Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à CNews le 27 août 2021, sur les rapatriements de Français et d'Afghans de Kaboul, le renforcement de la sécurité dans les transports et le passe sanitaire.

Texte intégral

ROMAIN DESARBRES
Il est 08h15 ; bienvenue à tous. Laurence FERRARI, vous recevez ce matin Jean-Baptiste DJEBBARI, le ministre des Transports.

LAURENCE FERRARI
Bonjour, Monsieur DJEBBARI !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour Madame FERRARI !

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans "La Matinale" de CNews. L'Afghanistan bien sûr, des attentats kamikazes meurtriers hier, revendiqués par l'État islamique à l'aéroport de Kaboul, des centaines de morts côté afghan, 13 morts, bilan très lourd côté américain. Joe BIDEN promet des représailles. On a appris hier, par le Président MACRON, que notre ambassadeur, David MARTINON, a été rapatrié en France pour sa propre sécurité. Vous nous confirmez que le dernier vol qui partira de Kaboul, ce sera ce soir ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est cela. D'abord, [il faut] avoir évidemment une pensée pour nos alliés américains qui ont souffert des pertes absolument importantes. Le discours de Joe BIDEN hier soir était à cet égard, je crois, très puissant, très digne, très déterminé, et je veux vous dire que la France, pour répondre à votre question, procédera et continuera de mener les dernières évacuations dans la mesure du possible – la fermeture est prévue le 30 août, effectivement les derniers vols sont ce soir – et Joe BIDEN a aussi tracé la voie de la continuité des évacuations en lien avec les autorités afghanes dès lors que les conditions de sécurité seront stabilisées. Donc je vous confirme ces informations également.

LAURENCE FERRARI
Mais ça veut dire que la France pourrait continuer à faire des vols de rapatriement de certains Afghans, au-delà de demain soir ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, Joe BIDEN hier – et ce sera évidemment la compétence des ministres en charge mais – mais Joe BIDEN hier a annoncé la possibilité, au-delà de la date du 30 août, en lien avec les autorités afghanes qui seront encore présentes sur le terrain, de continuer tout ou partie de certaines évacuations. Et donc je crois que la France…

LAURENCE FERRARI
Y prendra sa part.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
... Sera au rendez-vous, comme elle l'a toujours été depuis cette crise, à la fois en anticipant – vous parliez de David MARTINON et les anticipations de rapatriement depuis mars dernier – et puis évidemment en faisant son devoir humanitaire, je crois que la France sur ce sujet, n'a de leçons à recevoir de personne.

LAURENCE FERRARI
Les États-Unis ont révélé qu'ils négociaient avec les talibans depuis plusieurs jours, notamment pour assurer la sécurité aux abords de l'aéroport, on voit le résultat. La France l'a fait aussi !…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Depuis plusieurs années en vérité…

LAURENCE FERRARI
La France l'a fait aussi, a négocié avec les talibans pour pouvoir évacuer certains de nos ressortissants ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En définitive, les États-Unis négocient avec les talibans depuis plusieurs années ! C'était la stratégie de George BUSH ! Et ensuite, vous savez très bien que pour passer les check-points, il y a à la fois les forces afghanes, les talibans, les forces américaines et tout ça, construire des chemins alternatifs de contournement pour arriver de façon sécuritaire à l'aéroport nécessite d'avoir des bons contacts et de faire…

LAURENCE FERRARI
Donc la France a aussi des bons contacts avec les talibans, vous nous le confirmez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ecoutez, moi, je n'ai pas le détail des opérations sur le terrain. Ce que je sais, c'est que la France met tout en œuvre pour faire son devoir humanitaire, c'est-à-dire rapatrier – ça a été le cas depuis maintenant plusieurs semaines – plus de 2 500 ressortissants français, Afghans qui ont aidé la France, ou personnalités afghanes et leur famille qui sont en danger de mort là-bas. Donc je crois qu'encore une fois, la France, là, fait très clairement son devoir humanitaire.

