Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec BFM TV le 17 juillet 2021, sur le tourisme face à l'épidémie de Covid-19.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Prononcé le

Texte intégral

Q - Bonjour, Jean-Baptiste Lemoyne. Est-ce que vous pouvez nous rappeler quelle décision a été prise, notamment, pour certains pays européens, où le variant Delta circule beaucoup ?

R - Tout à fait. Il a été décidé, pour pouvoir tenir compte de l'accélération aussi de ce variant Delta, dans certains pays européens, notamment les Pays-Bas, la Grèce, Chypre, par exemple, de demander aux voyageurs qui viennent de ces pays, désormais, de produire un test antigénique ou PCR, de moins de 24 heures. Auparavant, c'était 72 heures. On a mis cette condition plus stricte parce qu'on a besoin de traquer le variant. Par ailleurs, nous avons pris une autre décision qui est de placer certains pays, dans lesquels le virus circule de façon très active, en zone rouge. C'est le cas de la Tunisie, notamment. C'est vrai que c'est une destination qui est souvent choisie par les touristes. Et donc, on est conscient de l'impact que cela a sur la Tunisie. C'est pour cela que nous travaillons à un geste de solidarité envers le peuple tunisien. Je serai dans quelques jours là-bas, pour apporter un certain nombre de vaccins, d'équipements, pour lutter contre le virus. Je veux dire également, dans les décisions qui ont été prises, en matière de circulation, lorsque vous êtes vacciné, désormais, c'est plus facile de voyager à l'étranger, puisque l'on met fin au système des motifs impérieux qui s'appliquait, par exemple, pour les pays rouges. Donc, vous êtes vacciné, vous pouvez venir d'un pays rouge, et éventuellement vous y rendre, mais on ne le conseille pas, puisque la réalité sanitaire de ces pays fait que c'est compliqué. Tout cela pour dire que la vaccination est quand même la clé. La clé du maintien des activités ouvertes, la clé, aussi, de la mobilité qui peut reprendre dans de meilleures conditions. C'est pourquoi, aujourd'hui même, avec le Premier ministre Jean Castex, nous étions ici, à Anglet, pour voir des centres de vaccination qui s'adaptent, qui vont vers les estivants, vers les touristes, avec des centres de vaccination éphémères. C'est très important, c'est cela qui va nous permettre de passer l'été dans les meilleures conditions, ou dans les moins mauvaises conditions.

Q - Le variant Delta qui circule, vous l'avez évoqué, dans certains pays européens, mais aussi sur le territoire français, notamment dans plusieurs départements. C'est le cas des Pyrénées-Orientales, où décision a été prise, notamment d'imposer le port du masque à l'extérieur et de remettre un couvre-feu. Pourquoi cette décision ? Est-ce que cela ne risque pas d'impacter fortement le tourisme ?

R - Alors, plusieurs choses. Depuis le début de cette crise, vous le savez, c'est une gestion, aussi, territorialisée. Les choses ne sont pas pareilles d'un département à l'autre. Vous citez les Pyrénées-Orientales, nous sommes ici au Pays Basque, où il y a effectivement un taux d'incidence qui est reparti à la hausse. On a besoin de prendre des mesures territorialisées, adaptées à la situation de chacun des territoires. Donc, le choix qui a été fait pour les Pyrénées-Orientales s'applique là-bas. Aussi, dans l'attente de l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions sur le pass sanitaire, puisque la première phase de mise en place du pass sanitaire, c'est le 21 juillet. La deuxième phase, cela sera début août, après le vote de la loi qui sera présentée, lundi, en Conseil des ministres, et qui permettra de maintenir les activités, en toute sécurité sanitaire, puisque vous aurez la capacité, dans les établissements qui sont visés, qui reçoivent du public, de prouver que, soit vous êtes vacciné, soit vous produisez un test négatif, soit vous êtes immunisé parce que vous avez été touché et que vous êtes rétabli. C'est cela qui va nous permettre de lutter contre ce variant Delta qui est très contagieux. C'est pour cela aussi que dans l'attente de l'entrée en vigueur de ces dispositions, il était important de prendre des mesures dans les territoires qui sont plus particulièrement touchés en ce moment.

Q - Est-ce qu'on ne risque pas d'avoir tous les Français, masqués, sur la plage, au mois d'août ?

R - Tout cela, cela dépend aussi de la vigueur et des victoires que l'on remportera sur le variant Delta. L'été, on le tient chacun entre nos mains. Et le bon déroulement de cet été, chacun d'entre nous en est responsable, tout simplement en conservant un certain nombre de gestes barrières, c'est essentiel, en continuant la vaccination. On est ici dans une zone touristique. On va également approvisionner spécifiquement ces zones, en doses, pour qu'il n'y ait pas de rupture de charge, et qu'également ici, on puisse faire face. C'est cela qui fait qu'on pourra passer l'été. Encore une fois, il est très important d'être tous civiques, citoyens, parce que finalement, la santé des autres dépend des propres précautions que l'on prendra.

Q - Question sur les restaurateurs, si vous me le permettez, les restaurateurs qui sont très inquiets avec cette obligation, pour eux, de contrôler le pass sanitaire, et également le risque qu'ils perdent des clients. Qu'est-ce que vous leur dites à ces restaurateurs ?

R - On est conscient des responsabilités qui sont les leurs. Je peux vous dire que, si on met en place ce pass sanitaire, ce n'est pas pour embêter, c'est vraiment pour être efficace et traquer ce variant qui, j'insiste, est très contagieux. Maintenant, on l'a dit, le Premier ministre a eu l'occasion de le dire, nous avons été à la rencontre de professionnels, ici, de gestionnaires d'établissements, qu'il s'agisse de cinémas, de musées, de casinos, etc. Ces personnes nous disent "nous souhaitons continuer à travailler, à rester ouverts". Pensez qu'il y en a certains qui sont restés dix mois fermés, et la clé pour rester ouvert, c'est justement l'utilisation de ce pass sanitaire. Alors, il y aura peut-être, c'est vrai, un impact commercial. Peut-être que, pour certains, il y aura un impact à dix, vingt, trente pour cent de perte de chiffre d'affaires, parce qu'il y aura plus de difficultés à gérer les flux, des gens qui, peut-être, vont faire le choix de ne pas faire telle ou telle activité. Le Premier ministre a été très clair. Il a dit que depuis le début de la crise nous avons été au rendez-vous, en matière de soutien économique auprès de ces professionnels. Donc, on est assez crédible pour vous dire qu'on continuera à être à leurs côtés, dès lors que des impacts se feront sentir.

Q - Il y aura de nouvelles aides économiques ?

R - En tous les cas, depuis le début de la crise, on a montré qu'on avait été au rendez-vous et on est pragmatiques, on regardera ce qu'il en est des impacts. Vous savez, il y a quelques jours, le Parlement a voté une loi de finances rectificative qui prévoit quinze milliards d'euros pour poursuivre les dispositifs de soutien. Donc, on est là, on continuera d'être là. C'était le sens également du message du Président de la République, hier, à Lourdes, aux professionnels du tourisme qu'il a rencontrés, en disant "on ne vous lâchera pas".

Q - Merci beaucoup.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 juillet 2021