Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec Europe 1 le 24 juin 2021, sur le tourisme face à l'épidémie de Covid-19.

Texte intégral

Q - Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne.

R - Bonjour.

Q - Merci d'avoir accepté l'invitation d'Europe 1. Vous êtes secrétaire d'Etat chargé du tourisme. "Faire le choix de la France, c'est faire le meilleur choix", ce sont vos mots, Monsieur le Ministre, vous faites en ce moment le tour d'Europe pour vendre la destination France. Depuis le 09 juin, les voyageurs européens vaccinés peuvent rentrer chez nous, en France. Monsieur le Ministre, les touristes vont-ils être de retour pour cet été 2021 ?

R - La réponse est oui, je le pense, ça sent bon, ça sent très bon, pour dire les choses très directement. D'une part, on voit qu'il y a la force du tourisme national, du tourisme domestique français, et c'est vrai que l'an dernier, les Français ont plébiscité la France à 94%. Cette année encore, ce sera un peu moins parce qu'on a retrouvé de la mobilité en Europe, par exemple, et tant mieux parce qu'on accueille aussi de nombreux touristes européens.

Q - Cela fonctionne dans les deux sens, effectivement.

R - En effet, et tous les indicateurs semblent passer au vert. Je vous donne quelques exemples, les gîtes de France nous signalent qu'aujourd'hui, ils sont à des taux d'occupation qui sont supérieurs de 8 à 14 points par rapport à l'été 2019, et l'été 2019 était lui-même un été record.

En discutant avec la fédération nationale de l'hôtellerie de plein air, ils m'ont signalé qu'ils basculaient en avance de phase par rapport à 2019.

Q - Cela veut dire quoi en avance de phase ?

R - Cela veut dire qu'ils ont plus de réservations aujourd'hui qu'ils n'en avaient à la même époque, en 2019.

Q - Et donc, par rapport à une période dite normale.

R - Par rapport à une période qui était même, en fait, très bonne.

Q - Donc, cela va hyper bien, pour les campings, pour les gîtes. Pour les hôtels, êtes-vous aussi informé ?

R - C'est contrasté selon les territoires. Vous évoquiez Paris, Paris et l'Ile-de-France ont été plus lourdement touchés, depuis le début de la pandémie, parce qu'il y a tout un tourisme d'affaire qui ne revient pas immédiatement. L'événementiel n'a pu reprendre qu'il y a quelques semaines, les grandes foires et les grands salons, ce sera plutôt pour la rentrée, même si un événement s'est tenu la semaine dernière, Vivatec, avec 140.000 visiteurs. C'était une belle première.

En revanche, l'hôtellerie à Paris reste encore touchée, et c'est pourquoi d'ailleurs nous maintenons nos aides. Nous avons voté 15 milliards d'euros de soutien additionnel à l'ensemble des secteurs économiques qui sont les plus touchés pour les prochaines semaines et pour les prochains mois. En revanche, cela se porte bien sur le littoral, le littoral atlantique fonctionne très bien ; cela fonctionne bien également à la montagne sur d'autres types d'hébergements : l'UNAT qui fédère un certain nombre d'acteurs du tourisme social nous signalait qu'ils sont eux aussi en avance par rapport à 2019, à la montagne, ils sont à +26% de réservations.

Je crois que cela traduit aussi, d'une part une envie de redécouvrir la France et c'est vrai que j'avais lancé l'été bleu-blanc-rouge, et donc je suis heureux de voir ce mouvement, parce que la France est géniale, parce qu'on a tout : on a la mer, la montagne, le rural, le patrimoine etc.

D'autre part, il y a aussi dans les tendances cette envie d'aller vers les grands espaces, vers la nature, et c'est aussi l'un des succès de la montagne, l'été dernier et je pense aussi cet été.

Q - Cette envie de rattraper le temps qu'on a passé confiné, sait-on quels sont les touristes qui vont pouvoir revenir facilement, les Espagnols, les Italiens, les Belges, ce sont nos voisins les plus proches a priori ? Y a-t-il déjà des réservations ?

