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Le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication relative à la rentrée scolaire.

Préparée par les professeurs et les personnels de l’éducation nationale, la rentrée des classes se déroulera cette année le jeudi 2 septembre et, du fait de la situation sanitaire, le lundi 13 septembre dans les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et dans une partie de la Guyane (zone rouge) : ce seront ainsi 12 257 200 élèves qui retrouveront les écoles, les collèges et les lycées.

Cette rentrée scolaire est la seconde effectuée dans le cadre de la crise sanitaire. Alors que les effets de cette crise ont conduit à une catastrophe éducative à l’échelle mondiale, la France fait partie des pays dont les écoles ont été le moins fermées. Cette attention toute particulière que le Gouvernement porte à l’école et l’expérience acquise par tous les acteurs au fil des mois ont permis la préparation au plus près de cette rentrée scolaire. Le protocole sanitaire, publié le 28 juillet, décline de manière graduée quatre scénarios déclenchant des actions adaptées au contexte. En outre, pour assurer la continuité des apprentissages, toutes les écoles et tous les établissements ont mis en place un plan de continuité pédagogique qui comporte un volet organisationnel, un volet pédagogique et un volet numérique, et intègre des exercices préparatoires de simulation.

L’élévation du niveau général et la réduction des inégalités sont plus que jamais les deux finalités de la politique éducative. Compte tenu des conditions sanitaires de la précédente année scolaire, elles exigent un accompagnement personnalisé des élèves qui en ont le plus besoin, notamment en lycée. Cet accompagnement, soutenu par des moyens supplémentaires exceptionnels (1 500 équivalents temps plein sous forme d’heures supplémentaires), permettra à tous les élèves rencontrant des difficultés de bénéficier d’un soutien renforcé d’une à deux heures par semaine en petit groupe. Les évaluations nationales de début CP, mi CP, CE1, 6ème, CAP et seconde permettront aux professeurs de mieux identifier les forces et les fragilités de leurs élèves, et d’engager des actions spécifiques pour remédier aux éventuelles difficultés constatées.

La priorité donnée à l’acquisition des savoirs fondamentaux à l’école primaire demeure : adossée à des plans de formation qui bénéficieront à tous les professeurs des écoles (plans français et mathématiques), elle insistera particulièrement sur la lecture et sur le redressement du niveau en mathématiques.

La lutte contre les inégalités est accentuée, avec le dédoublement des classes de grande section en éducation prioritaire, après celui des classes de CP et CE1, et avec le plafonnement des effectifs de toutes les classes des autres écoles d’ici 2022. Elle est également soutenue par la mise en place d’un accompagnement renforcé à l’entrée en CP et en 6ème , et l’extension du dispositif "devoirs faits", qui touche déjà plus d’un élève sur trois – près d’un sur deux en éducation prioritaire – à raison de deux ou trois heures par semaine.

Avec plus de 400 000 enfants en situation de handicap accueillis à l’école, le service public de l’école inclusive est désormais une pleine réalité. Il est encore consolidé en cette rentrée avec le déploiement des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) sur l’ensemble du territoire, et le recrutement de 4 000 équivalents temps plein d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), dont la rémunération est revalorisée dès cette rentrée.

La réforme des lycées connaît son parachèvement. Les ajustements décidés en juillet pour le baccalauréat général et technologique lui garantissent lisibilité, simplicité et robustesse, tout en en renforçant l’esprit : mieux préparer chaque élève aux attentes de l’enseignement supérieur en l’incitant à s’impliquer toute l’année dans ses apprentissages et en préservant la dimension nationale de l’examen. La transformation de la voie professionnelle atteint son plein déploiement, avec la poursuite du déploiement des CAP en 3 ans, l’extension des familles de métiers et l’évolution du baccalauréat professionnel, qui intégrera notamment l’évaluation du chef d’œuvre.

Maison commune de la République, l’école est riche et forte de ses valeurs et de ses personnels. Chaque jour, les professeurs incarnent, font vivre et transmettent les principes et les valeurs dans leur classe. Afin de les y aider, le ministère diffuse en cette rentrée un ensemble de ressources dans toutes les écoles et tous les établissements, et engage une action de formation d’ampleur, qui aboutira à la formation de tous les personnels. Un carré régalien est par ailleurs constitué dans chaque académie pour agir sur tous les aspects relatifs au respect des valeurs de la République, à la sécurité, à la prévention des violences et à la prévention de la radicalisation.

Dans le prolongement du Grenelle de l’éducation, une action résolue, ambitieuse et systémique est conduite pour reconnaître l’engagement des personnels : tous les engagements pris pour transformer les ressources humaines au sein du ministère (personnalisation des parcours, formation, développement de l’esprit d’équipe, amélioration du remplacement, politique d’action culturelle et sociale, etc.) seront lancés avant janvier 2022. La revalorisation du service public de l’éducation nationale et de ses personnels se poursuit : après 400 millions en 2021, ce sont 700 millions de crédits supplémentaires qui seront attribués en 2022, soit sur deux années un effort budgétaire cumulé d’1,5 milliard d’euros pour la revalorisation des personnels de l’éducation nationale. Cet effort concernera notamment la prime d’attractivité grâce à laquelle la rémunération nette mensuelle des professeurs en tout début de carrière passera de 1 700 € en 2020 à 1 869 € en 2022.

Enfin, le nouveau périmètre du ministère permet d’articuler les politiques publiques en matière d’éducation, de jeunesse et de sports, créant des synergies inédites pour favoriser l’engagement au travers du service civique et du service national universel et d’accompagner l’élève dans les différents temps de son éducation. Le déploiement des cités éducatives et des internats d’excellence, la mise en place du pass’sport, la création de l’accueil langues en sont autant d’expressions concrètes et efficaces.