Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à France Info le 4 janvier 2022, sur la mise en place du télétravail obligatoire et le renforcement des contrôles.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Cette nuit les députés auraient dû voter le pass vaccinal qui est censé entrer en vigueur dans 11 jours précisément, mais faute de députés de la majorité assez nombreux les débats ont tourné court, pas de vote, est-ce que c’est une claque comme le disent les oppositions ce matin ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense que c’est surtout consternant de voir les députés Les Républicains s’allier avec la France insoumise et le Rassemblement national pour faire obstruction à l’adoption d’un texte qui propose des mesures pour faire face à la flambée de l’épidémie.

MARC FAUVELLE
Mais ils étaient où vos députés ?

ELISABETH BORNE
les députés, ils ont été présent toute la soirée, les votes se sont passés normalement, c’est aussi quand même assez inhabituel de voir les députés Les Républicains, je vous dis s’allier avec France insoumise et le Rassemblement national, peut-être que ça masque aussi l’absence de ligne chez Les Républicains parce que moi j’ai entendu madame PECRESSE qui dit qu’elle veut être exemplaire dans ses meetings, monsieur CIOTTI nous dire qu’il est pour le pass vaccinale et c’est pas du tout ce qu’on a vu hier.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Elle n’a pas été suivie par les députés LR, c’est-ce que vous voulez dire ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, moi je vous donne un exemple sur l’amendement de suppression de l’article 1er, celui qui instaure le pass vaccinal, il y a 4 députés LR qui ont voté contre la suppression de cet article, donc pour le pass vaccinal et 32 qui ont voté contre, voilà donc…

JEAN-JEROME BERTOLUS
Un petit mot effectivement quand même, c’est un texte très sensible qui impose une contrainte, qui fait débat dans l’opinion, encore une fois est-ce que vous n’avez pas fait preuve de naïveté, les députés de la majorité, est-ce que vous n’êtes pas tombé dans un piège en fait simplement voilà un vote à main levée qui repousse ce projet de loi ?

ELISABETH BORNE
On peut commenter effectivement ce vote, moi je vous dis les députés de la majorité et je peux vous assurer qu’ils n’ont pas d’états d’âme sur le texte, moi j’ai eu l’occasion d’échanger avec notre groupe vendredi dernier, c’est aussi assez inhabituel de voir Les Républicains, c’est pareil le président des Républicains, Monsieur JACOB était sorti de la rencontre avec le Premier ministre en disant qu’il était pour le pass vaccinal, bon toute la soirée non seulement on a eu des propos qui étaient contre le pass vaccinal de la part des députés républicains, on a même eu des propos qui sont carrément anti vaccin ou en tout ça qui sèment le doute sur l’intérêt de la vaccination. Je pense que c’est assez grave et je pense que tous les soignants qui sont mobilisés 24 heures sur 24 depuis des mois apprécieront ce qui s’est passé et le comportement des Républicains hier.

MARC FAUVELLE
Il se passe quoi maintenant Elisabeth BORNE, est-ce que le pass vaccinal va entrer en vigueur ? Il faut qu’il soit adopté à l’Assemblée nationale, il faut qu’il le soit dans les mêmes termes au Sénat, tout cela dans les 11 jours qui nous séparent du 15 janvier, est-ce que le calendrier va pouvoir être tenu ou pas ?

ELISABETH BORNE
Évidemment on va faire le maximum pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu parce que, je le répète, il y a urgence, quand on a eu tous ces derniers jours plus de 200 000 cas par jour, quand on a des soignants qui sont sur le pont, quand on fait face comme nos voisins européens à cette vague avec le variant Omicron, il y a urgence avancer. Donc les présidents des groupes parlementaires vont se réunir pour trouver un nouveau calendrier pour l’examen de ce texte.

MARC FAUVELLE
Donc l’objectif, pardon l’objectif ça reste ce mois-ci, pas forcément le 15 mais ce mois-ci.

ELISABETH BORNE
Bien sûr que ça reste ce mois-ci et au plus vite et donc voilà les présidents de groupe auront l’occasion de se parler ce matin pour caler un nouveau calendrier d’examen du texte.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Y compris effectivement vous allez demander aux députés de siéger y compris le week-end prochain il faut absolument faire au plus vite.

