Interview de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la culture, à LCI le 11 juin 2021, sur les conditions dans lesquelles va se dérouler la fête de la musique et les modalités de réouverture des lieux de culture (salles de cinéma, festival, théâtres...)

Texte intégral

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour à tous, bonjour Roselyne BACHELOT.

ROSELYNE BACHELOT
Bonjour Elizabeth MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci à vous d'être là ce matin sur LCI. Ministre de la Culture, ministre de la communication. La culture qui revit largement, on va en parler ensemble d'autant qu'il y a la Fête de la musique qui nous fait signe pour dans dix jours. Mais d'abord, on ne vous a pas encore entendue sur la gifle portée au président de la République. Emmanuel MACRON a lui-même relativisé hier, estimant que ce n'était pas significatif d'un climat national. 72 % des Français pensent le contraire, pensent que ça témoigne d'un climat de violence. Et vous, vous en pensez quoi ?

ROSELYNE BACHELOT
Qu'il y ait un climat de violence dans la vie politique, c'est une évidence. Il suffit de regarder les réseaux sociaux ou certains débats, certaines polémiques qui ont pris dans l'ensemble de l'opinion publique… C'est plein d'aspérités. Ceci étant, les attaques contre un président de la République, les attaques physiques, elles existent dans toute l'histoire de France. Mais je crois qu'il convient de relativiser mais pas de minimiser, et je pense que l'attitude du président de la République est la bonne. Maintenant, il y a eu une décision de justice qui est plutôt une décision bienveillante par rapport aux risques judiciaires qu'encourait l'auteur de cet acte. Maintenant on va passer à autre chose, il y a tellement de problèmes à régler, et en particulier dans la culture, que je crois qu'il faut se concentrer sur l'essentiel.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, mais quand même un mot parce que dans un an, on a une présidentielle. Le discours public politique est quand même émaillé de propos parfois violents, outranciers. Vous avez toujours dit que la politique était violente vous. D'ailleurs, je crois qu'il y a longtemps votre permanence avait été…

ROSELYNE BACHELOT
Oui, oui, oui. Oh là là !

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais pardon, justement, vous connaissez ça. Est-ce que c'est du même tonneau franchement ce qui s'est passé contre le président ?

ROSELYNE BACHELOT
Disons que la violence était cantonnée à certains cercles politiques ou à certains mouvements extrémistes. Elle a largement diffusé dans l'opinion publique, mais je le remarque même dans la vie quotidienne. Alors est-ce que c'est un résultat, là en ce moment, d'une sorte d'explosion après le confinement ? Parce que les gens ont vécu aussi beaucoup de frustration, beaucoup de souffrance, le sentiment qu'ils étaient dans une période tragique et que le retour à la normale implique certains comportements disons d'explosion ? C'est possible. Mais quand je regarde la violence sur les réseaux sociaux, je suis vraiment inquiète. Et puis surtout ce qui est gênant, c'est qu'on s'enfonce parfois dans des polémiques stériles alors qu'il y a des vrais problèmes. Je reviens - vous allez dire que je suis monomaniaque - je reviens à la culture. Je remarque que très souvent, on va parler de questions qui sont finalement des polémiques créées par quelques-uns alors que…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu'est-ce que vous avez en tête par exemple comme polémique ?

ROSELYNE BACHELOT
Non mais on voit s'exprimer par exemple des mouvements qui ne représentent pas la majorité des acteurs de la culture. Sur l'occupation par exemple des salles de théâtre ou des lieux de culture qui étaient finalement occupés par très peu de personnes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Des minoritaires.

ROSELYNE BACHELOT
Alors que finalement ce qui est intéressant, c'est de parler des questions de la culture. C'est de se dire : qu'est-ce que c'est la culture à l'heure du numérique ? Qu'est-ce que c'est la culture à l'heure de la décentralisation ? Qu'est-ce que c'est la culture à l'heure des attaques contre la propriété intellectuelle ? Il y a des vrais débats de culture à mener.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils passent à côté. Ceux qui ont occupé l'Odéon, ce n'est plus le cas, mais il y a encore une vingtaine de lieux de culture aujourd'hui, passent à côté.

