Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à BFM TV le 26 novembre 2021, notamment sur la crise sanitaire et le sort des migrants tentant de se rendre en Grande-Bretagne.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Porte-parole du Gouvernement. De nombreux sujets ce matin. Nous allons parler de la Grande-Bretagne, des migrants, nous allons parler de la pêche, mais je voudrais commencer avec le Covid, "il faut sauver les fêtes de fin d'année" disiez-vous avant-hier, sont-elles menacées ?

GABRIEL ATTAL
Il y a une vigilance à avoir, une préoccupation à avoir, face à une épidémie qui a repris, qui a repris très fort, de façon fulgurante, on a encore aujourd'hui une augmentation de quasiment 80% des contaminations sur une semaine, on a atteint aujourd'hui le nouveau qu'on avait atteint au pic de la quatrième vague cet été, et la dynamique semble continuer à être la même, c'est-à-dire une augmentation très forte, fulgurante. Donc, évidemment, il faut être très vigilant. Ce qu'on a accru depuis cet été c'est la couverture vaccinale dans notre pays, les Français se sont massivement fait vacciner, et donc on voit aujourd'hui qu'on ne constate pas la même augmentation à l'hôpital, en réanimation, que celle qu'on constate pour les contaminations, et donc il faut continuer à maintenir cette avance qu'on a grâce à la vaccination, notamment en faisant le rappel, c'est pour ça qu'on l'a ouvert à tous les Français de plus de 18 ans à partir de ce week-end. Olivier VERAN l'a dit hier, "notre destin est entre nos mains", ça veut dire qu'il n'y a pas de fatalité à ce que cette cinquième vague emporte tout sur son passage et nous oblige à reprendre des mesures évidemment qu'on ne veut pas voir revenir dans notre pays.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors justement, pas de restrictions de circulation pour Noël, il n'y aura pas de restrictions de circulation ?

GABRIEL ATTAL
Tout ce qu'on a annoncé hier, toute la mobilisation des Français autour du rappel, qu'on constate depuis hier, avec, je crois, 1 million de rendez-vous qui ont été pris hier dans la journée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
1,2 million.

GABRIEL ATTAL
Elle vise précisément, Jean-Jacques BOURDIN, à ce qu'on puisse passer les fêtes le plus normalement possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas de restrictions, pas de fermeture d'établissements, pas de couvre-feu et pas de confinement à Noël ?

GABRIEL ATTAL
On l'a dit, c'est notre cap, notre cap c'est de ne pas revenir à des mesures de fermeture, de couvre-feu, de confinement, et toutes les décisions qu'on est amené à prendre, tous les efforts qu'on demande aux Français, aux entreprises, à l'ensemble des acteurs de notre territoire, pour faire respecter les règles, les mesures barrières, et fait se déployer la campagne de rappel vaccinal, elles visent précisément à nous empêcher d'avoir à revenir sur ces mesures.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous passerons les fêtes de fin d'année librement, Gabriel ATTAL ?

GABRIEL ATTAL
Mais, Jean-Jacques BOURDIN, tout ce qu'on fait ça vise à cet objectif, évidemment. Et vous vous souvenez que l'an dernier il y avait eu des inquiétudes sur les fêtes de Noël…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je me souviens, c'est pour ça que je vous pose la question.

GABRIEL ATTAL
D'ailleurs on a fait le choix de laisser les Français aller faire les fêtes de Noël en famille, se déplacer en France, se rassembler, il y a des personnes à l'époque qui avaient dit qu'on prenait des risques inconsidérés, il va y avoir une explosion des contaminations juste après les fêtes de Noël, on ne l'a pas constaté. Pourquoi ? parce que les Français ont été très responsables, l'an dernier ils se sont réunis pour Noël, ils ont quand même fait attention, voilà, il y a une grande responsabilité des Français, en même temps il y a une lassitude, que je comprends parfaitement, les Français ils en ont marre, ils aimeraient qu'on passe à autre chose, qu'on mette cette épidémie derrière nous, mais d'ailleurs comme tout le monde dans le monde, parce que tout le monde est confronté à cette cinquième vague, et évidemment on va tout faire pour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un nouveau variant détecté en Afrique du Sud, avec un potentiel de propagation très rapide, ça vous inquiète, que savez-vous de ce variant ?

