Interview de M. Sébastien Lecornu, ministre des outre-mer, à France Info le 28 octobre 2021, concernant l'élection présidentielle de 2022, le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie et la crise sanitaire en Outre-mer.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Sébastien LECORNU.

SEBASTIEN LECORNU
Bonjour. Merci de m'accueillir.

MARC FAUVELLE
On va parler tout à l'heure avec vous des deux gros dossiers qui vous occupent en ce moment. La crise sanitaire tout d'abord en Outre-mer et puis le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui approche puisqu'il est prévu dans le mois de décembre.

SEBASTIEN LECORNU
12 décembre.

MARC FAUVELLE
D'abord la campagne présidentielle à six mois du scrutin. On vous décrit souvent comme l'un des ministres les plus proches d'Emmanuel MACRON. Je vois que ça vous fait sourire. Vous oeuvrez en tout cas en coulisse à sa réélection. Est-ce que vous êtes tout simplement son futur directeur de campagne ?

SEBASTIEN LECORNU
Je n'oeuvre pas en coulisse. Oui, je soutiens l'action du président de la République et s'il choisissait d'être de nouveau candidat, je ferais tout pour qu'il soit réélu parce que j'estime que c'est ce qui est le mieux pour mon pays. Moi je n'avais pas voté pour lui au premier tour de l'élection présidentielle en 2017.

MARC FAUVELLE
Vous aviez voté pour qui ?

SEBASTIEN LECORNU
Rappelez-vous pour qui j'étais à la fois le directeur adjoint de campagne l'époque et en même temps derrière, le grand déçu - mais ça c'est un autre aspect des choses. Non, moi je fais partie de cette recomposition politique avec Edouard PHILIPPE, Bruno LE MAIRE, Gérald DARMANIN, Thierry SOLERE et tant d'autres où en 2017 on a fait ce choix de se dire que…

MARC FAUVELLE
Vous n'aviez pas voté Bruno LE MAIRE.

SEBASTIEN LECORNU
À la primaire.

MARC FAUVELLE
À la primaire, oui, mais ensuite ?

SEBASTIEN LECORNU
Après François FILLON au premier tour de l'élection présidentielle. Donc, voilà, je fais partie de celles et ceux qui ont cru à cette recomposition politique et je fais partie de ceux désormais qui considèrent que le compte est là, que le compte est bon et notamment avec des crises terribles que nous avons connues. Donc après le commentateur qui commente sur les affaires de campagne, pour qu'il commente il faut qu'il soit candidat. La réalité c'est que je suis effectivement un élu local, un politique et que j'entends bien - je le revendique - et que j'entends bien évidemment faire campagne s'il devait être candidat.

MARC FAUVELLE
Alors s'il devait être candidat, ce serait un deuxième mandat. Pour quoi ? Emmanuel MACRON, est-ce qu'il sera juste là pour dire " je ferai dans mon deuxième mandat ce que je n'ai pas eu le temps de faire lors du premier. La dépendance, les retraites parce que les crises sont passées par-là " ?

SEBASTIEN LECORNU
Pas que, mais déjà les crises sont passées par-là et je pense que les Français sont plutôt reconnaissants de la manière dont ça s'est passé. Qui d'autre aurait mieux fait que lui ? Ça me paraît peut-être peu arrogant que de présenter les choses comme ça, en tout cas…

MARC FAUVELLE
Vous pensez que personne n'aurait fait mieux que lui ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, mais je pense que c'est bien aussi de regarder le bilan pour ce qu'il est avec aussi… Moi j'ai organisé le grand débat national à ses côtés pendant la crise des Gilets jaunes. Beaucoup de personnes se planquaient sous la table parmi la classe politique. Il est allé au contact directement de la population et des maires. Il est président de la République, c'est bien normal, mais il l'a fait. La crise Covid, elle est particulièrement violente. On en reparlera dans un instant, elle continue de sévir en plus en Outre-mer, et d'ailleurs ça appelle beaucoup de vigilance encore dans l'Hexagone. L'Etat a tenu et on peut se comparer, pour le coup, avec d'autres pays dans le monde. Donc pas d'arrogance en disant qu'on est les seuls à savoir gérer une crise mais, en tout cas, on a su la gérer, me semble-t-il avec évidemment des hauts et des bas, des imperfections comme chacun peut le savoir. En revanche il y a un enjeu de transformation du pays. Je crois que le cap qui a été donné sur France 2030 est intéressant : sur la réindustrialisation de la France, sur le mix énergétique, sur notre capacité à ne pas perdre pied sur la scène internationale. Il y aura des sujets importants et la campagne présidentielle, qu'il soit candidat ou non et les autres candidats aussi, devront traiter ces sujets-là parce que les Français sont en demande de réponses.

