Interview de Mme Sarah El Haïry, chargée de la jeunesse et de l'engagement, à Sud Radio le 20 septembre 2021, sur les candidatures à l'élection présidentielle 2022 et la situation sanitaire dans les éoles.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Sarah El HAÏRY.

SARAH EL HAÏRY
Bonjour.

PATRICK ROGER
Vous travaillez au sein du ministère de l'Education, aux côtés de Jean-Michel BLANQUER. Un peu plus de 15 jours après la rentrée des classes, est-ce qu'il faut revoir et simplifier le protocole, en clair renvoyer chez eux uniquement les enfants positifs, et non pas fermer une classe ? Ça c'est en primaire.

SARAH EL HAÏRY
Vous savez, je pense qu'il faut tenir le cap, notre objectif a toujours été le même : garder des classes ouvertes. Aujourd'hui, franchement ça marche, et il faut le tenir, les enseignants ils ont fait l'effort, ils ont intégré les protocoles, les parents aussi, les enfants aussi, le résultat est plutôt bon, si on regarde en proportion et avec un peu de hauteur, je crois qu'on a un peu moins de 16 structures dans le pays qui sont fermées. C'est…

PATRICK ROGER
Il y a combien de classes au total qui ont fermé ?

SARAH EL HAÏRY
Un petit peu moins de 3 000 classes qui ont fermé, un petit peu moins de 3 000 classes, sur plus de 526 000 classes, c'est énorme la différence, et il n'y a que 15 écoles et je crois un seul collège et zéro lycée.

PATRICK ROGER
Les experts du Conseil scientifique recommandent maintenant eux de renvoyer uniquement les enfants positifs, mais pas de fermer des classes. Il ne faut pas changer d'avis, en fait, au gouvernement ?

SARAH EL HAÏRY
Franchement, pas du tout. Moi, je vous assure, on a fait plusieurs niveaux de protocole, de 1 à 4, aujourd'hui on est au 2, ça tient, c'est la rentrée. Allez, l'objectif c'est que les enfants continuent à avoir cours, même quand la classe est fermée, ça ne veut dire qu'il n'y a pas école, ça veut dire que c'est du distanciel. On tient bon et on protège surtout l'essentiel, notre petit trésor, c'est l'école.

PATRICK ROGER
La primaire des Verts, venons-en à la politique, ce sera Yannick JADOT face à Sandrine ROUSSEAU. Vous vous sentez plus proche de l'un ou de l'autre ?

SARAH EL HAÏRY
Alors, les deux ont des positions absolument opposées l'un à l'autre, mais ce qui est certain c'est qu'ils ont le même dogmatisme, et il y a un point sur lequel moi je suis assez bluffée, c'est qu'ils ont une persévérance de la primaire, assez folle. Depuis 2002, si on se remémore pour ceux qui aiment la politique, 2002 Noël MAMERE remplace Alain LIPIETZ, ensuite c'est Eva JOLY qui bat par grande surprise Nicolas HULOT. A la dernière de la dernière c'est quand même JADOT qui ne se présente et qui se met derrière HAMON. Moi, ce que j'ai envie de savoir, ce n'est pas qui va gagner cette primaire, c'est qui va vraiment se présenter à l'élection présidentielle pour les Verts.

PATRICK ROGER
Mais c'est intéressant parce qu'évidemment ils ont des visions quand même un peu opposées tous les deux, non ? C'est-à-dire que JADOT semble plus rassembleur et elle assume, Sandrine ROUSSEAU, elle l'a dit à ce micro, une radicalité.

SARAH EL HAÏRY
Vous avez tout à fait raison, ils ont une vision absolument opposée, de la société, de l'économie, d'absolument tout. Et ce qui pose un besoin de clarification, quand même, est-ce que monsieur JADOT est le tremplin de madame HIDALGO ? Est-ce que madame ROUSSEAU, est-ce que ce n'est pas finalement le stimulateur, est-ce qu'elle va se rallier à monsieur MELENCHON ? C'est quoi la réalité de leur position ? C'est ça que je pose comme question.

