Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à CNews le 18 janvier 2022, sur les polémiques autour du dernier protocole sanitaire dans les écoles, le passe vaccinal et le pouvoir d'achat.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans "La Matinale" de CNews. Nous sommes à deux jours d'une nouvelle grève dans l'enseignement et une nouvelle polémique touche le ministre de l'Education nationale, le ministère avait d'ailleurs confirmé qu'au moment de faire l'interview au journal "Le Parisien" pour annoncer le nouveau protocole sanitaire dans les classes, publié le dimanche 2 janvier, la veille de la rentrée scolaire, ce qui avait provoqué la colère, et des profs, et des parents d'élèves, le ministre était bien en vacances à Ibiza. Vous comprenez que cela puisse choquer ?

GABRIEL ATTAL
Moi je ne suis pas là pour faire la leçon ou pour juger le ressenti évidemment des uns et des autres, des Français…

LAURENCE FERRARI
Est-ce que ça vous choque ?

GABRIEL ATTAL
A fortiori dans un contexte de lassitude et de fatigue absolue vis-à-vis de l'épidémie.

LAURENCE FERRARI
D'efforts permanents que font tous les Français.

GABRIEL ATTAL
Je vois bien que des questions sont posées, c'est pour ça que Jean-Michel BLANQUER y a répondu hier soir, va continuer à y répondre, il y a une règle qui est fixée par le gouvernement s'agissant des vacances, c'est qu'il faut être joignable en permanence, à sa tâche, je n'ai aucune raison de penser que ce n'était pas le cas de Jean-Michel BLANQUER, qui était d'ailleurs à nos côtés le 27 décembre à l'Elysée pour le Conseil des ministres exceptionnel qui s'était tenu, et je veux rappeler que si le protocole sanitaire pour les écoles a été présenté tardivement, c'est-à-dire le dimanche…

LAURENCE FERRARI
Le dimanche soir.

GABRIEL ATTAL
C'est parce qu'il fallait les recommandations du Haut conseil à la santé publique, qui sont arrivées le 31 décembre au soir, il a fallu quelques heures, une journée, pour les appliquer à l'école, et c'est pour cette raison qu'il a été présenté tardivement. Encore une fois, on a été les premiers à regretter ce calendrier.

LAURENCE FERRARI
La règle, effectivement, c'était en Europe et à 2 heures maximum de Paris, et puis il y a l'esprit, Ibiza n'est pas une destination comme les autres, elle induit une notion de fête et d'insouciance, qui sied assez mal à la période et à la crise sanitaire que nous vivons. Est-ce que vous étiez au courant, est-ce que le président de la République était au courant ?

GABRIEL ATTAL
Moi je n'ai pas à savoir où mes collègues partent en vacances, donc ce que je vous dis c'est qu'il y a une règle qui est fixée, qui est très claire, c'est qu'il faut être facilement "rapatriable" à Paris si besoin et qu'il faut être joignable en permanence, et mobilisé à sa tâche, je n'ai pas de raison de penser que ce n'était pas le cas, encore une fois, parce qu'il y a eu un certain nombre de réunions qui se sont tenues et des échanges qui ont eu lieu.

LAURENCE FERRARI
Ce n'était pas une erreur politique ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, moi je… Jean-Michel BLANQUER a répondu à des questions hier, qui lui ont été posées…

LAURENCE FERRARI
Moi je vous la pose à vous.

GABRIEL ATTAL
Il répondra à des questions qui lui seront posées, moi je suis porte-parole du Gouvernement, je rappelle la règle qui est fixée, ce qui compte c'est que les ministres soient à leur tâche. Evidemment que c'est difficile, évidemment, dans un contexte qui n'est pas simple, dans un contexte aussi, je le redis, de lassitude, de fatigue, des Français face à cette épidémie, face aux mesures qu'on est amené à prendre, et donc il faut de la clarté et s'exprimer.

