Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance, à LCI le 10 janvier 2022, sur la politique économique du gouvernement dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.

Texte intégral

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Elizabeth MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d’être ce matin sur le plateau de LCI. Vous êtes ministre de l’Economie, vous êtes même ministre de l’Economie depuis 5 ans, vous aurez fait tout le quinquennat, on y reviendra. Mais d’abord, évidemment comment se porte l’économie sous Omicron, si je puis dire, le conseil scientifique, rappelez-vous, en décembre, avait alerté sur le risque de désorganisation de la société à cause de ce virus ; est-ce que l’économie est désorganisée, est-ce qu’il y a même un risque de paralysie ?

BRUNO LE MAIRE
Il n’y a pas de risque de paralysie, il n’y a pas de désorganisation, en revanche, il y a des difficultés dans un certain nombre de secteurs que je ne sous-estime absolument pas, je vois dans la restauration l’absentéisme, parce que, tout simplement, les salariés sont malades, à cause de véritables difficultés dans beaucoup de restaurants, c’est la même chose dans l’hôtellerie, c’est la même chose aussi dans certains secteurs industriels, et moi, je veux saluer le travail que font tous les entrepreneurs, que ce soit un patron de restaurant, que ce soit un patron d’entreprise industrielle, et les salariés, avec eux, pour essayer de trouver des solutions pour s’organiser, réorganiser des horaires, et faire face à ces contraintes qui sont une fois encore des contraintes importantes pour les entrepreneurs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous allez me dire tout à l’heure, si vous voulez, un peu plus loin que cet hommage-là, mais quels sont les risques, parce que là, on est le 10 janvier, on voit déjà que c’est désorganisé, vous avez dit absentéisme, le télétravail, les deux combinés, ça fait beaucoup, l’Omicron, il ne décroître qu’à la fin du mois, dont il reste trois semaines, est-ce qu’il va y avoir un ralentissement de la demande, est-ce que vous ne craignez pas que ça aille un peu plus loin, cette désorganisation ?

BRUNO LE MAIRE
Moi, je pense que la règle dans cette période, comme ça a été le cas depuis 2 ans, c’est de garder son sang-froid, le pire n’est pas certain, mais il faut que nous nous préparions, que nous nous organisions, une fois encore, c’est ce que font et des salariés et des entrepreneurs, et moi, je tiens à saluer la capacité de résistance des salariés comme des entrepreneurs, mais gardons notre sang-froid ; nous avons mis en place toutes les mesures qui permettent de s’organiser différemment, on développe le télétravail, nous avons pris en charge l’activité partielle pour que ça ne pénalise pas un certain nombre de secteurs économiques. Et donc, moi, mon évaluation, c’est que sur le long terme, on a quelques semaines difficiles à passer, mais sur le long terme, Omicron, et la situation sanitaire n’affecteront pas la croissance française en 2022.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce sera amorti ?

BRUNO LE MAIRE
Ce sera amorti sur le long terme, et moi, je maintiens mes prévisions de croissance à 4%…

ELIZABETH MARTICHOUX
Les cafés, restaurants vous ont écrit, Monsieur le Ministre parce que, eux, ils anticipent sur une baisse de 30%, vous l’avez dit sur le mois de janvier, parce qu’effectivement, il y a moins de clients, mais ça, ça se voit, tout le monde peut le constater, ils subissent, ils subissent, est-ce que vous allez les laisser se débrouiller tout seuls face à cette baisse ?

BRUNO LE MAIRE
Non mais on ne les a jamais, Elizabeth MARTICHOUX, laissés se débrouiller tout seuls, et je ne les laisserai jamais se débrouiller tout seuls, nous avons mis en place un certain nombre de mesures, je le rappelle…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, mais les mesures, elles se déclenchent à 50% de la baisse du chiffre d’affaires, eux, disent, à 30%, on n’aura rien, et…

BRUNO LE MAIRE
Elles se déclenchent, alors, soyons tout à fait précis, l’activité partielle, si vous faites l’objet de mesures de restrictions sanitaires par exemple, dans un bar, il n’y a plus le droit de consommer debout, ou si vous perdez 65% de votre chiffre d’affaires, vous avez 100% de prise en charge de votre activité partielle mais dès que vous avez une contrainte sanitaire c’est pris en charge à 100% sans reste à charge, et l’activité partielle, c’est décisif pour tout ce secteur-là…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça, c’est pour l’activité partielle…

BRUNO LE MAIRE
C’est pour l’activité partielle, sur les coûts fixes, la règle, c’était qu’on y avait accès à partir de 65% de perte de chiffre, j’ai baissé à 50%, la règle, c’était que ça ne concernait qu’un tout petit nombre de secteurs, j’ai élargi à tout le secteur du tourisme, tout le secteur du tourisme peut avoir accès à cette prise en charge du dispositif coûts fixes, on m’a dit : c’est trop long, j’ai dit : vous avez raison, l’indemnisation est trop longue, on met en place un dispositif accéléré, dès que c’est moins de 50.000 euros d’indemnisation, c’est quasiment automatique. Est-ce qu’il faut aller plus loin ? Mais, une fois encore…

