Entretien de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, avec France Info le 15 juillet 2021, sur la vaccination contre le coronavirus, le pass sanitaire et le plan climat de l'Union européenne.

Texte intégral

Q - Bonjour Clément Beaune.

R - Bonjour.

Q - Près de 20.000 manifestants hier un peu partout en France, des manifestations quasiment spontanées, contre l'extension du pass sanitaire, avec parfois des débordements, des préfectures envahies, à Annecy ou à Bourg-en- Bresse, des tensions à Lyon, à Toulouse. Est-ce que vous craignez, est-ce que vous y voyez une sorte de retour des Gilets jaunes ?

R - Non, je ne le crois pas. Il faut, bien sûr, entendre les colères, ou les questions, en aucun cas accepter, justifier les violences, et pas non plus, je crois, exagérer les choses. Moi, ce qui me préoccupe c'est, parfois une certaine fatigue, ou des questions des Français, qui se demandent comment vont s'organiser les choses à la rentrée, comment passer l'été, et là-dessus on doit apporter des réponses légitimes, proportionnées. Ce qui me préoccupe encore plus, et je crois que c'est une majorité très nette, qui ne s'exprime pas toujours, des gens qui se préoccupent de l'épidémie et qui demandent qu'on prenne des mesures de protection, encore une fois, progressives, en expliquant, c'est ce qu'a fait le Président, lundi ; on fait des ajustements nécessaires quand c'est indispensable pour la mise en place des mesures pour les salariés, pour les familles, les enfants, on l'a vu ces derniers jours. Et puis il y a une minorité, qui s'agite, je ne veux pas exclure les colères...

Q - Mais vous ne dites pas ils sont inconscients, ceux qui manifestent ?

R - Ecoutez, d'abord j'ai entendu des gens expliquer qu'on était en dictature...

Q - Dictature, oui.

R - Bon, les mots ont un sens dans le débat public, la violence n'est pas justifiée, l'outrance et l'excès non plus. J'aimerais qu'il y ait beaucoup de dictatures comme la France dans le monde, très franchement, où on a organisé, pour tous, et c'était notre responsabilité, l'accès au vaccin, en quelques mois ; le monde entier envie le vaccin, et notre enjeu c'est de vacciner les autres dans le monde, aussi, pour éviter des variants, l'accès il est généralisé, il est gratuit, on a fait des mois et des semaines, encore ces derniers temps, de concertation...

Q - Donc, ce mot vous choque, dictature ?

R - Ce mot me choque énormément, parce qu'on peut avoir des désaccords, on peut avoir des débats, sur le pass sanitaire, sur la question du vaccin, on peut avoir des interrogations, il peut y avoir de la fatigue, et même de la colère ; il ne peut pas y avoir de la violence et on ne peut pas dire, pardon, n'importe quoi. Si on était vraiment dans une dictature, on n'aurait pas le droit de manifester, on n'aurait pas le droit de s'exprimer. Il y aura un débat parlementaire sur toutes les questions qui nous occupent, y compris celle du pass sanitaire. Très franchement, et c'est notre honneur, on est dans une démocratie, dans un débat ; et dans une société de solidarité, on a organisé l'accès au vaccin pour tous.

Q - Clément Beaune, vous jouez donc les 20.000 qui manifestent contre les 2 millions inscrits sur Doctolib ?

Q - Trois millions même en deux jours !

Q - Oui, 3 millions...

R - Je ne joue personne contre personne, mais je le dis, il faut regarder effectivement les proportions, il y a 3 millions de personnes, presque, qui se sont inscrites pour des rendez-vous après le message d'alerte et de pédagogie du Président de la République, lundi soir. Cela montre qu'il y avait, dans ceux qui n'étaient pas vaccinés, une toute petite minorité, et je crois une encore plus petite minorité qui se livre à la violence, qui est anti-vaccin, qui ne croit pas au progrès, qui ne croit pas à la raison, qui ne croit pas au débat éclairé, et plus de gens qui, simplement, se posaient des questions, attendaient. Et le message sur la pandémie, sur le variant Delta, du Président de la République, a été, je crois, un électrochoc salutaire pour faire prendre conscience des risques sanitaires et pousser chacun à se faire vacciner.