R - Tout à fait. Il y a une autre tendance qui a été accélérée par la pandémie, c'est que désormais, on part peut-être moins loin, il y a un tourisme qui se fait en circuit court, et parfois aussi en prenant plus facilement son véhicule parce que l'on a l'impression de rester dans cette bulle familiale. C'est ce qui explique, par exemple, que nos voisins belges, j'étais à Bruxelles il y a quinze jours, ils seront plus nombreux qu'ils ne l'étaient aussi en 2019, je prends une année de référence, à venir en France, c'est-à-dire qu'ils vont plébisciter la France à hauteur de 5 à 10 points de plus qu'auparavant. Nous étions déjà la première destination, le premier choix qu'ils faisaient pour l'été et cela va s'accroître. C'est également ce que je ressens en allant à la rencontre, avant-hier, des Allemands, je serai la semaine prochaine en Suisse, avec aussi, et ce qui m'a frappé, en parlant avec les voyagistes en Allemagne, vraiment, cette notion de tourisme durable, qui s'inscrit désormais comme une référence, et beaucoup qui souhaitent aussi voyager par le train, s'assurer que l'empreinte de leur voyage est prise en compte.

Q - Donc un voyage ne France pour les Belges, pour les Allemands, mais nous, en France, on est prêt à les recevoir ?

R - Tout à fait.

Q - Tout est organisé pour, en cette période de post-pandémie ?

R - Les acteurs touristiques se sont préparés soigneusement. Je les réunis très régulièrement au sein d'un comité de filière tourisme, ils ont préparé des protocoles qui sont en béton armé. C'est très important parce que nous sommes, ici dans le studio, avec encore les vitres en plexiglass etc. Cela fait partie des protocoles.

Q - Et nous portons les masques.

R - Et les acteurs touristiques ont mis en place ces protocoles pour que l'on puisse conjuguer les gestes barrières avec la crème solaire, ce sera le mantra des vacances.

Q - De la crème solaire en gel.

R - Le Premier ministre était, aujourd'hui-même, dans les Landes, vous l'avez vu, c'est un département où le variant dit Delta circule plus qu'ailleurs. Nous savons que ce variant va progressivement croître et prendre le pas sur les précédents. On sait aussi qu'il est plus contagieux ; et donc, c'est pourquoi il faut maintenir un certain nombre de précautions. Vacances, cela rime aussi avec prudence.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, vous êtes notre grand témoin du jour, vous êtes le secrétaire d'Etat chargé du tourisme. Les colonies de vacances, cela fait partie aussi des vacances et du tourisme, il y a des colonies de vacances où l'on peut découvrir de très beaux endroits en France, quel regard portez-vous sur cette start-up qui offre la possibilité à tous les enfants de partir en vacances ?

R - C'est génial, tout simplement. Je l'ai utilisé, moi-même, j'ai regardé, c'est vraiment très simple.

Q - Il y a tout.

R - Il y a une offre foisonnante mais au moins elle est visible et facilement accessible. Je dois dire que les jeunes ont été particulièrement impactés par cette pandémie. C'est vrai pour les plus jeunes, mais c'est aussi vrai pour les ados ou les jeunes adultes, qui, parfois, eh bien, la fac s'est arrêtée, etc... Et c'est pourquoi, d'ailleurs, le Président de la République a souhaité que l'on puisse mettre en place, que l'on puisse booster un dispositif pour les 18/25 ans. Et donc, dans le même esprit, j'incite ceux qui ont entre 18 et 25 ans à se rendre également sur le site "depart1825", parce qu'avec l'agence nationale des chèques vacances, on offre jusqu'à 300 euros de subventions pour contribuer à votre départ en vacances. Cela permet d'acquitter une partie de l'hébergement, du voyage, etc...

Q - Pour aller où ?

R - Pour partir en France.

Q - En France. Il y a des conditions ?