ELIZABETH MARTICHOUX
Eh bien, c’est la question qu’ils vous posent…

BRUNO LE MAIRE
Je propose de faire le point à la fin du mois de janvier pour voir le résultat des chiffres, mais vous savez, moi, je suis aussi comptable de l’argent des Français. Donc j’apporte des protections nécessaires comme je le fais depuis le premier jour aux hôteliers, aux restaurateurs, au secteur du tourisme, à l’événementiel, qui est très durement touché par ces mesures de restrictions, mais ma responsabilité, c’est de le faire sur la base de chiffres précis, pour distribuer l’argent à ceux qui en ont réellement besoin.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc si je comprends bien, ça n’est pas exclu, c’est sur la table, vous pourriez faire un geste, mais à condition qu’il n’y ait pas de gâchis…

BRUNO LE MAIRE
Oui, je vais être très concret, Elizabeth MARTICHOUX…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu’il n’y ait pas de pertes.

BRUNO LE MAIRE
Exactement, si on s’aperçoit qu’effectivement, les choses deviennent plus difficiles, moi, je suis prêt à regarder un dispositif d’exonération de charges, je sais que les charges, ça pèse très lourd dans ces secteurs-là, c’est ouvert, nous en avons parlé avec le Premier ministre la semaine dernière, ça fait partie des dispositifs que nous sommes prêts à déclencher le moment venu, mais une fois encore, je suis responsable de l’argent des Français, ce n’est pas le mien, c’est le vôtre. Donc je ne peux pas le distribuer comme cela sans vérifier que les gens en ont réellement besoin, ceux qui en ont besoin l’auront, mais je ne veux pas le distribuer à la cantonade comme si c’était mon propre argent.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais exonérations de charges, c’est sur la table de Bercy, réponse dans ?

BRUNO LE MAIRE
Exonération de charges, c’est sur la table, et je rappelle un point très important, les prêts garantis par l’Etat, avec un dispositif d’étalement jusqu’à 10 ans, la possibilité de décaler le remboursement du printemps prochain jusqu’à la fin de l’année 2022, ça, c’est une vraie attente de beaucoup d’entrepreneurs, notamment les plus petits d’entre eux.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous dites, c’est notre argent, justement, notre argent, les prix de l’électricité continuent de flamber, bien au-delà de ce que le gouvernement d’ailleurs prévoyait, quand Jean CASTEX a annoncé que les prix seraient gelés à 4%, pas plus de 4% au 1er février. Bruno LE MAIRE, dans ce contexte, est-ce que ces 4 %, ils vont tenir, est-ce que vous confirmez…

BRUNO LE MAIRE
Ils tiendront, vous savez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n’y aura pas de hausse supérieure à 4% ?

BRUNO LE MAIRE
Vous savez, le Premier ministre a fait une promesse aux Français, pas plus de 4% d’augmentation de leur facture électricité, moi, je suis le petit mécanicien, je suis là pour faire que la promesse du Premier ministre soit tenue, moi, j’aime bien en politique quand les promesses sont tenues et sont respectées, donc mon rôle, c’est de faire en sorte que la promesse du Premier ministre soit tenue. Comment est-ce que l’on fait pour tenir cette promesse ? On a utilisé un premier instrument, c’est baisser la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité, c’est-à-dire la fiscalité sur l’électricité, on l’a ramenée au plus bas de ce qui est possible au titre des règles européennes, ça nous coûte 8 milliards d’euros, c’est 8 milliards d’euros de recettes...

ELIZABETH MARTICHOUX
Déjà, ça coûte 8 milliards à l’Etat ?

BRUNO LE MAIRE
Oui, ça coûte déjà 8 milliards d’euros à l’Etat, c’est-à-dire que de l’argent qui aurait dû revenir à l’Etat, on le rend aux Français, aux ménages français pour qu’ils n’aient pas à payer une augmentation de leur facture d’électricité, ça, ça couvre jusqu’à 16, 17% d’augmentation du prix de l’électricité, mais la réalité, c’est que si nous ne faisons rien, au début du mois de février, la facture d’électricité des Français augmentera de 38 à 40%, c’est pour ça que depuis trois semaines…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire qu’on est passé d’une hausse prévue de 15% à 30 ou 40%

BRUNO LE MAIRE
Tout à fait, à peu près 38 à 40%, parce que les prix de l’énergie explosent partout, que les prix de l’électricité augmentent...

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça va coûter 8 milliards multipliés par combien ?