LAURENCE FERRARI
Et c'est pour ça que les symboles sont importants. Il y a de nouveaux appels à la démission, Yannick JADOT qui dit "au lieu de préparer avec les enseignants et les parents d'élèves une rentrée sans Covid, le ministre a organisé un coup médiatique les pieds dans le sable", Eric COQUEREL qui dit aussi "je me disais que le protocole était techno et décalé à la fois."

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, vous avez des membres de l'opposition qui, depuis le début, se saisissent de la moindre occasion pour appeler à la démission de l'ensemble des membres du gouvernement, donc je ne vais pas commenter ces nouvelles déclarations. Encore une fois, évidemment que la situation est difficile à l'école, évidemment que le choix qu'on a fait de maintenir les écoles ouvertes n'est pas le choix le plus simple, que ça implique de prendre un certain nombre de règles pour limiter au maximum la circulation du virus, tout en essayant d'avoir le moins de contraintes possibles sur les familles, on s'attelle à ce travail…

LAURENCE FERRARI
Il y a des contraintes énormes qui pèsent sur les familles, vous le savez.

GABRIEL ATTAL
Oui, qu'on a cherché à alléger, je vous rappelle…

LAURENCE FERRARI
Trois autotests !

GABRIEL ATTAL
Les annonces qui avaient été faites par le Premier ministre, évidemment dès qu'on pourra les alléger, encore, on le fera, on va regarder attentivement ce qui se passe avec la situation épidémique et son évolution. Je rappelle que jeudi dernier il y a eu une réunion très importante, de plusieurs heures, autour du Premier ministre, de Jean-Michel BLANQUER, d'Olivier VERAN, avec les syndicats d'enseignants, qu'il y a des mesures qui étaient attendues, qui ont été annoncées, sur leur protection avec les masques FFP2, sur les capteurs de CO2, sur la question des remplacements, sur la question du calendrier des épreuves, c'est ce travail là qu'on mène, c'est ces sujets-là qu'on regarde, encore une fois, dans l'intérêt des enseignants et des familles.

LAURENCE FERRARI
Ça veut dire que les trois autotests infligés aux enfants, en cinq jours, pourraient être un peu assouplis dans les semaines qui arrivent ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui ce n'est pas du tout prévu, encore une fois on est sur une situation épidémique tendue, avec un virus qui circule beaucoup, mais à chaque fois que la situation épidémique le permettait, à chaque fois que les choses s'amélioraient, on a toujours adapté nos règles pour qu'il y ait le moins de contraintes possibles pour les Français, et donc il ne faut pas qu'il y ait de contraintes qui ne soient pas nécessaires. Aujourd'hui vous avez un protocole sanitaire qui correspond à une situation épidémique tendue, comme partout dans le monde, la vague Omicron frappe notre pays, on espère que dans les prochaines semaines évidemment les choses vont s'améliorer, on prendra toujours les décisions utiles pour faciliter la vie des Français dans ce contexte.

LAURENCE FERRARI
Les professeurs et les enseignants, les syndicats, font à nouveau une nouvelle journée de mobilisation jeudi, ça veut dire que le dialogue n'est pas finalement aussi fluide que vous le décrivez, ils réclament à nouveau plus de postes, de matériel, ils réclament aussi le report des premières épreuves du baccalauréat, qu'est-ce que vous leur dites ?

GABRIEL ATTAL
Alors d'abord je constate que l'ensemble des syndicats n'appellent pas à une journée de mobilisation ce jeudi, puisqu'il y a un certain nombre de syndicats, qui participaient à la mobilisation jeudi dernier, n'appellent pas la mobilisation ce jeudi, parce qu'il y a eu un travail et des annonces qui ont été faites qui correspondent à leurs attentes, on va continuer à travailler avec eux sur tous ces sujets. Je rappelle que sur la question des postes, c'est 8 000 recrutements qui ont été annoncés par le ministre, je rappelle sur la protection avec les masques FFP2 ça a été annoncé, sur la question du calendrier des épreuves du baccalauréat, il a lui-même annoncé qu'il y avait une discussion en cours avec les syndicats pour regarder si un décalage des épreuves de spécialités, qui devaient se tenir dans les prochaines semaines, pouvait être fait en juin, voilà. Donc il y a ce travail qui est mené, il y a une décision qui sera prise, en lien avec les représentants des enseignants.