GABRIEL ATTAL
Pour l'instant assez peu de choses, j'en ai encore parlé avec la Direction générale de la santé hier soir, on récolte des informations en ce moment même, il y a des réunions qui se tiennent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que nous allons interdire les vols en provenance d'Afrique du Sud ?

GABRIEL ATTAL
On a toujours les mesures, dès lors qu'il y avait des pays où il y avait une circulation importante du virus et un variant qui nous inquiétait, on a toujours pris des mesures de protection, on en est au stade, aujourd'hui, on est en train de compiler les informations dont on dispose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant de décider ?

GABRIEL ATTAL
Il y a des liens avec l'Organisation mondiale de la santé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis ça parce que le Royaume-Uni vient de fermer les vols en provenance d'Afrique du Sud et des pays voisins.

GABRIEL ATTAL
J'ai vu ça, mais, vous savez, il y a des réunions en cours, il y a un travail en cours, et dans les tout prochains jours, si ce n'est les prochaines heures, on y verra un peu plus clair et on prendra des décisions, évidemment si c'est nécessaire, on a toujours pris ces décisions, notamment quand il y avait des variants qui nous inquiétaient. Je veux rappeler aussi qu'on a aussi beaucoup développé nos mesures de séquençage, c'est-à-dire qu'aujourd'hui en France l'essentiel des contaminations et des tests positifs on peut les séquencer, pour voir à quel variant ça correspond, c'est le variant Delta qui est quasi exclusivement aujourd'hui en circulation en France, évidemment on surveille ça de très très près.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, la vaccination. Dès samedi dose de rappel possible, dès demain, dose de rappel possible, recommandée pour toutes les personnes majeures dès cinq mois après la dernière injection, c'est très clair, c'est un rappel, troisième dose, donc cinq mois de délai. Où se faire vacciner, partout, vous ouvrez de nouveaux centres de vaccination partout en France ?

GABRIEL ATTAL
Oui, on va rouvrir des centres de vaccination. Il y avait, au pic, 1600, je crois, centres de vaccination en France, on est aujourd'hui à 1100. Pourquoi ? Parce que la vaccination s'est beaucoup développée en ville, comme on dit, c'est-à-dire chez les pharmaciens, chez les médecins, chez les masseurs-kinés, chez beaucoup de professionnels de santé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les sages-femmes.

GABRIEL ATTAL
Les sages-femmes, qui peuvent vacciner, et c'est pour ça qu'il y a des centres de vaccination qui ont réduit leur voilure ou qui ont fermé. Maintenant, il y a des endroits en France, on le sait, où il faut rouvrir des centres de vaccination, on estime que dans les prochains jours, prochaines semaines, on va en rouvrir 300, déjà, pour renforcer l'offre de vaccination. Je sais qu'il y a beaucoup de Français qui nous regardent, ou qui nous écoutent, qui ont cherché hier à prendre un rendez-vous pour un rappel, qui n'ont pas trouvé de rendez-vous, ce que je veux leur dire c'est que, évidemment, avec ces centres qu'ils vont rouvrir, avec des capacités qui vont se développer, il y a des nouveaux créneaux de vaccination qui évidemment seront inscrits sur les plateformes, on a besoin aussi de bras pour vacciner, je veux saluer les professionnels de santé qui se mobilisent. On a les doses, on a 26 millions de doses en stock, il y en a plusieurs millions qui sont déjà dans les frigos des pharmaciens, des médecins, et évidemment ils continuent à être approvisionnés en doses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si je ne fais pas mon rappel je perdrai mon pass sanitaire ?

GABRIEL ATTAL
Vous perdrez votre pass sanitaire, si vous avez plus de 65 ans au 15 décembre, si vous êtes à sept mois après votre dernière injection, si vous avez moins de 65 ans vous perdrez votre pass sanitaire à la mi-janvier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le 15 janvier.

GABRIEL ATTAL
Si vous êtes à sept mois de votre deuxième injection.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si je suis à six mois de ma deuxième injection ?

GABRIEL ATTAL
Si vous êtes à six mois de votre deuxième injection, vous ne perdez pas votre rappel.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord.

GABRIEL ATTAL
Vous avez un mois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne perds pas mon pass sanitaire ?