ROSELYNE BACHELOT
Non, je ne pense pas. Ils ont exprimé des frustrations légitimes à un moment. Ils se sont fait déborder par un certain nombre de mouvements. Et alors que les lieux de culture réouvraient, il convenait de permettre cette réouverture. Evidemment ce sont des occupations illégales, mais on pouvait les comprendre à partir du moment où les lieux de culture étaient fermés, où ils ne pouvaient pas exercer leur métier. Mais continuer à les occuper alors que justement les lieux de culture réouvrent, c'était évidemment incompréhensible.

ELIZABETH MARTICHOUX
Incompréhensible et anormal. Et pas normal.

ROSELYNE BACHELOT
Le terme d'anormal… Incompréhensible.

ELIZABETH MARTICHOUX
Encore un mot. Vous avez dit effectivement l'auteur de la gifle a dormi en prison, condamné à 4 mois ferme, 18 avec sursis privé de ses droits civiques. Vous avez parlé de bienveillance de la condamnation.

ROSELYNE BACHELOT
Oui, par rapport… Il ne me revient pas évidemment de commenter une décision de justice, mais par rapport à ce qui était possible.

ELIZABETH MARTICHOUX
Requis.

ROSELYNE BACHELOT
Voilà, ce qui était requis.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et enfin il a dit en audience : « Emmanuel MACRON représente très bien la déchéance de notre pays et j'ai du dégoût. » Voilà comment il a justifié en partie son geste.

ROSELYNE BACHELOT
J'ai l'impression qu'effectivement, c'est peut-être un pauvre garçon. C'est peut-être quelqu'un qui… Je ne veux pas porter de jugement de valeur, vous m'entraînez dans un sujet… Juger quelqu'un, donner un jugement de valeur sur un être qui a dérapé, qui sans doute justifiait d'être puni, je ne veux pas. Je ne veux pas aller dans cette voie.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça vous embarrasse ?

ROSELYNE BACHELOT
Ce n'est pas que ça m'embarrasse.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne voulez pas lui donner d'importance.

ROSELYNE BACHELOT
J'essaye dans cette période justement où on manque de bienveillance, être dans une position de bienveillance.

ELIZABETH MARTICHOUX
On manque parfois de bienveillance à votre égard, on en parlera, en tout cas par rapport à la politique de la culture. Qui déconfine ? Ce n'est pas encore à 100 %, mais là les musées, les cinémas, c'est carton plein.

ROSELYNE BACHELOT
Ça se passe très, très bien. Toutes les jauges dans cette période de précaution qui sont proposées sont remplies, remplies dans les musées, remplies dans les festivals. Là les chiffres des salles de cinéma sont extrêmement bons. Les chiffres d'hier, c'est 250 000 entrées dans les salles de cinéma, c'est-à-dire qu'avec des jauges incomplètes c'est la fréquentation qu'il y avait en 2009.

ELIZABETH MARTICHOUX
2019.

ROSELYNE BACHELOT
2019, merci Elizabeth MARTICHOUX. Je me rajeunis, dix ans ! En 2019. Donc on arrive à une fréquentation normale des salles de cinéma. Il y a des films, il y a des films français. Sur les 14 films qui sont sortis dans la première semaine où les salles ont réouvert, il y a 7 films français, 50 %. C'est « Adieu les cons » qui réalise les meilleurs chiffres, les meilleures entrées, donc un film français. Donc vraiment cette rentrée dans les salles de cinéma, dans les salles de spectacle se passe extrêmement bien. Il y a une soif des acteurs, de ceux qui les accompagnent, de jouer, de chanter, de se produire. Et puis les Français ont envie d'aller à la rencontre de leur culture.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais alors pourquoi malgré cet appétit… La Fête de la musique c'est dans dix jours exactement, c'est le 21 juin, ce ne sera pas complètement la bamboche pour reprendre l'expression. Pourquoi vous cadrez ? Pourquoi vous limitez ?