Q - Ce message il a changé du tout au tout, vous accuse une partie de l'opposition comme Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement national, qui a re-tweeté ces derniers jours une interview de vous-même, on va vous entendre aux "4 vérités" de France 2, il y a 2 mois, et dans laquelle voici ce que vous déclariez à l'époque à propos du pass sanitaire.

Clément Beaune (le 12 mai 2021 sur France 2) - "Je pense que ce serait excessif et qu'on créerait une société, pour le coup, à deux vitesses, parce que même si la vaccination accélère, aujourd'hui tout le monde n'a pas accès à la vaccination, et on n'a pas envie que, pour les activités comme le café, le restaurant, même faire ses courses, on ait une société à deux vitesses, et je pense que c'est très bien comme ça, parce qu'on est capable d'organiser les choses par ces jauges et par ces critères précis."

Q - Clément Beaune, vous avez totalement changé d'avis sur la question, donc, en deux mois ?

R - Non, d'abord, je l'assume, on s'adapte à cette pandémie, mais, sur le fond, on est en effet le 12 mai, et on a rouvert pour tous, le 19 mai, parce que là, je crois qu'on aurait fait une erreur en disant après des mois d'efforts, de fermeture, de couvre-feu, certains seulement peuvent revivre. On a permis, par étapes, 19 mai, 9 juin, etc., à toutes les activités, notamment les cafés, les restaurants, de reprendre leurs activités, pour tous les Français c'était juste et c'était légitime. Et puis, je le dis d'ailleurs, explicitement, je crois, la question c'était l'accès au vaccin. On a, depuis le début de l'année, accéléré considérablement l'accès au vaccin, aujourd'hui, il est disponible pour tous. On a même, le Président de la République l'a rappelé, près de 10 millions de doses qui sont disponibles, on avait des centaines de milliers de rendez-vous qui attendaient preneurs.

C'est un contexte très différent, c'était il y a deux mois, mais ça s'est beaucoup accéléré en deux mois, le contexte a complètement changé, on a aussi ouvert la vaccination le 15 juin aux mineurs. Alors, il faut entendre aussi que, même ceux qui ont pris des rendez-vous dès le 15 juin, ne peuvent pas être vaccinés complètement début août, c'est pour ça qu'on donne cette souplesse, et pardon, c'est très important parce que...

Q - Mais le pass sanitaire, ce n'est pas votre truc, c'est ça l'idée ?

R - Mais, moi...

Q - D'un point de vue philosophique ?

R - Je crois que je l'ai dit sur ce plateau, donc, vous pourrez retrouver des archives, je crois, du mois de janvier, je ne suis pas un fanatique du pass sanitaire, je crois que personne ne l'est au gouvernement, je suis encore moins fanatique du confinement. Moi, j'aime la liberté, j'aime la responsabilité individuelle. Maintenant...

Q - Donc, le vaccin c'est la liberté, c'est ça, votre message ?

R - Le vaccin c'est la liberté, bien sûr, dès lors qu'on donne accès à tous, et je le rappelle, on a organisé l'accès pour tous, l'accès gratuit pour tous, y compris maintenant pour les mineurs, et donc, on n'est pas du tout dans la même situation qu'au mois de mai, et a fortiori qu'au mois de janvier, et le pass sanitaire, aujourd'hui, c'est ça, ou nous serions tous obligés d'être soumis à des fermetures, ou a du reconfinement.

Q - Mais dans le même ordre d'idée, Clément Beaune, le vaccin peut devenir, donc, obligatoire pour tous si ça flambe ?

R - Le Président de la République a été très clair.

Q - Oui, il a laissé la porte entrouverte.

R - Il a dit que...

Q - Pas de tout de suite.

R - On pourrait considérer cette question si...

Q - Pas tout de suite.

