Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, à Sud Radio le 3 septembre 2021, sur la politique économique du gouvernement et la crise sanitaire.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Patrick ROGER.

PATRICK ROGER
Avant de parler industrie, plan de relance, et les chiffres, la vidéo quand même sur la rentrée scolaire d'Emmanuel MACRON, on l'évoquait tout à l'heure, qui passe mal auprès de certains, le président qui s'est adressé aux élèves et parents d'élèves, puis il a brandi donc le portrait de McFly et Carlito en réponse aux défis lancés par des youtubeurs, avant de rendre hommage à Samuel PATY, maladresse, mélange des genres un peu douteux, ou pas ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois qu'il faut quand même remettre en perspective cette coopération avec McFly et Carlito, je rappelle que c'était pour faire une vidéo sur les gestes sanitaires, les gestes barrières, qui a fait plus de 10 millions de vues, et l'objectif c'était de toucher les jeunes, et l'objectif a été atteint, donc oui ça me paraît normal de s'appuyer sur… comment dire, ce travail qui a été fait et qui a très bien marché, pour sensibiliser les jeunes aux gestes barrières, et au moment de la rentrée, je crois que tout le monde l'a compris, on est encore dans un moment Covid, il faut continuer à appuyer sur l'importance des gestes barrières, et ce petit rappel, en clin d'oeil, et tout le monde l'a compris, c'est une façon aussi de communiquer très directement…

PATRICK ROGER
Pas tout le monde, puisqu'il y en a qui sont choqués par ça, qu'est-ce que vous dites à ceux qui se disent choqués par ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je leur dis qu'il faut rester très simple, on est aujourd'hui dans une rentrée scolaire qui est sous… enfin qui fonctionne en moment de Covid, c'est aussi la première rentrée scolaire que Samuel PATY ne fera pas, je pense que c'était important de le rappeler, et voilà, il faut adresser tous les sujets, ceux qui sont sanitaires, comme ceux qui relèvent du régalien et de nos valeurs, et c'était important que le président de la République le fasse, et le fasse en direction des jeunes pour pouvoir porter le message.

PATRICK ROGER
Oui, mais ce qui ne passe pas très bien c'est que, quand même, c'est un défi, ce sont les youtubeurs, McFly et Carlito, et puis qu'on mélange ça avec quand même Samuel PATY, où c'est quand même beaucoup plus terrible quoi, comme…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais parce que nous sommes dans un moment où il y a des sujets qui sont légers et des sujets qui sont plus graves, et que c'est le rôle d'un président de la République de savoir s'adresser à tous et de surtout sensibiliser les jeunes, aussi bien aux gestes sanitaires, qu'à quelque chose de beaucoup plus grave, qui est une atteinte à nos valeurs, et qui est symbolisé par Samuel PATY.

PATRICK ROGER
Alors hier, Agnès PANNIER-RUNACHER, à Marseille, Emmanuel MACRON a annoncé un plan d'1 milliard sur quelques années, ça vient se rajouter à tout ce qui est mis sur la table et dépensé de depuis 1 an, nous fêtons aujourd'hui, je crois, les 1 an justement de l'annonce du plan de relance de 200 milliards, où est passé cet argent et quels sont les résultats aujourd'hui ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, 100 milliards d'euros, nous en avons aujourd'hui déployés à peu près 50 milliards, c'était l'objectif que nous nous étions donné, avec Bruno LE MAIRE, pour la fin d'année, 50 milliards, et donc nous allons rehausser cet objectif. Cet argent il est allé dans trois directions. La première direction, la transition écologique, énergétique, très concrètement des rénovations thermiques, avec une augmentation par exemple très importante de la Prime Rénov', qui permet à des particuliers de rénover leur appartement, leur maison, pour limiter leurs dépenses de chauffage, et donc c'est utile pour les personnes, c'est également utile pour la planète, on réduit les émissions de CO2, c'est également les primes à la conversion pour les voitures, pour aller vers des voitures moins polluantes, c'est enfin tout le travail sur la décarbonation de l'énergie, aujourd'hui, avec le nombre de dossiers accompagnés, nous allons pouvoir répondre aux objectifs de la transition carbone, on doit économiser 3,6 millions de tonnes de CO2 d'ici…

PATRICK ROGER
Oui, Agnès PANNIER-RUNACHER, tout est mis sur la transition énergétique, alors si je vous suis…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, pas tout.

PATRICK ROGER
Si je vous suis, vous insistez…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça c'est le premier pilier.

PATRICK ROGER
Vous dites ce sont trois grands points, moi je croyais qu'en fait il y avait une priorité où on avait dit qu'il fallait relocaliser…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, non, trois piliers, j'ai illustré le premier pilier qui est la transition écologique.