GABRIEL ATTAL
Non, votre pass sanitaire pardon, vous avez un mois pour faire votre rappel.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le pass sanitaire, finalement est un pass vaccinal, vous ne le dites pas, mais pourquoi ? Parce que le test PCR valide 24 heures, ça implique un pass vaccinal, le pass sanitaire est transformé en pass vaccinal, pourquoi ne pas le dire d'ailleurs ?

GABRIEL ATTAL
Ce n'est pas un pass vaccinal parce qu'il y a encore la possibilité de se faire tester, mais on peut dire, Jean-Jacques BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, 24 heures.

GABRIEL ATTAL
Si vous voulez, ce qu'on peut dire après les mesures qu'on a annoncées hier, c'est que c'est devenu un pass maximal, voilà. On a mis en place…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pass maximal ?

GABRIEL ATTAL
On a mis en place, c'est vrai, des nouvelles mesures, qui font que ça resserre très fortement les choses, que ça fait peser plus de contraintes sur ceux qui ont fait le choix, en conscience, de ne pas se faire vacciner, effectivement, jusqu'à aujourd'hui il fallait, ils pouvaient avoir le pass sanitaire en se faisant visiter tous les trois jours, maintenant, s'ils veulent continuer à bénéficier du pass sanitaire il faudra qu'ils se fassent tester tous les jours à leurs frais, donc effectivement ça resserre les choses, mais il y a toujours cette possibilité-là qui est donnée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Beaucoup de personnes se demandent si nous n'aurons pas l'obligation d'une quatrième dose.

GABRIEL ATTAL
Moi j'entends que cette question est posée, on me la pose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
En Israël elle est déjà posée.

GABRIEL ATTAL
On me la pose déjà. Je ne peux pas vous répondre à cette question, j'aimerais pouvoir le faire, c'est les scientifiques qui apporteront cette réponse, quand j'ai posé cette question à des scientifiques ils m'ont répondu qu'il existe des pathologies pour lesquelles il y a un rappel de vaccination et puis ensuite il n'y en n'a pas d'autre, que pour d'autres pathologies il est nécessaire de faire des rappels régulièrement, qu'on ne sait pas ce qu'il en sera de la Covid. Ce qu'on sait en revanche, avec certitude, c'est que le vaccin est remarquablement efficace, il y a encore une étude de DREES, de scientifiques, qui montre que quand vous êtes vacciné vous avez quatre fois moins de risques d'être contaminé et neuf fois moins de risques de faire une forme grave de la maladie, donc c'est important non seulement de se vacciner, il y a encore des Français d'ailleurs qui font leur première dose, le nombre de Français qui font la première dose a continué à augmenter, et donc il faut faire son vaccin, et puis faire son rappelle évidemment quand on y est éligible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des jauges, limiter les rassemblements, des mesures barrières, ça fait partie des mesures barrières, est-ce que vous allez limiter les rassemblements, fixer des jauges ?

GABRIEL ATTAL
Là aussi, je parlais de notre cap tout à l'heure, ce n'est pas non plus en revenir à des jauges, notre objectif…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y aura pas de jauges ?

GABRIEL ATTAL
Notre objectif, notre cap, c'est de ne pas en revenir à des mesures de fermeture, de couvre-feu, de confinement, de jauges, voilà, et toutes les mesures qu'on a annoncées, encore une fois, elles peuvent nous permettre de tenir sans en avoir à revenir à ces mesures, encore une fois il n'y a pas de fatalité face à cette cinquième vague.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a les masques à l'intérieur d'un restaurant, d'un bar, pour circuler, obligatoire pour aller aux toilettes…

GABRIEL ATTAL
Dans tous les lieux intérieurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans tous les lieux intérieurs. Les gestes barrières, on les répète, le gel hydro-alcoolique, les masques…

GABRIEL ATTAL
La distance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans les restaurants d'entreprise 2 mètres de distance minimale entre chaque convive.

GABRIEL ATTAL
Oui, il y a un protocole sanitaire nouvelle entreprise qui va être publié, je crois lundi, qui a été discuté entre ma collègue Elisabeth BORNE et les partenaires sociaux, effectivement pour renforcer, là aussi, les mesures barrières en entreprise.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Télétravail, aucune obligation ?