BRUNO LE MAIRE
Ça coûtera ce que nous aurons décidé in fine et de faire pour tenir la promesse du Premier ministre, je ne peux pas vous donner de chiffres précis, la seule chose, c’est que les Français doivent avoir la garantie que leur pouvoir d’achat ne sera pas menacé par l’augmentation des prix de l’électricité, et quand je dis les Français…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais c’est un peu votre travail de savoir combien ça va coûter quand même…

BRUNO LE MAIRE
C’est les ménages, oui, mais comme la négociation n’a pas encore définitivement abouti, je laisse la négociation se poursuivre, je pense que d’ici la fin de la semaine, nous aurons la solution technique pour protéger et les Français et les entreprises, parce que vous avez beaucoup de grandes entreprises industrielles qui aujourd’hui disent : mais moi, je ne peux plus payer ma facture d’électricité, ça représente 20, 30, 40 % de mes coûts, lorsque le prix augmente de 38 à 40%, je ne peux plus faire face. Donc nous y. travaillons nuit et jour, c’est un des enjeux majeurs…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour trouver une autre solution technique…

BRUNO LE MAIRE
Pour trouver une solution complémentaire, il y a la baisse de la fiscalité, il faut une autre solution pour garantir aux Français que, à la fin du mois de janvier, leur facture d’électricité n’augmentera pas, ni pour les ménages ni, je le redis, parce que c’est très important, pour les entreprises, en particulier, les grandes entreprises industrielles. Ce que je constate, c’est que, en 2021, contrairement à l’Italie, contrairement à l’Espagne, les Français n’ont pas vu leur facture d’électricité augmenter, eh bien, moi, ma responsabilité en 2022, c’est que la promesse du Premier ministre soit tenue, pas plus de 4% de hausse, et une protection des entreprises industrielles dont nous avons tant besoin.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que cet engagement de 4%, c’est pour toute l’année 2022 ?

BRUNO LE MAIRE
C’est pour toute l’année 2022, bien sûr…

ELIZABETH MARTICHOUX
Que vous soyez ou pas aux manettes après le 24 avril ?

BRUNO LE MAIRE
Non, mais il ne s’agit pas, Elizabeth MARTICHOUX, parlons clairement, il ne s’agit pas de dire aux Français : attendez, on va essayer de tenir jusqu’aux élections présidentielles, et puis, après, on fera une hausse brutale…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n’êtes pas complètement non plus étranger…

BRUNO LE MAIRE
Ah, ça m’est complètement étranger, ah si, Elizabeth MARTICHOUX…

ELIZABETH MARTICHOUX
Une augmentation de 40% du prix de l’électricité au 1er février à deux mois de l’élection…

BRUNO LE MAIRE
Ça m’est complètement étranger. Voyez, raconter des sornettes aux Français, ça m’est complètement étranger, quand je peux faire, je le fais, quand je ne peux pas faire, je le dis tout aussi simplement, je vous ai répondu clairement sur la protection des restaurateurs et des secteurs du tourisme, je vous réponds tout aussi clairement sur l’électricité, nous prendrons les mesures nécessaires pour que ménages français, comme entreprises industrielles soient protégés pour que la promesse du Premier ministre soit tenue, ça fait trois semaines qu’on y travaille…

ELIZABETH MARTICHOUX
Quoi qu’il en coûte…

BRUNO LE MAIRE
C’est des enjeux qui se chiffrent à plusieurs milliards d’euros, donc c’est des enjeux qui demandent des temps de discussions, mais nous aboutirons et nous protégeons les Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Juste encore une question, parce qu’on l’entend ces derniers jours, il paraît que le gouvernement prévoit d’autres aides au pouvoir d’achat d’ici à la fin du mois ?

BRUNO LE MAIRE
Les vraies aides au pouvoir d’achat, c’est celles que je viens d’indiquer, enfin, qu’est-ce que c’est…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, non, mais est-ce qu’il y en a d’autres qui sont sur le…

BRUNO LE MAIRE
Non, mais, vous savez, celles que je…

ELIZABETH MARTICHOUX
Dites-le-nous, parce que j’entends ça, j’ai vu ça…

BRUNO LE MAIRE
Non, celles que je viens d’annoncer …

ELIZABETH MARTICHOUX
L’INSEE aurait dit : il y a une baisse du pouvoir d’achat de 0,5% sur le premier semestre, le gouvernement, l’exécutif prévoit d’autres aides.

BRUNO LE MAIRE
Mais ce que je viens d’annoncer, ce sont des aides massives au pouvoir d’achat, quand nous protégeons les restaurateurs, les hôteliers, le secteur évènementiel, ça protège le pouvoir d’achat de tout ce secteur-là, quand nous protégeons contre l’augmentation des prix de l’électricité, c’est une aide au pouvoir d’achat qui se chiffre à plusieurs milliards d’euros. Et quand nous créons des emplois, parce que je rappelle que nous avons créé un million d’emplois sur le quinquennat, c’est la meilleure protection du pouvoir d’achat des Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
On y reviendra, mais encore un mot, parce que c’est Omicron aujourd’hui qui gouverne nos vies. Bruno LE MAIRE, quel est l’intérêt cela dit de cliver sur ce sujet en disant : j’ai envie d’emmerder les Français qui sont non-vaccinés, franchement, est-ce qu’on rend service aux enjeux de santé publique, est-ce qu’Emmanuel MACRON a rendu service à la santé publique ?