R - Pas tout de suite, absolument ; il a dit "je fais d'abord le pari de la confiance", et puis, je le dis aussi clairement, l'obligation de vaccination générale c'est compliqué par ailleurs, quand bien même ce serait une option, on ne va pas mettre un gendarme derrière chaque Français pour aller se faire vacciner. Le pass sanitaire est une incitation très puissante, qui fait le pari de la confiance, de la responsabilité et de l'incitation, parce que, vous n'avez pas l'obligation de vous faire vacciner, et ce n'est pas pareil qu'une obligation vaccinale, parce que vous pouvez évidemment aller au travail, aller accompagner vos enfants à l'école sans être obligé d'être vacciné, aujourd'hui, mais le pass sanitaire, évidemment, ça donne accès à des activités supplémentaires si vous êtes vacciné. Et donc, moi, j'assume cette logique graduelle, parce que c'est quoi les alternatives, c'est toujours ça qu'il faut se poser comme question. Gouverner c'est choisir, malheureusement, quand on est face à une pandémie, on doit prendre des moins mauvaise options. Et donc, c'est soit le reconfinement pour tous, je crois qu'aujourd'hui les Français qui ont fait des efforts, qui se sont fait vacciner, ce qui est aussi un effort, ne toléreraient pas, et ils ont raison, qu'on leur dise, parce qu'il y a des gens qui trouvent que le vaccin, ce n'est pas bien, ou parce qu'ils préfèrent attendre, on vous restreint toutes vos activités pour tous. Ça, ce serait insupportable. Et l'autre option ça serait de laisser filer la pandémie, je ne crois pas que ce soit ce que Mme Le Pen préconise. Vous savez, Mme Le Pen et ses amis, ils nous ont expliqué que l'ARN messager, vous pouvez regarder les archives de M. Bardella et de quelques autres, c'était dangereux, au mois de novembre, ensuite, ils nous ont dit "vous ne vaccinez pas assez vite avec le même ARN messager", ensuite ils nous ont dit "vous êtes trop laxistes". Moi, j'ai expliqué, pour la liberté de circulation, pour les déplacements en Europe, qu'il fallait trouver un équilibre, ils nous ont dit "il faut tout fermer", et maintenant ils nous disent "c'est affreux, vous donnez des conseils de responsabilité pour les vacances". Donc, il faut tenir une ligne, une colonne vertébrale, et un équilibre.

Q - Clément Beaune, vous avez fait sensation en mettant en garde les Français, "évitez l'Espagne, évitez le Portugal", avez-vous dit, à cause du Delta. Est-ce que vous maintenez ces préconisations, aujourd'hui, est-ce qu'il y a des pays à risque, en Europe, qu'il faut éviter ?

R - J'insiste. Là aussi, on nous a expliqué, on m'a expliqué en particulier, moi qui défends la liberté de circulation en Europe, que nos frontières étaient des passoires et qu'on ne se préoccupait pas de la protection du territoire français. On a toujours cherché un équilibre, jamais tout fermé, et fait appel à la responsabilité individuelle.

Q - Alors, vous laissez ouvert et vous dites n'y allez pas !

R - Alors non, on ne laisse pas ouvert, il y a le pass sanitaire, il a commencé comme ça, pour les déplacements européens, ce pass sanitaire on l'a harmonisé en Europe, et donc pour l'Espagne, pour le Portugal, comme pour tous les pays européens, c'est le même régime, il y a le pass sanitaire obligatoire pour circuler...

Q - Pour l'avion et pour le train, mais pas pour la voiture.

R - Il peut y avoir des contrôles ciblés, on peut le vérifier, mais cela doit être automatique et contrôlé, c'est une des mesures qu'a annoncées le Président, systématiquement pour chaque vol, chaque passager, dans chaque aéroport, pour les déplacements en Europe : test ou vaccin. Ce sont les deux qui sont aujourd'hui possibles, et cela vaut pour l'Espagne et le Portugal. Moi, je dis deux choses : pour l'Espagne et le Portugal, c'est un fait, la carte européenne est publique, actualisée chaque semaine, il y a une situation difficile, je ne stigmatise pas, je ne culpabilise pas ces pays, on a vécu des moments extrêmement difficiles, mais...

Q - Ils restent en vert, en l'occurrence, sur la carte du Quai d'Orsay, pour les restrictions de déplacement, alors que le Royaume-Uni, par exemple, est en orange.

R - Là, il y a deux choses, dans la circulation du variant ils sont en zone de propagation rapide de l'épidémie et du variant. Ils sont verts dans le sens où pouvez y voyager, et simplement, je dis à chacun, quand vous êtes vacciné, il n'y a pas de problème, d'abord, quand vous avez fait vos réservations de vacances, que vous avez de la famille, que vous avez déjà tout organisé, je dis allez-y, soyez prudents, parce que ce sont des zones objectivement où le virus circule plus vite. Quand vous avez encore des choix de vacances à faire, je dis soyez prudents, et il me semble normal, et je pense que c'est ma responsabilité, de dire qu'il y a des zones plus à risque que d'autres, et donc évitez-les quand vous avez la possibilité de le faire.