GABRIEL ATTAL
Il n'y a pas d'obligation, mais vous savez qu'il y a beaucoup d'entreprises aujourd'hui qui pratiquent le télétravail, et c'est très bien, je voyais d'ailleurs hier sur votre antenne une étude de l'Association nationale des DRH qui était relayée, qui montre que vous avez, je crois, 4 entreprises sur 10 aujourd'hui qui pratiquent le télétravail, il y a 20 000 accords de télétravail qui ont été signés en entreprise, et donc évidemment c'est une pratique qui s'est beaucoup développée à l'occasion du Covid, et c'est très bien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans les classes, les écoles élémentaires, à partir de la semaine prochaine, vous me confirmez, à partir de la semaine prochaine…

GABRIEL ATTAL
Milieu de semaine prochaine.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un cas, la classe ne sera pas fermée. Expliquez-nous comment ça va se passer.

GABRIEL ATTAL
Jusqu'à maintenant, quand vous aviez un cas positif en primaire, vous aviez toute la classe qui fermait et les enfants qui rentraient chez eux, on est à, je crois, 8500 classes qui sont fermées aujourd'hui du fait de ce modèle, on voit que c'est très contraignant pour les familles, et que c'est contraignant aussi pour les enfants qui ne peuvent plus aller à l'école pendant qu'ils sont chez eux évidemment. Qu'est-ce qu'on a fait depuis plusieurs mois ? On a mis en place une expérimentation dans 10 départements, on a testé une autre solution, c'est de dire quand il y a un cas positif, la classe ferme, mais on teste l'ensemble des élèves de la classe, et dès lors qu'ils ont un test négatif, ils peuvent revenir en classe, et donc la classe peut rouvrir et rester ouverte. On aura les résultats définitifs de cette étude, je crois, en fin de semaine prochaine, mais les premiers résultats dont on dispose, c'est ce que disait Jean-Michel BLANQUER, montrent qu'il n'y a pas de sur-contaminations et que ça permet en plus aux enfants de continuer à aller à l'école, donc c'est ce modèle-là qui va être généralisé à toute la France, donc maintenant, quand il y aura un cas positif dans une classe, les enfants se feront tester, et dès lors qu'ils seront négatifs ils pourront continuer à aller en classe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Continuer à aller en classe, bien. Suspension des vols entre le Maroc et la France à partir de quand ?

GABRIEL ATTAL
Alors on a effectivement été notifiés par les Marocains, dans un premier temps il était prévu que ce soit suspendu à partir d'aujourd'hui, et ils ont confirmé à notre ambassadrice, ce matin, que cette suspension des vols était décalée à dimanche soir.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dimanche soir.

GABRIEL ATTAL
Pour laisser le temps évidemment à nos ressortissants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Provisoire, combien de temps, vous avez des précisions ?

GABRIEL ATTAL
Ils n'ont pas annoncé de fin de cette mesure, c'est une mesure qu'ils avaient prise avec d'autres pays européens depuis plusieurs semaines, évidemment nous on appelle nos ressortissants de passage à regagner la France et à profiter de ces jours qui ont été rajoutés pour regagner la France, puisqu'on ne sait pas combien de temps cette suspension va durer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, 27 migrants morts noyés dans la Manche mercredi, dont une enfant et une femme enceinte, et Boris JOHNSON qui écrit à Emmanuel MACRON, il appelle la France à reprendre tous les migrants qui traversent la Manche, il propose un accord bilatéral de relocalisation. Que répondez-vous, que répond la France ce matin sur RMC-BFM TV ?

GABRIEL ATTAL
Je dis, au nom du gouvernement français, que c'est une lettre qui est à la fois indigente sur le fond et qui est totalement déplacée sur la forme. C'est une lettre qui est indigente sur le fond parce qu'elle ne respecte pas tout le travail qui est fait par nos gardes-côtes, par nos policiers, par nos gendarmes, par nos sauveteurs en mer, qui au quotidien, au quotidien, se mobilisent, il y a eu 7800 personnes, migrantes, dont on a empêché la noyade depuis le début de l'année, dans la Manche, grâce à leur mobilisation. Elle est indigente sur le fond, parce que ce qu'elle propose, ce que vous avez dit, cet accord de relocalisation, je ne sais pas comment il faut l'appeler, ce n'est évidemment pas ce dont on a besoin pour régler ce problème, ce dont on aurait besoin c'est que les Britanniques nous envoient des officiers de protection pour examiner les demandes d'asile, qui les concernent, depuis le territoire français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ne le font pas ?

