Déclaration de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, sur la politique économique de l'Union européenne, à Bruxelles le 25 novembre 2021.

Texte intégral

"Bonjour à tous,

Je suis très heureuse d'être présente aujourd'hui à ce Conseil compétitivité et marché intérieur. Vous savez que nous avons un agenda très fourni aujourd'hui. Mon collègue, Cédric O, est actuellement en train de défendre deux textes importants sur lesquels la France est mobilisée - le Digital Service Act et le Digital Market Act, sur lequel nous enregistrons d'importantes avancées.

Pour ma part, j'assisterai à une discussion informelle au moment du déjeuner sur les PME. La France soutient la nomination d'un ambassadeur PME, tant nous sommes convaincus que les PME sont au coeur de notre relance, au coeur de notre économie, qu'elles doivent faire l'objet d'un accompagnement particulier, notamment pour réussir leur transition numérique et environnementale. Puis j'évoquerai la possibilité d'élargir un peu cette approche PME à des entreprises de taille à peine plus grande mais qui, aujourd'hui, sont considérées comme de grands groupes alors qu'elles n'en ont pas du tout les caractéristiques.

Par ailleurs, nous allons évoquer, en séance plénière, les plans nationaux de relance et résilience. S'agissant du plan de relance français, nous adhérons totalement à la vision de la Commission européenne, c'est-à-dire que ces plans ne doivent pas seulement être des objets pour relancer l'économie dans une période de crise sanitaire, mais ils doivent aussi être des opportunités pour transformer et pour accélérer les transformations environnementales et numériques de ces économies. C'est pourquoi la France consacre 50% de ses crédits à la transformation environnementale, 25% de ses crédits à la transformation numérique et que nous avons décidé de mener – depuis un an – ce plan tambour battant parce qu'il doit redescendre au plus près du terrain, être le plus pragmatique possible. Nous annonçons un déploiement du plan à hauteur de 70% d'ici la fin de l'année 2021.

Enfin, dernier élément, la France va prendre la suite de la présidence slovène pour la présidence de l'Union européenne. Je remercie d'abord les Slovènes pour le travail absolument remarquable qui a été mené ces derniers mois. S'agissant de la France et du Conseil compétitivité et marché intérieur, nous allons nous concentrer sur quelques priorités.

La première priorité, c'est évidemment la décarbonation avec l'accompagnement du paquet « Fit for 55 ». En lien avec ça, l'anticipation de nos fragilités stratégiques. On le voit, nous avons des maillons critiques de nos chaînes de valeur stratégiques qui sont manquants en Europe. Il peut s'agir des matières premières qui sont nécessaires à la transition écologique, il peut s'agir aussi de maillons critiques de production et, par rapport à ça, nous saluons tout le travail qui est mené. Nous voudrions l'appuyer en matière d'alliance portée par le commissaire Breton et en matière d'IPCEI – je pense évidemment à l'IPCEI hydrogène, à l'IPCEI microélectronique et à l'IPCEI santé que nous souhaitons accélérer durant notre présidence.

Deux éléments importants, c'est la question de la concurrence loyale qui forme un tout avec la question de notre résilience. Cette concurrence loyale, elle passe en particulier par un texte très concret qui est le règlement contre les subventions étrangères, que nous allons également porter pendant cette présidence. Bien entendu, je ferai le lien avec l'ensemble des Conseils et mes collègues pour aligner complètement nos objectifs. L'industrie est un enjeu de transformation écologique et environnementale. Et inversement, les décisions que nous prendrons dans les Conseils Énergie, dans les Conseils Climat sont importantes pour l'industrie. Donc il faudra bien nous coordonner ; je pense aussi à la coordination avec le Conseil Trade pour les relations commerciales internationales. Nous devons être particulièrement cohérents sur tous ces sujets.

Il me reste à remercier, à nouveau, cette présidence slovène, et à dire à nos amis tchèques et suédois que nous allons travailler main dans la main pour continuer à porter les ambitions fortes de l'Europe, de l'Union européenne en matière industrielle et en matière environnementale".


Source https://ue.delegfrance.org, le 29 novembre 2021