ELISABETH BORNE
Bien sûr qu’il faut faire au plus vite, l’urgence elle est là, la nécessité de prendre des mesures complémentaires pour faire face à l’épidémie elle est là et donc il faut effectivement que ce texte puisse être voté au plus vite.

MARC FAUVELLE
Est-ce que le gouvernement a dans les cartons Elisabeth BORNE le fait d’obliger tous les Français à se faire vacciner pour aller travailler comme c’est déjà le cas par exemple à l’hôpital ?

ELISABETH BORNE
Non, il n’y a pas du tout de projet d’avoir une obligation vaccinale pour tous les salariés, moi j’ai eu l’occasion de débattre…

MARC FAUVELLE
Certains pays le font.

ELISABETH BORNE
J’ai eu l’occasion de débattre dans les 15 derniers jours du mois de décembre avec les organisations patronales et syndicales de l’hypothèse d’un pass sanitaire et non pas vaccinal, donc pas sanitaire ça veut dire être vacciné avoir été guéri du Covid ou avoir un test, ce pass a été rejeté par les organisations syndicales et patronales, on a pris acte de leurs positions et donc il n’y a pas dans le texte qui est débattu, il n’y a pas cette proposition de pass vaccinal.

MARC FAUVELLE
Et ça ne sera pas dans un futur texte par exemple pour des secteurs jugés stratégiques qui permettraient à l’économie française de continuer à fonctionner.

ELISABETH BORNE
Ça n’est pas dans le texte qui a été présenté.

MARC FAUVELLE
Ce ne sera pas dans un autre texte.

ELISABETH BORNE
Je pense qu’il faudra poursuivre ce débat, comme vous l’avez souligné, ça existe en Allemagne, ça existe en Italie. aujourd’hui on a pu constater que les organisations patronales et syndicales étaient contre, donc je pense que c’est important à la fois en termes d’efficacité aussi d’avoir un soutien quand on veut prendre ce genre de mesure, c’est le cas en Allemagne, les organisations patronales et syndicales ont soutenu ce dispositif en Allemagne, on prend acte du fait que ça n’est pas le cas en France et c’est pour ça qu’on a proposé comme le souhaitaient les organisations patronales et syndicales de revenir aux outils qu’on utilise depuis le début de la crise et qu’on a donc adapter le protocole sanitaire en entreprise avec 3 jours de télétravail obligatoire, 4 quand c’est possible qui s’applique depuis hier.

JEAN-JEROME BERTOLUS
On va y revenir tout de suite mais vous étiez hier à Matignon, il y a eu une réunion de crise autour du Premier ministre, dix ministres étaient présents avec vous sur justement les secteurs stratégiques, est-ce que, encore une fois au niveau de ces secteurs stratégiques, pourquoi pas le pass vaccinal, ça a été évoqué hier ?

ELISABETH BORNE
Non ça n’est pas ce dont on a parlé hier, ce dont on a parlé hier c’est de la façon dont on va assurer la continuité de la vie économique et sociale du pays en tenant compte effectivement des contaminations, des règles d’isolement, dont vous savez qu’elles sont changées depuis hier.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Une question quand même, une dernière question hier vous avez indiqué que 5 millions de Français n’étaient pas vaccinés dont 2 millions d’actifs, cela veut dire qu’il y a plusieurs centaines de milliers de Français, peut-être 2 millions qui vont travailler tous les jours sans être vaccinés, pour eux ça ne changera rien le passage du pass sanitaire au pass vaccinal.

ELISABETH BORNE
Non ça ne change rien puisque ce pass sanitaire il s’applique dans les restaurants, dans les cinémas.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Ils font prendre des risques à leurs collègues.

ELISABETH BORNE
Je pense que c’était aussi le sujet du débat qu’on a pu avoir sur le pass sanitaire en entreprise, moi j’entends des salariés qui sont vaccinés au bout d’un moment évidemment il y a le secret médical mais on finit par savoir que certains collègues ne le sont pas et je pense que ça pourrait rassurer les salariés de savoir que ceux qui ne sont pas vaccinées se font tester. Ça n’a pas été le choix des partenaires sociaux dont acte.

