Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à BFM TV le 16 décembre 2021, sur la progression du variant Omicron, la politique de l'immigration et le regain de l'inflation.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Question directe d'actualité, Gabriel ATTAL. Le Covid, 65.713 nouveaux cas ces dernières 24h, 151 décès, 151 décès, est-ce qu'on sait… d'ailleurs on ne sait pas si ces personnes décédées étaient vaccinées ou non vaccinées, on le sait ?

GABRIEL ATTAL
Probablement de Santé Publique France peut communiquer des données…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ne les donnent pas.

GABRIEL ATTAL
On sait qu'aujourd'hui, quand vous prenez un panel de 10 000 personnes qui sont non vaccinées et un panel de 10 000 personnes qui sont vaccinées, le nombre de personnes qui ont le Covid, une forme grave, une hospitalisation en réanimation et un décès, est beaucoup plus important chez les personnes non vaccinées que chez les vaccinées…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais ne devrait-on pas donner d'ailleurs ce chiffre ?

GABRIEL ATTAL
On le donne sur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tant de décès par jour, tant de décès de personnes non vaccinées et tant de décès de personnes vaccinées, ça serait simple.

GABRIEL ATTAL
On le donne sur les hospitalisations, les réanimations, je pense qu'on doit pouvoir le donner sur les décès, je retiens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis ça parce que ça inciterait peut-être certains à aller se faire vacciner, Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Oui, absolument, il faut toujours rappeler que quand vous êtes vacciné vous avez, ça dépend des études scientifiques, mais entre six et neuf fois moins de risque d'être hospitalisé, d'avoir une forme grave de la maladie, donc évidemment que le vaccin est très protecteur. Je retiens sur la statistique sur les décès.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quatre mille personnes en soins critiques autour de Noël, c'est ce que vous avez dit hier matin.

GABRIEL ATTAL
Oui, c'est ce que nous disent les modélisations des scientifiques, de l'Institut Pasteur, du Conseil scientifique, qui effectivement anticipent qu'on pourrait atteindre jusqu'à 4000 personnes Covid en réanimation d'ici à la fin de l'année, autour des fêtes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Conseil de défense sanitaire vendredi, demain, Conseil de défense sanitaire avec de nouvelles décisions, j'imagine, de nouvelles décisions dans quelle direction ? Je ne sais pas moi, il faut accélérer la campagne de vaccination, pour accélérer la campagne de vaccination, que faire ?

GABRIEL ATTAL
L'enjeu c'est d'abord de faire un point sur la situation, c'est ce qu'on fait à chaque Conseil de défense, vous savez qu'il y en a très régulièrement, tous les 15 jours il y a un Conseil de défense, donc ça va nous permettre de faire ce point, un point sur la situation dans nos hôpitaux, comment est-ce qu'on peut aider encore, soutenir encore nos hospitaliers, même si je rappelle que le meilleur moyen de les aider c'est de faire très attention et de se vacciner, mais comment est-ce que nous évidemment, l'Etat, les pouvoirs publics, on peut leur donner les moyens d'affronter cette vague, qui est forte, à l'hôpital, ça c'est la première chose. Ensuite un point sur le développement du variant Omicron sur notre territoire, et sur les données dont on dispose suite à son développement dans un certain nombre de pays, notamment en Afrique australe et au Royaume-Uni.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En Grande-Bretagne une personne sur deux, contaminée, est contaminée par le variant Omicron, et en France ?

GABRIEL ATTAL
On estime que le variant Omicron va devenir majoritaire en Grande-Bretagne, s'il ne l'est pas déjà, dans les prochaines heures ou les prochains jours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et en France ?

GABRIEL ATTAL
En France aujourd'hui on est, je crois, à 240 cas détectés du variant Omicron, ce qu'on sait qu'il y en a probablement plus, d'ailleurs il y a des tests qui sont encore en cours de séquençage, mais qu'il y en a probablement qui ne l'ont pas encore été, et que c'est un variant qui va être amené à se développer partout en Europe, partout dans le monde, parce qu'il est, au moins a priori deux fois plus contagieux que le variant Delta qui était lui-même beaucoup plus contagieux que la souche initiale, et donc il va prendre le pas sur le variant Delta. C'est important que j'aille au bout de ce que je veux dire sur ce sujet-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y.