PATRICK ROGER
D'accord.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Deuxième pilier, pour aller plus vite, la compétitivité, baisse des impôts de production 10 milliards d'euros, ça c'est immédiat, ça va permettre aux entreprises, qui produisent en France, de plus produire, et d'employer, et de recruter, et troisième pilier c'est la cohésion sociale, et c'est notamment tous les investissements dans les compétences, dans la formation, à un moment où on cherche à recruter, et c'est notamment le plan " 1 Jeune, 1 Solution ", qui explique qu'aujourd'hui, et je veux le souligner, que notre économie va bien, qu'elle redémarre fort, enfin elle va aussi bien que possible dans une sortie de crise, et surtout que le taux de chômage que nous avons aujourd'hui est quasiment le même de celui d'entrée de crise, lequel taux de chômage était le plus bas que nous avions eu depuis 10 ans.

PATRICK ROGER
C'est parce qu'il y a beaucoup d'entreprises aussi qui sont sous perfusion, bien sûr, avec le plan…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors ça c'est une fausse idée…

PATRICK ROGER
Avec le plan du"« quoi qu'il en coûte " ; attendez, dans beaucoup de secteurs on le dit.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, c'est une fausse idée Patrick ROGER, parce que l'économie, aujourd'hui, elle tourne à 99%, et lorsque vous regardez les demandes…

PATRICK ROGER
A 99% !

AGNES PANNIER-RUNACHER
99%, et lorsque vous regardez les demandes de soutien, par exemple du mois de juillet, elles sont 10 fois inférieures à celles d'il y a un an, c'est-à-dire qu'on a au début soutenu massivement, ce qui était objectif, puisque beaucoup d'activités étaient fermées, et aujourd'hui, mécaniquement, on soutient beaucoup moins d'entreprises, d'où la sortie du " quoi qu'il en coûte " et le fait de faire du sur-mesure pour les secteurs qui sont empêchés de travailler, pour des raisons sanitaires encore une fois, pour des raisons de nature de leur chiffre d'affaires.

PATRICK ROGER
Et puis il y a les changements, en fait, dans l'organisation du travail, dans un tas de productions aussi, on va y venir dans un instant. Alors, en échange quand même, il y a une explosion de la dette, bien sûr, avec ce " quoi qu'il en coûte " et puis l'argent public qui est mis sur la table, 62% du PIB cette année, c'est ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça c'est le propre des Etats d'être capables de gérer dans le long terme. Cette dette, il va falloir évidemment la rembourser, mais pas la semaine prochaine, et c'est la croissance qui la rembourse…

PATRICK ROGER
Pour les générations futures.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Pas nécessairement, parce que c'est notre génération qui est aujourd'hui au travail, c'est notre génération qui doit générer plus de croissance, la croissance, c'est ce que nous voyons aujourd'hui, c'est 6% de croissance, cette croissance elle génère des cotisations sociales, elle va permettre de générer de l'impôt sur les sociétés, différents impôts, qui vont permettre de rembourser cette dette, c'est ça le projet que nous proposons, et c'est à l'Etat d'avoir cette vision de long terme et d'être capable d'amortir les crises les plus importantes. Je rappelle que cette crise est la plus importante que nous ayons eue, d'un point de vue économique, depuis 1929.

PATRICK ROGER
Et l'objectif de croissance de 6% va être atteint pour cette année ou pas alors, vous le maintenez ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, c'est ce que semble indiquer tous les économistes, donc je n'ai pas de raison de ne pas les croire.

PATRICK ROGER
Non, mais vous êtes à la manoeuvre avec Bruno LE MAIRE, donc vous devez aussi le savoir, et le voir, et le constater, ou pas. Autre urgence Agnès PANNIER-RUNACHER, les pénuries quand même, dans certains secteurs, là on est loin de la relance et de la réindustrialisation, de l'automobile aux médicaments, l'Agence nationale de sécurité du médicament, par exemple, signale des ruptures, il y a des stocks, des problèmes, dans les antibiotiques, les anticancéreux, enfin on ne va pas faire la liste. Qu'est-ce que vous pouvez y faire ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors d'abord, les mesures qui viennent d'être annoncées, de mettre en place des stocks de 2 mois sur une série de médicaments, c'est une mesure qui est travaillée depuis 3 ans, puisque je rappelle que c'est Agnès BUZYN, alors ministre de la Santé, qui avait commandé un rapport sur les pénuries de médicaments, qui faisait des recommandations, et c'était Olivier VERAN, alors rapporteur du projet de loi de finances de Sécurité sociale, qui avait travaillé sur ce dispositif de stock minimal sur des produits qui pouvaient être en rupture, donc c'est mis en oeuvre…