PATRICK ROGER
Ah, vous pensez qu'il peut y avoir un ralliement de l'un ou de l'autre, ensuite pour…

SARAH EL HAÏRY
Evidemment, je les invite à clarifier, parce que ça fait partie aussi de la défiance et des petits arrangements qui détachent les gens de la politique.

PATRICK ROGER
Bon, vous défendez les femmes également, Sarah El HAÏRY, les propos de Sandrine ROUSSEAU sur le fait que notre société prend, utilise et jette le corps des femmes, des précaires et des racisés, ce sont des propos que vous approuvez ou pas ?

SARAH EL HAÏRY
Moi, ce que je vois, c'est que les propos de madame ROUSSEAU, en fait ils s'ancrent dans une pensée beaucoup plus profonde, ça s'appelle la Woke. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que tu vas chercher la différence, la blessure, pour aller opposer les gens et les mettre en exergue. C'est absolument la vision opposée de la mienne. C'est l'opposé même de l'histoire de France. Moi, ce que je crois, ce que je vois, c'est qu'on n'est jamais plus fort que quand on va chercher ce qu'on a en commun. En fait c'est même le fond de mon engagement et de mon combat. L'universalisme français ce n'est pas un slogan, ce n'est pas un mot qui est vieux ou qui ne fonctionne pas.

PATRICK ROGER
Donc vous dénoncez le côté justement victimaire qu'on met en avant et notamment chez Sandrine ROUSSEAU.

SARAH EL HAÏRY
Mais, vous savez, ce mouvement victimaire, il fragilise et il enlève de l'énergie, de l'essence même de rêve, de capacité à construire, à tous ces jeunes qui ont envie d'y croire. Imaginez-vous, vous commencez votre vie en vous disant : de toute façon je suis potentiellement victime et je le serai un jour, donc de fait il faut que je me rassemble avec les gens avec qui je serai… Alors qu'on est la France, on est une des plus belles puissances du monde, et franchement j'assume mes mots, mais sauf qu'on est plus fort quand on est uni, quand on va chercher le commun.

PATRICK ROGER
Bon, mais pourquoi selon vous, Sarah El HAÏRY, ce sont les discours assez radicaux, tels que donc Sandrine ROUSSEAU d'un côté Eric ZEMMOUR aujourd'hui, qui séduisent le plus, ces discours ?

SARAH EL HAÏRY
Ah mais, Eric ZEMMOUR, ce qui est certain, c'est qu'il a gagné la bataille de l'attention, ça on ne peut pas lui enlever. Il n'y a pas une matinale, qu'elle soit à la radio, à la télé, où on ne parle pas d'Eric ZEMMOUR. Alors que, non mais franchement, alors qu'Eric ZEMMOUR n'est toujours pas candidat à l'élection présidentielle, il en a tous les attributs, moi j'adore, il a une association de financement, il a des jeunes qui collent des affiches, il fait des rassemblements où il dédicace son livre, qui ressemblent à des meetings. Non, il a tous les attributs mais il reste polémiste, soit, d'accord, dans cette radicalité…

PATRICK ROGER
Ah ben s'il reste polémiste, alors à ce moment-là il ne devrait pas être décompté par le CSA.

SARAH EL HAÏRY
Ah, aujourd'hui il est polémiste, tant qu'il ne dit pas lui-même qu'il est candidat…

PATRICK ROGER
Eh bien oui, mais il est décompté, vous le savez, il est considéré comme politique.

SARAH EL HAÏRY
Oui, mais il a tous les attributs aussi. Et s'il voulait ne plus être décompté par le CSA, il suffit d'une chose : qu'il clarifie lui-même sa situation, qu'il dise s'il est candidat ou pas. Ça dépend de lui.

PATRICK ROGER
Vous appelez Eric ZEMMOUR à clarifier la situation ?