GABRIEL ATTAL
Donc notre logique c'est quoi ? C'est de retarder au maximum le développement du variant Delta sur notre territoire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Du variant Omicron.

GABRIEL ATTAL
Du variant Omicron, pardon, sur notre territoire, pourquoi ? parce que ce que semblent nous dire aussi les études scientifiques c'est que le rappel de vaccination a une efficacité sur le variant Omicron, et donc ce qu'il faut c'est retarder le plus possible son développement sur notre territoire et en profiter pour augmenter, accélérer très fort, sur le rappel de vaccination, pour qu'au moment où le variant Omicron sera en développement important dans notre pays on ait vacciné avec un rappel suffisamment de Français, c'est ça notre stratégie aujourd'hui. Et donc ça nous invite à quoi ? A être restrictifs sur les frontières avec les pays qui voient un développement du variant Omicron important, c'est ce qu'on a fait avec…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc le Royaume-Uni.

GABRIEL ATTAL
C'est-ce qu'on a fait avec l'Afrique australe, très tôt, vous vous en souvenez, on a suspendu les vols, ensuite on a mis en place des règles drastiques pour les personnes qui sont amenées à venir d'Afrique australe en France, c'est ce qu'on a fait pour tous les pays extérieurs à l'Union européenne avec une obligation de test au départ, y compris pour les vaccinés, de moins de 48 heures, et c'est ce qu'on va être amené à continuer à faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec le Royaume-Uni.

GABRIEL ATTAL
Oui, avec le Royaume-Uni on va prendre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'allez-vous prendre comme décision concernant le Royaume-Uni ?

GABRIEL ATTAL
On va prendre des décisions, qui seront annoncées par Matignon dans les prochaines heures, je voyais que des informations étaient relayées sur votre antenne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça veut dire quoi ?

GABRIEL ATTAL
Je vous confirme que c'est bien le type de mesure qu'on va être amené à prendre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ? Il faut le dire les choses.

GABRIEL ATTAL
C'est-à-dire qu'on va mettre en place un contrôle aux frontières avec le Royaume-Uni encore plus drastique que celui qui existe aujourd'hui. Ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'on va réduire la durée de validité du test pour venir en France, c'était 48 heures jusqu'à maintenant, ça va passer à 24 heures, ça veut dire qu'on va limiter les motifs qui permettent de venir du Royaume-Uni en France, ça va être limité aux nationaux, résidents français et à leurs familles, et donc tout ce qui est tourisme ou déplacement professionnel pour des personnes qui n'ont pas la nationalité française, ou européenne, qui ne sont pas résidentes en France, évidemment sera limité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et il faudra s'enregistrer ?

GABRIEL ATTAL
Il faudra s'enregistrer effectivement, sur une application, qui générera ce qu'on appelle un arrêté préfectoral d'isolement, ça veut dire que les personnes qui arrivent sur notre sol, du Royaume-Uni, devront s'isoler, dans lieu qu'elles choisiront, pendant sept jours, contrôlé par les forces de sécurité, mais que l'isolement pourra être levé au bout de 48 heures si un test négatif a été fait une fois arrivé en France, et donc c'est ça le cadre qui va être mis en place, qui nous permet de resserrer encore les mailles du filet pour, encore une fois, ralentir, réduire au maximum l'arrivée de cas de variant Omicron sur notre sol. On a vu qu'il s'est développé de manière importante au Royaume-Uni, mais aussi au Danemark, dans d'autres pays, et donc l'enjeu, encore une fois, c'est de ralentir ça au maximum, le temps qu'on vaccine avec des doses de rappel. On va de record en record sur le rappel, plus de 800 000 personnes encore avant-hier qui ont reçu une injection de rappel, c'est beaucoup, ça va continuer à augmenter, parce qu'il y a une mobilisation extraordinaire de nos professionnels de santé, que je veux saluer, évidemment on va poursuivre sur cette voie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, pour inciter les Français à aller se faire injecter cette dose de rappel, d'abord abandon des poursuites pour les personnes avec un faux pass sanitaire voulant se faire vacciner, on est d'accord, les personnes seront abandonnées ?