Q - Malte qui renonce à fermer ses frontières aux non-vaccinés - j'espère que nos auditeurs, nos téléspectateurs nous suivent - mais, est-ce que les pays membres de l'Union européenne n'auraient pas vocation à protéger ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'interdire, à un moment donné, de bloquer des frontières ?

R - C'est pour cela, je pense qu'il faut être très clair : on a un cadre européen, qui est ce pass sanitaire, ça veut dire qu'aujourd'hui vous pouvez circuler, mais à une condition, de présenter ce pass, soit vous êtes vacciné, soit vous êtes testé négatif. Malte est allée plus loin, en disant : on ouvre le pays...

Q - Voulait aller plus loin, et ne l'a pas fait.

R - Voulait aller plus loin, en disant on ouvre le pays seulement aux vaccinés. Moi, je l'ai dit, on a un cadre européen, avec des règles juridiques, on s'est battu pour harmoniser, cela a été difficile, tenons-nous en à ces règles, elles sont protectrices, dès lors que vous faites les contrôles. Malte est revenue, tant mieux, dans le droit commun européen.

Q - 80%...

R - Je dis juste une dernière mesure, parce que je crois que c'est important pour les gens qui nous écoutent : pour l'Espagne et le Portugal, on peut y aller, j'ai fait cette recommandation de responsabilité individuelle, on peut y aller, notamment quand on est vacciné, mais il y aura, pour ceux qui ne sont pas vaccinés, quand ils reviennent de ces pays, Espagne et Portugal, parce que la situation y est difficile, un test de moins de 24 heures à faire, la mesure devrait entrer en vigueur ce week-end.

Q - Et isolement obligatoire ou pas, non ?

R - Pas pour les pays d'Europe.

Q - Juste sur Malte, 80% des Maltais vaccinés avec deux doses ; nous c'est la moitié pour l'instant, 40% quasiment. Est-ce que quand on sera au niveau de vaccination de Malte on se posera aussi la question de ce pass vaccinal donc, qui va plus loin que le pass sanitaire ?

R - Ecoutez, pour l'instant ce n'est pas le cas, et donc je ne veux pas anticiper. On l'a dit, le Président a été très clair, notre stratégie maintenant c'est le vaccin, le vaccin, le vaccin. Mais pour les raisons que vous connaissez, parce que, pour les jeunes notamment, la vaccination n'a pu commencer qu'à peu près mi-juin, on garde la possibilité du test, et pour l'instant c'est le cadre européen, donc on s'en tient là.

Q - Alors, l'Union européenne a dévoilé par ailleurs, la Commission européenne, un plan ambitieux qui est pour l'instant juste un plan, en tout cas, un plan climat, qui prévoit notamment d'interdire les véhicules diesel, les véhicules essence, d'ici 2035, c'est dans 14 ans seulement. La France voulait que les véhicules hybrides puissent être toujours autorisés. Ce n'est pas le cas dans le plan de la Commission. Est-ce un échec de la diplomatie française ?

R - Non, d'abord il faut expliquer, c'est le début d'un processus. Il y a un paquet, pardon pour cette expression, législatif, de 11 textes législatifs, très important, qu'a présenté la Commission européenne. Certains, comme celui-ci, on va le négocier, et il y aura peut-être des adaptations, nous pensons qu'il faut avoir de la souplesse notamment sur les véhicules hybrides rechargeables ; c'est un débat que nous aurons, plusieurs pays ont des nuances à faire valoir, et cela mettra sans doute plus d'un an à être négocié. Donc, c'est le point de départ de la négociation. Mais ce paquet, j'insiste, il est très important, l'Europe a aujourd'hui, avec cette proposition, les propositions législatives les plus ambitieuses au monde sur le climat. Et c'est la France, c'est la France, à partir de début 2019, qui a porté ce combat, pour ce qu'on appelle la neutralité carbone, zéro émission de carbone en 2050, et c'est nous qui avons porté aussi le fait qu'on devait augmenter notre objectif de baisse des émissions en 2030.