MARC FAUVELLE
Est-ce que la vaccination en entreprise va accélérer ? Si oui commuent ?

ELISABETH BORNE
Alors moi je connais évidemment que la médecine du travail se mobilise pour aller vers les entreprises pour pouvoir faciliter la vaccination des salariés. j’ai eu l’occasion de réunir les différents services de santé au travail avant les vacances en leur demandant d’avoir un plan d’action, que chaque service ait un plan d’action notamment précisément pour aller vers les entreprises qui sont peut-être plus éloignées des centres de vaccination et pour accélérer cette vaccination et puis dans le cadre du projet de loi qui a été débattu cette nuit en partie et qui le sera prochainement on a aussi prévu de décaler les visites obligatoires de médecine du travail pour donner…

MARC FAUVELLE
Dans chaque entreprise les visites médicales.

ELISABETH BORNE
Pour donner du temps aux médecins du travail pour qu’ils puissent se consacrer …

MARC FAUVELLE
Donc on suspend partout où c’est possible les visites médicales annuelles obligatoires dans les entreprises pour donner la priorité...

ELISABETH BORNE
Pour donner plus de temps à la vaccination.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Alors dans le projet de loi actuellement en suspens, il y a effectivement l’obligation du télétravail, 3 voire 4 jours par salarié pour les postes télétravaillables, qui définit quel poste télétravail able existe et surtout combien de salariés espérez-vous mettre en télétravail dès cette semaine ?

ELISABETH BORNE
Alors c’est dans le nouveau protocole sanitaire qu’on a fixé.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Les amendes, c’est dans le projet de loi.

ELISABETH BORNE
Qu’on a fixé cette obligation, donc naturellement c’est l’employeur en lien avec les représentants des salariés qui définit les postes télétravaillables, mais il arrive parfois que certains postes qui le sont manifestement n’aient pas été considérés comme télétravaillables et là il peut y avoir une discussion avec l’inspection du travail.

MARC FAUVELLE
Est-ce qu’un salarié peut dire non, je préfère rester sur site pour plusieurs raisons ou est-ce que, a contrario il peut exiger de rester chez lui pour télétravailler ?

ELISABETH BORNE
C’est une discussion avec l’employeur, moi je suis très consciente vous savez qu’en remettant des obligations sur le télétravail, c’est un effort important qui est demandé aux entreprises et aux salariés. On a été pendant de longs mois à un niveau très fort de télétravail, c’est ce qu’on avait demandé au printemps et je sais qu’il y a des salariés qui n’en peuvent plus du télétravail, donc il faut aussi prendre en compte ces situations. C’est pour ça que moi je donnerai une instruction à l’inspection du travail quand on a 3 jours de télétravail obligatoire de pouvoir accepter dans une entreprise que certains puissent en faire un peu moins et d’autres un peu plus.

MARC FAUVELLE
Donc c’est une moyenne.

ELISABETH BORNE
Que ce soit en moyenne, voilà je pense qu’il faut faire preuve de pragmatisme.

MARC FAUVELLE
C’est ce que vous aviez annoncé au début mais ce n’est pas ce qu’on a retenu finalement.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Dans le protocole.

ELISABETH BORNE
Dans le protocole on est voulu définir une règle claire, ensuite je dirais à l’inspection du travail de faire preuve de pragmatisme et d’entendre quand dans certaines entreprises certains en font moins et d’autres en font plus, l’objectif c’est à la fin de faire baisser la présence sur site.

MARC FAUVELLE
Vous vous êtes fixé un objectif, vous dites il doit y avoir tant de millions de salariés aujourd’hui publics et privés confondus qui doivent rester à la maison.

ELISABETH BORNE
Vous avez, on sait qu’il y a un peu plus d’un tiers des postes qui sont télétravaillables facilement et donc avant les vacances les enquêtes qu’on avait pu faire montrer que 60 % des salariés dont les postes sont télétravaillables étaient en télétravail, évidemment il faut faire plus.

MARC FAUVELLE
Vous avez décidé qu’il pourrait y avoir des amendes, 1000 euros par salarié dans la limite de 50 000 euros par entreprise, j’ai dit une bêtise.