GABRIEL ATTAL
Ce qu'a dit Olivier VERAN hier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est ce qu'a dit Olivier VERAN.

GABRIEL ATTAL
C'est que vous avez aujourd'hui des Français, qui à un moment, et c'est vraiment une erreur, une faute, ont acheté, ou se sont fait donner un faux pass sanitaire, c'est-à-dire un QR Code qui dit qu'ils ont eu deux doses de vaccin, et que vous avez des personnes aujourd'hui qui le regrettent parce qu'elles voient bien que le Covid est dangereux, parce qu'elles voient bien qu'elles auraient intérêt à se faire vacciner, et que ce qu'il faut c'est que ces personnes-là ne soient pas empêchées de se faire vacciner, de décider finalement de se faire vacciner, c'est ça qu'il faut arriver à mettre en place, puisqu'aujourd'hui elles sont enregistrées dans nos bases de données comme si elles étaient vaccinées, elles ne le sont pas vraiment, donc l'intérêt pour eux et pour les Français c'est quand même que ces personnes se fassent finalement vacciner, donc c'est ça qu'on va mettre en place.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi est-ce que la dose de rappel pour les soignants n'est pas obligatoire, Gabriel ATTAL ?

GABRIEL ATTAL
C'est un choix qui a été fait…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ?

GABRIEL ATTAL
Mais parce que, Jean-Jacques BOURDIN, on fait confiance à la responsabilité de nos soignants, on l'a fait dans un premier temps…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire qu'on a imposé la vaccination obligatoire aux soignants, dans un premier temps, et le rappel, qui est si important aujourd'hui, vous le dites vous-même, on ne l'impose pas aux soignants, il va falloir que vous nous expliquiez pourquoi.

GABRIEL ATTAL
Ce qu'on a constaté c'est que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous savez pourquoi ? Parce qu'on a peur de manquer de soignants.

GABRIEL ATTAL
Ce qu'on a constaté, Jean-Jacques BOURDIN, c'est que les soignants ils ont été exemplaires s'agissant de la protection des Français face à l'épidémie, ils ont fait front, ils ont été au rendez-vous toujours, dans nos hôpitaux, pour accueillir les Français et pour les soigner, ils ont aussi été exemplaires et responsables sur la vaccination, avant même que l'obligation d'être vacciné entre en vigueur dans nos hôpitaux ils étaient déjà, dans leur quasi-totalité, vaccinés, et donc oui on fait confiance à leur responsabilité et le choix qu'on a fait aujourd'hui c'est de ne pas intégrer le rappel dans l'obligation de vaccination. Maintenant, évidemment, moi j'appelle les soignants à le faire ce rappel, parce qu'il les protège eux, parce qu'il protège évidemment les personnes qu'ils sont amenés à soigner, parce qu'on sait, encore une fois, qu'avoir son rappel de vaccination c'est quand même se donner plus de chances de lutter contre le variant Omicron, et donc évidemment on les appelle à le faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je voudrais qu'on parle un peu de santé, parce que j'ai lu avec intérêt, vous l'avez lu sans aucun doute, le rapport de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le monde entier vient se faire soigner en France, j'ai vu, 127 nationalités, ces soins, 16 000 étrangers soignés gratuitement avec des titres de séjour en France, pas de plafond. Faut-il fixer un plafond du nombre d'étrangers venant se faire soigner en France, est-ce que ça serait bien ?

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas lu le rapport en question, je vais le lire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il est très intéressant.

GABRIEL ATTAL
Je vais le lire avant intérêt. Vous savez qu'on a mis en place des mesures, notamment, alors ce n'est pas exactement ce sujet-là, mais sur les personnes qui viennent se faire soigner en France et qui bénéficient de l'AME, on a réduit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça n'a rien à voir.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais on a réduit le panier de soins…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui…

GABRIEL ATTAL
Oui, mais parce que les Français aussi ils attendent qu'on agisse sur ce sujet-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais bien sûr.

GABRIEL ATTAL
C'est important de rappeler…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça coûte 1 milliard, plus d'1 milliard d'euros par an.