SARAH EL HAÏRY
Vous savez, moi j'aime les gens clairs, transparents, qui assument leurs idées, qui assument leurs envies, qui expliquent vraiment français… enfin, qu'est-ce qu'ils veulent faire ! Moi ce que je vois, c'est un Eric ZEMMOUR, qui franchement c'est une parole, une polémique !

PATRICK ROGER
Alors, vous estimez que les médias se trompent en lui donnant peut-être trop la parole et en le mettant même dans des débats politiques ? Il va y avoir cette semaine un débat d'Eric ZEMMOUR face à Jean-Luc MELENCHON.

SARAH EL HAÏRY
Moi j'adore ce débat, au contraire, il est courageux.

PATRICK ROGER
Ah bon ?

SARAH EL HAÏRY
Mais bien sûr, mais au moins ça va être idée contre idée. Jusque maintenant on a entendu monsieur ZEMMOUR sur quoi ? Sur le changer les prénoms, interdire des prénoms français, ah ben super pour un projet de société. C'est quoi un président de la République ? Un président de la République, c'est quelqu'un qui défend la France, qui défend sa souveraineté, qui va rassembler les Français, qui accompagne son économie, qui est le premier entrepreneur de ce pays, qui donne du rêve à ses enfants, qui accompagne ses forces de l'ordre. Franchement, monsieur ZEMMOUR, de quoi il parle depuis maintenant quelques semaines ? Il parle du prénom des Français, et du prénom des Français, donc au moins dans ce débat on aura peut-être les tripes qui ressortiront.

PATRICK ROGER
Oui, mais peut-être aussi qui il parle de choses réelles en fait, dans le pays, de débats qui ont lieu, alors, autour des prénoms mais pourquoi pas, pour l'intégration, vous-même vous êtes pour l'assimilation, l'intégration, ça passe peut-être par ça. Vous l'avez vu vous-même, vous avez été confrontée à ça lors de, je me souviens, de cette réunion à Poitiers, face à des jeunes qui étaient assez radicaux, engagés également, et donc là vous vous-même vous aviez été obligée d'intervenir, confrontée à ça.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr, je ne dis pas… Je dis une chose : qu'Eric ZEMMOUR aujourd'hui il cherche la punchline, la polémique, le petit truc qui va faire buzzer, mais il ne propose rien. Mais en termes de propositions, on ne peut pas…

PATRICK ROGER
Ah ben il formule, si, quelques propositions, et puis ça arrive s'il est candidat.

SARAH EL HAÏRY
Non non, je vous assure qu'hier, alors, sauf si vous êtes capable de me les citer, ce serait autre chose, mais ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'on a un sujet dans notre pays, et sur lesquels il ne faut pas avoir de tabou : l'immigration, la question de l'identité, la question de comment on se sent français, comment on appartient à ce commun.

PATRICK ROGER
Le communautarisme ?

SARAH EL HAÏRY
Et bien sûr la lutte contre le communautarisme, la lutte contre les séparatismes, la lutte contre également les islamistes qui bousculent notre pays. Vous savez, moi dans ma bouche je n'aurais jamais aucun tabou pour nommer les choses, parce que c'est la première manière de les combattre. Par contre, les méthodes que lui préconise et les nôtres, sont absolument opposées.

PATRICK ROGER
C'est-à-dire, vous, vos méthodes, c'est quoi ?

SARAH EL HAÏRY
Eh bien nous, on ne va pas fracturer les gens, au contraire, on va chercher le liant, on repasse par l'école, on accompagne avec des lois nouvelles. Qui fait la loi pour lutter contre les séparatismes ? Qui fait le Service national universel pour réunir des gamins qui ne se voient même plus, qui ne se connaissent plus ? Qui fait lever un drapeau à toute une génération pour qu'elle apprenne, qu'elle partage, qu'elle aime cette France qui est la nôtre.

