Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur, sur le Pacte européen pour l'asile et les migrations, à Luxembourg le 8 octobre 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Conseil Affaires intérieures

Prononcé le

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Texte intégral

Q - Est-ce que vous avez encore l'espoir que ce pacte migratoire proposé par la Commission aboutisse sous Présidence française de l'Union et à quelles conditions ?

M. Gérald Darmanin : "Je veux redire à quel point nous pensons que le travail de la Commission est un bon travail. Le projet du pacte migratoire est indispensable pour le fonctionnement de l'Union européenne. Nous le soutenons complètement. Ce que propose notamment la Commission, la présidence slovène aujourd'hui, c'est vraiment de pouvoir sérier les problèmes et évoquer notamment la question du screening, de l'enregistrement qui est si important pour le territoire européen et qui est la condition de la libre circulation des peuples sans frontières à l'intérieur de l'Europe et puis par ailleurs, la question de la solidarité qui est aussi importante et pour laquelle la France a toujours oeuvré : avoir ce couple sécurité/responsabilité et d'un autre côté solidarité. Ca a été l'objet d'échanges en bilatéral notamment avec mon collègue espagnol ce midi. Et donc, nous pensons que le pacte migratoire peut être adopté en sériant en effet les problèmes et les textes, et peut être commencer par le texte enregistrement/screening et puis ensuite aller dans le sujet de la solidarité, ce qui n'empêchera évidemment pas de continuer à discuter des deux sujets.

Q - Est-ce que vous avez parlé d'Afghanistan ou d'une éventuelle vague migratoire qui pourrait survenir ?

M. Gérald Darmanin : Alors, on a pour la deuxième fois dans un Conseil JAI effectivement évoqué le sujet de l'Afghanistan avec des présentations qui ont été faites par les agences et puis par ceux qui peuvent décrire au mieux la situation en Afghanistan avec la volonté du Président de la République, mais je crois que le concert des Etats européens est sur la même ligne, de vouloir surtout aider les pays qui sont autour de l'Afghanistan, les aider pour pouvoir répondre aux réfugiés nombreux qui se déplacent mais qui aujourd'hui ne se traduisent pas, au moment où je vous parle, chacun l'a constaté, par des flux très importants. Il nous faut prévenir bien évidemment parce qu'on ne sait pas ce que sera demain la réaction du régime taliban. La France a rappelé les 3000 personnes qu'elle a acceptées sur son sol, qu'elle a accompagnées et puis elle a dit qu'elle était évidemment toujours ouverte, comme l'a dit le Président de la République, à protéger ceux qui sont pourchassés par le régime. Il faut qu'on ait une réponse coordonnée européenne. On a réinsisté collectivement pour, d'une part prévenir des flux plus importants, qu'on ne voit pas aujourd'hui mais qui pourraient arriver demain, et notamment on revient à la question du pacte migratoire sur la maîtrise de nos frontières extérieures. Et puis, deuxièmement aider les pays autour de l'Afghanistan pour pouvoir répondre au nombre de personnes qui pourraient arriver sur leur sol et qui est déjà arrivé sur leur sol.

Q - Au niveau des informations qui sont sorties hier, ce ne sont pas les premières sur les refoulements illégaux auxquels se livreraient de manière brutale certains pays, est-ce que vous avez évoqué ce sujet ? est-ce que les discussions se sont engagés à de véritables enquêtes précises sur ce qui s'est déroulé ?

M. Gérald Darmanin : On n'a pas évoqué ce sujet. Le Conseil continue au moment où je dois retourner en France mais ce qui est certain, c'est qu'on va être attentif. On veut appliquer les droits des personnes humaines et le droit de la mer pour ce qui les concerne. On le dit d'ailleurs à nos amis britanniques pour ce qui nous concerne, on le dit évidemment à tous les pays européens. Je vais me rendre en Grèce dimanche et lundi à l'invitation du ministre grec que je remercie, ce qui est important pour la Présidence française bien évidemment. On aura surement l'occasion d'évoquer ce sujet. J'ai eu des informations comme les vôtres mais je n'ai pas eu le temps de vérifier, de voir ce que disait à la fois la commission et les observateurs"


source https://ue.delegfrance.org, le 11 octobre 2021