Déclaration de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, sur l'abandon par la France du broyage et du gazage des poussins mâles, à Bruxelles le 19 juillet 2021.

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Circonstance : Réunion des ministres européens de l'Agriculture

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Texte intégral

M. Julien Denormandie : Aujourd'hui, la France va être le premier pays au monde avec l'Allemagne à mettre fin au broyage et au gazage des poussins mâles. C'est une demande attendue depuis longtemps, fort longtemps, par beaucoup de nos concitoyens et la France a pris cette décision en lien avec les filières de mettre fin à ces techniques de broyage des poussins mâles. Songez que dans un pays comme le nôtre, c'est à peu près 50 millions de poussins mâles qui chaque année sont soit broyés soit gazés et donc nous avons décidé d'y mettre fin. Cela fait suite à un gros travail mené en partenariat avec nos homologues allemands pour définir les meilleures techniques. Comment fait-on à une échelle industrielle pour détecter le sexe du futur poussin dans l'oeuf afin de n'avoir à sélectionner que les oeufs femelles donnant ensuite les poules pondeuses ? Depuis 2 ans, nous avons travaillé à définir ces techniques. Nous y sommes parfaitement parvenus. Ce sont des techniques dit de sexe âge in ovo, c'est-à-dire que concrètement on va détecter la couleur des plumes à l'intérieur de l'oeuf pour savoir si l'oeuf est un futur poussin femelle ou un futur poussin mâle pour ne garder que les futurs poussins femelles. Tout cela est prêt. Cela implique évidemment des surcoûts pour la filière et donc l'État français va investir massivement. C'est 10 millions d'euros que l'État français investit aux côtés de la filière pour que dès l'année prochaine nous puissions faire de l'année 2022 l'année de la fin du broyage et du gazage des poussins. Dans les prochaines semaines en France, je prendrai un acte réglementaire qui fera que à partir du 1er janvier 2022 tous les couvoirs devront soit avoir installé soit avoir commandé les machines permettant de faire ces méthodes alternatives, ce sexage in ovo et ne plus avoir à broyer des poussins ou à gazer Ces poussins. L'ensemble de ces machines devront être mises en place au courant de l'année 2022. Mais aujourd'hui avec nos partenaires allemand, avec le soutien d'autres pays, nous allons présenter un texte invitant l'ensemble des pays européens à mettre fin à cette pratique, à mettre fin à l'élimination des poussins mâles. Ce texte invite l'ensemble des États membres à prendre la même décision que la France vient de prendre, à prendre la même décision que les Allemands ont pris. La France et l'Allemagne étant les seuls pays au monde aujourd'hui à s'être engagés dans cette voie. Évidemment, il faut que ce soit une vision politique partagée par les autres États membres et donc nous le présentons aujourd'hui. À l'heure où je vous parle, plusieurs pays nous ont apporté leur soutien. Je pense à l'Autriche, à l'Irlande, au Luxembourg, à l'Espagne, au Portugal qui ont signé le même document présenté par la France et l'Allemagne et puis d'autres pays nous ont dit qu'ils soutiendront lors de la présentation de ce document, je pense à la Finlande, je pense au Danemark. Donc nous voyons aujourd'hui une dynamique qui est en train de se créer. La France veut être à l'initiative de cette dynamique avec nos partenaires allemands et je salue la ministre allemande avec qui j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet pour que nous puissions en France en 2022 faire de cette année 2022 la fin du broyage et du gazage des poussins et faire en sorte qu'au niveau européen le plus rapidement possible les autres États membres puissent prendre le même chemin et mettre fin à ces pratiques. Il va sans dire qu'in fine ces surcoûts devront être à la fois pris en charge une partie par l'État qui investit en France 10 millions d'euros mais également par toute la filière. Il s'agit là de bien répartir les surcoûts et c'est ce sur quoi nous sommes également en train de travailler et organiser au niveau français.


Source https://ue.delegfrance.org, le 27 juillet 2021