PATRICK ROGER
Est-ce que vous avez vraiment le sentiment que sur l'engagement des jeunes, ils sont, ils adhèrent à la société aujourd'hui, et notamment dans les quartiers, puisque vous avez parlé en fait du communautarisme, on a l'impression qu'ils sont loin en fait de ces valeurs de la République.

SARAH EL HAÏRY
Il n'y a pas un jeune en France où il n'y a pas une jeunesse, il y a des jeunesses, donc en fait franchement il y a plusieurs situations. Est-ce qu'il y a une partie de notre jeunesse qui se sent loin ? Oui. Et qui a besoin qu'on refasse société, bien sûr, ça je l'ai vu, je l'accompagne.

PATRICK ROGER
Mais comment, parce que vous êtes en charge de ce dossier, vous, Sarah El HAÏRY ?

SARAH EL HAÏRY
Je vais vous dire comment. Déjà en refusant de les regarder en globalité et en les faisant se rencontrer, en leur faisant faire des choses ensemble, en recréant de la fierté, en redonnant des repères. Il y a une jeunesse qui n'a plus de repères, plus de cadres. Ils se sentent parfois pas Français, parce qu'ils n'ont pas conscience qu'ils sont héritiers, héritiers de notre histoire, être héritier de ce pays. Mais ça ne s'arrête pas là, ça ne s'arrête pas là. Il faut voir toutes ces jeunesses, et donc il ne faut pas les opposer. Moi, quand je vais voir des jeunes dans des quartiers ou des jeunes … (microcoupure son), un peu plus loin, je vais aussi voir des jeunes sapeurs-pompiers, des jeunes qui font partie des Cadets de la République. Parce que notre pays c'est quand même toutes ces jeunesses, tous ces visages, et il n'y a pas un pays au monde qui ne s'occupe pas de l'unité de sa jeunesse, parce que c'est l'avenir même de notre société. Donc de fait, c'est important.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'ils veulent monter justement dans cette société, dans ce wagon, ces jeunes qui ont des difficultés, que vous rencontrez là ?

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr, par contre ils n'y vont pas naturellement, par contre il faut les aider, il faut leur dire que chacun a sa place, et comment on trouve sa place, par l'école, par la formation, par l'engagement, par la fierté de porter un uniforme, par le travail, enfin il n'y a pas…la reine des batailles, la mère des batailles, c'est que chacun se dise pleinement j'ai ma place, oui je suis français, et en plus de ça j'ai un destin à construire et il n'y en a pas un qui vaut plus que moi.

PATRICK ROGER
Est-ce que, il faudrait rendre le vote obligatoire pour ces jeunes, parce que on sait bien que là on arrive vers la présidentielle, c'est trop tard ?

SARAH EL HAÏRY
Non, moi je n'ai jamais eu de malaise sur la question de l'abstention ou de la lutte contre l'abstention et des moyens pour lutter contre l'abstention, une raison toute simple. J'ai vu une jeunesse qui est hyper engagée, qui se lève, qui accompagne les assos, qui rejoint la réserve civique, par contre qui n'a jamais autant voté, et donc là il y a un paradoxe jeunes, c'est un truc de fou, il y a un vrai paradoxe. 9 jeunes sur 10 ne se déplacent pas pour les élections régionales et à côté de ça vous avez une jeunesse qui jamais n'est feignante pour aller donner un coup de main pour marcher pour la planète ou pour s'engager pour nos anciens. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils ne croient plus au vote, et donc là notre job, mais vraiment, c'est de réconcilier, c'est de remettre de la confiance, et ça va par plusieurs moyens, ça va déjà peut-être en modernisant la démocratie, pour qu'on ne vote que le dimanche, peut-être le vote électronique, peut-être le vote par correspondance aussi…

PATRICK ROGER
S'adapter.

SARAH EL HAÏRY
Mais bien sûr, pourquoi on n'a pas le droit de voter dans l'endroit où on étudie, pourquoi on n'a pas accès à la propagande officielle, l'endroit où on vit et pas spécialement chez ses parents ? Mais ça ne suffit pas évidemment, l'autre côté c'est la responsabilité aussi des politiques et des enseignants.

