Déclaration de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, sur la politique de l'Union européenne dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation, à Bruxelles le 15 novembre 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Arrivée à la réunion des ministres de l'Agriculture

Prononcé le

Texte intégral

"Bonjour Mesdames et Messieurs, nous sommes aujourd'hui réunis au Conseil pour aborder différents sujets dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation.

Le premier des sujets est, bien évidemment, la mise en oeuvre de la politique agricole commune. Réforme très importante, réforme qui est en phase finale de discussion avec l'ensemble des collègues européens et nous aurons l'occasion, ce matin, d'y revenir. C'est un sujet très important, évidemment, et sa mise en oeuvre nécessite beaucoup de vigilance. Le diable se niche dans les détails et il nous faut être très précis quant à la mise en oeuvre de cette nouvelle politique agricole commune pour qu'elle soit bénéfique à nos agriculteurs, nos agricultures et à l'ensemble des États membres. Nous y reviendrons donc ce matin avec notamment la volonté de s'assurer que cette réforme vise bien à préserver, à la fois les capacités de production, à la fois les transitions, et à la fois les investissements nécessaires.

Puis nous aborderons également aujourd'hui deux sujets très importants, des sujets dits de marché, qui, aujourd'hui, sont source d'inquiétudes.

Je pense, d'abord, à la situation sur les engrais. Vous savez qu'avec les prix du gaz, il y a aujourd'hui beaucoup de tensions sur le marché des engrais et donc à la demande de plusieurs États membres, soutenus par la France, nous allons travailler sur les solutions à apporter, notamment, au niveau européen vis-à-vis de cette tension sur le marché des engrais. C'est essentiel à mes yeux, parce que l'engrais c'est la nourriture de la plante et si demain nous ne sommes pas en capacité, au niveau européen, à fournir suffisamment d'engrais, ce sont les capacités de production alimentaire - avec énormément de répercussions - qui seront alors questionnées.

Enfin le deuxième sujet sur les marchés, c'est la question du marché du porc. Aujourd'hui, ce marché du porc fait face à un certain nombre de défis, un certain nombre de complexités, notamment quant au niveau du marché, quant au niveau du prix et il nous faut là aussi apporter des mesures, à la fois conjoncturelles et structurelles, pour soutenir notre belle filière de production de porc au niveau européen. On sait que les défis sont à la fois sanitaires, avec la peste porcine africaine ; économique avec la question des marchés à l'export ; mais aussi des questions de soutien, là encore, un investissement et aux revenus de nos éleveurs sur nos différents territoires nationaux.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les principaux sujets. Je terminerai simplement par un sujet qui me tient particulièrement à coeur et qui sera l'une des priorités de la présidence française de l'Union européenne, c'est la question de la déforestation. Aujourd'hui, nous ferons un point sur cette question de la stratégie forestière de l'Union européenne, et notamment, la question de la déforestation. Est-il aujourd'hui acceptable que nous continuions à importer autant de produits issus de la déforestation - ce qu'on appelle la déforestation importée ? À l'évidence, non, il nous faut agir. Agir avec détermination, agir avec force et nous allons en parler ce matin sur un texte qui permet de lutter contre cette déforestation importée et qui sera un texte très important de la présidence française de l'Union européenne que j'aurai l'honneur de présider s'agissant du Conseil agricole, forêts et alimentation".


Source https://ue.delegfrance.org, le 18 novembre 2021