Interview de Mme Marlène Schiappa, ministre de la citoyenneté, à Sud Radio le 26 novembre 2021, sur les violences faites aux femmes.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Marlène SCHIAPPA.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

PATRICK ROGER
Violence aux femmes …Alors vous ne portez pas le masque et puis, comme il y a le port du masque …

MARLENE SCHIAPPA
Mais il y a un purificateur d'air dans le studio !

PATRICK ROGER
Voilà, il y a un purificateur d'air dans le studio je le dis …

MARLENE SCHIAPPA
C'est important de le dire !

PATRICK ROGER
… effectivement, voilà, c'est ça, nous avons innové. Alors violences aux femmes, Covid, campagne électorale : autant de questions que nous allons aborder. Commençons tout de même par le reportage d'Envoyé spécial où plusieurs femmes accusent Nicolas HULOT de viols, d'agressions sexuelles, des faits prescrits. Vous êtes citée dans ce reportage pour le soutien que vous lui aviez apporté en 2018 alors qu'il y avait des soupçons. Est-ce que vous regrettez aujourd'hui ces propos, cette tribune dans Le Journal du Dimanche ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors plusieurs choses. D'abord, on parle de deux situations qui sont différentes. Je n'ai pas regardé Envoyé spécial hier, j'étais en train de travailler mais j'ai vu bien évidemment les comptes-rendus qui en ont été faits. A l'époque, on parlait d'une femme qui ne voulait pas parler de la plainte pour viol qu'elle avait déposée, qui a dit " je ne veux pas qu'on donne mon nom " et moi je respecte toujours la parole des femmes quand elles veulent en parler mais aussi quand elles disent " je ne veux pas que vous jette mon nom en pâture " d'une part. D'autre part, à l'époque on avait des éléments de la justice sur cette affaire, ça a été, m'a-t-on dit, mentionné hier notamment le procureur qui disait que les faits n'étaient pas établis, etc. Et surtout, important, ce que j'ai soutenu ce n'est pas Nicolas HULOT, c'est l'Etat de droit. Ce que j'ai dit à l'époque et ce que je dis encore aujourd'hui, c'est qu'il me semble fondamental que la justice se rende dans les tribunaux. Donc moi j'adresse un soutien à toutes les femmes qui ont vécu des viols, des harcèlements sexuels, c'est le sens de tout le combat que je mène depuis l'adolescence, bien avant #Meetoo et ici au Gouvernement pour ouvrir les dispositifs et que des plaintes puissent être déposées. Donc s'il y a des éléments et des témoignages et manifestement, il y a plusieurs témoignages, je souhaite que la justice puisse s'en saisir !

PATRICK ROGER
Alors, c'est ça, aujourd'hui, vous estimez que le parquet devrait, en fait, ouvrir une enquête pour vérifier ça, si les faits sont prescrits.

MARLENE SCHIAPPA
Alors la justice est indépendante, vous savez que le pouvoir exécutif ne peut pas donner d'ordre !

PATRICK ROGER
Non, non mais d'accord …

MARLENE SCHIAPPA
…. Mais bien évidemment, je pense qu'on ne peut pas être dans un ….en fait je ne suis, je n'ai pas d'éléments. On parle de choses qui se sont passées il y a 30 ans …

PATRICK ROGER
25 ans …

MARLENE SCHIAPPA
Ou 25 ans, mais même si ça s'était passé l'année dernière au demeurant vous parliez de la question de la prescription, moi, je veux rappeler que seul un juge est fondé à dire si, oui ou non, des faits sont prescrits. Ça me semble important parce que dans l'enquête …

PATRICK ROGER
Dans le cas à Saint-Malo, c'était ambigu, le communiqué, on l'a vu du procureur hier soir est ambigu.

MARLENE SCHIAPPA
Moi, comme je vous dis, moi, je ne dispose pas d'éléments autres que comme le tout venant de ce qui se dit à la télé ou à la radio mais je veux rappeler, donc je n'ai pas de date mais je veux rappeler que seul le juge peut dire si oui ou non c'est prescrit. Pourquoi ? D'abord parce qu'on nous dit qu'il y aurait d'autres témoignages ; s'il y a d'autres témoignages, je ne sais pas à quelle date ils font référence, donc peut-être qui ne sont pas prescrits, première chose. Deuxième chose, nous avons fait avancer les lois sur la prescription ; avec le président de la République, nous avons étendu à plus de 10 ans la prescription sur les crimes sexuels sur mineurs. Maintenant une femme – un homme aussi au demeurant – a jusqu'à 30 ans après sa majorité pour déposer plainte, c'est important de le rappeler.