SALHIA BRAKHLIA
Candidat ou non, Emmanuel MACRON, vous avez un doute qu'il soit candidat à sa réélection ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est toujours une décision très personnelle et, au fond, je pense que ça lui appartient à lui seul. Et ce n'est pas de la langue de bois…

MARC FAUVELLE
Un petit peu quand même.

SEBASTIEN LECORNU
Non, parce que c'est une affaire… Enfin, regardez, même Eric ZEMMOUR – ça semble être un secret de polichinelle – il ne l'a pas toujours déclaré parce qu'il estime que c'est à lui de le faire au bon moment.

MARC FAUVELLE
Mais vous avez un doute sur Eric ZEMMOUR aussi ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais laissons-leur le temps et le choix de le dire au moment où bon leur semblera. Ce n'est ni le boulot des journalistes et encore moins le boulot des ministres.

SALHIA BRAKHLIA
Sauf qu'en coulisses, c'est qu'on disait tout à l'heure, vous vous activez, Sébastien LECORNU. Vous créez des comités de soutien pour la réélection d'Emmanuel MACRON sur le territoire. Il y en a un peu plus de 200 aujourd'hui. À quoi ils vont servir ces comités sur le territoire ?

SEBASTIEN LECORNU
Ils sont créés parce que beaucoup, beaucoup de collègues élus souhaitent bouger et qu'il fallait commencer à organiser un tout petit peu les choses pour éviter que cette énergie soit un peu perdue un peu partout. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de caricatures de faites pendant le quinquennat sur la relation entre le président de la République et les maires, et là aussi on voit qu'il a un bilan. Alors je ne suis peut-être pas complètement objectif parce que j'étais ministre en charge des Collectivités locales, mais j'ai la faiblesse…

MARC FAUVELLE
C'est bien de le reconnaître en tout cas. Vous êtes juge et partie.

SEBASTIEN LECORNU
Et puis je le porterai ce bilan. Et de fait, beaucoup de collègues maire, président de département, président de région - que sais-je - pensent que, pour le coup, le moment est venu de s'engager s'il devait être de nouveau candidat, et puis même d'ailleurs pour porter le bilan en matière territoriale. Donc ces comités…

SALHIA BRAKHLIA
Le but, c'est de rallier aussi de nouveaux élus de droite par exemple à la cause d'Emmanuel MACRON ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, de droite comme de gauche

MARC FAUVELLE
Il y en a aussi de gauche qui viennent ?

SEBASTIEN LECORNU
Oui, bien sûr. Le but aussi, vous savez, depuis le non-cumul des mandats…

SALHIA BRAKHLIA
Ç'a l'air d'être une évidence mais on ne sait pas, nous !

SEBASTIEN LECORNU
Oui, c'est une évidence. Parce qu'on regarde toujours les grandes communes mais, une fois de plus, il faut regarder l'ensemble du réseau des élus locaux. Vous savez, depuis le non-cumul des mandats, les maires sont de moins en moins affiliés à des formations politiques, donc c'est un royaume des divers droites, des divers gauches, des divers centres, avec des gens qui sont très, très libres et autonomes dans leur manière d'aborder cette élection présidentielle, d'aborder aussi leur capacité à parrainer un candidat à l'élection présidentielle. Et donc je pense qu'il faut organiser, en tout cas réfléchir, à une campagne aussi qui serait, la campagne, très éloignée des formations politiques traditionnelles et donc aussi permettre cette relation directe avec les Français et donc aussi avec leurs élus locaux.

MARC FAUVELLE
Votre collègue ministre des Affaires européennes, Clément BEAUNE, avait eu il y a quelques mois une formule assez étonnante pour décrire ce que devait être la campagne d'Emmanuel MACRON s'il était candidat à un deuxième mandat. Il avait dit, je cite, " il nous faudra incarner le camp de la République, de la raison et de l'équilibre ". Est-ce à dire que les autres candidats, dont certains que vous connaissez très bien - les Xavier BERTRAND, les Valérie PECRESSE, les Yannick JADOT – ne sont pas des candidats de la raison ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

SEBASTIEN LECORNU
Il faut poser la question à Clément BEAUNE.

MARC FAUVELLE
C'est un peu étonnant de renvoyer ses adversaires dans le côté de l'irrationnel ou de…

SEBASTIEN LECORNU
Non, ce qu'à mon avis le collègue Clément BEAUNE aussi a souhaité dire, c'est qu'il y a eu quand même de grands moments d'irrationalité, on l'a vu, sur un certain nombre de sujets. Enfin la crise des Gilets jaunes, elle démarre sur un terrain social, sur un terrain politique. On arrive à la comprendre, on la regarde chaque samedi au mois de décembre et puis à un moment donné, on voit bien qu'elle vire davantage sur une crise de l'ordre public et un dérèglement en tant que tel et que ce n'était plus rationnel. Pareil pour le rapport à la vaccination. Avoir des questions sur le vaccin, s'opposer même d'ailleurs une politique publique vaccinale, est une chose ; commencer à raconter n'importe quoi et relayer un certain nombre de fake news ou de fausses informations sur la vaccination en est une autre. Et que dans ce moment de société les candidats à l'élection présidentielle, les familles politiques doivent faire un pari cartésien de revenir aussi à une pédagogie rationnelle - ce que d'ailleurs Franceinfo cherche à faire aussi en objectivant les choses, en donnant la parole aux uns et aux autres etc - c'est une bonne chose, et ça je pense que Clément BEAUNE a eu raison de le faire. Quant au pari de la République, pardon, c'est un système de valeurs dont il appartient à chaque candidat de démontrer qu'il y est attaché, et ça je pense qu'aussi on sera amené à revenir dans les semaines qui viennent. (…)