GABRIEL ATTAL
C'est important de rappeler ce qu'on a fait. Ensuite on prend des mesures, de restriction, s'agissant de l'immigration pour d'autres motifs que les motifs qui sont aujourd'hui prévus par nos textes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas fixer un plafond ?

GABRIEL ATTAL
Mais, je vous dis, aujourd'hui que ça n'a pas été fait, mais qu'on regarde ce qu'on peut faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous sommes les champions du monde du tourisme de santé pratiquement, maintenant la France.

GABRIEL ATTAL
Je lirai le rapport que vous avez donné, mais je peux vous dire que s'agissant de l'immigration on a une politique qui vise à faire en sorte de mieux faire appliquer nos règles, voilà, que les personnes qui ont vocation à être accueillies en France elles le soient dignement, mais que les personnes qui n'ont pas vocation à être accueillies en France elles ne restent pas en France, c'est ça la logique de notre action, c'est pour ça qu'on a été amené à prendre des mesures difficiles avec les pays du Maghreb, vous le savez, avec des décisions difficiles sur les visas, pour les pousser à reprendre un certain nombre de ressortissants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est franchement efficace ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Oui, on a vu que ça changeait les choses avec certains pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'a aucun chiffre…

GABRIEL ATTAL
Qu'il y avait plusieurs centaines de laissez-passer consulaires qui ont été remis par certains pays, mais évidemment il faut continuer à mettre la pression et aller plus loin, il y a aussi des discussions diplomatiques qui sont en cours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La SNCF, les vacances de Noël malheureusement sont en danger parce que, parce que des trains ne vont pas circuler, parce qu'il y a une grève ce week-end, notamment sur le réseau Sud-Est, notamment le réseau Sud-Est, du TGV Paris-Sud-Est, l'axe Paris-Sud-Est, que dites-vous ce matin aux grévistes ?

GABRIEL ATTAL
Ce que je dis c'est que la SNCF a fait des propositions, des propositions de rémunération aux cheminots, je crois qu'on parle de primes qui vont de 300 à 600 euros par personne, qu'il y a un maintien aujourd'hui de l'annonce de cette grève, moi je le regrette, je pense que tous les Français qui nous écoutent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est irresponsable ?

GABRIEL ATTAL
Tous les Français qui nous écoutent, qui sont concernées, ils attendent quand même une chose, c'est de pouvoir aller souffler un peu, retrouver leur famille à l'occasion des fêtes, et donc moi je le dis, j'espère, j'espère, que d'ici à l'entrée en vigueur de la grève qui a été annoncée, ceux qui l'ont organisée retrouveront une responsabilité, j'allais même dire une forme de décence, en levant cette grève et en acceptant les propositions qui sont faites par la…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous appelez à la levée de la grève ?

GABRIEL ATTAL
Et en acceptant les propositions qui sont faites par la SNCF.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous pensez que c'est possible, c'est encore possible ?

GABRIEL ATTAL
Je l'espère.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les négociations sont encore en cours.

GABRIEL ATTAL
En tout cas on fait tout…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'UNSA a levé son préavis de grève hier.

GABRIEL ATTAL
Oui, il y a un certain nombre de syndicats qui ont pris des positions, et je le salue, parce qu'encore une fois, qui seraient victimes ? C'est les Français, ce n'est pas les cheminots, ce n'est pas la SNCF, c'est les Français qui seraient victimes de cette situation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai plein de questions Gabriel ATTAL, sans revenir sur l'intervention du président de la République hier soir, j'ai plein de questions, je vais y revenir, je vais vous poser une ou deux questions dessus, mais, Gabriel ATTAL, sur l'inflation, 2,8 en novembre, c'est important, c'est énorme même comme inflation, ça veut dire quoi, ça veut dire augmentation du SMIC au 1er janvier de 0,9,%, c'est ça ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
0,9 %…

GABRIEL ATTAL
C'est une revalorisation automatique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Plus coup de pouce ou pas ?

