Merci Amélie de MONTCHALIN, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, qui était l'invitée de Sud-Radio Radio ce matin.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je vous remercie.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 juin 2021