SALHIA BRAKHLIA
La Nouvelle-Calédonie devrait voter le 12 décembre pour ou contre son indépendance alors qu'elle fait face aujourd'hui à une résurgence de l'épidémie de Covid et un reconfinement. Est-ce que le référendum aura vraiment lieu à cette date ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est la date qui a été choisie avant l'été parce que les indépendantistes ont demandé, les élus du congrès indépendantiste ont demandé l'organisation de ce référendum, et donc nous sommes tenus de l'organiser entre fin 2021 et la fin de l'année 2022, sachant que ce référendum ne peut pas avoir lieu pendant l'élection présidentielle.

MARC FAUVELLE
Les mêmes indépendantistes aujourd'hui disent qu'ils n'iront pas voter le 12 décembre et ils vous demandent de le reporter.

SEBASTIEN LECORNU
Les mêmes indépendantistes, ils étaient déjà contre la date du 12 décembre et nous demandaient déjà avant la crise Covid de le reporter.

MARC FAUVELLE
Ils disent qu'aujourd'hui la Nouvelle-Calédonie est confinée, qu'on ne peut pas faire campagne.

SEBASTIEN LECORNU
Elle n'est pas confinée complètement. Il y a des couvre-feux le soir, les restaurants sont ouverts, le pass sanitaire fonctionne. Là-bas un choix de vaccination a été fait différemment parce que la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie sont compétentes en matière sanitaire. Les gouvernements locaux ont décidé, notamment en Nouvelle-Calédonie, de l'obligation vaccinale. Non, le référendum de toute façon, on doit l'organiser puisqu'il a été demandé. Maintenant c'est sur des critères sanitaires que nous pouvons établir si nous pouvons le maintenir ou pas le 12 décembre prochain.

MARC FAUVELLE
Et donc ?

SEBASTIEN LECORNU
Depuis quelques jours, nous avons un plateau sur le taux d'incidence. Le taux d'incidence a vraiment considérablement diminué ces 15 derniers jours, mais il est clair qu'il est trop tôt malheureusement pour avoir une projection sanitaire fine qui nous permet d'établir si le 12 décembre peut être maintenu. Mais je l'ai déjà dit, dans une démocratie on tient ces élections à l'heure. Le principe, c'est qu'il a lieu le 12 décembre ; l'exception, c'est qu'il doit être reporté. Et moi, j'appelle des familles indépendantistes à ne pas s'écarter de ce seul baromètre sanitaire, parce que je vois bien dans les différentes…

SALHIA BRAKHLIA
Ils appellent au boycott aujourd'hui.

SEBASTIEN LECORNU
Mais ça, c'est de la terminologie politique. Ce n'est pas une discussion technique, sanitaire, objective. Dans une démocratie, un des deux camps - parce que les loyalistes, eux, demandent à ce que ça ait lieu le 12 décembre, donc l'Etat est neutre dans l'organisation de cette affaire. On ne peut pas, parce qu'un des deux camps demanderait à changer la date, dire : " oui, oui, sur un bout de table je choisis un changement de date ", ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut l'objectiver pour de bonnes raisons. Je vous rappelle que c'est un processus de décolonisation encore, au sens juridique du terme, encadré par les Nations unies. Je sais que quand on écoute sa radio le matin dans l'Hexagone et qu'on parle de processus de décolonisation en 2021, ça fait un peu bizarre. Mais c'est encore un processus complètement extraordinaire, qui sort de toute forme d'ordinaire, et donc on ne change pas la date comme cela.

MARC FAUVELLE
L'Etat est neutre, ça veut dire qu'Emmanuel MACRON par exemple ne lancera pas un appel à un moment pour que la Nouvelle-Calédonie reste française.

SEBASTIEN LECORNU
En fait, il faut reprendre nos cours de droit ou, le cas échéant, d'instruction civique.

MARC FAUVELLE
C'est pour ça que je vous pose la question. Le gouvernement de la République, le Parlement peut exprimer des préférences, l'Etat comme organisation est neutre. Quand le préfet organise des élections municipales, le préfet ne dit pas aux électeurs : " j'aimerais plutôt que Marcel plutôt que Josiane soit maire "

MARC FAUVELLE
Mais le chef de l'Etat non plus ?