ROSELYNE BACHELOT
Parce qu'on est encore dans cette période de reprise progressive avec des jauges à 65 %. La libération si je puis dire complète se fera à partir du 1er juillet. Il faut bien comprendre que dans cette période, l'alternative n'était pas entre les conditions habituelles de la Fête de la musique et des précautions, mais bien entre des précautions et ce que certains préconisaient, à la fois dans le monde de la culture ou chez les scientifiques de reculer, de repousser la Fête de la musique par exemple au 21 septembre. Nous avons voulu que la Fête de la musique puisse se tenir avec des conditions de précaution, je le répète. Il faut respecter le couvre-feu à 23 heures.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le cadre ce sera : on ne peut pas improviser. Il n'y aura pas de concerts spontanés.

ROSELYNE BACHELOT
Non, pas de concerts spontanés dans la rue. Respect des jauges dans les salles recevant du public puisque la Fête de la musique peut se dérouler en salle. Et puis dans les spectacles de rue, des spectacles assis pour permettre de respecter les conditions sanitaires. Oui je reconnais, je vois votre moue Elizabeth MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, non mais couvre-feu à 23 heures, vous ne pouvez pas faire une exception ?

ROSELYNE BACHELOT
Je sais bien que la Fête de la musique cette année ne se déroulera pas dans les conditions habituelles. J'en conviens sans problème.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui. Et le couvre-feu à 23 heures par exemple, il ne pouvait pas y avoir une petite exception ? C'est les 40 ans de la Fête de la musique d'ailleurs cette année. Ça n'aurait pas valu, non ?

ROSELYNE BACHELOT
La 39ème, je crois.

ELIZABETH MARTICHOUX
39ème. C'est 82 alors. Non, ce n'était pas possible ?

ROSELYNE BACHELOT
Non, c'est difficile. Ç'aurait été difficilement compréhensible, oui. Nous sommes dans une phase de retour vers les conditions habituelles mais nous n'y sommes pas encore.

ELIZABETH MARTICHOUX
Moi j'avais entendu un de vos prédécesseurs mais le créateur, Jack LANG, tempêter contre ces limites en disant : ce n'est pas la peine, qu'est-ce que c'est que cette Fête de la musique ?

ROSELYNE BACHELOT
Non mais Jack LANG… Ministre de la Culture, je suis membre d'un gouvernement qui tient un équilibre entre la précaution sanitaire et la vie de la culture.

ELIZABETH MARTICHOUX
Au vu la baisse continue, l'épidémie. Ce sont des bonnes nouvelles.

ROSELYNE BACHELOT
Ce sont des bonnes nouvelles, bien entendu. La vaccination bat son plein. Les conditions climatiques sont favorables. Et puis surtout, cette reprise elle est progressive. Elle nous permet de surveiller, si je puis dire, l'évolution de la pandémie en temps réel. C'est bien pour ça que nous avons voulu une reprise progressive, cohérente, pour pouvoir à tout moment appuyer soit sur l'accélérateur, soit sur le frein.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce que vous appuierez sur le frein compte tenu de ce qui se passe là maintenant ? Au 30 juin si on se projette, les réouvertures à 100 %, frein, stop ou encore ?

ROSELYNE BACHELOT
Nous sommes dans de bonnes conditions.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'objectif sera tenu ?

ROSELYNE BACHELOT
L'objectif a les meilleures chances d'être tenu.
1 juin 2021
9
ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes tout à fait optimiste ?

ROSELYNE BACHELOT
Tout à fait optimiste !

ELIZABETH MARTICHOUX
Compte tenu de ça. Alors l'objectif, c'est donc 30 juin, on rouvre, alors salles de cinéma, les théâtres, tout ça ce sera open bar si je puis dire ?

ROSELYNE BACHELOT
Bien sûr …open bar, peut-être une formule un peu osée !

ELIZABETH MARTICHOUX
Avec modération. Il y a quand même l'obligation donc toujours d'un pass sanitaire à partir de 1 000 personnes …

ROSELYNE BACHELOT
1 000 personnes, oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans la limite de 5 000 personnes maxi, ce sera un maximum.

