Interview de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la culture, à BFMTV le 22 juin 2021, sur les débordements qui ont eu lieu à la fête de la musique et la réouverture progressive de tous les lieux de culture.

Texte intégral

ADELINE FRANÇOIS
Bonjour Roselyne BACHELOT.

ROSELYNE BACHELOT
Bonjour.

ADELINE FRANÇOIS
Et merci d'être avec nous ce matin au lendemain de cette fête de la musique. Enfin, déconfiné ! Fête quand même gâchée par la pluie dans certaines villes, et par des débordements aussi, par des rassemblements, eh bien, auxquels on n'est plus du tout habitué, en fait. Donc ça a été très chaud, notamment à Paris, sur les quais de Seine, là, on voit la place de la République où les forces de l'ordre sont intervenues au milieu de la nuit pour disperser la foule à coups de gaz lacrymogène. Images également cette nuit de la place des Invalides, foule immense, pas de masque. Que dire et que faire ?

ROSELYNE BACHELOT
Ce que je dis, c'est que, bon, cette fête de la musique, d'abord, elle s'est tenue, elle a donné lieu à des moments festifs, des moments d'expressions musicales tout à fait formidables, c'est d'abord ça qu'il faut retenir. Les gens se sont retrouvés dans une fête populaire. Il y a eu des débordements, on s'y attendait sans doute, parce que cette explosion de la fête de la musique a donné lieu à ces débordements, bon, c'est sûr, on a lâché, d'une certaine façon, les freins, mais il y a encore des règles sanitaires à observer, et j'en appelle vraiment à la responsabilité des uns et des autres. La pandémie est toujours là, il faut être dans une démarche prudentielle, mais c'est vrai qu'à 2h du matin, dans l'extase de la fête, il peut y avoir des débordements.

CHRISTOPHE DELAY
Madame BACHELOT, est-ce que l'on n'aurait pas pu faire preuve d'un peu de mansuétude, pour reprendre un mot de Gérald DARMANIN, voilà, première vraie fête, première nuit de libération, et on a vu des images un peu choquantes sur des enfants, enfin, sur des gamins, quoi !

ROSELYNE BACHELOT
On a fait preuve de beaucoup de mansuétude, et des consignes avaient été données, c'est vraiment quand il y a eu certains débordements, certains regroupements, qui peuvent mettre en danger la santé des uns et des autres, qu'on a fait des dispersions. Non, justement, les consignes avaient été données d'être extrêmement tolérant, mansuétude, je reprends cette expression, moi, je suis allée sur le quai de la gare terminer ma soirée, dans une entreprise qui s'appelle Petit Bain, qui est une entreprise de musique actuelle, une association de musique actuelle, avec aussi un but humanitaire et d'économie solidaire ; bon, on n'était pas dans des configurations, voilà, tout le monde n'avait pas de masque, on était regroupé…

ADELINE FRANÇOIS
Vous étiez plus de 10…

ROSELYNE BACHELOT
Et on a laissé les choses se dérouler.

CHRISTOPHE DELAY
Parce que franchement, enfin, il y a certain nombre de jeunes qui n'ont pas compris, écoutez ce qu'ils disaient hier soir.

UNE JEUNE FILLE
Ça me surprend un peu qu'il y ait une limitation de 10 personnes, pourquoi pas 11, pourquoi pas 12.

UN JEUNE HOMME
Moi, je ne comprends pas qu'on ouvre les discothèques le 9 juillet et qu'on puisse aller en intérieur, et que là, on a interdit les rassemblements à l'extérieur, hormis les bars ou les scènes avec les personnes assises, je ne comprends pas les différentes mesures.