SEBASTIEN LECORNU
Donc l'Etat reste neutre.

MARC FAUVELLE
Ce serait mal pris ?

SALHIA BRAKHLIA
Si le président s'exprimait ?

SEBASTIEN LECORNU
Les Nations unies comme une partie du corps électoral quel qu'il soit auraient du mal à comprendre que nous nous détachions de ça parce que c'est un processus de décolonisation. Néanmoins si la question est de dire : " est-ce qu'Emmanuel MACRON a déjà dit où est-ce que son coeur était ", il l'a fait au théâtre de Nouméa lors dans son discours en disant que la France ne serait plus la France sans la Nouvelle-Calédonie. Néanmoins, pardon, une fois qu'on a dit ça, ça ne règle pas le problème que vous avez d'une population qui se déchire sur le Caillou – il faut dire les choses telles qu'elles sont - sur son appartenance à la République et c'est ça qu'il faut arriver à traiter.

MARC FAUVELLE
Le processus, il a été lancé il y a très longtemps, lorsque Michel ROCARD était à Matignon.

SEBASTIEN LECORNU
1988, Matignon ; 1998, les accords de Nouméa, bien sûr.

MARC FAUVELLE
Il y a eu deux votes récents. Par deux fois, la population a rejeté l'indépendance mais la dernière fois, c'était ric-rac, 53%. Que se passera-t-il si, lors du prochain vote, cette fois la population vote pour l'indépendance ? On coupera le cordon définitivement ou on revotera encore une fois ?

SEBASTIEN LECORNU
L'accord de Nouméa tel qu'il a été signé en 98 - et merci de me permettre de le redire parce que ce n'est pas nous qui l'avons imaginé, et maintenant certains qui l'ont soit voté, soit signé parfois oublient son contenu - si le oui l'emporte, la pleine souveraineté de Kanaky indépendante sera proclamée. Nous y sommes tenus, c'est l'accord de Nouméa de 1998. Inversement, si le non l'emporte une troisième fois, la Nouvelle-Calédonie sera maintenue dans la République sans pour autant que ça n'éteigne un certain nombre de contestations politiques d'une part, mais aussi le processus de décolonisation d'autre part. Ça reste un chantier complexe.

MARC FAUVELLE
Et si l'indépendance l'emporte, la France - la métropole en tout cas - fera donc une croix sur les réserves absolument incroyables de nickel qui sont là-bas, qui sont absolument essentielles pour la fabrication de l'acier inoxydable notamment.

SEBASTIEN LECORNU
J'ai bien peur de vous annoncer que malheureusement le nickel calédonien va essentiellement en Chine et pas dans l'Hexagone.

MARC FAUVELLE
Ah !

SEBASTIEN LECORNU
Voilà encore un des grands ratés de ces vingt dernières années. C'est intéressant parce que…

MARC FAUVELLE
Il est bien vendu quand même. On ne l'offre pas à la Chine.

SEBASTIEN LECORNU
Oui, il est vendu bien sûr mais ce que je veux dire par-là, c'est que le modèle industriel - malheureusement ou heureusement, je n'en sais rien, je vous laisse juge - est intéressant. C'est que dans les fameux grands rééquilibrages, les politiques du nickel sont faites avec le soutien de la République française depuis maintenant vingt ans et l'essentiel des débouchés de ce nickel se fait malheureusement en Asie. Donc là aussi, ça permet aussi de casser quelques mythes ou tabous là encore, et moi je suis le premier à m'en attrister, et je souhaite d'ailleurs que si la Nouvelle-Calédonie reste dans la République, on puisse aussi prendre ce sujet en le regardant droit dans les yeux en se disant qu'il y a un nickel qui a un avenir, notamment pour les batteries de voitures et sur lequel il faudra bien qu'on en tire quelques conclusions.

MARC FAUVELLE
On fait le tour de la planète.

SEBASTIEN LECORNU
Allons-y !

SALHIA BRAKHLIA
Oui, et on part en Martinique où les soignants n'ont plus besoin de montrer leur pass sanitaire pour travailler. Pourquoi Monsieur le Ministre ?

SEBASTIEN LECORNU
Ce n'est pas vrai. Il y a eu quelques débordements au CHU de Fort-de-France avec des menaces de mort contre son directeur que je tiens à soutenir publiquement à votre micro, parce qu'on est dans un moment qui paraît là aussi complètement irrationnel, si on y revient à la conversation que nous avions précédemment.

MARC FAUVELLE
Pourquoi vous dites que ce n'est pas vrai en Martinique ? Le pass sanitaire est suspendue pour les soignants.

SEBASTIEN LECORNU
Non, non. Déjà deux choses. Les soignants, ce n'est pas que le pass. C'est l'obligation vaccinale étant le principe…

SALHIA BRAKHLIA
Donc l'obligation vaccinale, elle n'est plus nécessaire.