LAURENCE FERRARI
Ces cafouillages à répétition, cette polémique à nouveau, est-ce que ça ne va pas ternir le tableau, que vous avez dressé, de votre gestion de la pandémie ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, c'est une pandémie qui a frappé le monde entier, dans l'ensemble des pays du monde vous avez évidemment des difficultés à gérer cette situation qui est inédite, moi ce que je crois profondément c'est qu'évidemment tout n'a pas été parfait, évidemment qu'il y a probablement eu des erreurs, évidemment qu'on aurait pu mieux faire sur tel ou tel point, depuis le début de cette pandémie. Ce que je crois profondément c'est que la gestion de cette pandémie, en France, sous l'impulsion d'Emmanuel MACRON, elle est caractérisée par trois fondamentaux, sur lesquels on n'a pas dévié, c'est les écoles ouvertes, parce que, oui, c'est mieux pour nos enfants d'aller à l'école que de ne pas aller à l'école, et oui la France a laissé ses écoles ouvertes deux fois plus qu'en Allemagne, trois fois plus qu'en Italie, quatre fois plus qu'aux Etats-Unis, et quand on voit la situation dans ces pays, on n'a aucune raison de le regretter. Le deuxième élément central c'est le choix de la vaccination pour tous, avec le pass vaccinal, avec le pass sanitaire avant cela, qui nous permet d'avoir une des couvertures vaccinales les plus large au monde et qui nous a permis, encore une fois, de traverser cette dernière vague, cette cinquième vague, sans avoir à reprendre des mesures de couvre-feu, de confinement ou de fermeture, comme un certain nombre de nos voisins, regardez aux Pays-Bas, en Autriche, au Portugal, en Italie, vous avez eu des mesures de fermeture de bars, de restaurants, de couvre-feu, de confinement, on n'a pas vécu ça en France, à l'occasion des fêtes, grâce à la vaccination. Et le troisième élément fondamental c'est le "quoi qu'il en coûte", c'est le soutien à nos entreprises, là non plus on n'en n'a pas dévié. Et si vous regardez sur ces trois points, dans les oppositions, vous n'avez pas vu de ligne claire se dessiner, à un moment ou un autre elles nous ont appelés à fermer les écoles, ou à les rouvrir, à un moment ou un autre elles n'ont pas été claires sur la vaccination et sur le pass sanitaire, elles n'ont pas été claires non plus sur le "quoi qu'il en coûte", parfois en expliquant que ça coûtait trop d'argent d'aider les entreprises, on a tenu bon sur ces trois fondamentaux, et je pense que les Français le voient, même si, encore une fois, il y a évidemment des erreurs qui peuvent être faites et des choses qui ne sont pas parfaites.

LAURENCE FERRARI
L'épidémie est en passe de refluer, c'est ce que disait le Professeur FONTANET, du Conseil scientifique, vous nous confirmez, le nombre de contaminations à la baisse, on voit le bout du tunnel là ?

GABRIEL ATTAL
Moi je suis toujours prudent sur ces questions-là et surtout je me fonde toujours sur ce que disent les scientifiques, ce n'est pas un choix politique, ou du gouvernement, de dire que le pic est arrivé ou que la situation s'améliore, mais effectivement je vois les déclarations d'un certain nombre de scientifiques, notamment du Professeur FONTANET. Je pense qu'on a des raisons d'être optimiste aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit ? On voit que la vague Delta a vraiment régressé, on voit que la circulation tend à ralentir et que dans les régions où la vague Omicron a démarré en premier, notamment en Ile-de-France, il y a ce qui semble être le début d'une décrue, et donc évidemment ça permet d'être optimiste. On voit que dans nos services de réanimation la situation s'est stabilisée, que la tension n'augmente plus, maintenant il faut évidemment rester vigilant et poursuivre nos efforts.