ELISABETH BORNE
Jusqu’à 1000 euros.

MARC FAUVELLE
Jusqu’à 1000, ah les médias qui en rajoutent toujours. Jusqu’à 1000 euros par salarié dans la limite de 50 000 par entreprises. Voici ce que ça fait dire au patron de la CFDT Laurent BERGER qui était hier l’invité de France Info.

LAURENT BERGER
Moi je crois que de la part du gouvernement, il y a une petite une petite hypocrisie sur on va faire des sanctions des sanctions, on va faire des contrôles, tout simplement parce qu’aujourd’hui il y a 2000 inspecteurs du travail pour 20 millions de salariés. Donc moi je crois davantage au contrôle syndical dans les entreprises, c’est-à-dire que là où on est présent eh bien lorsque l’employeur ne veut pas jouer le jeu du télétravail, eh bien c’est les équipes syndicales qui devront le signaler à l’inspection du travail, mais les contrôles spontanés comme ça, ça ne va malheureusement pas produire beaucoup d’effets.

MARC FAUVELLE
Un inspecteur du travail pour 10 000 salariés à contrôler, comment ils font ?

ELISABETH BORNE
Enfin d’abord moi je suis un peu, enfin je veux rassurer Laurent BERGER sur le fait que, effectivement je crois beaucoup au rôle des représentants des salariés pour que ces règles se mettent en place dans des bonnes conditions au sein des entreprises. Pour autant j’ai demandé à l’inspection du travail de renforcer ses contrôles, vous savez qu’on était à peu près 1000 contrôles sur le mois d’octobre, je leur ai demandé de passer à 5000 contrôles parce que l’objectif…

MARC FAUVELLE
Ça ne fait pas beaucoup.

ELISABETH BORNE
L’objectif c’est que les règles soient appliquées partout et je voudrais le redire la très grande majorité et c’est ce que montrent les contrôles des entreprises jouent le jeu. Il se trouve qu’on a des rares entreprises qui ne le font pas, qui n’appliquent pas du tout les règles et qui quelque part profitent de la longueur de la procédure de sanction qui est en l’occurrence aujourd’hui une sanction pénale.

JEAN-JEROME BERTOLUS
C’est quel secteur, quelle entreprise ?

ELISABETH BORNE
Non, ce n’est pas du tout la type d’entreprise, vous pouvez avoir enfin moi mes services me remontent qu’alors que la très grande majorité des entreprises jouent le jeu, vous pouvez tomber sur des entreprises qui ne jouent pas le jeu. Je peux vous citer le cas d’une entreprise de l’agroalimentaire, il y avait 32 salariés, 18 qui sont positifs, donc on peut se dire que le protocole n’est pas bien appliqué ou encore d’entreprises qui utilisent des masques réutilisables qui ne sont pas, qui ne correspondent pas aux normes qui ne désinfectent pas les outils de travail qui sont partagés et donc c’est très important qu’on puisse à la fois avoir des contrôles. Et quand on a des rares entreprises qui ne jouent pas le jeu et qui après les observations de l’inspection du travail, après une mise en demeure ne jouent toujours pas le jeu, ne protègent pas la santé de leurs salariés face aux Covid, plutôt que d’avoir une procédure pénale qui prend du temps et donc qui n’est pas très dissuasive on puisse avoir une sanction administrative qui sera plus rapide et donc plus dissuasive.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Et pourtant effectivement le MEDEF considère que ces amendes administratives sont une rupture de confiance, la CGPME dit que c’est une véritable ineptie, mais vous dites il faut un coup de pression sur les entreprises.

ELISABETH BORNE
Je pense que c’est l’intérêt de tout le monde et c’est aussi un enjeu d’équité. On a une écrasante majorité d’entreprises qui jouent le jeu, c’est normal que celles qui, les rares entreprises qui ne le jouent pas ce jeu, qui n’appliquent pas les règles, puissent être sanctionnée de façon rapide. Et vous savez c’est quelque chose de classique dans le droit du travail d’avoir des amendes administratives, des sanctions administratives, donc qui sont rapides, c’est bien ciblé sur les contrôles liés aux règles Covid et ce sera limité dans le temps, mais là il y a urgence pour que tout le monde mette en oeuvre les règles qui protègent les salariés.