ROSELYNE BACHELOT
Non, 5 000 personnes, c'est maintenant.

ELIZABETH MARTICHOUX
A partir du 30 juin.

ROSELYNE BACHELOT
À partir du 30 juin, il n'y a plus de limites avec évidemment les préfets qui donneront des autorisations au cas par cas selon les configurations, selon les spécifications, le mode de …

ELIZABETH MARTICHOUX
La nature même de l'événement.

ROSELYNE BACHELOT
…le mode des événements.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et alors, j'ai vu que pour les concerts debout, il y aurait une jauge de 4 mètres carrés par personne, une espèce de truc à la Ubu là à nouveau ?

ROSELYNE BACHELOT
Non mais pardon, c'est vrai que cette question de 4 mètres carrés a donné l'impression que chaque spectateur serait dans une sorte de carré de 4 mètres carrés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, 4 mètres carrés.

ROSELYNE BACHELOT
Non, ce n'est pas ça du tout. Ça veut dire que si vous avez une prairie de 3 hectares, vous la divisez par 4 mètres carrés, vous avez la jauge, évidemment on ne va pas enfermer dans une sorte de cercle de 4 mètres. Ce n'est pas ça du tout !

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais on pourra organiser des événements debout ou pas ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, on est en train de travailler avec les professionnels sur les modalités de ces concerts debout, il y a le concert qui s'est tenu à l'Accor Arena et qui a été un grand succès, on en attend les résultats …

ELIZABETH MARTICHOUX
INDOCHINE.

ROSELYNE BACHELOT
Avec INDOCHINE, c'est cela exactement, on en attend les résultats scientifiques ou à la fin du mois début juillet pour tirer des enseignements mais d'ores et déjà, on travaille avec les organisations professionnelles pour que ces concerts se passent de la meilleure façon. Il est sûr que la vaccination et le pass sanitaire sont des éléments qui nous permettent d'envisager la reprise des concerts debout dans des conditions de sécurité pour les spectateurs.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Donc on ne parle plus d'interdiction de spectacles debout.

ROSELYNE BACHELOT
Non, non, non.

ELIZABETH MARTICHOUX
Comme à moment on a cru que c'était le cas …

ROSELYNE BACHELOT
Non, non pas du tout …

ELIZABETH MARTICHOUX
Et il sera prêt quand, le protocole ?

ROSELYNE BACHELOT
Oh début juillet.

ELIZABETH MARTICHOUX
Début juillet mais les organisateurs en auront connaissance pendant combien de temps ? Début juillet, pas avant ?

ROSELYNE BACHELOT
On est en train de travailler avec eux, les organisateurs en ont connaissance en temps réel.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les boîtes de nuit ?

ROSELYNE BACHELOT
Les boîtes de nuit ne sont pas de ma responsabilité. J'ai assez de mes troupes mais plaisanterie mise à part, boîtes de nuit, discothèques, night-club comme on veut les qualifier, ils vont profiter de toute l'expérience qu'on fait avec les concerts, les concerts debout, les expérimentations, le pass sanitaire, ils vont en profiter. Tout cela, ce sont des conditions pour permettre la réouverture des lieux de nuit mais qui sont chez mon collègue, Alain GRISET !

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà. « Je joue bizarre », ça vous dit quelque chose, « Je joue bizarre » ?

ROSELYNE BACHELOT
Dites-moi, éclairez-moi !

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, « Je joue bizarre » c'est un des mangas.

ROSELYNE BACHELOT
Ah oui je ne connais pas les milliers de mangas qui existent !

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà ; ça manque à votre culture Roselyne BACHELOT !

ROSELYNE BACHELOT
Vous, vous connaissez « Demon Slayer » ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Plutôt d'autres comme « L'Attaque des titans. »

ROSELYNE BACHELOT
Voilà, un des plus lus !

ELIZABETH MARTICHOUX
Le Pass culture, c'est pour tous les enfants, ados, pardon de 18 ans ?