PATRICK ROGER
N'empêche qu'il y a quand même pénurie dans certains…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, mais justement, c'est mis en oeuvre pour contrer les pénuries, c'est l'objectif. Deuxième étage de la fusée…

PATRICK ROGER
Pourquoi il y a une alerte alors ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce n'est pas une alerte, c'est la mise en oeuvre de cette mesure, tout simplement, c'est nous déroulons un plan pour répondre à des problèmes du pays, mais qui ne sont pas de la semaine dernière, simplement nous agissons au lieu de nous agiter, c'est la grande différence avec les gouvernements précédents. La deuxième chose c'est que, le deuxième étage de la fusée, c'est d'augmenter les productions de médicaments en France. Vous le savez, on l'a dit, on l'a vu pendant cette crise sanitaire, entre 2005 et 2015 la part de marché des productions de médicaments française, au plan mondial, a été divisée par deux, il faut renverser la vapeur, et c'est ce que nous faisons. Depuis septembre, vous mentionniez le plan de relance, nous finançons plus d'une centaine de relocalisations de chaînes de production, on a beaucoup parlé du paracétamol, mais il y a d'autres productions, médicaments, vaccins, dispositifs médicaux, qui vont être réimplantées en France, et c'est une autre façon…

PATRICK ROGER
Qui vont être, ça commence déjà ou pas ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, ça commence, vous avez déjà des projets, vous prenez les lignes de production de vaccins, elles sont en place et elles produisent depuis le mois d'avril et le mois de mai, par exemple.

PATRICK ROGER
Et les tensions sur certains secteurs, comme par exemple l'automobile, avec des problèmes de… des manques de composants et donc certains qui disent qu'ils ne pourront plus livrer les voitures et qu'il va y avoir aussi des ruptures ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, deux types de tensions. Vous avez des tensions sur les matières premières, qui semblent en phase de résolution, même si on n'est pas revenu à un équilibre de marché, on va dire normal, mais les tensions sont en train de s'apaiser, et vous avez les semi-conducteurs. Là, on est en train de regarder un changement, le changement du monde dans lequel on vit, c'est-à-dire que la crise sanitaire a eu pour effet d'accélérer l'utilisation de toutes les technologies numériques, et donc, massivement, tous les pays se sont mis à mettre ces puces, qui coûtent rien à la production, qui sont vraiment des tout petits composants, partout, pour améliorer, tout simplement pour permettre le télétravail, donc il fallait avoir du matériel à la maison, dans l'électronique de loisirs, dans les voitures, et donc ces multiples développements font qu'aujourd'hui on a un très grand décalage entre la demande et l'offre, donc ça prend plus de temps pour se rééquilibrer, mais là encore nous agissons, nous n'avons pas attendu cette impasse pour agir. Je rappelle que nous finançons le plan Nano 2022, qui est un plan destiné à augmenter la production de semi-conducteurs, notamment avec STMICROELECTRONICS, et on investit massivement, près de 700 millions d'euros à Crolles, près de Grenoble, et nous avons relancé…

PATRICK ROGER
Hier vous étiez d'ailleurs du côté de Grenoble pour…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Exactement, chez ALEDIA, qui est une start-up industrielle, donc là aussi…

PATRICK ROGER
Donc c'est en cours face à ça, il n'y a pas de…

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est en cours, avec des relocalisations.

PATRICK ROGER
Donc c'est en cours pour relocaliser, et puis ensuite pour pouvoir fabriquer et qu'il n'y ait pas de pénurie dans beaucoup de secteurs, comme c'est redouté dans beaucoup de secteurs. Quand vous parlez avec des industriels, ils n'ont pas le discours aussi positif que vous avez quand même ce matin !

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, moi je fais bien la différence entre les différents, et en disant que les semi-conducteurs ça ne va pas résoudre la semaine prochaine, ça va prendre un peu de temps.