LAURENCE FERRARI
La menace terroriste est à un très haut niveau dans notre pays. Est-ce qu'il y a une crainte d'une résurgence des attentats liés à l'État islamique ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, c'est ce que vous avez évoqué dans votre propos introductif ! C'est la permanence de la menace de Daesh et de l'islamisme terroriste contre lequel nous devons être mobilisés à la fois effectivement en interne de notre pays, le Renseignement technique, humain, tout ce qui est mis en œuvre depuis maintenant plusieurs mois et qui commence à porter ses fruits ; et puis nous sommes toujours sur les théâtres d'opérations visant à combattre le terrorisme islamiste, je pense notamment au sud Sahel, je pense à ces territoires que vous avez cités, et c'est aussi là le devoir de la France de mener ces combats sur tous ces fronts.

LAURENCE FERRARI
Nos moyens de transport, avion, train, métro sont des cibles potentielles pour les terroristes. Est-ce que vous mettez en œuvre des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité des passagers en France, sur le territoire français ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord de plus en plus il y a, pour la sécurité des passagers, de la vidéosurveillance, nous expérimentons de la vidéo comportementale pour détecter les comportements à risque ; c'est vrai pour les bagages abandonnés, ce sera vrai demain pour des comportements qui seraient susceptibles…

LAURENCE FERRARI
Dans les halls de gare, d'aéroport ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument, nous avons des expérimentations qui vont être lancées, je pense notamment à Nice, en lien avec la RATP et d'autres élus qui ont souhaité s'y engager. Et puis il y a tout ce que nous faisons en amont avec les services de Renseignement pour mieux détecter ceux qui, soit à l'embauche, soit en mobilité à l'intérieur des entreprises, seraient susceptibles d'être radicalisés ou de porter atteinte à la Défense et à la Sécurité nationale, et donc ces systèmes qui se sont déployés depuis maintenant plusieurs années portent déjà leurs fruits, j'avais eu l'occasion de citer quelques chiffres, on a à peu près moins de 2% – mais c'est 2% quand même – des personnes qui postulent dans les services de la RATP qui sont évincés pour raison de radicalisation.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce que des patrouilles de sécurité seront renforcées dans les halls de gare, dans les halls de métro ou de RER ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est déjà le cas, nous avons un niveau de Vigipirate qui est assez fort, nous avons de la sécurité ferroviaire, de la police ferroviaire, enfin le support de l'armée notamment avec les forces Vigipirate, et puis évidemment des forces de sécurité et de sûreté de la SNCF et de la RATP qui sont en augmentation constante, en termes de moyens. De ce point de vue-là, nous répondons aussi, je crois, quantitativement, à ces enjeux qui sont, vous avez raison, devant nous.

LAURENCE FERRARI
En termes de sécurité, en 2009, il y a eu près de 146 vols qui ont été enregistrés dans les transports en commun français, c'est 1/5ème de l'ensemble du territoire français, des délinquants de plus en plus jeunes, parfois 13 ou 17 ans ; est-ce que là encore, il y a un effort tout particulier qui sera mené ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord oui, vous avez raison de dire qu'il y a certains types de violence qui continuent d'augmenter dans les transports. Il y a là aussi un travail qui est fait en lien avec Eric DUPOND-MORETTI sur une réponse, policière d'abord, et judiciaire ensuite, beaucoup plus rapide, parce que c'est en ayant la certitude de la preuve que ces actes de petite délinquance qui, parfois, en deviennent des grands, peuvent être plus facilement et plus rapidement entravés. Donc il y a là, je le confirme, un travail très... très étroit avec Gérald DARMANIN, ministre de l'Intérieur et monsieur DUPOND-MORETTI à la Justice.