BRUNO LE MAIRE
Il ne s’agit pas de cliver, il s’agit de mettre chacun devant ses responsabilités, moi j’ai regardé ce qui s’est passé ce week-end, j’ai vu l’attaque d’un député à Saint-Pierre-et-Miquelon, j’ai vu ce qui s’est passé à Colmar, mais assez, assez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais justement, est-ce que…

BRUNO LE MAIRE
Mais assez avec ces comportements irresponsables, donc, moi je veux que les masques tombent, et s’il faut des mots un peu forts pour que les masques tombent, eh bien, utilisons des mots un peu forts, vous avez une poignée de Français qui mettent en jeu la santé de l’ensemble de la nation française, qui mettent les personnels soignants, c’est ce qui a suscité la réaction, on le comprend aussi, du président de la République, au bord de l’épuisement, ils n’en peuvent plus, ils n’en peuvent plus de voir des gens irresponsables qui arrivent dans les services d’urgences, qui arrivent dans les services de réanimation, et qui disent : ah ben, si j’avais su, j’aurais agi et différemment, eh bien, agissez différemment tout de suite, et pensez surtout, parce que j’ai des cas autour de moi, on en a tous autour de nous, de personnes qui sont touchées par le cancer, qui attendent leur opération depuis une semaine, 15 jours, 3 semaines, et à chaque fois : on leur dit, eh bien, désolé, il faut repousser d’un mois, il faut repousser de deux mois, c’est une perte de chances, comme on dit en termes médicaux, ça veut dire tout simplement que vous avez plus de risques d’y passer parce que des gens ont été irresponsables dans la société, eh bien, moi, je pense que ça justifie des mots clairs, forts et nets comme ceux que le président de la République a employés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous le savez, le fond, c’est la forme qui… ou plutôt, la forme, c’est le fond qui remonte à la surface, c’est ce qu’écrivait Victor HUGO, est-ce qu’il n’y a pas derrière une volonté de stigmatiser, et puis, est-ce que la fonction présidentielle, vous avez voulu être président en 2016, sort grandie, est-ce qu’elle sort grandie de cette formulation-là, il y a manière et manière de dire ?

BRUNO LE MAIRE
Je pense que c’est le débat politique qui sortirait abaissé de tout cela si on ne regardait pas le fond du sujet plutôt justement que la forme, moi, je n’étais pas à la place du président de la République, je n’étais pas devant la soignante à laquelle il s’est adressé, quand on fait de la politique, on a des émotions, on ressent des choses face à ses interlocuteurs, et en emploie les mots qui vous viennent pour exprimer ce que l’on ressent. C’est ce qu’a fait le président de la République, en revanche, sur le fond, qu’il y ait un vrai sujet sur le comportement irresponsable d’une poignée de Français qui menacent la santé de nos compatriotes, ça, c’est la réalité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, Jean-Luc MELENCHON, qui était sur LCI hier au Grand Jury, a dit, enfin, il tente d’éviter le piège, il appelle ça un piège tendu par Emmanuel MACRON, il dit : qui ne se vaccine pas, ne devient pas Macroniste, dans le fond, il dit renvoyer par exemple les partis anti-pass dans le camp des Antivax, c’est simpliste.

BRUNO LE MAIRE
Mais si on arrivait…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et c’est une stratégie politique…

BRUNO LE MAIRE
Je pourrais faire une suggestion à toutes les personnes de l’opposition, c’est d’arrêter de faire d’Emmanuel MACRON le punching-ball de la vie politique et d’essayer de proposer des choses aux Français. Moi, je suis très frappé quand je regarde les autres débats politiques dans d’autres pays étrangers, c’est idée contre idée, conviction contre conviction, propositions contre-proposition, là, j’ai le sentiment que sur tout le spectre de l’opposition, leur seul projet, c’est de se débarrasser d’Emmanuel MACRON, mais c’est un peu court comme projet pour la France. Donc sortez de cette obsession et essayez de proposer des choses aux Français si vous en avez.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans Le Parisien, il n’y a pas que la petite phrase, il y a aussi Emmanuel MACRON qui dit qu’il a très envie de se représenter, et puis, il y a une proposition à propos qui est esquissée, mais seulement esquissée, sans doute pas par hasard, sur les droits de succession ; le président affirme qu’il veut mieux accompagner les plus modestes, favoriser les transmissions populaires, c’est un peu vague. Qu’est-ce qu’il voulait dire ?

BRUNO LE MAIRE
Ça, vous lui poserez la question, mais ce que je sais, si on prend là aussi juste un tout petit peu de recul, pour essayer de voir quels sont les sujets auxquels sont confrontés les Français, nous avons au cours du quinquennat baissé les impôts de 50 milliards d’euros, c’est la plus forte baisse depuis plus de 20 ans, mais la pression fiscale, elle reste très forte sur les Français, on garde un taux de prélèvements obligatoires, comme on dit, un niveau d’imposition qui est un des plus forts des pays développés, donc pour moi, sur la fiscalité, les choses sont très simples, il faut continuer à baisser les impôts des Français. Et s’agissant des droits de succession, moi, ce que je constate, alors tout le monde veut faire des mécanos extraordinairement compliqués et des ajustements…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a des choses simples, il y a supprimer l’impôt sur la mort, a dit Eric CIOTTI, c’est assez simple…