CHRISTOPHE DELAY
Alors ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, c'est parce que c‘est un mouvement progressif, nous, on veut bâtir un modèle résilient qui s'adapte sur une certaine distance, sur une certaine longueur de temps, pour pouvoir évaluer comment ça se passe, non, je crois qu'il faut saluer les annonces qui ont été faites hier, qui sont très attendues par la profession, à la fois d'un côté des discothèques, qui vont réouvrir le 9 juillet, c'est un secteur qui a été vraiment tout à fait, comment dirais-je, très, très impacté par la crise, les professionnels sont très contents, les musiques debout, les concerts de musique debout qui sont vraiment un mode d'expression culturelle à part entière dans les territoires, très attendus par les jeunes, au 30 juin, le 1er juillet, il pourra y avoir des concerts debout à 100 % de jauge et sans masque, vraiment, c'est une bouffée d'oxygène…

ADELINE FRANÇOIS
En extérieur…

ROSELYNE BACHELOT
Sans jeu de mots, qui se passe, et je crois que tous les professionnels qui étaient réunis autour du président de la République à l'Elysée hier ont salué ces mesures. La pandémie est toujours là, c'est-à-dire nous pilotons ce système, cette libération de l'exercice culturel, nous le faisons progressivement.

CHRISTOPHE DELAY
Bon, avec un regret quand même pour certains, notamment les festivals été qui se disent : eh bien, si on avait su un peu avant, on aurait pu s'organiser.

ROSELYNE BACHELOT
Et si nous avions su aussi avant comment la pandémie allait évoluer, vous savez, évidemment, on nous reproche ce manque de visibilité, mais la visibilité, nous ne l'avions pas non plus, survenue des variants, comment allait se passer l'épisode, enfin, le système de vaccination, c'est un vrai succès, on le constate maintenant, l'opération est réussie. Nous voyons aussi que cette application TousAntiCovid, qui permet de mettre en place le pass sanitaire, qui n'est pas une obligation vaccinale, je le répète, quelque chose de simple, si on est vacciné, évidemment, on a son application, mais ça peut être aussi un test de moins de 48 heures, ou si on a été contaminé, comme moi, et qu'on en apporte la vérification sur TousAntiCovid, voilà. Ce modèle résilient, il est possible grâce à deux choses : la diminution de l'épidémie, grâce à l'opération de vaccination, et ces tests qui vont nous permettre de profiter à plein de la culture.

ADELINE FRANÇOIS
Il va falloir un peu plus que de la résilience pour le monde de la culture, certains secteurs sont sinistrés par cette crise qui dure depuis un an, pour certains, est-ce que vous allez continuer à aider le secteur, on pense aussi bien aux organisateurs de festivals qu'à certains musées, qu'à certaines salles ?

ADELINE FRANÇOIS
Bien sûr, nous avons été présents auprès du monde de la culture de façon inédite depuis le début de la crise, aucun pays n'a fait autant que la France pour ses artistes, et nous allons bien sûr continuer à les aider, nous allons aussi lancer des opérations tout à fait importantes, comme cet appel aux créateurs, aujourd'hui, je lance une opération très importante, ça s'appelle « Nouveau Monde », c'est un appel à manifestation d'intérêt, nous avons mis 30 millions d'euros sur la table pour que des jeunes artistes, créateurs, créatrices puissent voir leurs oeuvres épaulées, c'est vraiment une opération qui ne s'est jamais produite, c'est 30 millions d'euros, ça peut être un sculpteur, une sculptrice, la photographie, du cinéma, un livre, une pièce de théâtre, et nous allons aider ces artistes. Et nous allons le faire aussi bien dans un lieu... comment dirais-je... dans un lieu patrimonial, un château, une église ou un lieu naturel.

CHRISTOPHE DELAY
Eh bien merci beaucoup Madame BACHELOT. Vous aimez le foot, je crois, je me souviens... ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, j'ai même été ministre des Sports…

CHRISTOPHE DELAY
Je sais, je me souviens…

ROSELYNE BACHELOT
Dans une vie antérieure…

ADELINE FRANÇOIS
A une certaine époque…

CHRISTOPHE DELAY
Knysna... Voilà, je vous présente Eric DI MECO…

ROSELYNE BACHELOT
Ce n'est peut-être la peine de rappeler de mauvais souvenirs…

CHRISTOPHE DELAY
Eh bien, si quand même, parce qu'on se souvient que vous aviez… vous la trouvez comment cette équipe de France ?

ROSELYNE BACHELOT
Eh bien, écoutez, le premier match, oui, le deuxième, un peu moins bien.

ADELINE FRANÇOIS
Bon, eh bien, là, on est qualifié, on va en parler dans un instant avec Eric DI MECO.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juin 2021