Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur l'OTAN, à Paris le 10 décembre 2021.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs,


Mme la ministre des armées, Florence Parly, et moi-même, avons aujourd'hui le plaisir d'accueillir à Paris le secrétaire général de l'OTAN, M. Jens Stoltenberg, et en même temps, les ambassadeurs du Conseil de l'Atlantique Nord que nous verrons juste après cette conférence de presse.

Nous avons donc échangé, tous les trois, de manière approfondie, ce matin. Cette discussion intervient à un moment clé, puisque la France se prépare à assurer la présidence du Conseil de l'Union européenne. Le Président de la République en a présenté les grands axes, hier, devant vous. Et dans le même temps, l'OTAN prépare un sommet très important qui se tiendra à Madrid, en juin prochain, et a engagé la revue de son concept stratégique. Nous avons eu l'occasion d'en parler, cher Jens, la semaine dernière, lors de notre rencontre ministérielle, à Riga.

Nous avons évoqué, avec le secrétaire général, ce matin, deux enjeux principaux, sur lesquels je me propose de revenir brièvement avant de passer la parole à Mme Parly, puis au secrétaire général.

D'abord, nous tenons à ce que l'Union européenne comme l'OTAN se complètent et se renforcent mutuellement, et contribuent ensemble à la sécurité européenne. Le Président de la République et le Président américain ont rappelé ces principes dans leur déclaration conjointe, le 29 octobre dernier. Nous avons donc échangé, de manière détaillée, avec le secrétaire général de l'OTAN sur les priorités de la présidence française du Conseil de l'Union européenne en matière de sécurité et de défense. Nous avons constaté une grande convergence de priorités, ce qui est normal, puisque l'Union européenne et l'OTAN font face à des défis de sécurité communs et accessoirement ont 25 Etats membres en commun.

Notre objectif principal est de renforcer les capacités d'action des Européens, pour répondre aux évolutions de cet environnement stratégique. Et c'est un effort qui doit bénéficier en définitive autant à l'Union européenne qu'à l'OTAN ; c'est tout le sens de la Boussole stratégique qui sera adoptée par l'Union européenne pendant notre présidence, qui sera en quelque sorte le livre blanc européen.

Avec la ministre des armées et le secrétaire général, nous ferons en sorte d'assurer un travail très étroit, au cours des prochains mois, entre l'Union européenne et l'OTAN, pour assurer la cohérence de ces orientations avec celles qui seront élaborées à l'OTAN dans le cadre du prochain concept stratégique, qui sera, quant à lui, adopté lors du sommet de Madrid. Chaque organisation a bien sûr son rôle propre, mais il faut qu'elles travaillent dans la même direction.

Deuxièmement, nous avons également poursuivi nos échanges sur la situation autour de l'Ukraine, dont nous avons déjà beaucoup parlé à Riga. Nous continuons à suivre de très près la situation et nous poursuivons des échanges quotidiens avec nos partenaires. Nous avons évoqué cette question avec ma collègue allemande, hier. Et le Président de la République le fera, évidemment, avec le Chancelier allemand, dans quelques instants. L'OTAN est unie face à cette situation et il est indispensable que nous poursuivions nos échanges d'informations sur le sujet. Il est clair, pour nous, et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, que toute atteinte à l'intégrité de l'Ukraine entraînerait de notre part, inévitablement, des conséquences stratégiques massives, qui ont déjà été annoncées par les uns et les autres, au cours des derniers jours.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 décembre 2021