PATRICK ROGER
Oui, alors il y a ce vote, et est-ce que la préoccupation aussi du moment, dans ces quartiers, comme l'a dit encore Xavier BERTRAND ce week-end, c'est-à-dire il y a la guerre des gangs et il y a la menace d'une guerre civile, vous la redoutez, vous y croyez ?

SARAH EL HAÏRY
Non mais Xavier BERTRAND, chaque dimanche maintenant, c'est une petite phrase, c'est une petite punchline, franchement des fois c'est à se demander à quoi il se présente, ce n'est pas le premier publicitaire de France.

PATRICK ROGER
Non, mais le président de la République fait aussi des punchlines, régulièrement !

SARAH EL HAÏRY
Ah oui, par contre monsieur BERTRAND, pour le coup, c'est vraiment chaque dimanche, et je ne crois pas que les Français attendent le chef des publicitaires, c'est beaucoup trop sérieux pour s'amuser…

PATRICK ROGER
C'est le chef des publicitaires ?

SARAH EL HAÏRY
Eh bien écoutez, franchement, quand on voit ça…

PATRICK ROGER
Xavier BERTRAND ?

SARAH EL HAÏRY
C'est le roi des publicitaires, c'est le roi de la punchline depuis…dimanche après dimanche.

PATRICK ROGER
Déjà si c'est le roi de la punchline, parce qu'on dit qu'il n'est pas forcément efficace en termes de communication, vous dites que oui ?

SARAH EL HAÏRY
Moi ce que je vois c'est que la sécurité c'est beaucoup trop important pour la prendre par le petit bout de la lorgnette.

PATRICK ROGER
Oui, mais sur le fond quand même ?

SARAH EL HAÏRY
Sur le fond, sur le fond, il fait une déclaration, vraiment, il fait des déclarations sur déclarations, et nous on fait des actions, mais très concrètes, la sécurité c'est un droit, c'est un droit pour tous, et ça protège d'abord les plus fragiles. A partir de là on fait quoi ? On recrute des policiers, 10 000, policiers, gendarmes, alors même que, je dis juste, 12.000 ont été supprimés à l'époque de Monsieur BERTRAND, on leur donne des moyens, des outils, des 5008, du matériel, on renforce leur formation, et ça ne suffira pas, et c'est là où je pèse mes mots, on ne peut pas mettre sur le dos des forces de l'ordre tous les sujets de sécurité. Pourquoi ? Parce qu'il faut lutter contre les trafics, parce qu'il y a la responsabilité des parents, comment on accompagne les parents pour qu'ils retransmettent le respect…

PATRICK ROGER
Il faut aller vers des sanctions parfois, des parents, qui ne font pas respecter aussi leurs enfants à un certain nombre de choses…

SARAH EL HAÏRY
Mais je vais même aller plus loin…

PATRICK ROGER
Je pense à la suppression des allocations, etc. ?

SARAH EL HAÏRY
Je vais même aller plus loin.

PATRICK ROGER
Vous allez plus loin que ça ?

SARAH EL HAÏRY
Non, dans la question de la sécurité il y a, et je veux juste aller au bout de mon explication, la question de la sécurité, c'est un bouclier qu'il faut, c'est évidemment les forces de l'ordre, mais c'est aussi les parents, c'est aussi les enseignants, les assos, et je les vois au quotidien parce que je suis sur le terrain avec eux, et au bout de presque 100, franchement, 100 visites sur le terrain, 100 déplacements, il y a un moment tu fais bloc et ça va avec la justice, c'est pour ça que, avec l'augmentation des moyens, la réduction du délai des peines, parce que quand tu es condamné aujourd'hui et que tu la fais dans 4 ans, ça ne sert à rien.

PATRICK ROGER
Bon, Sarah El HAÏRY, à côté de ça il y a les grandes manoeuvres en politique, vous venez des rangs du MoDem, vous êtes une proche de François BAYROU, vous prônez pour 2022 la création d'une maison commune entre le MoDem et La République en marche, c'est-à-dire c'est quoi, c'est un nouveau parti ?