GABRIEL ATTAL
C'est une revalorisation automatique, Elisabeth BORNE a annoncé que c'est cette revalorisation qui aurait lieu au 1er janvier, sur un an, entre le 1er janvier 2021, 1er janvier 2022, je crois que ça fait une augmentation de 3,1 %. Moi ce que je veux rappeler, s'agissant de l'inflation que vous avez évoquée, oui l'inflation est importante dans notre pays, et vous l'avez dit, 2,8 % au mois de novembre, c'est sur 12 mois glissants, si vous prenez la moyenne au niveau européen je crois qu'on est à 4,9, si vous prenez un certain nombre de nos voisins ça monte à 5 ou à 6 %. Pourquoi est-ce qu'on est en dessous en France ? Aussi parce qu'on a pris des mesures très fortes, notamment pour limiter l'augmentation des prix de l'énergie. Moi je veux rappeler le choix qui a été fait par ce gouvernement de bloquer l'augmentation des tarifs du gaz, de bloquer l'augmentation des tarifs de l'électricité, qui était encore prévue au début de l'année, qui devait augmenter de l'ordre de 15, peut-être 20 %, on a bloqué à 4 %, sur les tarifs du gaz vous savez aussi que les décisions qui ont été prises pour lisser cette augmentation, c'est des décisions très fortes qui ont été prises pour protéger les Français. Et en plus de cela vous savez qu'on a pris des mesures pour leur pouvoir d'achat, notamment avec le chèque énergie, les 5,8 millions de foyers qui bénéficient du chèque énergie reçoivent en ce moment même dans leur boîte aux lettres un chèque exceptionnel de 100 euros pour faire face à cette augmentation du prix de l'énergie, et par ailleurs vous savez que tous les Français qui gagnent moins de 2000 euros bénéficient d'une indemnité inflation spécifique, que nous avons mise en place, les étudiants ont commencé à la recevoir en début de semaine, les salariés vont la recevoir à la fin du mois avec leur paye, précisément…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les retraités en février.

GABRIEL ATTAL
Et les retraités en février, précisément parce qu'il y a cette inflation, et précisément parce que le sens de notre action c'est de faire en sorte que le travail paye, on a beaucoup fait pour augmenter la rémunération, notamment de ceux qui ont les plus bas salaires, qui sont au SMIC, et que l'inflation, l'augmentation des prix, ne vienne pas annihiler ces marges de manoeuvre qu'on a voulu redonner, et donc oui on a cette action très forte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, est-ce que hier soir, sur TF1, le président de la République cherchait à se faire aimer ?

GABRIEL ATTAL
Je pense que le président de la République a voulu faire comprendre de ceux, peut-être…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Se faire aimer aussi.

GABRIEL ATTAL
De ceux, peut-être, qui se posaient des questions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Se faire aimer.

GABRIEL ATTAL
Je ne dirais pas ça comme ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors que les Français ont des doutes sur sa sincérité, vous le savez bien.

GABRIEL ATTAL
Je ne dirais pas ça, je pense que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il a chassé ces doutes hier soir ?

GABRIEL ATTAL
Je pense que c'était un exercice important, et un échange important avec les présentateurs, les intervieweurs qui étaient là, qui a permis au président d'avoir, devant les Français, en transparence, un regard lucide sur son quinquennat et sur son action, de dire ce qui a été fait, de dire ce qui malheureusement n'a pas pu être fait, on a vécu un certain nombre de crises, depuis le début de ce quinquennat, qui effectivement ne nous ont pas permis d'aller au bout sur l'ensemble des chantiers…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La réforme des retraites par exemple.

GABRIEL ATTAL
La réforme des retraites par exemple ; de dire ce qui a été réussi, de dire ce qui n'a pas été réussi, de dire quelles sont des erreurs qui ont pu être faites, je pense que c'est important aussi démocratiquement, pour les Français, qu'ils puissent avoir ces propos et ce regard du président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, si j'ai bien compris sur les retraites, quand Emmanuel MACRON… quand va-t-il se déclarer d'ailleurs ?

GABRIEL ATTAL
Moi je n'en sais rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand nous dira-t-il sa décision ?

GABRIEL ATTAL
Mais, Jean-Jacques BOURDIN, moi je souhaite qu'il soit candidat…

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'imagine.

