Interview de Mme Sarah El Haïry, chargée de la jeunesse et de l'engagement, à France Bleu Champagne-Ardenne le 28 décembre 2021, sur les nouvelles restrictions, la vaccination des enfants et sa visite du centre de vaccination à Reims.

Texte intégral

RENAUD BIONDI-MAUGEY
Au lendemain du Conseil de défense sanitaire, notre invitée ce matin sur France Bleu est la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement. Ce matin, à Reims, elle va visiter le centre de vaccination René Thys.

ANNE-LAURE LABALETTE
Bonjour Sarah El HAÏRY.

SARAH EL HAÏRY
Bonjour.

ANNE-LAURE LABALETTE
Merci d'être avec nous. Alors, parmi les annonces hier soir, les grands rassemblements limités à 2 000 personnes en intérieur, 5 000 en extérieur. Pourquoi prendre cette mesure, maintenant ?

SARAH EL HAÏRY
Maintenant, évidemment il fallait la prendre, parce que c'est le moment où le virus Omicron en particulier, circule énormément. Et pour le rappeler, il y a deux vagues en même temps, en réalité il y a le Delta et l'Omicron. Mais le plus important, c'est parce que nous avons cette arme absolument essentielle, qui est celle du vaccin, de la connaissance du virus, que l'on sait factuellement que limiter des rassemblements, c'est limiter les risques de diffusion.

ANNE-LAURE LABALETTE
A côté de ça, les meetings politiques, eux, ne seront pas soumis aux jauges, vous imaginez bien que ça interroge les gens. On se dit : ok, je ne peux plus boire ou manger dans le bus à partir du 3 janvier, dans le train non, plus, ou encore la salle de sport, mais je peux aller m'entasser dans des meetings avec des milliers de personnes.

SARAH EL HAÏRY
Eh bien vous savez, face à ça, la responsabilité elle est aux candidats et aux responsables politiques. Moi je fais partie du Gouvernement, et ma majorité refuse, appliquera les mêmes jauges, exactement les mêmes jauges, appliquera le Pass vaccinal après le débat parlementaire bien sûr. A la dernière grande réunion que nous avons faite, grande réunion publique, le Pass sanitaire était obligatoire et avait été contrôlé. Par contre, responsabilité à chaque dirigeant d'appliquer ces règles. Maintenant vous savez que comme pour les cultes, la Constitution protège notre vie démocratique et du coup l'organisation de ces meetings.

ANNE-LAURE LABALETTE
Sarah El HAÏRY, en tant que secrétaire d'Etat à la Jeunesse, l'interdiction des concerts debout dès le 3 janvier, les discothèques toujours fermées, c'est clairement les jeunes que le Gouvernement vise par ces mesures. Vous leur dites quoi aujourd'hui aux jeunes qui ont envie de faire la fête, de se détendre un peu, parce qu'on n'en peut plus ?

SARAH EL HAÏRY
On n'en peut évidemment plus, c'est long, sauf que je leur dis une chose : pour garder les cours ouverts, pour garder les bancs de la fac, pour garder le taux de chômage le plus bas de notre histoire, quasiment pour les jeunes, les protéger et finalement protéger notre vie sociale, alors oui il faut encore faire quelques efforts. Il vaut mieux très sincèrement un concert assis que pas de concert du tout. Il vaut mieux une jauge à 2 000 ou à 5 000 à l'extérieur, que rien du tout cas, qu'un confinement. Et pour ça, un seul message : vaccinez-vous.

ANNE-LAURE LABALETTE
Alors, c'est sûr, mais il y a beaucoup de jeunes qui se sont fait vacciner, justement pour aller aux concerts, pour aller aux rencontres sportives, et pourtant aujourd'hui on réduit l'accès à ces lieux. Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y ait un ras-le-bol au bout d'un moment ?

SARAH EL HAÏRY
Non, parce que je sais qu'ils ont été extrêmement résilients, au moment où on a eu besoin d'eux, ils sont aujourd'hui dans les centres de vaccination pour tester, pour vacciner. Ils n'ont jamais baissé les bras, ils ont aidé les personnes les plus âgées. Très sincèrement, non, ce n'est pas contre eux, c'est pour eux que nous le faisons, parce que finalement protéger notre pays c'est le protéger, pour eux, pour ceux qu'ils aiment, et donc au contraire moi je leur tire un chapeau. Je crois qu'on a une des plus belles jeunesses françaises, qui a beaucoup été résiliente et qui je suis sûr continuera à l'être.

ANNE-LAURE LABALETTE
Parlons de la rentrée des classes. Elle aura bien lieu lundi prochain, comme ça a toujours été prévu. On sait que les enfants sont relativement très vecteurs du virus, on dit que les jeunes c'est une priorité du Gouvernement, et en fait là on décide de ne rien changer pour la rentrée.

SARAH EL HAÏRY
Eh bien tout au contraire, on ne change pas là et on protège l'école, parce que c'est la priorité pour les enfants. Il n'y a pas plus grand accélérateur d'inégalités que de fermer l'école. Vous n'étudiez pas de la même manière quand vous êtes tout seul dans une chambre ou quand vous êtes trois. Quand vous avez accès à un ordinateur, si vos parents peuvent vous aider. Et donc la pierre angulaire de l'émancipation de notre pays, c'est l'école.

ANNE-LAURE LABALETTE
Donc on les met à l'école, on continue encore de tester, comme toujours ?