PATRICK ROGER
Oui, c'est ça, Sandrine ROUSSEAU, qui était juste avant vous ici dit, elle, pense qu'il y a sans doute d'autres femmes pour des faits plus récents, pas sans remonter à 20 ans, 30 ans, donc il est important que la lumière soit faite sur cette …

MARLENE SCHIAPPA
Non mais je veux être très claire par rapport à ça : soit des gens ont des éléments et ont connaissance du fait que des viols ont été commis – un viol c'est un crime, je le rappelle, au sens du Code pénal –, si des personnes ont connaissance du fait qu'un crime ait été commis, il faut dénoncer cela. S'ils ont des éléments, s'ils sont témoins de ce qui s'est passé, s'ils ont recueilli des confidences directes d'une personne, il faut qu'il puisse saisir la police et la gendarmerie et je veux dire que nous avons créé à cet effet une plate-forme qui s'appelle arrêtonslesviolences.gouv.fr qui permet aux personnes, y compris qui seraient témoins, de saisir la justice mais si on n'a pas d'éléments, ce que je vous disais à l'instant, c'est qu'on ne peut pas être dans ce …

PATRICK ROGER
Donc il faut de la prudence en fait, c'est ça …

MARLENE SCHIAPPA
Il ne faut pas de la prudence, il faut de la justice !

PATRICK ROGER
Et de la prudence aussi parfois dans les mots, tels que vous avez dits, c'est un homme « charmant », « respectueux » et en fait, à l'époque …

MARLENE SCHIAPPA
Ce n'est pas ce que j'avais dit. Je vous rappelle ma tribune !

PATRICK ROGER
Dans la tribune, si !

MARLENE SCHIAPPA
Pardon, je sais ce que j'ai écrit …

PATRICK ROGER
Ah bon, je l'ai !

MARLENE SCHIAPPA
Vous l'avez et je commence de façon ironique cette tribune en disant : voilà je vais dire tout ce qu'on dit habituellement pour dédouaner entre guillemets les personnes qui sont accusées de viol. On dit : c'est un homme charmant. On dit : il mène un combat important pour la planète. On m'a dit d'ailleurs que l'une des femmes qui avait témoigné hier avait dit cela aussi, avait commencé par dire, c'est un homme qui mène un combat important pour la planète et aussi c'est pourquoi il est difficile pour moi etc. Donc c'est ça les mots, vous pouvez les relire !

PATRICK ROGER
Oui, c'est ça, non mais bien sûr ! C'est ce que vous dites, " je pourrais ajouter ", " je pourrais dire ", c'est ce que vous disiez !

MARLENE SCHIAPPA
Exactement, exactement et après, je rappelle justement que quand une femme dit " moi, je ne peux pas parler de ce que j'ai vécu ", je crois qu'il faut le respecter et c'était ce qui a été dit à l'époque. Moi, je vais vous dire : j'ai vécu dans ma vie comme beaucoup de femmes des violences sexuelles, des choses difficiles dont je n'ai pas envie de parler et je n'aimerais pas avoir un jour un article avec mon nom racontant ce que j'ai pu vivre par le menu et le trouver contre mon gré ou trouver des éléments de plaintes que j'ai pu déposer dans la presse contre mon gré. C'est la parole des femmes aussi ; c'est vouloir en parler publiquement si on le souhaite et, si on ne veut pas en parler publiquement mais simplement le réserver pour la justice, en avoir le droit aussi.

PATRICK ROGER
Oui. Qu'est-ce que vous répondez aux féministes et notamment Sandrine ROUSSEAU, je la re-cite une deuxième fois ?

MARLENE SCHIAPPA
Décidément, c'est « radio Sandrine ROUSSEAU » ici !

PATRICK ROGER
Oui parce qu'elle a manifesté hier soir !

MARLENE SCHIAPPA
Est-ce qu'on va parler foie gras ?!!!

PATRICK ROGER
Oui, on va en parler ! Elle a réclamé de nouveau la démission de votre collègue, Gérald DARMANIN hier avec cette pancarte pour l'affaire de suspicion justement aussi d'agression !

MARLENE SCHIAPPA
Oui mais il n'y a pas d'affaire de suspicion, là aussi pardon mais la justice …

PATRICK ROGER
Il y a une enquête !

MARLENE SCHIAPPA
A trois reprises, la justice s'est prononcée et à trois reprises, la justice a déclaré un non-lieu. Donc à un moment on peut considérer qu'on abolit les tribunaux et qu'on abolit la justice et qu'en fait, chacun se fait son propre avis et condamne au vote à main levée sur les plateaux de télévision telle ou telle personne. En ce qui concerne Gérald DARMANIN, il y a eu 3 non-lieux et donc la justice là s'est prononcée et a dit que, eh bien, il y avait des non-lieux er que cette affaire était classée. Donc là aussi, je veux dire, si pour tout sujet quand quelqu'un a des éléments, il doit saisir la justice et c'est tout, c'est la justice qui se prononce.