SARAH EL HAÏRY
C'est la construction du courant, du centre, dans notre pays, c'est un courant qui a des racines, qui a une famille politique, qui a une histoire, aujourd'hui, ce qui nous lie entre La République en marche et le MoDem c'est une majorité de pensées, une majorité de construction, alors on vient d'histoires différentes, mais là on a réussi à créer ce lien, donc poser le parti, ce que GISCARD n'avait pas fait à l'époque, puisqu'il ne s'en était pas occupé, poser ce grand parti central c'est permettre à une génération qui va suivre, à une deuxième génération, voire une troisième, eh bien d'être héritier. Tout à l'heure je parlais de l'importance de l'héritage, eh bien hériter de cette pensée, de cette pensée centriste, qui veut dire quoi ? Ça veut dire que tu vas chercher le plus juste, c'est-à-dire que tu t'occupes des hommes et des femmes, ça veut dire que tu ne vas pas chercher la petite polémique à deux sous, que tu es un européen, que tu n'es pas un polémiste à deux sous, mais au contraire tu vas chercher ce qui rassemble le pays.

PATRICK ROGER
Mais très concrètement c'est quoi maison commune, ce n'est pas un parti, ce serait un rassemblement de partis, et là on voit que les uns les autres, au contraire…

SARAH EL HAÏRY
Alors, moi je peux vous dire que ce n'est pas une fédération…

PATRICK ROGER
Non, mais vous seriez favorable par exemple à la suppression de la République en marche et à la création d'un nouveau parti, la suppression également du MoDem ?

SARAH EL HAÏRY
Ce n'est absolument pas, ni une fédération, ni une confédération, ce n'est pas l'UDF et ce n'est pas l'UMP, alors avec, ça vous allez me dire, tu m'as dit que ce n'était pas, mais pas ce que c'est. Ce que je peux vous dire c'est que le permis de construire est signé et que je vous invite vraiment à regarder ce qui va se passer ce week-end à Guidel, c'est l'université de rentrée du MoDem, week-end prochain université de rentrée à Avignon de La République en marche, après ces deux grands temps forts je crois que c'est un moment de l'histoire de la vie politique de notre pays.

PATRICK ROGER
Mais le MoDem veut encore peser, c'est en proposant cette maison commune quoi !

SARAH EL HAÏRY
Mais parce que le MoDem transcende.

PATRICK ROGER
Parce que sinon le MoDem est-ce qu'il existe encore, est-ce que François BAYROU a encore du poids auprès d'Emmanuel MACRON, auprès des Français ?

SARAH EL HAÏRY
Vous savez, François BAYROU c'est un de ces hommes d'Etat qui est le pilier d'une histoire politique, qui est le centre en France, aujourd'hui ce qu'il fait, c'est ce qu'il a fait dès 2017 en rejoignant le président de la République, c'est permettre aux centristes, à ceux qui ne regardent pas la chicane, est-ce que l'idée est de droite ou de gauche, mais qui travaillent dans l'intérêt de ce pays, parce que, oui, nous nous aimons la France, et nous la défendons avec des mesures, d'avoir un parti politique qui va dépasser même le projet du président de la République, et c'est bien notre projet.

PATRICK ROGER
Vous avez une idée de nom ?

SARAH EL HAÏRY
Ah, il y a eu le Parti démocrate français, le Mouvement démocrate, mais c'est déjà le MoDem, les Démocrates, il y a plein d'idées, mais dans le fond ce n'est pas tellement les noms qui comptent que la construction de ce mouvement français, ce mouvement qui va durer dans le temps.

PATRICK ROGER
Ecoutez, on va suivre ça, merci Sarah El HAÏRY, secrétaire d'Etat en charge de la Jeunesse et de l'Engagement, d'être venu ce matin au micro de Sud Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 septembre 2021