LAURENCE FERRARI
Le masque en extérieur c'est un jour oui, un jour non, dans certaines villes, à Paris notamment, comment on s'y retrouve en fait ?

GABRIEL ATTAL
On a pris une décision qui était de, effectivement rétablir le masque à l'extérieur, comme d'ailleurs la plupart de nos voisins, parce qu'on sait qu'Omicron est très contagieux et qu'il peut y avoir des contaminations en extérieur. On a tenu compte de ce qui s'était passé ces dernières années dans l'épidémie, vous vous souvenez, à un moment, avec la Mairie de Paris, il y avait une carte de Paris qui avait été publiée, où vous aviez, dans certaines rues le masque obligatoire, dans certaines rues pas le masque obligatoire, les gens n'y comprenaient rien, et donc on a dit c'est peut-être plus simple de dire que c'est obligatoire partout dans Paris, au moins c'est clair. Le tribunal administratif a dit "c'est trop général, donc il faut revoir la carte", et donc c'est du bon sens ce qui a été annoncé par la préfecture de police, c'est de dire, quand vous êtes dans une situation où vous êtes agglutiné avec du monde, oui il faut porter le masque, ça veut dire que quand vous faites la queue pour une boutique, il faut porter le masque, quand vous êtes à…

LAURENCE FERRARI
Un arrêt de bus.

GABRIEL ATTAL
Un arrêt de bus, quand vous êtes sur un marché, vous portez le masque, honnêtement ça me semble être du pragmatisme, du bon sens, et les Français ça fait deux ans qu'ils vivent avec ce virus, ils savent très bien dans quelle situation…

LAURENCE FERRARI
Et ils en ont marre.

GABRIEL ATTAL
Oui, on en a tous marre ; et ils savent très bien dans quelle situation ils prennent un risque vis-à-vis de la contamination s'ils sont très proches d'autres personnes ; c'est ça que ça veut dire.

LAURENCE FERRARI
J'ai deux questions sur le pass vaccinal, quand est-ce qu'il va entrer en vigueur après les recours déposés devant le Conseil constitutionnel ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a des recours qui ont été déposés par des députés de l'opposition, on attend la décision du Conseil constitutionnel, et dans la foulée il pourra entrer en vigueur j'imagine…

LAURENCE FERRARI
Vendredi, samedi ?

GABRIEL ATTAL
Probablement d'ici la fin de la semaine, on attend la décision du Conseil constitutionnel pour que le pass vaccinal puisse entrer en vigueur.

LAURENCE FERRARI
Il y a une question à propos des sportifs étrangers qui viendront en France pour des compétitions, est-ce qu'ils auront des passe-droits, est-ce que certains d'entre eux, des joueurs de tennis qui participeraient à Roland-Garros, ou des joueurs de rugby, ou de football, auront des passe-droits et pourront venir sans être vaccinés ?

GABRIEL ATTAL
Il n'y a pas de passe-droits, il y a un seul pass pour tout le monde, c'est le pass vaccinal, et donc des sportifs, qu'ils soient français ou étrangers, comme tout le monde, devront respecter les règles du pass vaccinal pour venir en France et pour jouer en France.

LAURENCE FERRARI
Donc Novak DJOKOVIC, s'il n'est pas vacciné, il ne viendra pas dans notre pays, à Roland-Garros.

GABRIEL ATTAL
Il devra respecter les règles du pass vaccinal, comme tout le monde.