GABRIEL ATTAL
Mais je le souhaite parce que je pense que l'action qui a été conduite depuis le début de ce quinquennat est utile pour le pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand annoncera-t-il sa décision ?

GABRIEL ATTAL
Et que ce serait utile pour le pays qu'elle se poursuive et qu'on aille au bout d'un certain nombre de chantiers.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand annoncera-t-il sa décision ?

GABRIEL ATTAL
Je ne peux pas vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne savez pas, bon !

GABRIEL ATTAL
Je ne sais pas, ce que je souhaite, évidemment, c'est qu'il soit candidat. Ce que je dis aussi, par rapport à certains débats que j'entends, des polémiques autoportées par les oppositions, c'est que le fait de ne pas être en campagne, aujourd'hui, pour nous, ce n'est pas un avantage, c'est un inconvénient. C'est un inconvénient aujourd'hui évidemment quand vous avez des oppositions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfin, il est présent à la télévision souvent en ce moment le président de la République.

GABRIEL ATTAL
Mais, quand vous avez des oppositions qui nous attaquent en permanence, de manière très souvent malhonnête…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est leur rôle.

GABRIEL ATTAL
D'accord, mais nous ce qu'on aimerait évidemment c'est pouvoir leur répondre en tous points, on ne peut pas le faire, précisément parce qu'on n'est pas en campagne. Et par ailleurs, pourquoi est-ce qu'on n'est pas en campagne, Jean-Jacques BOURDIN ? Parce qu'on est amené à prendre des décisions difficiles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais le président l'a fait hier soir en répondant à Valérie PECRESSE sur la réduction de la dette, par exemple, il l'a fait, il l'a fait en répondant à Valérie PECRESSE sur…

GABRIEL ATTAL
Il a répondu aux journalistes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Oui.

GABRIEL ATTAL
Il a répondu aux journalistes qui lui posaient des questions, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ne soyons pas dupes, réduction des dépenses publiques…

GABRIEL ATTAL
Mais oui, mais je vous dis c'est important qu'on puisse répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le nombre de fonctionnaires, il a répondu à Valérie PECRESSE, ne soyons pas dupes.

GABRIEL ATTAL
Il a répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur des propositions qui sont dans le débat public, évidemment, mais de même que des propositions sur le permis à points, etc., il a eu l'occasion de s'exprimer, voilà. Mais, encore une fois, je ne comprends pas cette fausse polémique, enfin si je la comprends, parce qu'elle vise à faire quoi ? A masquer finalement la gêne des oppositions de nous laisser parler de ce qu'on fait et de notre bilan. Ils sont gênés chez les Républicains, c'est vrai, qu'on dise qu'on a recruté les policiers qu'ils ont licencié, qu'on a baissé les impôts qu'ils avaient augmenté, qu'on a renforcé les services publics qu'ils avaient voulu liquider, ça les gêne, donc qu'est-ce qu'ils font, ils font des espèces d'artifices en expliquant que le président serait candidat sans le dire, etc., parce qu'ils ne veulent pas qu'on parle du fond et de ce qu'on a fait, et de ce qu'on est en train de faire aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, hier soir Emmanuel MACRON a parlé de la réforme des retraites, il a dit "j'ai réfléchi, il va falloir mettre en place trois régimes, trois grands régimes, fonction publique, les salariés du privé et les indépendants", on est bien d'accord, mais ça veut dire quoi, mêmes règles, même calcul de pensions, même âge de départ ?

GABRIEL ATTAL
Il y aura probablement un débat dans le pays, un travail, il n'y a pas de réforme aujourd'hui qui a été élaborée. Vous savez qu'il y a une réforme…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il réfléchit, il la prépare…

GABRIEL ATTAL
On avait élaboré une réforme des retraites, elle a été adoptée par le Parlement en première lecture avec un 49.3, elle a été suspendue du fait de la crise sanitaire, cette réforme elle prévoyait un seul régime pour tout le monde…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Finalement ce n'était pas la bonne idée.

GABRIEL ATTAL
Ce qu'a dit le président hier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas la bonne idée.