PATRICK ROGER
Vous dites que nous vivons une transition féministe. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

MARLENE SCHIAPPA
Ça veut dire qu'il y a eu une prise de conscience sur un certain nombre de sujets - on parlait des violences sexuelles - il y a quelques années, il n'y aurait pas eu par exemple de reportage en prime time sur des femmes qui parlent de violences sexuelles vis-à-vis d'une personne qui est connue. L'affaire DSK par exemple, ça a duré des dizaines d'années avec des personnes du Parti socialiste qui disent aujourd'hui « j'étais au courant et je n'ai rien dit » etc. Aujourd'hui, ça se fait et donc je crois qu'il y a cette prise de conscience vis-à-vis des violences que vivent les femmes. Avec le Grenelle des violences conjugales, on a fait en sorte de contribue à lever ce tabou ; avant, c'était dans les faits divers ; maintenant, quand c'est un féminicide, c'est un sujet de société, c'est un sujet politique. Donc il y a une prise de conscience. Néanmoins, cette prise de conscience n'amène pas à une révolution immédiate - il n'y a toujours pas d'égalité des salaires entre les femmes et les hommes…

PATRICK ROGER
Aujourd'hui dans les recrutements, il y a beaucoup plus d'égalité de salaires.

MARLENE SCHIAPPA
Il y a moins d'égalités…

PATRICK ROGER
Non mais c'est dans le déroulement des carrières et puis avec le passif que nous avons…

MARLENE SCHIAPPA
Il y a deux chiffres : il y a un premier chiffre de 27% d'écart de salaire au global si on prend toutes les femmes du pays, tous les hommes du pays et là vous avez raison de le rappeler, c'est parce qu'il y a des temps partiels, il y a des déroulés de carrière etc, il y a « un plafond de mère »…

PATRICK ROGER
Un plafond de mère…

MARLENE SCHIAPPA
C'est le titre d'un livre que j'ai écrit il y a des années sur le fait que la maternité freine la carrière des femmes ; et puis il y a quand même 9% d'après les études, d'écart de salaires inexpliqué entre les femmes et les hommes à poste égal et à compétences égales.

PATRICK ROGER
Alors il y a certains spécialistes qui disent… parce qu'il y a eu le bracelet etc, il y a déjà eu un certain nombre de mesures - un accès plus favorisé aux logements sociaux pour certaines femmes – et il y en a certains qui disent : pourquoi ne pas prioriser par exemple l'éloignement du conjoint violent aussi ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais c'est vrai, ceux qui disent ça, ont raison et d'ailleurs la loi le dit : la loi dit qu'il faut prioriser l'éviction du conjoint violent. Mais pour cela, il faut une décision de justice et donc moi, ce que je suis attachée à faire à ce sujet avec l'ensemble du gouvernement et notamment le ministère du Logement, ma collègue Emmanuelle WARGON et avant, mon collègue Julien DENORMANDIE, c'est de faire en sorte qu'entre maintenant et l'éviction du conjoint violent, les femmes aient des solutions soit dans les places d'hébergement d'urgence, soit surtout on a créé un dispositif qui n'est pas beaucoup connu : avec Action logement et le dispositif Visal, vous donnez la copie de votre plainte pour violences conjugales et l'Etat, via Action logement, se porte garant pour vous pour que vous puissiez louer un nouveau logement si vous le souhaitez.

PATRICK ROGER
Il y a aussi une expérimentation qui est lancée, je crois, à Bordeaux…

MARLENE SCHIAPPA
Alors je vois de quoi vous parlez, ça vient de ce qui a été fait à Arras - vous parlez, j'imagine, du centre pour les conjoints violents – voilà, donc à Arras en fait, Luc FREMIOT, ancien procureur, avait mis en place ce centre et à l'époque du Grenelle des violences conjugales, il nous avait dit d'ailleurs - il était venu, je crois, sur votre plateau - il nous avait dit : vous savez ça, ce Grenelle des violences conjugales ne marchera pas si on ne change pas de paradigme et si on ne prend pas enfin en compte la question du traitement des hommes auteurs de violences. Et donc à Arras, il y a ce centre ; il a fait baisser la récidive et donc on a décidé avec ma collègue Elisabeth MORENO et d'autres d'ouvrir partout en France des centres de ce type.

PATRICK ROGER
Et à Bordeaux, le département de la Gironde va même plus loin, avec un tribunal expérimental également.

MARLENE SCHIAPPA
Alors ça si je ne m'abuse, c'est un souhait du conseil départemental de Gironde…

PATRICK ROGER
Est-ce que ça, vous pourriez l'étendre par ailleurs ?