GABRIEL ATTAL
Ils ne le font pas, et c'est ce que nous on a fait, Jean-Jacques BOURDIN, quand vous avez des bateaux qui sont arrivés avec des migrants en Italie, à Malte, avec des migrants sur ces bateaux qui déclaraient vouloir demander l'asile à la France, on a envoyé des officiers de protection sur place pour examiner les demandes d'asile et pour prendre notre part, c'est ça dont on a besoin. Et elle est déplacée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle est indigente cette lettre, ça veut dire quoi, ça veut dire que les Britanniques se moquent de nous, Gabriel ATTAL ?

GABRIEL ATTAL
Elle est déplacée sur la forme, comme je le disais, parce qu'elle ne correspond pas du tout aux échanges que Boris JOHNSON a eus avec le président de la République, encore mercredi soir au téléphone, et je vais vous dire, il y en a marre des doubles discours, voilà, et à un moment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il tient un double discours JOHNSON ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr, et il y en a marre de l'externalisation permanente des problèmes, c'est à se demander maintenant si Boris JOHNSON ne regrette pas d'avoir quitté l'Europe parce que, dès qu'il a un problème, il considère que c'est à l'Europe de le gérer, eh bien ça ne fonctionne pas comme ça, voilà, ça fonctionne en coopération, entre les pays de l'Union européenne, et notre voisin britannique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il dit : ? Mais cet accord stopperait les traversées, les migrants n'ayant plus de perspectives en Grande-Bretagne. ?

GABRIEL ATTAL
Ce n'est évidemment pas le cas. Vous savez pourquoi ils ont des perspectives…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils nous rejettent la responsabilité !

GABRIEL ATTAL
Evidemment. Et vous savez pourquoi ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils rejettent la responsabilité sur la France.

GABRIEL ATTAL
Et vous savez pourquoi aujourd'hui vous avez des migrants qui veulent passer en Grande-Bretagne ? D'abord parce que vous avez un patronat en Grande-Bretagne qui utilise totalement les migrants qui viennent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un million cinq cent mille clandestins en Grande-Bretagne.

GABRIEL ATTAL
Voilà. Ils les utilisent avec des jobs ultra précaires et qui les font travailler, et donc évidemment pour des migrants, c'est une perspective qui les attire. Ils vont là-bas aussi pourquoi ? Parce que la Grande-Bretagne fait beaucoup moins respecter ces règles et fait beaucoup moins de reconduites à la frontière que la France. On critique régulièrement la politique de la France sur ce sujet. Enfin, on fait beaucoup plus de reconduites à la frontière que les Britanniques. Voilà. Et donc qu'ils commencent par faire appliquer leurs règles, qu'ils fassent de la coopération pour faire venir des officiers de protection en France pour examiner les demandeurs d'asile, qu'ils nous aident à démanteler les réseaux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce que nous allons dénoncer les accords du Touquet ?

GABRIEL ATTAL
Mais Jean-Jacques BOURDIN, on peut se poser toutes les questions sur des accords…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas dénoncer les accords du Touquet ?

GABRIEL ATTAL
Mais parce que vous ne pourrez jamais changer ni la géographie, ni les équilibres géopolitiques, ni le désir de migrants qui ont envie de se rendre aujourd'hui en Grande-Bretagne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, c'est une réalité.

GABRIEL ATTAL
C'est ça la situation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pardon, c'est absurde. C'est absurde Gabriel ATTAL. La France retient de force sur son sol des personnes qu'elles ne veulent pas garder et qui veulent partir. Voilà où on en est !

GABRIEL ATTAL
Mais précisément. C'est pour ça qu'on a besoin de davantage de coopération avec les Britanniques, pour qu'ils puissent examiner des demandes qui seraient faites sur notre sol de la part de migrants qui ne demandent pas l'asile en France. On a un système d'asile en France pour des personnes qui sont persécutées dans leur pays. Ils veulent aller au Royaume-Uni. Qu'ils coopèrent davantage, qu'ils coopèrent aussi - et ça me tient à cœur, Jean-Jacques BOURDIN - sur la question des passeurs. Parce que finalement si on se retrouve dans ces situations, c'est aussi parce que vous avez des rentiers de la misère du monde qui profitent de cette misère…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que les Britanniques ne coopèrent pas pour arrêter les passeurs ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui vous avez des passeurs qui sont installés non pas en France mais qui organisent ces réseaux depuis d'autres pays.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La Grande-Bretagne ?