GABRIEL ATTAL
C'est qu'il considérait qu'il valait mieux garder trois régimes, mais surtout supprimer tous les régimes spéciaux, ce qui fait qu'aujourd'hui vous avez, en France, des personnes qui font le même métier, mais qui le font dans, d'un côté une société publique, de l'autre côté une société privée, et qui n'ont pas la même retraite, ne partent pas au même âge, et ne partent pas avec la même retraite à la fin, et ça il faut évidemment arriver à le corriger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai trois, quatre questions directes, Gabriel ATTAL. La première, on a parlé des Gilets jaunes hier, lors de l'émission de TF1, j'aimerais en parler encore une fois, que sont devenus les cahiers de doléances ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a eu un exercice exceptionnel dans notre pays, vous avez des Français qui ont contribué…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ont contribué, oui, 10 000 cahiers déposés en préfecture en février 2019.

GABRIEL ATTAL
Oui, oui ; il y a eu des analyses qui ont été faites de ce qui a été dit, dans les débats, de ce qui a pu être écrit, il y a des mesures qu'on a été amené à prendre après le mouvement des Gilets jaunes, et après le grand débat national, qui sont immédiatement issues, Jean-Jacques BOURDIN, de ces travaux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ces cahiers et ces doléances devaient pouvoir être consultés en ligne par tous, ce qui est impossible aujourd'hui, absolument impossible, il va bien falloir un jour ou l'autre que vous mettiez ces cahiers à disposition des Français.

GABRIEL ATTAL
En tout cas je peux vous dire… je vous donne un exemple, non mais je peux vous donner un exemple, il y avait, pendant le grand débat national, pendant les débats qui ont eu lieu, dans des cahiers de doléances, des propos qui avaient été émis par des femmes seules qui élèvent leurs enfants, qui ont du mal à boucler les fins de mois, et qui ne se faisaient pas verser la pension alimentaire par leur conjoint, c'est quelque chose qui est beaucoup revenu dans le grand débat national, et notamment dans une des cessions du grand débat national, qui était organisée autour du président de la République, avec des femmes. Qu'est-ce qu'on a fait ? on a fait une réforme avec la garantie de payer, contre les impayés de pension alimentaire, qui devient automatique à partir de cette année, pour que les femmes se voient verser automatiquement par la CAF la pension alimentaire et c'est ensuite la CAF qui se retourne vers le conjoint défaillant pour se rembourser la pension alimentaire, ça c'est un exemple concret de ce qui a changé après le mouvement des Gilets jaunes, le grand débat national, parce que des Français se sont exprimés à cette occasion. On fait des propositions, on fait un constat sur leur situation, et que nous, gouvernement, responsables politiques, notre responsabilité c'est de trouver des solutions pour y répondre, et on peut citer d'autres exemples qui sont issus du grand débat national.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je voudrais terminer avec le sommet des 27 à Bruxelles aujourd'hui, Gabriel ATTAL. Première question, l'Ukraine demande de son adhésion à l'OTAN, est-ce que la France soutient cette demande, oui ou non ?

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas de réponse à vous apporter aujourd'hui sur ce sujet-là, ce qui est certain c'est qu'on est préoccupé par la situation, on défend l'intégrité territoriale, la souveraineté de l'Ukraine, le président de la République a eu l'occasion de le rappeler…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La France ne s'oppose pas à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ?

GABRIEL ATTAL
Je vous dis que je n'ai pas de déclaration à faire sur ce sujet-là aujourd'hui, mon collègue Jean-Yves LE DRIAN pourra vous répondre sur cette question.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes porte-parole du gouvernement !

GABRIEL ATTAL
Je sais, oui, je vous confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
North Stream 2, est-ce que la France est favorable à sa mise en service ?

GABRIEL ATTAL
Ça c'est un sujet qui est discuté au niveau européen, vous savez qu'il y a les Allemands qui sont très concernés aussi par ce sujet-là…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la France n'a pas de position là-dessus ?