MARC FAUVELLE
Elisabeth BORNE, est-ce que les employeurs doivent connaître le statut vaccinal de leurs salariés ?

ELISABETH BORNE
Non. Il y a un secret médical qui s’applique.

MARC FAUVELLE
Alors comment ils font pour appliquer les nouvelles règles puisque les durées d’isolement par exemple ou d’auto-isolement ne sont pas les mêmes en fonction de si on un schéma vaccinal complet ou non, comment on fait ?

ELISABETH BORNE
Non ce n’est pas nouveau, vous savez avant le changement des règles d’isolement…

MARC FAUVELLE
Mais si je suis vacciné la durée est plus courte.

ELISABETH BORNE
C’était déjà le cas avant mais ça n’est pas l’employeur qui va définir les règles de la durée d’isolement en fonction du statut vaccinal, donc c’est le salarié en lien avec l’assurance maladie, quand il est vacciné, qu’il est cas contact, il peut continuer à travailler avec un test négatif et ensuite un test au 2e…

MARC FAUVELLE
Il n’a pas à prévenir son employeur.

ELISABETH BORNE
Non, non, non.

MARC FAUVELLE
Si je suis cas contact, c’est la nouvelle règle qui est entrée en vigueur hier, si je suis vacciné schéma vaccinal complet, cas contact, que ce soit vas contact d’un delta ou d’un Omicron, si tant est qu’on le sache si c’est un delta ou un Omicron, on peut, on doit continuer à travailler, aujourd’hui on ne s’isole pas, on fait simplement un test PCR au début.

ELISABETH BORNE
Un test PCR, mais vous savez c’était les règles.

MARC FAUVELLE
Et ça personne ne doit le savoir au travail.

ELISABETH BORNE
C’était les règles qui s’appliquer avant qu’on change pour le variant Omicron et donc on revient à ces règles.

MARC FAUVELLE
Et on n’a pas à prévenir son employeur ni du fait qu’on est cas contact, ni du fait qu’on fait un test.

ELISABETH BORNE
On n’a pas à donner son statut vaccinal à son employeur, ça se gère entre le salarié et l’assurance maladie et on revient aux règles qui ont existé qui n’ont pas posé de problème.

MARC FAUVELLE
Le temps de faire le 1er test PCR ou antigénique qu’on doit faire au tout début quand on sait qu’on est cas contact…

ELISABETH BORNE
On est en arrêt maladie.

MARC FAUVELLE
Là on est en arrêt maladie, on ne va pas travailler pendant ce moment-là.

ELISABETH BORNE
A priori vous savez aujourd’hui, vous allez dans la pharmacie et vous faites un test…

MARC FAUVELLE
Vous avez essayé de vous faire tester ces derniers jours.

ELISABETH BORNE
Moi j’ai eu l’occasion de me faire tester, oui.

MARC FAUVELLE
Evidement la région où on vit n’est peut-être pas représentative…

ELISABETH BORNE
Je suis bien consciente…

MARC FAUVELLE
Il y a des queues qui font parfois 50 ou 100 mètres devant les pharmacies.

ELISABETH BORNE
Mais voilà quand vous êtes cas contact effectivement se faire tester, avoir un test PCR ou antigénique et donc si ce test est négatif vous pouvez retourner au travail, c’était un enjeu aussi important ces règles et pour le coup je crois qu’elles étaient très attendues par les entreprises qui s’inquiétaient d’une flambée d’absentéisme et donc là avec ses règles qui sont évidemment fondées sur les recommandations des autorités sanitaires, on veut à la fois protéger la santé et en même temps assurer la continuité de notre activité économique.

MARC FAUVELLE
On va en parler de ce risque d’absentéisme massif qui pourrait déstabiliser l’économie française dans un instant. Je vous vois impatient Jean-Jérôme BERTOLUS d’interroger la ministre du Travail, une toute petite minute et ce sera à vous, le temps du fil info.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Elisabeth BORNE, la ministre du Travail et de l’Insertion est avec nous, alors entre le 1er novembre et le 19 décembre, l’assurance maladie a enregistré un bond de 700 % des arrêts maladie, ça n’était que le début de la vague Omicron, est-ce que vous avez des chiffres plus récents, est-ce que vous vous attendez effectivement à une véritable explosion des arrêts maladie ?