SEBASTIEN LECORNU
Si, si, elle s'applique. Elle s'applique sur tous les territoires de la République.

MARC FAUVELLE
Pas pour les soignants, elle a été levée par la direction de l'hôpital.

SEBASTIEN LECORNU
C'est ce que je vous explique. Le directeur a eu cette malheureusement cette position malencontreuse mais je le soutiens quand même parce qu'il était menacé de mort, il a été menacé lui et sa famille, pas que sur les réseaux sociaux mais également physiquement et donc il y a eu un peu ce lâcher prise. Une fois de plus avec Olivier VERAN, nous lui apportons notre soutien.

MARC FAUVELLE
Et donc c'est fini, on contrôle à nouveau ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais bien sûr. L'obligation vaccinale des soignants, elle s'applique sur l'ensemble du territoire de la République. Là où en revanche il y a des mesures différenciées, c'est évidemment sur le couvre-feu, c'est évidemment sur le pass sanitaire parce que tout simplement les taux d'incidence sont très différents d'un territoire à l'autre, et parfois vous ne demandez pas le pass sanitaire pour aller dans un restaurant quand les restaurants sont fermés. Ça me semble assez logique, voilà.

SALHIA BRAKHLIA
Donc ce matin, vous nous confirmez Sébastien LECORNU que tous les soignants qui travaillent au CHU de Fort-de-France par exemple en Martinique, doivent présenter…

SEBASTIEN LECORNU
Ou de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, ou à La Réunion, ou en Guyane. L'obligation vaccinale s'applique, il y a une tolérance sur le temps pour accomplir cette obligation vaccinale qu'on a déjà annoncée depuis de nombreuses fois. Ce n'est pas un scoop. On a demandé vraiment un peu de souplesse parce que tout simplement l'épidémie continuait de circuler très fortement et qu'il n'était pas question de fermer un certain nombre de services hospitaliers parce que les personnes ne seraient pas obligées.

MARC FAUVELLE
Attendez, oui il y a obligation vaccinale, oui il y a obligation mais il y a de la souplesse. Concrètement…

SEBASTIEN LECORNU
90% des soignants du CHU de Pointe-à-Pitre sont vaccinés, voilà. Donc les choses avancent même si certains sur les réseaux sociaux s'appliquent à laisser à penser qu'il y aurait quelque chose de mal organisé.

SALHIA BRAKHLIA
On n'a pas les mêmes chiffres, nous on a moins de 50%. Alors les véritables chiffres, c'est plus de 95% ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, non. Vous avez plus de 70% de la médecine libérale - libérale donc hors hospitalière - qui est vaccinée en ce moment même aux Antilles. Je n'ai plus le chiffre exact en Martinique mais je pourrai évidemment vous le communiquer, en tout cas en Guadeloupe on est à 95%. La vaccination des soignants, elle avance mais elle se fait sous fond de menaces et de troubles en Martinique qui sont absolument scandaleux. Donc ce n'est pas le système qu'il faut interroger, mais il faut surtout condamner les agitateurs de tous poils.

MARC FAUVELLE
Jean-Luc MELENCHON qui est lui-même, je le précise, vacciné était ces derniers jours en Guyane où il a refusé d'inciter formellement les habitants à aller faire la même chose, de se vacciner contrôle le Covid. Il dit : " je ne suis pas virologue, chacun doit agir selon sa conscience ", vous êtes d'accord avec lui ?

SEBASTIEN LECORNU
Il est surtout candidat à l'élection présidentielle et il ne veut pas être impopulaire dans une population qui a du mal à se faire vacciner. Moi je suis ministre, je considère que l'intérêt général est de dire à nos concitoyens qu'il faut se faire vacciner. Vous avez en Guyane le taux d'incidence le plus haut de la République. Deuxième chose, vous avez en Guyane une tension hospitalière toujours extrêmement forte. Troisième chose, c'est une épidémie de concitoyens non vaccinés. Voilà.

SALHIA BRAKHLIA
Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que c'est irresponsable ce que fait Jean-Luc MELENCHON ?

SEBASTIEN LECORNU
Je pense que c'est un manque de franchise et de courage et qu'on ne peut pas donner de la voix comme il le fait parfois sur ces sujets ou certains sujets en disant que lui parlerait vrai et puis, en même temps, comme ça, au détour d'un déplacement, ménager chèvre et chou. Je pense qu'un peu de franchise, ça fait du bien. Sécuriser nos concitoyens, je pense que d'ailleurs dans l'hexagone les taux de couverture vaccinale désormais le démontrent, c'est les appeler à se faire vacciner. Et malheureusement, l'épidémie se poursuit en Outre-mer, et singulièrement dans la Caraïbe et en Guyane, parce que nos concitoyens ne sont pas suffisamment vaccinés.

SALHIA BRAKHLIA
Un mot sur les tests de confort qui sont désormais payants en métropole pour les non vaccinés. Ils restent gratuits…

SEBASTIEN LECORNU
Ou à La Réunion.