BRUNO LE MAIRE
Eh bien, justement, il peut y avoir des choses simples, mais ce que je regarde et ce que je vois, c’est que les prélèvements sur les successions en France restent plus élevés que la moyenne des pays de l’OCDE, donc la seule direction qui me paraît souhaitable, c’est effectivement, s’il faut procéder à un ajustement ici ou là, faire un ajustement ici ou là, mais je pense que le plus précieux, c’est la stabilité fiscale. Et donc plutôt que de faire des ajustements systématiques, la stabilité fiscale me paraît préférable, après, si on rentre encore plus dans un degré de détail, quand vous regardez sur la transmission, en ligne directe, la fiscalité reste raisonnable, en ligne indirecte, c’est-à-dire, si vous transmettez à un neveu que vous aimez beaucoup ou à une nièce, eh bien, là, la fiscalité est effectivement extraordinairement élevée, elle est très pénalisante, c’est exactement la question à laquelle a répondu le président de la République, donc s’il y a un ajustement précis à faire sur ce sujet-là, ça ne me pose pas de difficulté, c’est sur la transmission en ligne indirecte, où là, on arrive à des taux qui sont effectivement quasiment confiscatoires.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c’est ça, c’est sur ces personnes-là qu’on pourrait agir ?

BRUNO LE MAIRE
C’est ce que visait le président de la République, c’est ce qui me paraît effectivement compréhensible, mais une fois encore, la règle absolue doit être de n’augmenter aucune taxe et aucun impôt des Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous, vous avez fait vos propositions en présentant vos voeux, et on pourrait résumer, c’est quand même un peu à droite toute, c’est : on baisse, alors, dans la droite ligne de ce que vous dites, on baisse, on continue de baisser les impôts de production, ils ont déjà été baissés de 10 milliards dans le plan de relance, et alors, vous voulez baisser les charges sur les salaires à deux fois et demi le SMIC, c’est-à-dire ceux qui gagnent 2,5 fois le SMIC gagneraient encore plus ?

BRUNO LE MAIRE
Mais pas du tout, enfin, pardon, ce n’est pas du tout ça, et comme ce n’est pas du tout de droite que je propose ni de gauche d’ailleurs, ce n’est plus mon sujet, si je me suis engagé derrière Emmanuel MACRON…

ELIZABETH MARTICHOUX
Eh bien, vous aidez des entreprises…

BRUNO LE MAIRE
C’est pour dépasser cela…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous continuez d’aider les entreprises…

BRUNO LE MAIRE
Mais justement, si aider les entreprises…

ELIZABETH MARTICHOUX
Sans contrepartie…

BRUNO LE MAIRE
Mais vous n’avez pas lu ce que j’ai dit, j’ai dit au contraire qu’il fallait qu’elles prennent des engagements, mais si aider des entreprises, soutenir la réindustrialisation du pays, parce que j’en fais effectivement la priorité absolue, l’ardente obligation française aujourd’hui, c’est la reconquête industrielle, ça fait 30 ans que nous avons perdu du terrain, et on voit les résultats aujourd’hui avec le commerce extérieur, nous avions commencé en 2017…

ELIZABETH MARTICHOUX
Neuf milliards en novembre…

BRUNO LE MAIRE
Et 2018 et 2019 à regagner du terrain, à recréer des emplois industriels, à ouvrir plus d’usines qu’il n’en fermait. Donc notre politique, qui est une politique de l’offre était la bonne et donnait des résultats, elle a été évidemment interrompue par la crise. Ce que je propose simplement, et ce n’est pas de droite, ça n’est pas de gauche, c’est français, c’est retrouver notre identité industrielle, comme je me suis battu, comme ministre de l’Agriculture, pour qu’on protège l’identité agricole de la France, et qu’on fasse la reconquête industrielle…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça n’a pas marché, ça ne marche pas, l’identité agricole…

BRUNO LE MAIRE
S’agissant de l’agriculture…

ELIZABETH MARTICHOUX
Parlez-en à François BAYROU, ça ne marche pas…

BRUNO LE MAIRE
J’en parlerai très volontiers à François BAYROU, mais je considère que la France est une nation qui a des services puissants, une agriculture puissante, et qui doit garder une industrie puissante, elle a perdu du terrain depuis 30 ans, comment est-ce qu’on y arrive, et moi, je veux bien, tout ceux qui montent sur leur tonneau en disant : il faut réindustrialiser, et pour ça, il faut plus d’impôts, eh bien, c’est impossible, il faut dire la vérité aux Français, si on veut réindustrialiser notre pays, il faut avoir des impôts qui ne soient pas sept fois plus élevés qu’ils ne le sont par rapport à l’Allemagne, nos impôts de production, avant que nous prenions les décisions nécessaires avec le président de la République, étaient sept fois plus élevés qu’en Allemagne. S’agissant…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça veut dire que les baisser de 10 milliards, ça n’est pas suffisant pour obtenir des résultats en termes de réindustrialisation…

BRUNO LE MAIRE
Non, ce n’est pas suffisant, mais ça nous permet…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il faut aller jusqu’où alors ?

BRUNO LE MAIRE
Mais, Elizabeth MARTICHOUX…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il faut multiplier par combien ?