ELISABETH BORNE
On aura cette semaine les nouveaux chiffres, moi je n’ai pas des chiffres plus récents que les 36 000 arrêts maladie pour Covid, à la fois les positifs et les cas contact.

MARC FAUVELLE
Par jour.

ELISABETH BORNE
C’était à un instant donné, il y avait 36 000 personnes en arrêt maladie du fait de la Covid, parmi ces personnes en arrêt maladie il y avait précisément les cas contact et ça montre qu’il était important de changer les règles et de ne pas imposer un isolement dès lors que vous êtes complètement vaccinés et que vous vous faites tester pour ne pas avoir une flambée de l’absentéisme.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Ça veut dire que l’économie maintenant, c’est la priorité davantage que la santé ?

ELISABETH BORNE
Non mais on se fonde sur les règles des autorités sanitaires et donc c’est sur cette base-là qu’on a pu adapter les règles d’isolement, évidemment en ayant des contraintes moins fortes quand vous êtes totalement vacciné.

MARC FAUVELLE
Comment les services de l’Etat s’organisent aujourd’hui pour parer une éventuelle vague de d’absentéisme dans les services ? Vous êtes par exemple en charge de Pôle emploi, est-ce que vous constatez aujourd’hui une hausse de l’absentéisme pour maladie dans les services de Pôle emploi et comment est-ce qu’on se prépare éventuellement à continuer à assurer le service public ?

ELISABETH BORNE
Alors nulle part on a constaté un une flambée encore de l’absentéisme, selon les secteurs on est à 5 %, parfois dans les transports on est à 10 %, près de 10 % en région parisienne, évidemment des opérateurs comme Pôle emploi qui ont un rôle essentiel pour accueillir les nouveaux demandeurs d’emploi, les inscrire, les indemniser ont ce qu’on appelle des plans de continuité d’activité et ils ont travaillé très sérieusement sur la façon dont ils allaient s’organiser pour assurer qu’il n’y aura pas de difficulté pour verser les allocations chômage. Donc chaque opérateur qui a un rôle essentiel pour le pays dans le domaine de l’énergie, des transports, pour mon ministère Pôle emploi a son plan de continuité d’activité qui va permettre d’assurer la continuité de la vie de notre pays.

MARC FAUVELLE
Une question toute bête et pratique Elisabeth BORNE pour ceux qui nous écoutent peut-être en arrivant sur le travail, tout le monde ne travaille pas, vous l’avez rappelé tout à l’heure, on sait que dans les cafés il est désormais interdit de boire son café debout devant le bar, dans les salles de profs également on ne boit plus le café debout a rappelé Jean-Michel BLANQUER ces derniers jours, ça vaut aussi au travail, aujourd’hui on ne doit plus se retrouver à la machine à café ?

ELISABETH BORNE
Mais très clairement, je pense qu’on a dit depuis avant les vacances qu’il fallait supprimer tous les moments de, ce qu’on appelle les moments de convivialité, donc les moments festifs de fin d’année et évidemment il faut éviter de se retrouver à plusieurs dans des moments où on retire le masque. Donc il faut que chacun soit prudent, retourne boire son café à son poste de travail, c’est vraiment un enjeu important pour éviter une circulation trop forte du virus.

MARC FAUVELLE
Donc le café oui mais rapidement en enlevant le masque pendant 2 secondes…

ELISABETH BORNE
En s’asseyant à son bureau si c’est possible.

MARC FAUVELLE
Comme dans les trains désormais, on boit à toute vitesse…

ELISABETH BORNE
Absolument.

MARC FAUVELLE
Jean-Jérôme BERTOLUS, je suis désolé pour la machine à café.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Non justement et cette nouvelle organisation dans les entreprises, télétravail, absence effectivement eh bien de moments de convivialité, explosion des arrêts maladie, est-ce que ça va conduire à une augmentation du chômage alors que le chômage avait baissé ces 2 derniers mois ?