LAURENCE FERRARI
Demain, ce sera le 7ème samedi de mobilisation contre le Pass sanitaire, mais aussi contre l'obligation vaccinale, "Pass sanitaire qui sera d'ailleurs prolongé au-delà du 15 novembre", a annoncé Olivier VERAN. Ça peut relancer le mouvement, cette annonce, la prolongation du Passe sanitaire ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, vous avez raison de dire que ce mouvement, il est en décrue, contrairement à ceux qui nous décrivaient…

LAURENCE FERRARI
Je n'ai pas parlé de décrue, j'ai dit que c'était une nouvelle mobilisation.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
... Une nouvelle montée inexorable. En tout cas, les chiffres le disent, et dans ce mouvement, moi, j'ai toujours tenu à distinguer ceux qui sont viscéralement "antivax" et qui je crois sont irrécupérables à la conviction en quelque sorte, ceux qui sont anti-Pass et qui se préoccupent là peut-être davantage de questions de liberté avec qui il faut débattre pour essayer de les convaincre, et puis ceux qui utilisent des modes d'action violents pour faire valoir leurs idéologies ou leurs actions politiques. Ceux-là, il faut évidemment les convaincre sur le plan judiciaire et policier de façon tout à fait déterminée.

LAURENCE FERRARI
Mais vous ne redoutez pas que le fait que ce Pass sanitaire soit prolongé, ça remette un petit peu de... charbon dans la locomotive ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais le Pass sanitaire, en définitive, ça marche bien. Nous l'avons mis en place dans les transports le 9 août dernier ; nous avons 97% des Français, des usagers du rail essentiellement, qui se présentent en ayant leur Pass sanitaire. Et sur les 3% restants, c'est quelques passagers par train, la moitié sont traités dans [des équipements] de proximité, peuvent faire leur test, réembarquer, ou alors échanger et se faire rembourser leur billet. Donc, il y à la fois ce qu'on raconte sur ces mobilisations, et il y a la réalité de la vie des Français qui, quand ils prennent le train ou l'avion, ont une expérience de voyage satisfaisante, se sentent en sécurité sur le plan sanitaire, et là encore une fois, revenons-en aux faits, sur la situation sanitaire globale, je pense que si on n'avait pas eu le Pass sanitaire aujourd'hui, dans les Bouches-du-Rhône, dans les Alpes-Maritimes, dans le Var, les mêmes établissements qui sont aujourd'hui ouverts avec Pass sanitaire seraient fermés ! Et par ailleurs, la situation sanitaire dans les hôpitaux nous montre bien que la vaccination, ça protège soi, ça évite les formes graves, ça évite la contagiosité, et donc de ce point de vue-là, le continuum, le dispositif global que nous mettons en place pour sécuriser les Français sur le plan sanitaire je crois, et n'en déplaise à ceux qui défendent ou prétendent le contraire, porte ses fruits.

LAURENCE FERRARI
Concernant les compagnies aériennes en revanche, ceux qui ont voyagé cet été ont constaté de nombreux "trous dans la raquette", notamment pour les contrôles au retour, que ce soit les Antilles, ou que ce soit la Grèce. Ce n'est pas important de vérifier si les passagers qui arrivent sur notre sol sont contagieux ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, on vérifie systématiquement. Il y a les pays verts, les contrôles se portent à l'embarquement ; c'est par exemple si vous faites un retour d'Italie vers la France ; les pays "orange", pour lesquels les non-vaccinés doivent présenter un motif impérieux ; et puis les pays rouges, sur lesquels vous avez en plus, et là de façon systématique, un test antigénique à l'arrivée. Donc il y a évidemment tous les cas possibles, il y a des gens aussi qui sont contrôlés quatre fois, d'autres effectivement sur lesquels nous avons pu observer quelques ratés…

LAURENCE FERRARI
Zéro contrôle.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Pas zéro contrôle... Parfois effectivement pas de contrôle parce qu'à l'étranger, vous avez des escales, parfois en sous-traitance, parfois en grève, et l'exploitation, c'est aussi ces réalités-là. Moi, j'ai été intraitable avec les compagnies aériennes. Depuis maintenant le début de l'année 2021, j'ai convoqué 28 compagnies aériennes, et rappelé 41 à l'ordre, nous avons suspendu l'exploitation de deux compagnies aériennes, une turque et une éthiopienne, et nous continuons de le faire. Je réunirai cet après-midi les compagnies aériennes au ministère pour, à la fois leur rappeler le dispositif en place, voir comment il est possible de l'améliorer pour effectivement éviter ces quelques ratés que nous avons observés ces dernières semaines.