BRUNO LE MAIRE
Ça permet d’engager la réindustrialisation du pays et de prendre des décisions devant lesquelles toutes les autres majorités avaient reculé, nous avons eu le courage avec le président de la République de le faire, de commencer à baisser les impôts de production, mais il faut aller plus loin, et quand je dis qu’il faut réfléchir aussi, et on verra quelle est la meilleure solution, il faut en discuter avec les syndicats, il faut en discuter avec les organisations patronales, il faut en discuter avec les industriels ; mais quand je regarde un ingénieur, il peut coûter jusqu’à trois fois plus cher en France qu’en Allemagne, parce qu’on a déplafonné les cotisations sociales, eh bien, qu’est-ce qui se passe, du coup, nos industries n’embauchent pas d’ingénieurs, et les Allemands embauchent des ingénieurs, c’est ça qu’on veut ? Ce n’est pas de droite, ce n’est pas de gauche, Elizabeth MARTICHOUX, c’est profondément français. C’est se battre pour la réindustrialisation française en posant simplement la réalité des problèmes sur la table. Et le troisième sujet qui est majeur, si on veut réindustrialiser le pays, c’est évidemment l’éducation, il faut que l’industrie retrouve son lustre, retrouve son prestige, qu’elle fasse envie, qu’un jeune ait envie de travailler dans l’industrie.

ELIZABETH MARTICHOUX
En tout cas, vous êtes d’accord, vous avez dit vous-même déficit commercial abyssal en novembre, c’est un record, 9 milliards…

BRUNO LE MAIRE
Oui, mais ce n’est pas acceptable, alors, c’est lié à la crise…

ELISABETH MARTICHOUX
Oui mais ça veut dire que la réindustrialisation telle que vous l’avez engagée, ça ne marche.

BRUNO LE MAIRE
Non pas du tout.

ELISABETH MARTICHOUX
Ça ne marche pas.

BRUNO LE MAIRE
Non je ne peux pas vous laisser dire ça, ça marche puisque de 2017 à 2019, on avait commencé à avoir des résultats, simplement il y a eu une crise économique, ça ne vous a pas échappé, elle était massive et elle montre qu’il y a encore des faiblesses. Si on avait tout fait bien, d’abord ce serait très prétentieux de dire cela, il faut avoir l’humilité de reconnaître aussi des choses qui peuvent être améliorées, il n’y aurait pas besoin de continuer, mais c’est parce que nous avons commencé à avoir des résultats, que notre politique donne des résultats, qu’il faut l’inscrire sur le long terme. Vous savez Elisabeth MARTICHOUX, je pense que ce qui a fait le plus de tort à la France au cours des 20, 30 dernières années, c’est l’absence de constance dans les efforts que nous faisons. Moi je considère qu’en matière économique, en matière fiscale, en matière industrielle il faut continuer dans la voie dans laquelle nous sommes engagés pour définitivement ancrer la France dans le rang des grandes puissances économiques au XXIème siècle.

ELISABETH MARTICHOUX
Donc il faut réélire Emmanuel MACRON, c’est ce que vous dites. La charge de Thomas PIKETTY dans Le Monde, vous l’avez lu, c’est un économiste reconnu, il anime le débat sur la présidentielle. Il dit qu’Emmanuel. MACRON porte une responsabilité écrasante dans la droitisation extrême du paysage politique français et il en veut pour preuve la politique justement, politique économique que vous piloté depuis 5 ans, il dit que c’est à cause de ça que les électeurs sont d’abord aller au centre droit et puis vers les extrêmes à cause de votre politique économique et celle d’Emmanuel MACRON, la France est plus à droite extrême qu’elle ne l’était.

BRUNO LE MAIRE
Enfin elle est lunaire cette tribune et je recommande à Thomas PIKETTY de revenir à ses études économiques plutôt que de faire de la politique. En gros il nous explique, le peuple ne pense pas comme il faut parce qu’il faut penser comme moi, il faut avoir une pensée de gauche, donc changeons de peuple, c’est à peu près ce qui vous explique. Enfin ça n’a absolument aucun sens. Les Français sont un peuple libre. Ils votent pour ceux qui leur apportent des solutions. S’ils estiment que les solutions que nous proposons avec Emmanuel MACRON sont plus efficaces parce qu’effectivement elles ont créé un million d’emplois, elles ont permis de baisser les impôts, elles ont engagé la réindustrialisation du pays, elles nous permettent d’avoir une croissance élevée en 2021, eh bien ils votent pour nous. Ils ne votent pas pour nous parce qu’on est de droite, parce qu’on est de gauche, ils votent pour Emmanuel MACRON, ils ont voté pour lui, on verra ce qu’ils décideront dans quelques mois parce qu’ils estiment que c’est efficace. Donc je trouve cette tribune lunaire parce que dans le fond elle prive les Français de leur liberté de conscience. Les Français pensent ce qu’ils veulent et ils jugent les responsables politiques à leur décision et à leurs résultats, ce n’est pas nous qui sommes responsables de l’évolution du corps électoral français. C’est les Français qui pensent librement.

ELISABETH MARTICHOUX
Non ce n’est pas du tout vous.

BRUNO LE MAIRE
Mais les Français pensent, vous imaginez ce que ça veut dire la question que vous posez et la tribune de Thomas PIKETTY, c’est que les Français ne seraient pas suffisamment adultes et lucides pour voter librement. Ils votent librement en fonction des projets qu’on leur propose et des résultats qu’on obtient.