GABRIEL ATTAL
La Grande-Bretagne mais aussi depuis d'autres pays européens. C'est pour ça qu'on a une coopération européenne, et donc vous avez besoin d'une coopération renforcée. Je vous donne un exemple : les passeurs qu'on a interpellés dans la nuit de mercredi, je crois qu'il y a 5 passeurs qui ont été interpellés…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui sont-ils d'ailleurs ? Quelle nationalité ces passeurs ?

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas davantage de précisions à vous donner. Mais en tout cas ce qu'on a constaté, c'est que leur matériel, les bateaux pneumatiques qui étaient utilisés pour faire passer les migrants à travers la Manche, ils avaient été achetés, je crois, en Allemagne. Voilà. Donc il faut plus de coopération entre les pays et c'est pour ça que dimanche se tiendra une réunion avec Gérald DARMANIN, ses homologues allemands, des Pays-Bas, de Belgique, la Commission européenne pour être plus efficaces dans la coopération internationale et européenne sur la question des passeurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous demandez à la Grande Bretagne la mise en place d'une route légale pour permettre de rejoindre les îles britanniques ?

GABRIEL ATTAL
J'ai dit ce que je demandais à l'instant, ce que nous attendions des Britanniques et ce qui changerait la donne si les Britanniques se mobilisaient.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et si les Britanniques ne répondent pas, nous faisons quoi ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, nous en tout cas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous faisons quoi ?

GABRIEL ATTAL
Mais notre souhait, c'est de continuer à avancer en coopération. C'est pour ça que dimanche va se tenir une réunion importante pour continuer à avancer. Je veux quand même insister sur le fait quand même que depuis le début de l'année, on a arrêté 1 500 passeurs. On a démantelé 44 réseaux de passeurs en France. On a, je le disais tout à l'heure, près de 8 000 personnes qui ont été sauvées dans la Manche grâce à la mobilisation de nos sauveteurs. On a 12 000 personnes qui ont été mises à l'abri en France. On a 2 200 repas qui sont servis tous les jours à Calais, à Grande-Synthe pour des migrants qui sont dans une situation de dénuement. Donc il y a une mobilisation absolue des autorités françaises.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je veux bien croire, Gabriel ATTAL, mais je mets à la place d'Emmanuel MACRON : il n'y en a pas assez de voir la Grande-Bretagne lui rire au nez ? Lui rire au nez dans l'affaire des sous-marins australiens, puisque la Grande-Bretagne est partie prenante dans cette affaire ? Lui rire au nez dans l'affaire des pêcheurs, les fameux 150 licences que la Grande-Bretagne doit aux pêcheurs français ; où en est-on ? J'ai vu ce matin que le port de Saint-Malo était bloqué par les pêcheurs français.

GABRIEL ATTAL
Mais Jean-Jacques BOURDIN, c'est toute l'Europe qui attend de la part des Britanniques un partenaire avec lequel elle peut travailler, je veux dire. Parce que quand vous parlez de ces sujets-là, ça peut commencer par des sujets français qui ne sont pas respectés, mais derrière c'est peut-être d'autres dispositions de l'accord du Brexit qui ne seraient pas respectées et qui concernent l'ensemble des pays européens. C'est ça qui se joue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Europe doit frapper maintenant, frapper du poing sur la table face à la Grande-Bretagne ?

GABRIEL ATTAL
On fait plus que ça. On met une pression maximale depuis maintenant plusieurs mois, la France. Il y a une mobilisation qui a augmenté au niveau européen, il faut dire que ç'a démarré un peu tard, on peut le dire. Maintenant il y a une mobilisation au plus haut niveau européen. Nous, on demande une chose toute simple, toute simple et toute claire. Il y a un accord qui a été signé entre les Britanniques et l'Union européenne dans le cadre du Brexit. Nous, on demande tout simplement que cet accord soit respecté. Et vous avez aujourd'hui des Britanniques qui disent : ? Telle mesure finalement, elle ne nous arrange pas, on ne va pas la respecter, c'est l'accord à la carte. ? Eh bien ce n'est pas possible. Parce que ça commence peut-être à la pêche, puis après c'est l'Irlande du Nord, puis après c'est d'autres mesures de l'accord qui concernent l'ensemble des pays européens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Le commerce, etc etc.