LAURENCE FERRARI
Y compris AIR FRANCE ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Y compris AIR FRANCE bien sûr, qui est l'opérateur principal et dominant en France et qui doit satisfaire les règles comme toutes les autres.

LAURENCE FERRARI
Le 30 août, le Pass sanitaire sera étendu aux personnes qui travaillent dans les transports Longue distance, les vols intérieurs, TGV. Il n'y a pas de vague de contestation au sein de ce personnel ? Comme il y a chez les soignants ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, ça a été bien organisé ; d'abord ce sont des grands groupes, on parle de 5 000 personnes à la SNCF, mais sur un groupe qui compte plus de 100 000 personnes, 130 000 personnes à l'échelle du groupe ferroviaire, et donc il y a eu beaucoup de dialogue social, des capacités aussi de reclassement et de dialogue en interne pour ceux qui ne souhaitaient pas s'y astreindre avec, je le dis là, une première expérience depuis le 9 août qui est tout à fait satisfaisante pour les passagers. Je n'anticipe pas de problème particulier pour les quelques milliers de salariés SNCF qui vont être concernés par la chose.

LAURENCE FERRARI
Ceux que vous rencontrez la semaine prochaine, ce sont aussi les motards qui ont vu "rouge" cet été, lorsqu'il a été question de mettre en œuvre une décision européenne de contrôle technique de leur véhicule. Bizarrement en 24 heures, le gouvernement a trouvé le moyen de suspendre cette norme européenne. Vous avez appris les leçons du passé, visiblement…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, pas bizarrement ! C'est une norme européenne et il se trouve que d'autres pays font différemment. Nous avions choisi la voie un peu classique administrative du contrôle technique, et j'ai souhaité, après en avoir discuté avec le Président de la République, étudier d'autres voies, et je donne un exemple : l'objectif, c'est d'être au rendez-vous des enjeux environnementaux et de sécurité. Si vous parlez de la pollution des motos, vous pouvez faire deux choses : soit vous les bannissez, vous les interdisez de circuler avec ces contrôles techniques, soit vous les aidez à se convertir vers – comme on l'a fait pour les voitures d'ailleurs – vers des motos qui sont moins nuisantes sur le plan environnemental. C'est cette voie-là que nous allons explorer avec eux, et je les recevrai le 3 septembre prochain.

LAURENCE FERRARI
Mais il n'y aura pas de contrôle technique sur les deux-roues avant la présidentielle bien entendu…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas pas sous cette forme, et ce n'est pas une manœuvre politique, c'est qu'on essaie de faire mieux et plus simple, vous voyez. Cette norme, c'est de 2014. Les choses ont changé dans le monde depuis 2014.

LAURENCE FERRARI
C'est simple pour les automobilistes, le contrôle technique !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui mais pour les automobilistes, vous voyez bien que sur le sujet de l'environnement et de la sécurité, nous avons relancé avec la filière affirme automobile des nouvelles voitures qui polluent beaucoup moins, c'est l'avènement du véhicule électrique et que nous avons aussi devant nous et vous avez raison, ces enjeux de simplification qui seront traités dans les mois qui viennent.

LAURENCE FERRARI
On parle de la pollution automobile ; on a le rapport du GIEC qui est sorti en août. Il y a aussi le rapport du CEREMA qui affirme que les véhicules polluent plus en circulant à 30 km/h qu'à 50 km/h ; ça tombe bien, la semaine prochaine, Paris va passer à 30 km/h en centre-ville. Encore une fois, Anne HIDALGO n'a pas compris la problématique de la pollution ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien, moi je ne comprends pas la politique environnementale des transports de Madame HIDALGO. Ces sujets, en fait, sont dans l'atmosphère scientifique depuis longtemps, et effectivement, ce rapport dit ce qu'on savait déjà depuis assez longtemps, c'est que rouler à 30 km/h…