SALHIA BRAKHLIA
Voilà. Est-ce qu'ils restent gratuits en Guyane, aux Antilles et à Mayotte ?

SEBASTIEN LECORNU
Principe tout simple. Mayotte, ils sont payants aussi. Là où l'état d'urgence sanitaire est encore proclamé - Guyane et peut-être malheureusement bientôt Martinique parce que les choses sont très tendues et difficiles - les tests sont gratuits, et c'est bien pour tout le monde et c'est bien logique. On est en situation de crise et d'urgence. Là où l'état d'urgence sanitaire est levé, comme à La Réunion par exemple pour donner un exemple très précis, les tests deviennent payants sauf pour les personnes vaccinées, comme pour l'Hexagone.

MARC FAUVELLE
Est-ce qu'il est envisageable, Sébastien LECORNU, que l'un de ces territoires soit reconfiné ? Vous parlez de la situation en Martinique notamment.

SEBASTIEN LECORNU
Oui, les mesures de différenciation sont plus précises que le confinement. Parfois ce sont des couvre-feux, parfois ce sont des mesures qui peuvent être aussi territorialisées. La Guyane, c'est grand comme le Portugal donc parfois les mesures qui sont appliquées à Cayenne ne sont pas appliquées à Saint-Laurent-du-Maroni. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc c'est important de l'avoir en tête. Alors ce n'est pas que la jungle, il y a des populations à Saint-Laurent-du-Maroni, Papaichton…

MARC FAUVELLE
Evidemment.

SEBASTIEN LECORNU
Saint-Georges, non, non…

MARC FAUVELLE
On dirait un député qui parle de sa circonscription, vous avez cité toutes les villes de la Guyane.

SEBASTIEN LECORNU
Mais c'est bien que nos concitoyens de l'Hexagone aussi soient familiers de ces communes qui sont la France.

MARC FAUVELLE
Est-ce qu'on pourrait redurcir à nouveau les mesures ?

SEBASTIEN LECORNU
Malheureusement en Guyane, quand vous avez un taux d'incidence au-dessus de 200, on est sur un plateau qui est fragile. Donc on a toujours des couvre-feux, c'est un territoire de la République qui a des mesures de restriction depuis maintenant le plus longtemps, depuis mars 2020, et c'est vrai que si on devait de nouveau avoir une augmentation du taux d'incidence, on serait obligé de durcir. Dès lors que la couverture vaccinale n'est pas là, il vous reste quoi pour régler vos problèmes de tension hospitalière ? Il vous reste les mesures de freinage : couvre-feu, fermeture de restaurants, que sais-je. Donc non, ce n'est pas ce qu'on souhaite mais force est de constater qu'on doit tenir sur le terrain hospitalier. (…)

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec Sébastien LECORNU, le ministre des Outre-mer. Quand vous voyez dans Le Figaro hier que la société française est plus à droite que jamais, des électeurs, selon la Fondapol, 37% des électeurs français sont de droite, se disent de droite, est-ce que vous vous dites le plus difficile pour Emmanuel MACRON dans cette campagne présidentielle à venir, c'est d'être face à un Xavier BERTRAND ou une Valérie PECRESSE ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, le plus difficile dans cette campagne à venir, s'il y a campagne pour Emmanuel MACRON, c'est de maintenir l'idée que seul un dépassement politique permettra quand même de transformer le pays, et que le retour du clivage, il est intéressant sur le terrain idéologique, parce qu'il ne faut jamais refuser les débats d'idées, ça, je pense qu'on aurait bien tort d'en faire l'économie, surtout dans une vie politique qui malheureusement s'est beaucoup paupérisée de ce point de vue, néanmoins, je pense que nous, collectivement, c'est-dire, la majorité présidentielle, on ne doit pas perdre l'intuition de 2017, qui, moi, m'avait pas profondément séduite, au fond, que, d'ailleurs, j'applique aussi dans les collectivités territoriales dans lesquelles j'ai été moi-même élu, c'est de se dire que des réformes sont suffisamment difficiles pour qu'il ne soit pas utile de rétablir un clivage gauche-droite complètement virtuel, en tout cas, une fois de plus, s'il est virtuel. Et c'est vrai que ce spectaculaire glissement, non pas à droite de la société française, parce qu'il suffit de relire René REMOND : " Les droites en France ", une fois de plus, soyons moins dans l'actualité et regardons un tout petit peu l'histoire, regardons ce qu'était aussi la France d'après-guerre, regardons ce qu'était la France aussi avant 68, et après 68, c'est intéressant de voir qu'au fond, il y a toujours eu un barycentre de la société française à droite. La vraie question, c'est que veut dire la droite, moi, je suis plutôt Séguiniste à la base, je crois plutôt aux interventions de l'Etat dans l'économie, je suis parfois moins libéral que la plupart de mes petits camarades de gauche. Donc tout ça est à mon avis…

SALHIA BRAKHLIA
Vous dites que la droite, elle est chez vous aujourd'hui, elle n'est pas chez Les Républicains ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, il y a les droites ; il y a les droites ! Enfin, la droite de monsieur ZEMMOUR, ce n'est pas celle de monsieur BERTRAND, qui n'est pas la mienne, et je suis un homme de droite. Donc je pense qu'il faut… au-delà des mots et des étiquettes des stickers, je pense qu'il faut aller un tout petit peu au-delà, il faut rentrer dans le débat d'idées, et j'espère que la campagne présidentielle permettra de le faire.