LAURENCE FERRARI
La campagne présidentielle, les adversaires potentiels du président, qui n'est toujours pas candidat, sont nombreux, Valérie PECRESSE, mais aussi Marine LE PEN, qui a tourné une vidéo devant la pyramide du Louvre, là même où avait commencé le quinquennat d'Emmanuel MACRON, le titre de cette vidéo c'est "l'Affaissement du pays, le déclassement des Français." Elle a réussi un joli coup là-dessus ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Ce que je constate c'est qu'elle se sent obligée d'imiter le président de la République pour faire présidente, en se rendant au Louvre parce que c'est là où le président de la République avait commencé son quinquennat. Je vois beaucoup de… une forme d'hypocrisie dans cette vidéo, elle parle de l'image de la France, de la fierté de la France, elle passe son temps à la rabaisser, elle passe son temps à expliquer que tout va mal en France, quel message envoyé à l'international sur l'image de notre pays ? Moi ce que je constate, c'est qu'Emmanuel MACRON il a redoré l'image de notre économie à l'international, que ça fait deux ans que les baromètres indépendants, internationaux, classent la France comme pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe, que, encore hier, on a annoncé 4 milliards d'investissements étrangers en France, c'est des milliers d'emplois dans notre pays…

LAURENCE FERRARI
Là vous me parlez de regard de l'étranger sur la France, mais peut-être que le regard des Français sur la France compte.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais je pense que les Français le voient ça aussi, ils le voient qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans dans notre pays, ils le voient qu'on a une croissance locomotive en Europe. Encore une fois tout n'est pas parfait dans notre pays, tout ne va pas formidablement bien pour tout le monde, je suis le premier à vous le dire et j'en suis le premier conscient, mais je pense que ce message, en permanence, de la part de Marine LE PEN, mais c'est le cas évidemment d'autres candidats à l'élection présidentielle, d'expliquer en permanence que tout va mal en France, que notre pays serait sur un déclin inexorable, je ne pense pas que ça aide notre pays, et surtout je ne crois pas que ça corresponde à la réalité.

LAURENCE FERRARI
Les Français voient aussi les prix du carburant qui s'envolent, on est à des niveaux historiques, exactement les niveaux du début du mouvement des Gilets jaunes, est-ce que vous allez faire un geste pour aider les Français à passer ce cap difficile, dont on ne sait pas combien de temps il peut durer parce que la hausse des prix du pétrole il n'y a pas de terme, a priori, défini ?

GABRIEL ATTAL
On a pris, vous le savez, des mesures fortes à l'automne dernier, notamment l'augmentation du chèque énergie, qui est versé aux familles, aux ménages les plus modestes…

LAURENCE FERRARI
On parle de 100 euros !

GABRIEL ATTAL
De 100 euros, mais on a voulu aller plus loin, justement aller aussi, aider, accompagner, les classes moyennes avec l'indemnité inflation, de 100 euros aussi, pour tous ceux qui gagnent jusqu'à 2000 euros.

LAURENCE FERRARI
Vous savez combien coûte un plein ?

GABRIEL ATTAL
Oui, je rappelle…

LAURENCE FERRARI
Aux alentours de 100 euros.

GABRIEL ATTAL
Oui, 3,8 milliards d'euros avec cette indemnité inflation qui a été versée à beaucoup de salariés, qui sera versée à une partie des salariés en ce mois de janvier, qui sera versée aux retraités au mois de février. On avait pris des mesures par ailleurs pour revaloriser la rémunération du travail, avec l'augmentation de la prime d'activité, avec la baisse des charges, etc. Je rappelle qu'on a pris aussi des mesures, parce qu'il n'y a pas que la question du carburant, sur le prix de l'électricité, le prix de l'électricité il aurait dû augmenter de 30 à 35 % cette année, on a fait un investissement colossal pour que ça soit bloquée à 4 % maximum. On a bloqué les prix du gaz aussi. Si vous regardez autour de nous, dans les pays européens qui nous entourent, vous avez des augmentations stratosphériques des prix de l'énergie, et vous n'avez pas le même niveau d'accompagnement de l'Etat pour limiter l'impact sur le pouvoir d'achat des concitoyens. On assume d'avoir cette ligne, encore une fois on a toujours dit qu'on voulait augmenter le pouvoir d'achat, la rémunération notamment de ceux qui travaillent, qui travaillent dur, qui ont du mal à joindre les deux bouts, et évidemment on continuera toujours à le faire.

LAURENCE FERRARI
Donc il n'y aura pas de coup de pouce aux Français, là, pour faire face à cette nouvelle hausse des carburants, on est d'accord.