PATRICK ROGER
A propos aussi, Agnès PANNIER-RUNACHER, des vaccins, est-ce qu'on a des problèmes avec les doses de vaccins existants d'abord, avant de voir le futur, sur les existants, par exemple on disait qu'on avait un petit peu trop de d'Astrazeneca en France et que certains pays en manquaient, qu'on pourrait éventuellement leur fournir ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, deux choses. D'abord on a plus de 100 millions de doses qui ont été livrées, de vaccins, en France, donc effectivement on a eu beaucoup de vaccins et on continue à recevoir beaucoup de vaccins. Deuxième chose, on a commencé, depuis le mois d'avril, les dons de doses de vaccins par le mécanisme COVAX, notamment, pour des pays qui en avaient besoin, des pays notamment à bas revenus, à revenus modestes, et notamment de l'Astrazeneca, puisque c'est le premier laboratoire qui a signé l'accord pour permettre ces dons, puisque vous des questions de responsabilité, et nous allons poursuivre ces dons. Je rappelle que c'est le président de la République qui a été le premier dirigeant de l'OCDE…

PATRICK ROGER
Combien de dons ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Plusieurs millions aujourd'hui, on a annoncé 10 millions de doses apportées en complément de ce qui a déjà été fait, au mécanisme COVAX, ça, ça date, de mémoire, de la semaine dernière, et nous allons continuer, et sans aucune, je dirais, limite sur la nature des vaccins, ce qu'il faut en revanche c'est que les laboratoires passent un accord avec COVAX pour prévoir les moyens de le faire.

PATRICK ROGER
Vous savez que chez certains Français, qui sont hésitants toujours aussi sur la vaccination, ils attendent le vaccin français, SANOFI notamment, il est prévu pour quand alors ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, j'ai d'abord envie de dire il ne faut pas attendre le vaccin français, c'est de l'intérêt de tous de se vacciner le plus vite possible…

PATRICK ROGER
Non, non, mais… vous le dites beaucoup au gouvernement, le message est passé.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Donc je le redis.

PATRICK ROGER
Mais sur SANOFI ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Sur SANOFI, ils sont en phase 3, c'est-à-dire ils terminent leurs essais cliniques, comme VALNEVA d'ailleurs, ils devraient annoncer leurs résultats dans les prochaines semaines et ils devraient lancer leur autorisation de mise sur le marché, avec un objectif, qui me semble à peu près arriver au même moment pour VALNEVA et SANOFI, mais ça nous le verrons dans les prochaines semaines, de fin d'année.

PATRICK ROGER
Fin d'année, oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Fin d'année pour la mise à disposition des premières doses.

PATRICK ROGER
Un dernier mot sur la Une du " Figaro " ce matin, je ne sais pas si vous l'avez vue, " Pourquoi les Français vont devoir travailler davantage ", parce qu'entre les congés, les retraites, les RTT, et puis aujourd'hui le télétravail qui s'est installé dans les entreprises, les Français devront travailler davantage, sur leur lieu de travail. Quelle est votre réaction, vous qui êtes à Bercy ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, travailler davantage, je le rappelle, dans un pays où les jeunes rentrent tardivement sur le marché du travail, et les seniors en sortent avant la retraite, la première bataille c'est de faire en sorte que les jeunes rentrent plus vite sur le marché du travail et qu'on soit capable de donner du travail aux seniors, jusqu'à leur retraite. Pardon, mais on oublie souvent cet aspect-là, qui est absolument essentiel.

PATRICK ROGER
Bien sûr, on veut reculer l'âge de la retraite alors qu'il n'y a plus de travail pour eux bien souvent.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et donc c'est tout le travail que mène aujourd'hui Elisabeth BORNE notamment, et les négociations avec les partenaires sociaux, sur des sujets comme la pénibilité, qui sont absolument essentiels. Au-delà de ça, avec le télétravail on a effectivement touché du doigt qu'on pouvait aller assez loin dans le télétravail, on a aussi touché du doigt les limites du télétravail, c'est-à-dire que la dimension sociale du travail, le fait d'être entouré, d'avoir des relations humaines qui vont, en plus du travail, être essentielles psychologiquement, et donc il faut trouver un juste équilibre…

PATRICK ROGER
Oui, Emmanuel MACRON a dit d'ailleurs à Marseille " il faudrait travailler un petit peu plus ", hier, et notamment il s'adressait aux employés municipaux.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça c'est un autre sujet.

PATRICK ROGER
Il avait raison de dire ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est un autre sujet. Je crois qu'effectivement l'enjeu c'est aussi, on parle des 35 heures, en réalité les salariés du privé sont en moyenne aujourd'hui plutôt à 39 heures, ils font quelques heures supplémentaires par semaine, c'est ça qui leur permet, notamment dans l'industrie, d'être payés quasiment deux fois le SMIC, donc c'est aussi un enjeu…

PATRICK ROGER
Et certains font moins, c'est ce que vous voulez dire ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Eh bien vous avez encore des conventions collectives qui sont calées sur 32 heures, ce qui peut surprendre les salariés du privé.

PATRICK ROGER
Merci Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre déléguée en charge de l'Industrie, d'avoir été ce matin au micro de Sud Radio.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 septembre 2021