R - Il y a des conditions liées à vos revenus, ou à votre condition, si vous êtes apprenti, etc... vous y êtes éligible. Mais tout est indiqué : départ1825, avec l'agence nationale des chèques vacances, mais je voulais le signaler, parce que cette pandémie a touché tout le monde, mais la jeunesse plus particulièrement. Et c'est bien de pouvoir aussi les aider à pouvoir prendre un bol d'air, s'oxygéner, se retrouver entre amis. Ce sont des moments, quand on est étudiant, ce n'est pas que l'apprentissage, c'est également une vie sociale, c'est l'apprentissage de la vie en société.

Q - Et ils ont besoin de les retrouver après ces longs mois confinés et avec des cours en visio. Alors, justement, Jean-Baptiste Lemoyne, vous parlez des prix. Les prix vont-ils augmenter cette année ? Est-ce que vous, vous avez été particulièrement attentif à ce que les hébergeurs, ou les restaurants de bord de plage, n'explosent pas les prix pour rattraper les fermetures ?

R - On a mis énormément de dispositifs de soutien à ces acteurs, pour les aider à passer le cap. On en est - pour vous donner un chiffre - à 30 milliards d'euros mis sur la table depuis 15 mois pour le secteur du tourisme, hôtellerie-restauration. Donc, on espère naturellement - et on le sait - que cela aide à passer le cap...

Q - Et 15 milliards d'euros supplémentaires récemment.

R - Voilà, exactement, à travers le fonds de solidarité, la couverture des charges fixes, etc... Donc, on espère qu'il n'y aura pas d'emballement des prix. Maintenant, il est vrai qu'il y a une offre et une demande et on voit que l'offre redevient très importante en France et que, ici ou là, il peut y avoir certains propriétaires de logements qui jouent une petite augmentation. Ça, c'est sûr. Mais de la même façon qu'ailleurs en Europe. Certains me signalent d'ailleurs des augmentations de tarifs pour se rendre ici en Grèce ou ailleurs. On voit bien qu'il y a un risque de surchauffe, qui n'est pas neutre...

Q - On a tous envie de rattraper le temps perdu.

R - Mais maintenant, je crois que ce qui est aussi important...

Q - Vous y serez attentif ?

R - Naturellement, même si on ne peut pas non plus tout régenter. Ce qui est important, j'ai insisté, j'ai été en revanche assez directif vis-à-vis des acteurs pour qu'ils mettent en place des conditions commerciales flexibles, parce qu'aujourd'hui, on le sait, on part avec les incertitudes de la pandémie, parfois tout se décide un peu à la dernière minute. Un voyage peut être remis en cause parce que tout d'un coup vous êtes touché ou un membre de votre famille est touché. Donc, là, en revanche, il est important qu'il y ait de la flexibilité, que vous puissiez être remboursé, que vous puissiez en tous les cas ne pas perdre ce que vous avez investi.

Q - On l'a vu avec vous, les réservations se présentent bien. Vous nous avez même dit par exemple que les gîtes de France mieux qu'en 2019, donc très bonne nouvelle. Mais le contact sanitaire, forcément, il reste à être pris en compte. Dans les aéroports, notamment, les mesures de contrôle, on se dit que cela peut faire perdre du temps, créer des embouteillages. Il y aura de plus en plus de monde dans les aéroports, ce ne sera pas du 100%, bien évidemment. Malgré tout, qu'est-ce qu'on peut dire pour rassurer ce qui vont voyager, se déplacer cet été.

R - Alors vous savez, pour le coup, il y a eu un gros travail fait par l'Europe. On parle souvent des trains qui n'arrivent pas à l'heure, s'agissant de l'Europe, on peut parler des trains qui arrivent à l'heure.

Q - Le pass sanitaire est arrivé à l'heure ?

R - Exactement. Désormais, les uns et les autres, on a souvent téléchargé "Tousanticovid", et "Tousanticovid" vous permet de télécharger votre attestation de vaccination, ou bien votre test négatif, ou bien votre certificat d'immunité. Et ainsi, avec ce QRcode que vous pouvez produire, partout en France ou en Europe, il y a une reconnaissance mutuelle de ce certificat. Et cela met de la fluidité. Cela permet de donner de la fluidité, même avec la reprise d'un certain nombre de vols. Ce qui est sûr, c'est que tout ça, c'est aussi un partenariat avec les compagnies aériennes, parce que les compagnies font ce travail de vérification à l'embarquement.