MARC FAUVELLE
Pourriez-vous en quelques mots nous expliquer la stratégie aujourd'hui de l'exécutif face à Eric ZEMMOUR ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais je pense qu'il n'y a pas de stratégie de l'exécutif face à Eric ZEMMOUR, parce qu'on est au pouvoir, enfin, ça, j'ai du mal à le comprendre…

MARC FAUVELLE
Pas de stratégie ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais, enfin…

MARC FAUVELLE
Il y a des ministres qui en parlent, il y a des ministres qui n'en parlent pas, il y a des ministres qui disent, c'est une bulle, il y en a d'autres qui disent : non, c'est très inquiétant…

SEBASTIEN LECORNU
Mais un ministre, c'est fait pour être ministre, voilà, un ministre, c'est fait pour être patron de son administration, et c'est fait pour gouverner, quand on est au gouvernement, on gouverne.

MARC FAUVELLE
Donc c'est silence radio ?

SEBASTIEN LECORNU
Si on veut…

MARC FAUVELLE
Pour vous, par exemple, votre position ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais c'est mon parti pris, c'est que, voilà, je pars du principe que nos concitoyens d'Outre-mer, ils n'ont pas envie d'allumer France Info pour voir le ministre des Outre-mer parler d'Eric ZEMMOUR pendant 10 minutes. Ils n'ont pas besoin du ministre des Outre-mer pour se faire une opinion sur Eric ZEMMOUR…

MARC FAUVELLE
Emmanuel MACRON, il fait un choix ces derniers temps, il a choisi…

SEBASTIEN LECORNU
Voilà, donc on peut parler de Nouvelle-Calédonie, on peut parler de Covid, on peut parler de relance, on peut parler de sécurité à Mayotte, on peut parler de l'eau en Guadeloupe, on peut parler de mon département de l'Eure, mais je pense que les ministres sont faits pour être ministres, je pense que c'est bien fait, les députés sont faits pour être députés…

MARC FAUVELLE
C'est-à-dire que vous pouvez parler de la droite, de la gauche, de tout le monde, Emmanuel MACRON, mais pas d'Eric ZEMMOUR ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, mais, vous parlez d'Emmanuel MACRON, pour le coup, je suis son…

MARC FAUVELLE
Emmanuel MACRON, il a fait un choix ces dernières semaines, il…

SEBASTIEN LECORNU
Oui, c'est de parler du pays, ça me semble pas mal…

MARC FAUVELLE
Pas seulement, il parle d'Eric ZEMMOUR, mais en creux, lorsqu'il va parler de l'affaire Dreyfus en inaugurant…

SEBASTIEN LECORNU
Mais parce qu'il parle surtout de l'affaire Dreyfus, parce que…

MARC FAUVELLE
Oui, mais vous entendez aussi le message qu'il donne…

SALHIA BRAKHLIA
Ce sont des réponses…

SEBASTIEN LECORNU
C'est donc un débat sur les valeurs, et c'est mieux de parler de l'affaire Dreyfus et des valeurs d'Emmanuel MACRON et de ce qu'il veut porter comme président de la République sur cette vérité historique, ça, pour le coup, c'est intéressant, mais à chaque fois, on revient toujours dans le même syllogisme, non pas journalistique, je ne vous ferai pas cet affrontement.

MARC FAUVELLE
Vous avez droit…

SEBASTIEN LECORNU
Mais, non, mais en plus, je ne le pense pas…

MARC FAUVELLE
La parole est libre…

SEBASTIEN LECORNU
Mais il y a une facilité, il y a une facilité toujours à repartir du moment de l'actualité, alors qu'au fond, il faut revenir sur le fond, parlons de mix électrique, de mix énergétique, parlons justement de la place de l'industrie dans la société française…

MARC FAUVELLE
Eh bien, allons-y, si vous voulez bien, on va oublier Eric ZEMMOUR…

SEBASTIEN LECORNU
Mais bien sûr, parce que, je pense que ça intéresse davantage les gens.

MARC FAUVELLE
On va oublier Eric ZEMMOUR. Emmanuel MACRON a fait le choix il y a quelques semaines d'annoncer qu'il allait… que la France allait réinvestir un milliard d'euros dans la recherche sur le nucléaire, est-ce que c'est un débat qui se fait en catimini à 6 mois de l'élection présidentielle, ou est-ce que c'est un débat qui doit être tranché par les Français, lors d'une campagne présidentielle ou lors d'un référendum ?