ELISABETH MARTICHOUX
En tout cas Thomas PIKETTY, encore une question, il dit qu’il serait bon que les soutiens d’Emmanuel MACRON se rendent compte de ce qu’il décrit comme processus et tirent les conséquences par exemple pour voter Valérie PECRESSE. Ça n’aurait rien d’infamant et ce serait plus clair. Une partie de la gauche pense cela, Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Mais que soit Thomas PIKETTY ou qui que ce soit d’autres, s’ils veulent faire de la politique qu’ils en fassent, qu’il fasse comme je le fais depuis…

ELISABETH MARTICHOUX
Ils ont le droit de penser…

BRUNO LE MAIRE
Ils ont bien sûr le droit de penser.

ELISABETH MARTICHOUX
Que PECRESSE finalement c’est plus acceptable, c’est… qu’Emmanuel MACRON, ça ne vous trouble pas ?

BRUNO LE MAIRE
Mais ça ne me trouble absolument pas parce que je trouve ça une fois encore lunaire et décalé. Si on veut faire, quand on est économiste, alors on fait ses études économiques, si on veut faire de la politique et s’engager, on s’engage, dans ce cas-là que Thomas PIKETTY rejoigne Les Républicains et soutienne Valérie PECRESSE, qu’il aille au bout de son raisonnement mais tout ça est totalement accessoire, je pense que les Français n’en ont pas grand-chose à faire, ils décident librement et souverainement qui gouverne le pays.

ELISABETH MARTICHOUX
Parenthèse refermée. Je reviens au déficit commercial, si vous le permettez.

BRUNO LE MAIRE
Oui c’est un sujet majeur.

ELISABETH MARTICHOUX
On a dit 9 milliards, vous vous en êtes ému tout à l’heure, à quoi faut-il s’attendre en 2022 sur le déficit commercial, est-ce que vous avez une prévision de chiffre annuel ?

BRUNO LE MAIRE
Regardons le temps long qui était plus intéressant que les polémiques actuelles. En 2000 nous étions encore à l’équilibre, avant nous avions une situation commerciale excédentaire, c’est-à-dire qu’on exportait plus de valeurs qu’on en importait en France, il faudra 10 ans pour retrouver un solde commercial qui soit positif.

ELISABETH MARTICHOUX
10 ans.

BRUNO LE MAIRE
Oui c’est une affaire de 10 ans. C’est du temps, les choses ne viennent pas aussi simplement, il s’agit de renverser une tendance de 30 années. 30 années où la France s’est singularisée par une faute économique et une faute politique qui sont les délocalisations industrielles. Regardez les chiffres, c’est très intéressant à cause de la politique fiscale, a causé la politique économique, les grands groupes industriels, ils ont gardé leur siège en France mais ils ont délocalisé leur filiale et les emplois à l’étranger. 62% des emplois industriels de ces grands groupes français sont à l’étranger. En Allemagne, c’est 38%.

ELISABETH MARTICHOUX
Vous leur dites quoi ?

BRUNO LE MAIRE
En Italie, c’est 26%, donc je leur dis une chose simple, nous avons fait il y a 30 ans, ça remonte aux années 90 une faute politique et économique collective, corrigerons-là ensemble. De quoi est-ce que vous avez besoin, il faut continuer à baisser les impôts de production, il faut que nous soyons encore plus attractifs, eh bien regardons ensemble ce que l’on peut faire. Quels engagements vous industriels vous êtes prêt à prendre pour recréer des emplois sur notre territoire. Et en 3e lieu quelle politique éducative, quelle politique de formation, quel CFA faut-il mettre en place pour que vous ayez les compétences dont nous avons besoin ? La réponse ne peut être que collective, ça doit être un choix collectif. C’est un des grands choix de la présidentielle.

ELISABETH MARTICHOUX
Et c’est du long terme. Revenons sur le coût de la crise, on parle beaucoup des tests, il n’y en a jamais eu autant, un million de tests par jour, est-ce que vous avez évalué le coût pour la collectivité, ce que ça représentera ?

BRUNO LE MAIRE
Je vous donnerai le coût lorsqu’on sera sorti de la vague Omicron, c’est de toute façon des coûts qui sont élevés, mais ma responsabilité de ministre des Finances est de garantir que les moyens pour la sécurité sanitaire des Français sont là. Ils sont là, il n’y a pas d’inquiétude particulière à avoir, mais on fera les additions à la fin de la crise.

ELISABETH MARTICHOUX
Quelques questions politiques pour finir, Guillaume PELTIER a rejoint Eric ZEMMOUR, pour qui est le plus significatif, pour ZEMMOUR qui enregistre un ralliement ou pour Valérie PECRESSE qui voit un de ses anciens numéros deux partir ?

BRUNO LE MAIRE
Honnêtement, je vais être très sincère avec vous, j’ai du mal à m’y intéresser, enfin je pense que ça ne change pas grand-chose que Guillaume PELTIER aille ici ou aille là.

ELISABETH MARTICHOUX
Vous le connaissez.

BRUNO LE MAIRE
Oui je le connais mais voilà qu’est-ce que ça change, vous pensez que ça déplace une voix. Je pense que ça ne déplace rien du tout.

ELISABETH MARTICHOUX
Ça déplace un député, peut-être d’autres.