ROSELYNE BACHELOT
Et ce sera étendu aux plus jeunes à partir de la 4ème à partir du 1er janvier 2022.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est un crédit de 300 euros pour acheter de la culture. Combien de personnes, combien d'ados ?

ROSELYNE BACHELOT
Alors, on a 300 000 jeunes supplémentaires depuis la généralisation du Pass culture qui sont rentrés dans le Pass culture et qui ont acheté pour un million de biens culturels divers, majoritairement, très majoritairement à 80, plus de 80% des livres, ce qui est assez compréhensible dans la période où on était dans la réouverture des lieux culturels.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'ailleurs, on a fait un schéma ce matin.

ROSELYNE BACHELOT
Et ils sont rentrés principalement en achetant des mangas mais pas que, les mangas, c'est véritablement quelque chose de très attractif pour les jeunes mais grâce à cela, en rentrant chez un libraire, ils ont acheté aussi d'autres livres. C'est une clé d'entrée. C'est le goût des jeunes, ce n'est peut-être pas votre goût, c'est peut-être pas le mien !

ELIZABETH MARTICHOUX
Ne présumez pas !

ROSELYNE BACHELOT
Ne présumez pas, d'accord !

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais en tout cas, c'est effectivement très, très, très populaire.

ROSELYNE BACHELOT
C'est très populaire, ils rentrent dans une librairie, c'est pour ça que c'est intéressant parce qu'ils rentrent dans une librairie, ils achètent des mangas mais les libraires nous le disent : ils mettent le rayon des mangas à côté d'autres BD, à côté de romans. Et ils disent aux jeunes : tiens, tu devrais lire ça. Et 37% de ces jeunes ont acheté aussi d'autres livres. C'est une clé d'entrée dans la lecture mais aussi 25% des jeunes ont acheté des billets pour du cinéma, pour du théâtre, pour d'autres sortes de spectacle ou pour un abonnement à un abonnement télévisé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et donc 1er janvier. Et les 4èmes, les élèves de 4ème en auront le bénéfice ?

ROSELYNE BACHELOT
4ème, 3ème.

ELIZABETH MARTICHOUX
1er janvier 2022.

ROSELYNE BACHELOT
2022. ils auront 25 euros d'abord par an pour des consommations, j'allais dire, collectives, accompagnées et puis ensuite 50 euros pour à partir de la seconde, 1ère, terminale pour une consommation individuelle.

ELIZABETH MARTICHOUX
Une question à la ministre de la Communication ; la police ne peut pas imposer aux journalistes de se disperser après une manifestation, Roselyne BACHELOT. Le Conseil d'Etat a censuré cette obligation qui était faite aux journalistes ainsi d'ailleurs que l'obligation de s'accréditer pour couvrir ces événements. C'est une bonne nouvelle pour la liberté d'informer, cette censure du Conseil d'Etat ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, de toute façon, nous la respecterons mais ça rend d'autant plus nécessaire le travail de réconciliation, je dirais, entre la police et les journalistes que j'ai initié avec la commission confiée à monsieur DELARUE ; il y a un travail qui est en train d'être effectué à partir des préconisations de la commission de monsieur DELARUE. Le rendu de ses conclusions a été fait devant le Premier ministre et l'avis du Conseil d'Etat rend d'autant plus important ce travail collaboratif.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc cette censure, elle contribue à cette pacification nécessaire, c'est ce que vous nous dites ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, voilà et vraiment de mettre sur l'établi le travail que nous avons commencé avec le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre et moi-même.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais quand il dit, le ministre de l'intérieur, qu'il va revoir quand même sa copie, réécrire le texte qui entre dans la loi Sécurité globale bon vous dites : on pourrait l'oublier, cette disposition ?

ROSELYNE BACHELOT
Je participe ...il y a un vrai problème de toute façon et monsieur DELARUE a imaginé plusieurs solutions, je participerai à l'élaboration de ces solutions.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il faudrait oublier, cette disposition ?

ROSELYNE BACHELOT
On va travailler à d'autres dispositions.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'autres … il y en aura une ?

ROSELYNE BACHELOT
Oui, bien sûr !