SARAH EL HAÏRY
Exactement, et si j'ai un message c'est : vraiment l'application des gestes barrières. On a aujourd'hui des détecteurs de CO2 dans les classes ou dans les établissements, qui permettent d'aérer, on connaît les gestes barrières, on sait combien de fois il faut aérer, on a des autotests par centaines de milliers, on a entre 400 000 et 600 000 autotests à disposition chaque semaine. Et en plus de ça, pour les enfants les plus fragiles, nous avons ouvert évidemment la vaccination, pour les autres sur la base du volontariat évidemment, c'est de la volonté des parents, mais surtout nous sommes plus que jamais équipés, le vaccin, les autotests, les tests PCR, n'oublions pas qu'ils sont toujours gratuits pour l'ensemble des personnes qui sont vaccinées. Notre pays est plus que jamais armé, et c'est la grande différence par rapport à il y a 2 ans.

ANNE-LAURE LABALETTE
Sarah El HAÏRY, vous visitez ce matin le centre de vaccination René Thys à Reims. Hier, le Gouvernement a dit : désormais, la dose de rappel est réduite à 3 mois après la 2e injection. De semaine en semaine, ce délai est réduit, d'abord 7 mois, après 6 mois, maintenant 3 mois, pourquoi on réduit encore et encore ce délai ?

SARAH EL HAÏRY
Parce que nous suivons l'évolution en réalité des préconisations scientifiques, comme on sait…

ANNE-LAURE LABALETTE
Ce n'est pas une façon de pousser un petit peu à la vaccination ? On dit : non non, vous aurez toujours le choix, mais bon finalement, on finit par obliger les gens.

SARAH EL HAÏRY
Nous assumons absolument la nécessité de se faire vacciner, aujourd'hui c'est la seule arme pour ne pas se retrouver, non pas contaminé, mais ne pas se retrouver à l'hôpital, en situation grave ou en réanimation. Aujourd'hui, la vaccination, c'est le plus grand des boucliers. Par contre, la grande différence par rapport à il y a 2 ans, c'est que nous n'avons jamais eu autant de doses. Nous avons des centres de vaccination, nous avons des infirmiers, des médecins, des jeunes qui prennent de leurs vacances ou des étudiants qui donnent et qui finalement donnent de leur temps et de leur énergie, et pour eux, alors qu'on a plus de 22 000, 22 millions de Français qui ont eu leur dose de rappel, eh bien on continue cet effort, et encore une fois je salue tous ceux qui ont fait aussi leur 1ère vaccination dans une période, peut-être avoir après avoir beaucoup attendu, 200 000 depuis la réouverture…

ANNE-LAURE LABALETTE
C'est parce qu'ils n'ont pas le choix.

SARAH EL HAÏRY
Je crois qu'effectivement il n'y a pas le choix, il faut y aller, aujourd'hui nous avons des réponses, nous avons des doses et nous avons des soignants.

ANNE-LAURE LABALETTE
Le Gouvernement propose un Pass vaccinal, dès le 15 janvier fini la tolérance du simple test négatif pour entrer dans un bar ou un resto, il faudra impérativement être vacciné, mais un vacciné peut attraper le Covid et le transmettre, alors qu'un simple testé négatif est certain qu'il n'a pas le virus. Ce n'est pas un peu incohérent tout ça?

SARAH EL HAÏRY
Absolument pas. Parce qu'un testé négatif, s'il attrape le Covid, d'une manière ou d'une autre, il finit potentiellement à l'hôpital, en situation de réanimation grave, il risque de mettre en danger la tension évidemment dans l'hôpital, sa vie et celle de ceux qu'il aime. Si vous êtes vacciné, peut-être qu'effectivement vous pouvez faire circuler le virus, c'est pour ça que le vaccin seul ce n'est pas la réponse, c'est le vaccin plus les gestes barrières, donc le port du masque, la distanciation, l'aération des lieux où on se trouve, mais surtout on limite les risques de se retrouver à l'hôpital, intubé, et ça c'est la réalité.

ANNE-LAURE LABALETTE
Une dernière question. Pour le réveillon du 31, pas de couvre-feu, pas de mesures particulières, on fait la fête. Pourquoi il n'y a pas de mesures qui ont été prises ?

SARAH EL HAÏRY
Franchement, les Français ont prouvé à quel point ils étaient résilients, de bon sens, regardez Noël…

ANNE-LAURE LABALETTE
Ils sont fatigués, aussi.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr, mais parce qu'ils sont fatigués, alors il faut leur faire confiance encore plus que jamais. Regardez Noël comment ça s'est passé, quant à chaque fois qu'il y a une vague, vous savez il y a toujours un peu les oiseaux de mauvais augure qui vous disent : allez plus loin, confinez, fermez, ce n'est pas assez ! Alors que la réalité c'est quoi ? C'est que les Français se vaccinent, continuent à le faire, font attention. Avec un million de tests par jour, un million, ça veut dire que les Français font attention à ce qu'ils aiment, et ça c'est la réalité. Donc sincèrement, moi j'ai un appel plutôt aux jeunes…

ANNE-LAURE LABALETTE
Pour vous, un seul mot : la vaccination.

SARAH EL HAÏRY
La vaccination et de l'autorégulation, confiance en nous, en la science, et évidemment notre capacité à lutter contre ce virus.

ANNE-LAURE LABALETTE
Merci beaucoup Sarah El HAÏRY, d'avoir été en direct ce matin avec nous sur France Bleu Champagne Ardenne. On rappelle que vous êtes la secrétaire d'État en charge de la Jeunesse et de l'Engagement, et vous êtes en visite ce matin au centre de vaccination René Thys à Reims. Merci et bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 décembre 2021