Et puis, naturellement, nous faisons respecter toutes les normes liées à l'entrée sur le territoire français. Parce que vous savez que nous avons classé les pays dans le monde en trois couleurs. Les pays verts, qui sont les pays où l'épidémie est régulée. Cela comprend notamment l'espace européen. Il y a les pays rouges pour lesquels, au contraire, on voit que les variants sont très actifs, que le virus circule de façon active (c'est par exemple le cas de l'Inde, de l'Afrique du sud, etc...), eh bien, là, on ne peut pas accueillir de voyageurs pour des motifs de loisir, il y a juste des motifs impérieux et des contraintes lorsque vous venez de ces pays-là, d'isolement, etc... Naturellement, il faut aussi faire respecter cela dans les aéroports et ces vols arrivent à des endroits bien spécifiques où les contrôles se font parce que naturellement, nous entendons bien préserver cette reconquête qui est le résultat de l'effort collectif des Français.

Q - Oui, mais alors l'effort collectif, c'est bien beau, sauf que vous venez de parler des pays verts, ce sont notamment les pays européens, mais le variant Delta, on estime à 90% des nouveaux cas, d'ici fin août, en Europe - ce n'est pas moi qui le dit, c'est le centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Alors, Jean-Baptiste Lemoyne, avec toutes les incertitudes et l'inquiétude que cela peut engendrer, est-ce que vous avez un plan ?

R - C'est justement ce qu'annonçait le Premier ministre Jean Castex, tout à l'heure, dans les Landes, c'est que le plan, il est simple : c'est vacciner, vacciner, vacciner. Et on continue. Les doses sont là, les rendez-vous sont là. Vous avez vu que nous sommes à plus de trente millions de Français qui ont été vaccinés. Et il faut continuer. Je le dis, comme l'a dit le Premier ministre tout à l'heure, il ne faut pas avoir peur du vaccin, en revanche, il faut avoir peur du virus. Donc, allez-y !

Q - Ce Delta, il est plus contagieux ou il résiste au vaccin ?

R - Oui, il est plus contagieux. Manifestement, les études montrent que le vaccin permet d'atténuer toutes les formes graves, dans la plupart des cas, mais il est très contagieux, de 50 à 60% plus contagieux. Donc, pour cela, on est aussi dans une course entre la propagation du variant Delta et la course à la vaccination.

Q - Pour ne pas qu'il prenne l'ascendant. Il ne faut pas que ce vaccin prenne l'ascendant. Mais est-ce que vous avez un plan, par exemple, pour les hôtels, pour les hébergements touristiques ? Vous n'allez pas pouvoir vérifier dans chaque hôtel si les personnes qui arrivent ont un pass sanitaire ? Donc, cela peut créer des clusters.

R - Le pass sanitaire est demandé, pas dans la vie quotidienne, il est demandé dans les endroits où il y a vraiment des brassages : c'est-à-dire un concert avec plus de mille personnes, en boîte de nuit, par exemple, on les rouvre le 9 juillet, sous condition de pass sanitaire, c'est-à-dire que vous prouviez que soit vous êtes vacciné, soit vous avez un test négatif, parce que l'on veut éviter ces clusters. Après, si l'on détecte des clusters, on met en place cette stratégie d'aller tracer d'où vient le cluster, les personnes, etc.

Q - Donc, dans un camping, dans un hôtel, vous pouvez mettre cela en place, ou dans un club de vacances ?

R - Bien sûr, on s'est préparé à tout cela, pouvoir à tout moment remonter ces clusters et lutter contre. Mais ce qui est sûr, c'est que, j'insiste encore, certains peuvent avoir des doutes, n'en ayez pas. Le vaccin est là pour sauver, pas pour vous embêter.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, que vous inspirent les congés payés ?

R - A travers votre chronique, on est revenu sur cette conquête sociale et on voit qu'aujourd'hui, c'est une autre forme de conquête, c'est une conquête sanitaire. C'est parce que les efforts collectifs sont là et doivent rester là, qu'on peut à nouveau partir en vacances, donc j'insiste : soyons majeurs et vaccinés.