ELISABETH BORNE
Alors écoutez-moi je peux vous assurer que le gouvernement est très mobilisé pour ne pas… qu’on ne casse pas la très bonne dynamique.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Il n’y a pas un risque quand même compte tenu de l’ampleur de la vague épidémique ?

ELISABETH BORNE
On a échangé avec les différents secteurs professionnels concernés, avec aussi les organisations interprofessionnelles hier et Bruno LE MAIRE, je pense qu’on peut être confiant sur la solidité, la robustesse de notre reprise économique, de la bonne dynamique en termes d’emplois et puis quand on a des secteurs qui subissent des contraintes, on va continuer comme on le fait depuis début de la crise à les accompagner. C’est notamment l’activité partielle pour ce qui concerne mon ministère, on a pu rassurer les différents secteurs hier, donc tous ceux qui ont des restrictions, les fermetures par exemple les discothèques ou les bars où on ne peut plus consommer debout auront une prise en charge de l’activité partielle à 100 %, donc pas de reste à charge.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Les traiteurs, les casinos.

ELISABETH BORNE
Tous ceux qui ont une forte baisse qui ne font pas l’objet de mesures de restriction en tant que tel mais qui ont une forte baisse de leur chiffre d’affaires, donc 65 % auront également une prise en charge à 100 % de l’activité partielle.

MARC FAUVELLE
Ça veut dire que le chômage partiel remonte aujourd’hui en France.

ELISABETH BORNE
Ça va être dire qu’il va forcément remonter un peu sur…

MARC FAUVELLE
On est à combien aujourd4hui ?

ELISABETH BORNE
Non on était tombé très bas à moins de, à quelques centaines de milliers je rappelle que, de salariés, je rappelle qu’au plus fort de la crise on était à 9 millions et ce qu’on avait aussi c’étaient des entreprises en activité partielle de longue durée, donc les secteurs qui prennent un peu plus de temps à retrouver leurs niveaux d’avant crise, il y a une activité partielle de longue durée qui est là pour ça, qui peut protéger pendant 2 ans avec un reste à charge de 15 % pour l’entreprise.

MARC FAUVELLE
Encore une question pratique, le masque est à nouveau obligatoire en France dans la moitié du territoire environ, est-ce que ça vous aussi pour ceux qui travaillent à l’extérieur dans ces zones, par exemple sur les chantiers ?

ELISABETH BORNE
Alors on a des règles qui sont, enfin sont effectivement que le port du masque doit être le plus systématique possible, quand on a des contraintes notamment qu’on doit faire des efforts physiques, ça n’est pas nécessairement obligatoire mais dans ce cas-là il faut respecter une distance de 2 mètres.

MARC FAUVELLE
Ce qui n’est pas toujours facile à faire.

ELISABETH BORNE
Ce qui n’est pas facile et donc si on ne peut pas les respecter, il faut porter le masque.

MARC FAUVELLE
Est-ce qu’il faut que certaines professions aient accès aux masques FFP2 ?

ELISABETH BORNE
Alors vous savez ce n’est pas le gouvernement qui décide du type de masque, ce sont les autorités sanitaires. Aujourd’hui la recommandation du Haut Conseil de la santé publique c’est de réserver ces masques aux personnes qui sont immunodéprimés comme on dit ou aux soignants, si le Haut Conseil de la santé publique change sa doctrine bien évidemment on l’appliquera.

JEAN-JEROME BERTOLUS
Nouvelle organisation dans les entreprises, d’un mot télétravail, il va falloir quand même que les patrons fassent preuve d’inventivité, vous leur dites quoi, tenez bon, ça ne va pas durer si longtemps que ça ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, d’abord je les remercie, je remercie les entreprises et les salariés pour leur mobilisation depuis le début de la crise. Évidemment tout ça c’est des contraintes, mais je pense que c’est important pour qu’on surmonte au mieux cette nouvelle vague et on espère tous que cette flambée de l’épidémie sera la plus courte possible.

MARC FAUVELLE
Merci à vous Elisabeth BORNE, très bonne journée, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, invitée ce matin de France Info.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 5 janvier 2022