SEBASTIEN LECORNU
Oui, oui, tout ça à la fois, un référendum, je ne crois pas…

MARC FAUVELLE
Eh bien, ça fait beaucoup…

SEBASTIEN LECORNU
Mais, que l'énergie soit un débat permanent dans le débat politique, c'est une bonne chose, moi, j'étais secrétaire d'Etat à l'Ecologie, donc en charge de l'énergie, on a eu un mal de chien à parler de cette question de mix électrique…

MARC FAUVELLE
Vous lisez comme nous la presse, il y a quelques jours encore, Le Figaro a expliqué qu'Emmanuel MACRON allait pour Noël annoncer la construction de 6 nouveaux, 6, je crois, 6 nouveaux EPR, c'est-à-dire…

SEBASTIEN LECORNU
Pardon, mais tout ça est en fait dans une grande continuité, et j'étais en train de vous dire que j'étais secrétaire d'Etat à l'Energie, qu'on a eu un mal de chien à porter calmement ce débat sur la place publique, on a tenté de le faire, y compris d'ailleurs pendant le grand débat, où, rappelez-vous, beaucoup de choses avaient émergé, et pour cause, on partait du prix du gazole au prix de l'essence, sujet qu'on connaît encore aujourd'hui, qui nous amenait au fond à parler de notre souveraineté énergétique ; c'est un sujet qui doit être traité calmement et dans lequel, au fond, on s'inscrit dans une continuité depuis 2017, en disant qu'on a besoin d'un mix électrique…

MARC FAUVELLE
Donc il n'y a rien d'étonnant à ce qu'Emmanuel MACRON annonce la construction de nouvelles centrales…

SEBASTIEN LECORNU
Mais de toute façon, je vais vous dire une chose, une des raisons aussi de ce que nous vivons au prix à la pompe, c'est notre dépendance. Et je reste persuadé, c'est bien Gaullien ou Gaulliste comme thème, et ça me semble intéressant de le traiter dans une campagne présidentielle, effectivement, même dans une campagne législative, c'est de se dire quel est le niveau de dépendance ou d'interdépendance qu'on veut avoir en matière d'énergie, le nucléaire, c'est notre indépendance, moi, j'ai toujours été un militant du nucléaire, je me suis à la fois occupé de la centrale de Fessenheim, mais aussi du site de Bure, vous savez, qui est l'endroit dans lequel nous projetons…

MARC FAUVELLE
L'enfouissement des déchets nucléaires…

SEBASTIEN LECORNU
Nous projetons à l'avenir d'enfouir les déchets nucléaires. Parce que c'est une des solutions qu'il faut trouver à cette question. Le nucléaire pose la question essentielle des déchets, il faut donc y répondre. Mais une fois de plus, il ne faut pas que ce soit un débat qui, à la va-vite, à là à Jadot en quelque sorte ou à l'Europe Ecologie-Les Verts, soit traité…

MARC FAUVELLE
Pourquoi à la Jadot ?

SEBASTIEN LECORNU
Parce que les choses sont faites avec une simplicité…

MARC FAUVELLE
Il affiche la couleur, Yannick JADOT.

SEBASTIEN LECORNU
Le rapport de RTE, c'est une autorité indépendante. Quand le rapport ne nous convient pas, on ne peut pas expliquer que RTE ment. Comment voulez-vous que le débat public se fasse sereinement ? Ce sont des questions techniques, des questions industrielles, des questions d'équilibre de l'électricité. On vit dans un pays dans lequel il n'y a pas de black-out. On vit dans un pays dans lequel il y a une sécurité d'approvisionnement.

MARC FAUVELLE
Il y a assez de black-out autour de nous en Europe, même dans des pays qui n'ont pas de centrales nucléaires.

SEBASTIEN LECORNU
Et dans le monde. Regardez de près, vous verrez que c'est beaucoup plus compliqué.

MARC FAUVELLE
Il y a des pays en Europe où on va couper le courant ?

SEBASTIEN LECORNU
Et pour ne pas couper le courant, qu'est-ce qu'on fait ? On démarre beaucoup, beaucoup de centrales à diesel ou de centrales à charbon souvent. Donc notre pilotage d'électricité repose sur ça avec un mixe électrique qu'il faut trouver, avec la question des éoliennes sur lequel il faut être vigilant, parce que l'acceptabilité par nos concitoyens désormais est très, très réduite - c'est le moins qu'on puisse dire - donc je pense qu'il faut porter cette question énergétique et le président de la République a bien raison de le faire.

MARC FAUVELLE
Merci à vous Sébastien LECORNU et bonne journée.

SEBASTIEN LECORNU
Merci de votre invitation.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 octobre 2021