Q - Oui, il faut être vacciné, parce qu'il y a encore ce variant Delta qui plane.

Q - Quel est votre regard tourisme, patrimoine, en France ?

R - Le patrimoine est une composante essentielle du tourisme, et ce qui me fait plaisir, en écoutant Marie Ducornet et auparavant Tony Debord, c'est que la France, grâce à eux, va rester cette puissance touristique et cette puissance où s'invente le tourisme. Souvenez-vous, il y a quelques décennies, le Club Med, c'est né en France, cela a essaimé partout dans le monde. Regardez, Gérard Brémond, qui a créé Avoriaz, Pierre & Vacances, etc, pareil, cela a essaimé partout. On a eu Philippe de Villiers qui a lancé le Puy du Fou, cela s'exporte, en Espagne, etc. On a eu des créateurs géniaux. Aujourd'hui, ils s'appellent Tony Debord, Marie Ducornet, ce sont des jeunes pousses. On peut aussi penser à Vaovert, Patrivia, Solikend, j'en ai plein. Donc, il y a un écosystème de jeunes pousses dans le domaine du tourisme, du patrimoine, qui fait chaud au coeur.

Q - Et qui sont en train de se lancer depuis quelques semaines, en pleine période compliquée quand même.

R - Oui, cela montre aussi que la crise est aussi un moment où il faut prendre des décisions rapides et c'est là aussi, on le voit, où il y en a qui se sont jetés à l'eau, qui ont accéléré, donc tant mieux.

Q - Tant mieux et bravo, d'ailleurs je tiens à préciser que Nicolas de Villiers, le président du Puy du Fou, sera notre invité car on sera en direct de la Roche-sur-Yon, le 1er juillet.

R - Permettez-moi un petit cocorico, parce que tout cela est parti de l'Yonne, que nous avons en commun, avec Marie Ducornet. Et donc, j'incite aussi les auditeurs à sillonner, il y a tout, il y a le patrimoine, le vin, c'est une terre bénie des dieux.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, vous êtes notre grand témoin du jour, vous êtes le secrétaire d'Etat chargé du tourisme. Vous aussi, vous le remarquez, surtout dans le milieu du tourisme, qui a été lourdement frappé par la pandémie, on a besoin de se retrouver, les salariés ont besoin de se retrouver entre eux. On vous le remonte cela ? Vous le voyez sur le terrain ?

R - Oui, je suis secrétaire d'Etat chargé du tourisme, au Quai d'Orsay. Nous avons des équipes diplomatiques, consulaires, partout dans le monde, qui s'occupent des Français de l'étranger. Pendant plusieurs mois, nous n'avons pas pu aller au contact, à la rencontre, de ces Français établis hors de France. Moi aussi, j'ai un peu voyagé différemment, depuis mon bureau, avec beaucoup de Facebook live, de visios, etc.

Q - Ce sont des challenges, aussi ?

R - Nous avions besoin de garder ce lien, différemment, on s'est adapté. Mais c'est vrai que, qu'est-ce que cela fait du bien de pouvoir, à nouveau, se revoir, en vrai, comme je vais le faire, la semaine prochaine, à Genève, avec les élus français du secteur. Je crois qu'il y a eu un défi pour toutes nos organisations, on l'a surmonté. Aussi, il y a des tendances, on le voit, qui travaillent la société. Le télétravail, je me souviens, il y a quatre, cinq, six ans, quand j'étais au Sénat, sur la Loi travail, c'était un gros mot, souvent. Eh bien, aujourd'hui, on voit que c'est utile, cela doit être encadré, naturellement, et que certains, d'ailleurs, font des choix de vie liés à cela, vont parfois s'établir en Bourgogne, au Pays Basque, etc, pour pouvoir travailler de plus loin, mais continuer à travailler.

Q - La Bourgogne et le Pays Basque, on peut dire que ce sont vos deux amours.

R – Exactement.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 juin 2021