BRUNO LE MAIRE
Oui ça déplace un député, ça déplace la voix de Guillaume PELTIER. Ça ne suffit pas à gagner une élection. Mais fondamentalement pourquoi est-ce que je vous dis ça, c’est que j’ai une confiance infinie dans la lucidité politique des Français. Il ne faut pas s’y tromper, on ne peut pas leur vendre des sornettes ou des artifices.

ELISABETH MARTICHOUX
Elles sont où les sornettes ? Qui débitent les sornettes ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne dis pas que qui que ce soit débite des sornettes, je dis simplement que lorsqu’on nous laisse penser que tel ralliement va bouger des centaines de milliers de voix, non je pense que tout cela ne bouge pas un décile dans l’élection.

ELISABETH MARTICHOUX
Il y a des ralliements qui ont eu des effets décisifs dans certaines élections.

BRUNO LE MAIRE
Oui parce qu’ils représentaient une force politique. Ils incarnaient quelque chose. Je ne crois pas que ce soit le cas de Guillaume PELTIER.

ELISABETH MARTICHOUX
Si Emmanuel MACRON est réélu, vous pourriez rester 5 ans encore, doubler votre longévité ?

BRUNO LE MAIRE
Je pense avoir été clair sur le fait que je croyais à la constance de la stabilité en politique. Et je vais être tout aussi clair sur le fait qu’aujourd’hui ce qui compte c’est l’élection présidentielle, l’éventuelle candidature d’Emmanuel MACRON, il ne sait pas encore prononcé et la capacité à inscrire notre action dans le temps long, c’est ça qui compte pour moi. Et puis après le président de la République fera librement le choix de ses équipes.

ELISABETH MARTICHOUX
Vous vous voyez où dans un an ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne vois pas aussi loin moi, je vois à quelques jours puisqu’il y a une crise, et à quelques semaines parce qu’il y a une élection.

ELISABETH MARTICHOUX
Alors il est vrai que vous êtes devenu un héros balzacien, je crois que c’est une fierté chez vous d’être un personnage d’ailleurs assez positif dans le dernier roman de Michel HOUELLEBECQ, qui est quand même le plus grand écrivain français. Donc vous en êtes fier. Votre personnage s’appelle Bruno JUGE, c’est un personnage plutôt positif, ce n’est pas tous les jours que les politiques finalement sont dépeints sous un angle assez favorable, c’est une bonne nouvelle.

BRUNO LE MAIRE
Oui c’est une bonne nouvelle, il n’y a pas une fois encore de fierté particulière de ma part, Bruno JUGE…

ELISABETH MARTICHOUX
Oh… Alors là on ne vous croit pas.

BRUNO LE MAIRE
Non, je vous le garanti. C’est un personnage de fiction.

ELISABETH MARTICHOUX
Ce n’est pas tout à fait vous, c’est vrai.

BRUNO LE MAIRE
Mais c’est un personnage honorable dans sa pratique politique. Et je pense qu’il est très important de montrer que l’engagement politique qu’on appartienne à quelque formation que ce soit, qu’on soit élu national ou élu local, c’est un engagement qui est honorable, il est même infiniment honorable parce que c’est du temps, c’est des sacrifices au service des autres, au service d’engagement collectif et dans ce livre Michel HOUELLEBECQ présente l’engagement politique comme en engagement honorable, c’est suffisamment rare pour être salué.

ELISABETH MARTICHOUX
Dernier mot DJOKOVIC, vous aimez le tennis ?

BRUNO LE MAIRE
J’adore le tennis.

ELISABETH MARTICHOUX
Alors pataquès, psychodrame en Australie un juge vient de dire qu’il serait libéré, le gouvernement continue de dire qu’il peut l’expulser, ça vous inspire quoi cette affaire ?

BRUNO LE MAIRE
Novak DJOKOVIC est un immense champion, c’est probablement mon champion de tennis préféré, mais les règles sont les mêmes pour tous. On peut être numéro un mondial ou être un simple citoyen, les règles et en particulier les règles sanitaires sont les mêmes pour tous. Donc c’est à la justice australienne de trancher et je n’ai rien d’autre à dire, les règles sont les mêmes pour tous, personne n’est au-dessus des lois, personne n’est au-dessus des règles.

ELISABETH MARTICHOUX
Donc il a eu tort DJOKOVIC de tenter de braver les interdits australiens ?

BRUNO LE MAIRE
Ce sera à la justice australienne de trancher mais Novak DJOKOVIC sera traité comme n’importe quel autre citoyen et c’est bien naturel.

ELISABETH MARTICHOUX
Et en attendant ça risque d’en faire un martyre.

BRUNO LE MAIRE
C’est juste dommage pour le tennis parce qu’il a un tennis absolument sublime.

ELISABETH MARTICHOUX
La compétition commence dans une semaine.

BRUNO LE MAIRE
Oui, j’ai peur qu’on se prive de Novak DJOKOVIC.

ELISABETH MARTICHOUX
C’est votre prédiction, merci beaucoup Bruno LE MAIRE d’avoir été ce matin sur le plateau de LCI.

BRUNO LE MAIRE
Merci beaucoup.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 11 janvier 2022