Interview de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à France Bleu Saint-Etienne Loire le 4 novembre 2021, sur les efforts du gouvernement en faveur des abattoirs, le bien-être des animaux et l'enseignement agricole.

Texte intégral

TOMMY CATTANEO
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

TOMMY CATTANEO
Vous êtes aujourd'hui en visite en Haute-Loire, vous vous rendez dans l'abattoir d'Yssingeaux, pourquoi est-ce que vous allez voir cet abattoir en particulier ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien parce que les abattoirs, ils sont très importants pour nos territoires. Vous savez, les Français demandent beaucoup de produits locaux, et notamment de la viande issue de nos élevages locaux, mais si en parallèle de nos élevages vous n'avez pas un tissu d'abattoirs sur nos territoires, il n'est pas possible de faire ces productions locales. Et en parallèle on sait que dans les abattoirs on a des défis, des défis très importants pour y améliorer le bien-être des animaux, pour les moderniser, continuer à les développer, et dans le cadre d'un grand plan, qui est le plan France Relance, le gouvernement investit massivement aux côtés des collectivités locales pour moderniser les abattoirs, par exemple sur cet abattoir d'Yssingeaux le plan France Relance va investir plus de 400.000 euros, aux côtés des acteurs du territoire, pour continuer à améliorer cet outil de production.

TOMMY CATTANEO
On explique, c'est un abattoir qui est géré par une société d'économie mixte, qui regroupe cinq communautés de communes, c'est vers ce genre d'abattoir-là qu'il faut tendre finalement ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous voyez là on a vraiment le symbole de cet abattoir localisé dans un territoire et permettant de faire ces circuits courts, permettant de développer ces productions locales, moi j'y crois beaucoup dans ces abattoirs-là, mais ces abattoirs, il ne faut pas se leurrer, ils font face à un défi, c'est qu'ils gagnent très peu d'argent, et au même moment on leur demande d'améliorer encore et encore leurs actions, le bien-être des animaux à l'intérieur, etc., etc., mais quand vous gagnez peu d'argent et qu'en même temps on vous demande d'investir, parfois c'est très compliqué, vous me l'accorderez, et donc face à cette complexité le gouvernement, l'action que j'ai décidé de mettre en oeuvre, c'est d'investir massivement dans ces abattoirs. Songez qu'à l'échelle nationale c'est 115 millions d'euros qu'on investit, au moment où je vous parle c'est plus de 150 abattoirs dans lesquels on va investir, dont celui d'Yssingeaux, celui aussi de la Communauté d'Agglo du Puy-en-Velay, donc vous voyez, on y va massivement pour être aux côtés de nos abattoirs.

TOMMY CATTANEO
On voit que c'est compliqué pour les abattoirs, vous le disiez, il y a encore eu ce scandale la semaine dernière révélé par une nouvelle vidéo de l'association L214, dans l'abattoir Bigard du Cuiseaux en Saône-et-Loire. Il faut financer finalement la modernisation de ces abattoirs, c'est l'Etat qui doit mettre la main à la poche, il n'y a pas d'autre solution ?

JULIEN DENORMANDIE
En tout cas, je suis sûr que l'Etat a un rôle à jouer massivement, parce que quand vous gagnez peu d'argent et que vous devez investir, c'est sacrément compliqué. Et donc face à ça, l'Etat doit être aux côtés des abattoirs pour investir. C'est ce grand plan Abattoirs que j'ai lancé l'été dernier. Dans la région Haut-Rhin par exemple, c'est une vingtaine d'abattoirs dans lesquels on investit au moment où je vous parle. Le deuxième élément très important, c'est qu'il faut être très ferme sur les contrôles. On les renforce parce que si ici ou là vous avez des défaillances, vous avez ce qu'on appelle des non-conformités, il faut absolument pouvoir y remédier, pouvoir sévir lorsque c'est nécessaire précisément pour ne jamais jeter l'opprobre sur toute une profession. Vous savez, depuis que je suis ministre de l'Agriculture et de l'alimentation, il y a à peu près sept abattoirs dont j'ai suspendu l'activité. C'est sept abattoirs sur à peu près un millier d'abattoirs. Ça montre que beaucoup font très bien le boulot, le font avec beaucoup de conviction, beaucoup de détermination et jamais, jamais, jamais le comportement de certains ne doit jeter l'opprobre sur l'action de tous. C'est très important. Donc moi ma vision est très claire : on investit massivement dans nos abattoirs, 115 millions d'euros ; on est ferme sur les contrôles parce que c'est important pour toute la profession et c'est comme ça qu'on doit avancer pour préserver nos abattoirs sur nos territoires, qui permet de faire ces productions locales.

TOMMY CATTANEO
Il faut aussi insister sur le bien-être animal. Vous évoquez notamment le renforcement de la formation dans l'enseignement agricole, c'est pour ça que vous allez aussi dans un lycée agricole aujourd'hui.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, j'irai dans un lycée agricole parce que je pense que ces lycées agricoles sont une véritable chance pour notre pays. J'irai dans le lycée agricole George Sand qui est un lycée agricole où on voit qu'il y a toute une partie de notre jeunesse qui s'intéresse à ces métiers du vivant, qui s'intéresse à ces métiers de l'agriculture, de l'alimentation. Et c'est en plus au moment où je vous parle quelque chose d'incroyablement nécessaire parce que n'oublions pas qu'un agriculteur sur deux part à la retraite dans les cinq à dix prochaines années. Et si on veut être souverain dans notre alimentation, il faut qu'on ait des femmes et des hommes qui produisent cette alimentation donc les agriculteurs, les personnes qui travaillent dans la chaîne agroalimentaire. Et ces enseignements agricoles nous permettent justement d'assurer cette souveraineté alimentaire, donc moi je les soutiens fortement. Je suis ministre de l'Education agricole, je pilote cet enseignement et je le fais avec beaucoup de conviction parce que c'est une chance, encore une fois, pour notre pays. Et d'ailleurs tous les parents qui nous écoutent, renseignez-vous sur cette beauté qu'est l'enseignement agricole. Aujourd'hui vous avez le plein emploi, vous avez des métiers fabuleux et vous avez des métiers très innovants qui plus est.

TOMMY CATTANEO
Julien DENORMANDIE, ministre de l'Agriculture, en visite en Haute-Loire aujourd'hui. Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin sur France Bleu Saint-Etienne Loire et bonne journée à vous.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 novembre 2021