LAURENCE FERRARI
Est plus polluant que rouler à 50…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, n'est pas moins polluant que de rouler à 50 km/h, et encore une fois, c'est une question de philosophie pour la politique des transports : soit vous voulez bannir et restreindre l'accès aux villes aux voiture, soit vous voulez transformer le parc automobile. Et il faut transformer le parc automobile ! Les transports, c'est 30% des émissions, et sur ces 30%, les voitures légères c'est 50%. Donc il faut évidemment transformer les voitures. Mais je crois que là, on a vraiment deux choix : le choix d'une forme d'autoritarisme et de volonté de faire décroître à tout crin le parc automobile dans Paris, et puis l'écologie de progrès que, je crois, nous incarnons

LAURENCE FERRARI
Avec des écologistes qui sont en train de chercher leur candidat, mais qui, sur ces sujets-là encore une fois, poussent la Mairie de Paris à prendre ce type de décision ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais je crois vraiment que... D'abord, l'écologie est devenue une préoccupation sociétale de tout le monde, de tous les partis politiques et c'est heureux, et je crois que le rapport du GIEC exprime assez bien qu'il ne faut jamais, comment dirais-je, modérer ou relativiser ces sujets-là. Mais il y a vraiment deux choix ! Les écologistes aujourd'hui, les Verts d'une manière générale, c'est le choix du défaitisme, de la décroissance et d'une forme de démagogie sur ces sujets. Et honnêtement, assez peu éclairée par la Science quand on lit leur production intellectuelle notamment. Et Madame HIDALGO se situe dans cette filiation. Donc peut-être qu'effectivement, ils ne se retrouveront dans quelques mois pou. Mener chemin et combat ensemble.

LAURENCE FERRARI
La rentrée politique pour Emmanuel MACRON se présente de façon sereine. On voit que la droite, pareil, commence à s'organiser en vue de la présidentielle. Le Président est serein ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas une sérénité bienveillante de la part du Gouvernement pour continuer à accompagner le Président dans ces derniers mois avant effectivement la campagne de 2022. Moi, ce que j'observe en regardant le paysage politique, c'est que d'un côté, vous avez à droite bientôt plus de candidats que d'électeurs, et que vous avez à gauche, l'extrême gauche notamment, chez les Verts, ce que je décrivais comme étant le cercle du défaitisme, de la démagogie, de la décroissance, et je crois qu'au centre de l'échiquier politique, nous campons le camp de la raison et, je l'espère, de l'optimisme et de la volonté. C'est en tout cas ce que nous voulons continuer à démontrer ces prochains mois.

LAURENCE FERRARI
Un petit mot de l'essence. Là, on atteint un niveau record en termes de prix du carburant, qui sont à peu près identiques à ceux qui prévalaient au moment du début du mouvement des gilets jaunes. Vous ne redoutez pas encore une fois que toutes ces colères s'agrègent et que le niveau du prix de l'essence remettre le feu aux poudres ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce qu'il faut comprendre, c'est que le prix de l'essence, c'est essentiellement le prix du baril de brut, nous ne produisons pas de pétrole, nous subissons la crise géopolitique qui nous…

LAURENCE FERRARI
Oui, mais il y a les taxes sur lesquelles…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui. Et donc tout ce que nous faisons pour électrifier les véhicules de façon extrêmement rapide à l'échelle des prochaines années, ça nous permettra de dépendre beaucoup moins du pétrole, et donc beaucoup moins de ces hausses de prix. Et c'est vraiment le chemin, le chantier que nous avons engagé.

LAURENCE FERRARI
Mais vous allez vous engager à ce que le prix de l'essence ou du gazole ne monte pas au-delà d'un certain seuil ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous avez remarqué que les taxes carbone qui conduisaient à cet effet automatique sont suspendues et que nous avons engagé une grande politique de transformation du parc automobile pour que les Français, en 2030 et un peu avant, ne dépendent... dépendent beaucoup moins de ces augmentations de prix qui, encore une fois, sont le reflet de crises géopolitiques, et notamment de tensions sur la production des barils pétroliers.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup, Jean-Baptiste DJEBBARI…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.

LAURENCE FERRARI
D'être venu ce matin dans La matinale de Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 août 2021