GABRIEL ATTAL
Et donc il faut être extrêmement ferme et c'est ce qu'on fait. Il y a un conseil de partenariat dont la demande a été faite pour qu'il se réunisse et pour qu'on puisse avancer sur ce sujet-là. Il faut quand même dire, Jean-Jacques BOURDIN, que notre mobilisation ces dernières semaines elle n'a pas été vaine puisque le nombre de licences qui n'ont pas encore été accordées pour nos pêcheurs…

JEAN-JACQUES BOURDIN
150 encore.

GABRIEL ATTAL
A diminué. On n'était pas à 150 il y a quelques semaines.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est vrai.

GABRIEL ATTAL
Mais ça montre qu'il faut poursuivre la mobilisation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que la France obtiendra la totalité des licences demandées, réclamées ?

GABRIEL ATTAL
On se bat pour ça et moi je veux rendre hommage à nos pêcheurs. Parce que qu'est-ce qu'ils font depuis un an ? Ils sont extrêmement résilients, ils sont patients. Vous avez des Britanniques qui leur ont demandé plein de documents, de précisions comme s'ils ne les avaient pas déjà. Ils ont été patients, ils ont été résilients, ils ont une inquiétude et une angoisse parce que c'est leur travail. On parle de leur outil de travail et souvent celui de leur famille parce que derrière un pêcheur, vous avez souvent son épouse, ses enfants parfois qui travaillent avec lui aussi. Et donc moi, je veux vraiment saluer leur courage et leur résilience et leur dire...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous obtiendrons ces licences ?

GABRIEL ATTAL
On ne lâchera pas nos pêcheurs, on va continuer à se mobiliser pour eux et c'est ce qu'on a fait depuis le début de cette crise encore une fois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mobilisés. Vous êtes mobilisés mais je vous demande si vous obtiendrez les licences.

GABRIEL ATTAL
Vous avez vu que notre mobilisation, elle a permis d'obtenir des résultats, voilà. Donc c'est pour ça qu'il faut la poursuivre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. J'ai vu que Gérald DARMANIN avait annulé sa rencontre avec la ministre britannique de l'Intérieur.

GABRIEL ATTAL
Effectivement, suite à la lettre qui a été envoyée encore une fois en… les déplacés, Gérald DARMANIN a dit à son homologue ministre de l'Intérieur britannique qu'elle n'était plus la bienvenue à la réunion que nous organisons dimanche avec leurs autres homologues qui, eux, travaillent en coopération ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Aux Antilles, situation quasi insurrectionnelle et notamment en Martinique. La Guadeloupe, ça s'est un peu calmé mais pas en Martinique. Des équipes de BFM TV et RMC ont essuyé des tirs à balles réelles. À balles réelles ! Et il y a aujourd'hui des barrages, on n'approche plus de ces barrages avec des forces de l'ordre qui sont prises à partie avec des tirs à balles réelles. On est en situation insurrectionnelle ? Est-ce que le gouvernement envisage d'envoyer l'armée ?

GABRIEL ATTAL
Moi je veux rendre hommage à votre équipe. J'ai lu qu'il y avait aussi un journaliste de Paris Match qui était concerné.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Et puis il y a aussi un photographe de l'AFP, un autre photographe.

GABRIEL ATTAL
Je veux leur rendre hommage. On ne peut pas accepter en France, nulle part dans le monde et en l'occurrence, moi je suis porte-parole du gouvernement français, que des journalistes soient pris pour cible quand ils font leur travail et qu'ils se retrouvent a essuyer des tirs à balles réelles. C'est totalement inacceptable. On a vu il y a quelques jours en Guadeloupe déjà que des forces de l'ordre avaient été visées par des tirs à balles réelles et donc, évidemment, fermeté absolue face à ces situations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On fait quoi, fermeté absolue ?