GABRIEL ATTAL
Mais, Jean-Jacques BOURDIN, ce que je vous dis c'est qu'on a un ministre des Affaires étrangères…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais on a aussi un porte-parole du gouvernement…

GABRIEL ATTAL
Oui, on a aussi un porte-parole.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'imagine que le gouvernement…

GABRIEL ATTAL
Mais sur un certain nombre de sujets…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur ces questions-là, a…

GABRIEL ATTAL
Oui, sur un certain nombre de sujets je laisse mon collègue ministre des Affaires étrangères répondre et avoir le temps de le faire de manière plus poussée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis il y aura aussi une autre question, les flux migratoires, à Bruxelles aujourd'hui, comment les limiter ?

GABRIEL ATTAL
Ça va être un des sujets de la présidence française de l'Union européenne, vous savez que nous ce qu'on souhaite c'est qu'il y ait une meilleure coordination européenne, qu'il y ait une gestion politique de l'espace Schengen qui soit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire quoi une gestion politique de l'espace Schengen ?

GABRIEL ATTAL
Ça veut dire qu'aujourd'hui vous avez un espace Schengen, avec des règles qui existent, s'agissant des frontières et des déplacements, mais que vous n'avez pas régulièrement de réunions des ministres de l'Intérieur, par exemple, pour définir quelles sont les priorités, comment on vient en soutien des pays qui sont les plus concernés par des flux migratoires irréguliers qui arrivent à leurs frontières. Aujourd'hui, par exemple, vous avez des règles budgétaires qui existent en Europe, et vous avez une gestion politique qui est faite au niveau européen, on vérifie si ces règles sont respectées, on voit comment est-ce qu'on peut conseiller, accompagner les pays pour qu'ils les respectent, ce qu'on veut c'est la même chose sur l'espace…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Remise en cause du système Dublin ?

GABRIEL ATTAL
Sur l'espace Schengen, c'est ça qu'on veut. Et la deuxième chose qu'on veut, Jean-Jacques BOURDIN, c'est avoir un vrai dispositif qui permette de venir en soutien massivement aux pays qui sont confrontés aux principaux flux migratoires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que la Pologne est confrontée à un flux migratoire, voulue par la Biélorussie, l'Europe toute entière se porte au secours de la Pologne ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a déjà des mesures qui sont possibles et des moyens qui sont mis en place, notamment avec Frontex, mais il faut arriver à être plus efficace en la matière, il faut arriver à avoir une vraie coordination qui permette aussi de partager l'effort. On a toujours défendu, quand on était… depuis 2017 et le discours de la Sorbonne du président de la République, par exemple, pour avoir un mécanisme sur la question de l'asile au niveau européen, pour que quand des personnes, parce qu'il y a des personnes qui viennent en Europe, qui ont vocation à pouvoir être accueillies parce qu'elles sont persécutées dans leur pays, il faut qu'elles puissent être accueillies, et l'enjeu, et ce qu'on a toujours porté, c'est que évidemment chacun puisse prendre sa part aussi à cette intégration, et donc ça, ça fait partie des enjeux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il va falloir limiter l'asile en Europe ?

GABRIEL ATTAL
Nous ce qu'on souhaite…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comme le fait le Danemark par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Non, mais vous savez, Jean-Jacques BOURDIN, si déjà les personnes, qui ont vocation à être sur notre sol, qui ont vocation à pouvoir bénéficier de l'asile, l'étaient de manière convenable, et que les personnes qui n'ont pas vocation à bénéficier de l'asile étaient reconduites à la frontière comme c'est prévu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce qu'on ne fait pas.

GABRIEL ATTAL
Déjà, il faut déjà faire appliquer les règles. Moi j'entends bien des personnes qui disent il faut faire bouger les règles, etc., mais l'enjeu c'est déjà de faire appliquer les règles. On s'est donné les moyens, avec une loi qui a été votée en 2018, qui a permis de réduire un certain nombre de délais, avec l'augmentation des moyens, par exemple à nos frontières avec l'Italie, avec l'Espagne, pour mieux gérer là aussi la situation, on s'est donné les moyens de faire appliquer nos règles, et donc nous l'enjeu aujourd'hui, Jean-Jacques BOURDIN, c'est de faire appliquer les règles qui sont les nôtres, après on peut toujours discuter de les faire évoluer, mais je pense que ce que les Français attendent c'est que nos règles soit respectées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gabriel ATTAL d'être venu nous voir ce matin, RMC et BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 décembre 2021