Il y a beaucoup de choses qui sont très positives dans ce paquet, j'en cite une simplement, c'est ce qu'on appelle la taxe carbone aux frontières de l'Europe, ce n'est pas du tout celle qu'on a connue, le mécanisme carbone aux frontières de l'Europe, qui fait que nos entreprises, nos citoyens, font des efforts pour réduire les émissions ; on va demander à ceux qui exportent vers l'Europe, de Chine, de Russie ou d'ailleurs, de faire les mêmes efforts pour vendre leurs voitures, ou d'autres produits, sur notre marché. C'est la première fois qu'on fait cela au monde.

Q - Mais avec un plan de relance à 750 milliards sur la table, qui va financer cette transition écologique, qui, avec quels moyens ?

R - C'est une partie de ce plan, vous avez raison. D'ailleurs dans ce plan on s'est battu pour qu'au moins un tiers...

Q - Il y a un petit côté inaccessible, hors de portée, non ?

R - Non, il n'y a pas un côté inaccessible...

Q - C'est un peu un doux rêve.

R - Ah non, je ne crois pas du tout. Fixer un objectif pour 2035, dans ce domaine comme dans d'autres, c'est très important, parce que ça donne de la visibilité, aux entreprises, aux industriels, qui investissent et qui accélèrent leurs investissements dans cette transition écologique. Et je crois que c'est notre responsabilité de leur donner des objectifs, on discutera exactement du périmètre, mais peu importe, l'objectif de baisser de 55 % les émissions en 2030, de sortir notamment du diesel et de l'essence en 2035, c'est très important. Et, encore une fois, nous sommes très ambitieux, mais il faut accompagner cela par des négociations, par un fonds d'accompagnement à la filière automobile en particulier, le Président de la République, j'y étais, a réuni les industriels de l'automobile et les partenaires sociaux.

Q - Cent mille emplois menacés, disait ce matin la filière sur France info.

R - Oui, mais d'abord on verra le rythme qui est nécessaire pour s'adapter, il y aura ces négociations, et puis de toute façon il y aura un accompagnement social, et industriel, parce qu'il ne faut pas voir ça comme une contrainte, il y a de l'adaptation, des transitions professionnelles à faire, ce sera difficile, mais on peut redevenir des leaders industriels mondiaux dans l'automobile électrique ou dans d'autres domaines, dans un certain nombre de technologies vertes, en Europe. Et nous investissons, je le répète, un tiers de notre plan de relance européen que vous avez cité, 50% du plan de relance français soumis à l'Europe, dans les transitions écologiques. Donc, on va devenir, je le crois profondément, leader de cette transition industrielle et écologique.

Q - Dernière chose, Clément Beaune, rapidement, vous parliez de cette taxe carbone aux frontières, sur les importations européennes. Cela ne risque pas de faire grimper les prix, et ne craignez-vous pas, encore une fois, on a vu les images hier des manifestations, encore une fois, le retour des Gilets jaunes avec cette idée de taxe carbone qui revient, même différemment, mais qui revient ?

R - Ce n'est pas une taxe carbone du tout, comme celle qu'on a connue que les Gilets jaunes. C'est, au contraire, un mécanisme de protection et d'équité.

Q - On taxe les importations, cela peut faire augmenter les prix.

R - Oui, mais pour protéger nos emplois et nos industries. Et je vais vous dire, pour ce point très précis, parfois, vous avez raison, les importations de certains sont utilisées pour l'industrie automobile ou autres, nous serons très pragmatiques et très progressifs ; on va tester ce mécanisme, c'est une première au monde, il protège nos industries et nos emplois pour que ce soit juste. Et s'il fallait l'ajuster, s'il fallait supprimer ou ajouter certains secteurs, nous le ferons. On teste ce mécanisme, et ce sera, je crois, une vraie victoire européenne.

Q - Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, invité ce matin du 8.30 France Info, je précise que vous raccourcissez le délai pour les tests négatifs pour ceux qui reviendraient d'Espagne ou du Portugal. C'est donc désormais 24 heures, un test négatif de 24 heures seulement, merci beaucoup.

R - Merci à vous.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 juillet 2021