GABRIEL ATTAL
On envoie des forces supplémentaires, ce qu'on a fait. Il y a aujourd'hui pour ce qui est de la Guadeloupe 2 250 officiers de sécurité, police, gendarmerie, Raid, GIGN qui sont mobilisés. Vous avez d'ailleurs dit que la situation en Guadeloupe s'était relativement calmée, apaisée. Ensuite c'est fermeté dans les interpellations, plus de 100 interpellations qui ont eu lieu ces derniers jours et, je l'espère, fermeté dans les condamnations puisque la justice est saisie et qu'il commence à y avoir des condamnations. Voilà. Et évidemment, il faut aussi du dialogue mais moi je ne mélange pas les choses. Les personnes qui aujourd'hui sont dans des pillages, sont dans des agressions vis-à-vis des forces de l'ordre des journalistes ou tout simplement d'autres Français, c'est inacceptable et il faut de la fermeté. Ensuite, évidemment qu'il faut du dialogue. Vous savez hier, Sébastien LECORNU réunissait les maires de la Guadeloupe en visioconférence. Ils se sont accordés sur une méthode de travail pour aller encore vers l'apaisement et pour continuer à travailler ensemble. C'est comme ça qu'on va y arriver aussi mais il y a une fermeté absolue. On a toujours protégé nos concitoyens des Antilles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors si la situation s'aggrave, est-ce que le gouvernement envisage d'envoyer des militaires ?

GABRIEL ATTAL
Non. Ce que je vous dis, c'est qu'on a renforcé très fortement les policiers, les gendarmes, avec un appui du RAID et du GIGN sur place. Et vous l'avez dit, en Guadeloupe on a constaté - je suis prudent quand même - mais on a constaté ces dernières nuits une situation qui s'était relativement stabilisée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, dernière question. Est-ce que vous avez regardé l'émission Envoyé spécial hier soir sur France 2 ?

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas regardé l'émission. J'ai vu des extraits sur les réseaux sociaux en rentrant chez moi tard hier soir.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les faits sont prescrits mais les témoignages demeurent. Faut-il remettre en cause la prescription

GABRIEL ATTAL
Moi ce que j'ai vu hier, c'est à des témoignages encore une fois que j'ai vus sur les réseaux sociaux qui sont poignants voire glaçants pour certains et qui nous rappellent la nécessité que la justice puisse faire son travail dans ces situations et face à de tels actes. C'est important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la justice ne pourra pas faire son travail en l'occurrence.

GABRIEL ATTAL
Alors ce n'est pas tout à fait vrai puisque, même pour des faits qui apparaissent prescrits, la justice peut enquêter, ne serait-ce que pour vérifier si d'autres faits plus récents qui ne sont pas prescrits ont été commis. C'est important de le rappeler. C'est ce qu'Eric DUPOND-MORETTI, mon collègue garde des Sceaux, rappelait hier matin et donc c'est important. On a beaucoup fait, vous savez, depuis le début de ce quinquennat pour mieux recueillir la parole des femmes. Il y a depuis le mouvement MeToo une parole qui s'est libérée et, je le dis, c'est heureux. C'est important que les femmes osent parler, qu'elles puissent s'exprimer et surtout qu'elles soient crues et que leurs témoignages puissent être recueillis dans de bonnes conditions par la justice, par les forces de sécurité

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous regrettez à l'époque le soutien du gouvernement à Nicolas HULOT lors du premier témoignage ?

GABRIEL ATTAL
Je me souviens, je n'étais pas au gouvernement à l'époque. Ce dont je me souviens à l'époque, c'est qu'il y avait un témoignage d'une femme qui disait : ? Je ne veux pas qu'on parle de cette affaire, je ne veux pas qu'on cite mon nom ? et il y a eu un soutien à l'État de droit, à la présomption d'innocence. Vous avez aujourd'hui des témoignages supplémentaires qui s'ajoutent, qui n'étaient pas connus à l'époque, que ce soit le gouvernement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous soutenez la présomption d'innocence ?

GABRIEL ATTAL
Je soutiendrai toujours la présomption d'innocence mais ça n'empêche pas aussi de soutenir la libération de la parole et la parole des femmes qui doit, encore une fois, être entendue, crue et respectée dans le cadre de notre État de droit et du fonctionnement de la justice. On a beaucoup fait avec Marlène SCHIAPPA, aujourd'hui aussi avec Elisabeth MORENO pour mieux former nos policiers et nos gendarmes à recueillir la parole des femmes, pour développer les endroits on pouvait déposer plainte, pour lancer la plainte en ligne, pour soutenir les femmes psychologiquement, juridiquement quand elles veulent porter plainte. Evidemment il faut poursuivre cette action.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gabriel ATTAL d'être venu nous voir ce matin, porte-parole du gouvernement, sur RMC et BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 novembre 2021