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est ce que vous dites. Roselyne BACHELOT, votre Covid, bon, vous l'avez eu, on en avait parlé parce que vous aviez été hospitalisée. Est-ce que c'est maintenant un souvenir un peu lointain ou est-ce que vous bataillez encore tous les jours contre le virus ?

ROSELYNE BACHELOT
Je bataille encore tous les jours …le virus, on sait très bien que les Covid longs mettent plusieurs mois à s'apaiser mais ça va ! Je suis tout à fait outillée pour mener le combat ; je n'ai peut-être pas toujours la fluidité verbale que permettrait une fonction respiratoire totalement recouvrée mais ça va !

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous avez des séquelles ?

ROSELYNE BACHELOT
Ecoutez, ma situation personnelle n'est vraiment pas intéressante. Et voilà moi je suis au combat, je l'ai dit, je suis un soldat de la culture !

ELIZABETH MARTICHOUX
Une guerrière de la culture !

ROSELYNE BACHELOT
Une guerrière ….

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n'avez jamais songé à déposer les armes ?

ROSELYNE BACHELOT
Ah, moins que jamais ! Je fuirais devant l'ennemi ? Je fuirais devant les difficultés ? Je fuirais devant le Covid ? Je me réfugierais dans mon petit cocon ? Ce n'est pas le genre de la maison !

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez rester ministre de la Culture jusqu'au dernier jour du quinquennat ?

ROSELYNE BACHELOT
Ah je serai ministre de la Culture jusqu'au dernier jour où on me confiera cette mission !

ELIZABETH MARTICHOUX
Encore un mot parce que vous êtes politiquement chiraquienne d'origine. La lutte contre le FN de son époque, le RN aujourd'hui, vous l'avez partagée avec l'ancien président de la République …

ROSELYNE BACHELOT
Absolument !

ELIZABETH MARTICHOUX
…sans barguigner comme on disait avant. Ceux qui ne veulent pas choisir entre le RN et un autre candidat, question qui va se poser dans une dizaine de jours aux régionales, vous leur dites quoi ?

ROSELYNE BACHELOT
Je leur conseille de lire ou de relire le discours de Jacques CHIRAC, qu'il a prononcé à Rennes entre les 2 tours de l'élection présidentielle de 2002 où il a dit que ce combat n'était pas négociable, ce combat contre ce qui s'appelait le Front national et maintenant le Rassemblement national. C'est un combat qui a mené ma vie, ma vie politique et je n'y renoncerai pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord, donc ça vous choque profondément qu'on puisse se poser la question dans ces termes de choix ?
ROSELYNE BACHELOT
C'est-à-dire que moi, ce qu'il y a pour moi d'important, c'est qu'il y a les combats, il y a les compromissions ouvertes et je dirais les compromissions cachées. Ce qui m'a fait de la peine, c'est de voir que le combat politique chez mes anciens amis des Républicains s'est contenté très souvent de combattre Emmanuel MACRON de toutes les façons, de façon souvent très agressive et même ceux qui combattent le Rassemblement national lui ont, en fait, ouvert la voie, la voie de manière implicite. Ils se sont comportés comme en quelque sorte ce que les marxistes appellent « les idiots utiles » et ça véritablement, ça m'a fait beaucoup de peine.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour votre ancien camp de droite. Allez, la France dans l'Euro bien sûr.

ROSELYNE BACHELOT
Ah, je ne suis plus ministre des Sports !

ELIZABETH MARTICHOUX
Non mais enfin quand même !

ROSELYNE BACHELOT
Ah mais de toute façon je serai la supporter de l'équipe de France évidemment !

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci Roselyne BACHELOT. Premier match avec la France, ce sera sur TF1 d'ailleurs et ce soir, c'est l'ouverture de la compétition. C'est qui ce soir ?

ROSELYNE BACHELOT
Allez les Bleus !

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est qui ce soir ? Vous êtes …d'accord ! Italie / Turquie ! Bonne journée Roselyne BACHELOT, merci d'avoir été ce matin sur LCI.

ROSELYNE BACHELOT
Merci à vous !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 juin 2021