MARLENE SCHIAPPA
On avait beaucoup étudié la question au moment du Grenelle des violences conjugales et ce que nous disaient les experts du monde de la justice - ce n'est pas mon cas mais j'écoute ce qu'ils nous disaient - ils nous disaient que pour eux, ça allongerait des délais parce que ça veut dire que vous n'aurez pas une juridiction spécialisée par département et que donc il n'y en aurait que quelques en France et que ça pourrait créer des inégalités territoriales. C'est ce qu'ils nous disaient à l'époque ; ça ne veut pas dire que dans les années à venir, on n'ira pas vers ce schéma-là.

PATRICK ROGER
Un mot aussi sur l'actualité : ce matin, on a appris que Gérald DARMANIN a annulé son déplacement avec son homologue britannique parce qu'il y a des tensions en fait et notamment la lettre de Boris JOHNSON sur les migrants. Là, on est à un point quand même de crispation très fort avec les Britanniques ?

MARLENE SCHIAPPA
Ce qui s'est produit là, les dernières heures, est assez indigne ; vous avez Boris JOHNSON… qui d'abord, sur le contenu, sur le fond et la forme, c'est indigne ; sur le fond, vous avez un courrier écrit au président de la République Emmanuel MACRON en disant : " Reprenez les migrants qui traversent la Manche ! " Ce ne sont pas des colis ; ce sont des personnes ; on ne peut parler de politique migratoire sans aucun tabou mais enfin dans le respect de chacun, me semble-t-il et puis sans sommer la France de cette manière. Et puis par ailleurs, sur la forme, qui a rendu publique cette lettre…

PATRICK ROGER
Donc il y a une volonté de provocation en quelque sorte…

MARLENE SCHIAPPA
Le ministre de l'Intérieur, Gérald DARMANIN, a effectivement fait savoir à son homologue britannique qu'il ne souhaitait plus la convier… en lui disant qu'il était sûr qu'elle comprendrait ses raisons, mais qu'il ne souhaitait plus la convier à la rencontre qui était prévue.

PATRICK ROGER
D'autant qu'il y a le conflit aussi de la pêche, donc tensions avec les Britanniques.

MARLENE SCHIAPPA
Le Royaume-Uni a souhaité sortir de l'Union européenne et depuis, on voit bien à quel point les problèmes se multiplient entre le Royaume-Uni et le reste de l'Union européenne. C'est à se demander quel est leur souhait réel à cet égard.

PATRICK ROGER
Un mot du Covid, Marlène SCHIAPPA, vous êtes inscrite pour la 3e dose ou pas ? Vous allez la faire ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors je me suis renseignée mais on m'a dit non parce que je suis trop jeune… à l'époque, et maintenant, c'est ouvert et donc oui je ferai mon rappel quand j'aurai 6 mois d'écart avec le dernier vaccin.

PATRICK ROGER
Bon, il faut vous y prendre à l'avance parce que vous avez vu, il y a des embouteillages… sur Doctolib… Donc vous allez remettre en place beaucoup de centres de vaccination ?

MARLENE SCHIAPPA
J'étais au centre SOS Médecins dans le 17e à Paris avec le député Stanislas GUERINI il y a quelques jours et effectivement, on nous disait et le maire de l'arrondissement nous disait aussi que jusqu'à fin décembre, les rendez-vous étaient complets. Néanmoins je rappelle que dans les pharmacies, on peut également avoir son rappel et je pense qu'il est important de prendre le rendez-vous maintenant même si c'est un rendez-vous pour fin décembre.

PATRICK ROGER
Et puisque vous l'avez évoqué, Marlène SCHIAPPA, vous allez manger du foie gras à Noël ou pas ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez-moi je suis attachée à la liberté, je pense que c'est important que les gens qui sont vegans et qui n'ont pas envie de manger de foie gras ou qui sont anti-foie gras, puissent ne pas en manger et je pense que les gens qui apprécient un petit foie gras avec une petite confiture de figue sur un toast chaud puissent apprécier aussi leur foie gras.

PATRICK ROGER
Donc vous n'êtes pas contre ! Je dis ça parce qu'évidemment la mairie de Strasbourg a décidé de ne plus mettre ça à l'ordre du jour des réceptions…

MARLENE SCHIAPPA
… (inaudible)… maintenant on interdit le foie gras !!

PATRICK ROGER
Donc vous mangerez du foie gras.

MARLENE SCHIAPPA
Je servirai du foie gras et si j'ai envie de manger du foie gras, je mangerai du foie gras !

PATRICK ROGER
Marlène SCHIAPPA, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la Citoyenneté, était l'invité ce matin de Sud Radio.

MARLENE SCHIAPPA
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 novembre 2021