GABRIEL ATTAL
L'indemnité inflation est encore en train d'être versée…

LAURENCE FERRARI
Non mais ça c'était l'an dernier, ok…

GABRIEL ATTAL
… vous avez une partie des Français qui ne l'ont pas encore touchée, vous savez qu'il y a des questions techniques, une partie des salariés et des fonctionnaires le touchent là en ce mois de janvier, certains l'ont reçue en décembre, que les retraités vont la recevoir en février. Moi, je vous redis ce que j'ai dit, on sera toujours aux côtés des Français pour les accompagner.

LAURENCE FERRARI
Le président va se consacrer là, à la présidence française de l'Union européenne, il fait un discours demain à Strasbourg. On voit bien que l'opposition, toutes les oppositions s'unissent autour du tous sauf MACRON et tous pour…contre MACRON, Emmanuel MACRON. Comment est-ce qu'il va articuler sa campagne ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien, d'abord le discours il est important demain, puisque vous savez qu'on prend la présidence française de l'Union européenne, que depuis 2 ans l'Europe nous a rappelé sa raison d'être, pour ne pas être à la remorque des grandes puissances étrangères, que ce soit les Etats-Unis ou la Chine, pour incapable de se protéger en commandant ensemble des vaccins, ce qui fait qu'on est le continent où il y a le plus de vaccins, où on en produit plus, où il y a la plus grande couverture vaccinale. Pour se protéger aussi et relancer notre économie avec un plan de relance historique de 750 milliards d'euros. Tout ça, ça a été permis pendant 2 ans grâce à l'Europe. Et si on veut que notre pays reste fort, qu'il puisse là aussi repartir à la conquête de marchés, d'investissements, de droits pour les Français, évidemment ça doit se faire dans une Europe forte, et il faut avancer en Europe sur la question des frontières avec Schengen, sur la question de l'industrie avec des nouvelles filières, sur la question de l'environnement. C'est ça que va rappeler le président de la République demain, cette présidence française elle sera utile pour l'Europe, elle sera utile pour les frais.

LAURENCE FERRARI
Où on peut être président du Conseil de l'Europe, président de la République, et candidat en campagne, Gabriel ATTAL, comment on fait ?

GABRIEL ATTAL
En travaillant. En travaillant beaucoup…

LAURENCE FERRARI
Comment on fait matériellement, en fait ? On fait tout mal ?

GABRIEL ATTAL
Vous aurez remarqué qu'aujourd'hui le président de la République, il est président du Conseil de l'Union européenne et président de la République, il n'est pas encore déclaré candidat, c'est aussi pour ça qu'il a dit qu'il agirait jusqu'à la dernière seconde. Evidemment que c'est probablement "plus facile" pour les oppositions qui n'ont que la campagne présidentielle à se consacrer, mais en même temps elles sont dans l'opposition, elles ne sont pas aux responsabilités, donc c'est normal, mais Emmanuel MACRON il assumera ses responsabilités jusqu'au bout, et toutes ses responsabilités, et il privilégiera toujours l'intérêt de notre pays et des Français dans les décisions qu'il sera amené à prendre.

LAURENCE FERRARI
Qui est l'adversaire principal d'Emmanuel MACRON ? C'est Valérie PECRESSE, c'est Marine LE PEN ?

GABRIEL ATTAL
Moi je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Ce que je vois, c'est qu'il y a un match à trois entre Valérie PECRESSE, Marine LE PEN, Eric ZEMMOUR, une espèce de primaire entre eux pour voir qui sera l'adversaire du président de la République. Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Je crois qu'il y a des Français d'une droite progressiste, une droite libérale, qui se retrouvent derrière le président de la République. Vous avez des Français d'une gauche là aussi progressiste, d'une gauche de progrès, qui se retrouve aussi derrière le président de la République, et évidemment on va poursuivre ce rassemblement encore une fois dans l'intérêt du pays.

LAURENCE FERRARI
Merci Gabriel ATTAL d'être venu ce matin dans la matinale de Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 janvier 2022