Interview de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à France Bleu Alsace le 7 février 2022, sur l'agriculture biologique et bas carbone.

Texte intégral

AUDE RASO
Le ministre est en direct avec nous, bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

AUDE RASO
Vous allez visiter une exploitation bas carbone tout à l'heure et justement on parle environnement ce matin sur France Bleu Alsace. La consommation de bio a baissé de 3% l'an dernier, même tendance en Alsace, est-ce qu'il faut s'en inquiéter selon vous ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien en tout cas, il faut soutenir la consommation du bio, je crois que c'est ça l'objectif, vous savez en tant que citoyen on demande de plus en plus de transition, de transition agro-environnementale comme le bio, comme le bas carbone, comme la haute valeur environnementale et parfois le consommateur ne suis pas pour plein de raisons et on doit comprendre l'ensemble de ces raisons et de soutenir le fait de pouvoir accéder à ce bio. Je vous donne juste un exemple par la loi on imposer dorénavant qu'au moins 20% des achats dans les cantines, les cantines scolaires, dans les restaurants administratifs, bref dans tout ce qui relève de la puissance publique soit fait par des achats bio, au moins 20%, c'est du très concret et ça permet de soutenir effectivement le secteur.

AUDE RASO
Vous dites Julien DENORMANDIE, il faut aider le bio, alors les agriculteurs bio vont toucher bien sûr des aides de la nouvelle PAC, la politique agricole commune, mais certains râlent un peu, plus de 70% des agriculteurs français tout confondus seront éligibles en fait à ces aides vertes européennes sans rien changer à leurs pratiques, on a quand même un peu l'impression Julien DENORMANDIE qu'il y a une volonté de ne pas trop embêter les agriculteurs en matière d'environnement, est-ce que c'est ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Ah non pas du tout, mais alors vraiment pas du tout au contraire, cette politique agricole commune elle favorise les différentes agricultures, l'agriculture bio mais aussi l'agriculture par exemple qui vient de capter du carbone. On passera aujourd'hui à Strasbourg puis à Colmar une journée autour de cette thématique du carbone avec l'ensemble des ministres européens pour montrer en quoi l'agriculture elle arrive aussi à être un acteur majeur du changement climatique pour capter du carbone dans le sol, parce que contrairement à ce qu'on pense c'est dans le domaine agricole, dans le sol qu'on capte le plus de carbone sur notre planète après la mer. On capte plus de carbone dans le sol agricole que dans les arbres et que dans la forêt, c'est quelque chose qu'on ne sait pas et pourtant c'est quelque chose qu'il faut promouvoir. Donc non cette nouvelle politique agricole commune, elle est très ambitieuse, elle vient soutenir ces différents types d'agriculture, que soit le bio, que soit l'agriculture bas carbone, que soit d'autres types d'agriculture qui permettent ces transitions environnementales.

AUDE RASO
Vous le disiez, vous allez tout à l'heure dans une exploitation bas carbone dans le Bas-Rhin, je rappelle, ce sont des exploitations vertueuses dans leurs pratiques de gestion des sols, vous en parliez et d'élevage aussi, est-ce qu'il y en a déjà beaucoup en Alsace ?

JULIEN DENORMANDIE
Oui, il y en a et puis on est en France très précurseur sur ce sujet, c'est-à-dire que la France a développé depuis maintenant plusieurs années un ensemble de dispositifs qui vient favoriser la captation de carbone dans le sol ou la réduction des émissions de CO2 par les agriculteurs. C'est extrêmement important parce que, on ne le dit pas suffisamment, mais des agriculteurs sont des véritables soldats du climat. Ils sont des acteurs qui viennent limiter le changement climatique en venant capter ces gaz et notamment le carbone dans le sol agricole. Et donc mon objectif aujourd'hui c'est en réunissant tous les ministres européens ici à Strasbourg puis cet après-midi à Colmar de pouvoir leur montrer quel est le chemin que nous pouvons tous ensemble suivre pour faire de l'agriculture un véritable puits de carbone. C'est très intéressant parce que c'est parfois très technique, mais il y a aujourd'hui des solutions, faut-il encore les diffuser, faut-il encore investir dedans, faut-il permettre aux agriculteurs de les mettre en place.

AUDE RASO
Julien DENORMANDIE, j'avais une ultime question, une question locale mais qui a beaucoup agité l'Alsace ces dernières semaines, la mairie de Strasbourg, vous le savez sans doute a décidé de ne plus servir de foie gras pour les cérémonies officielles, vous en pensez quoi ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien que moi je soutiens cette production, je pense que c'est une partie de notre identité, une partie de notre territoire et j'ai eu l'occasion de présenter à mes homologues européens cette belle production du foie gras pas plus tard qu'hier soir ici à Strasbourg, je crois que c'est important de montrer la diversité de nos productions et mettre en valeur nos produits du terroir. Vous savez les Français sont de plus en plus attachés à nos agricultures, de plus en plus attachés à nos beaux produits du territoire et je crois qu'il faut en être fier et pas les renier. Évidemment il faut améliorer les transitions, améliorer les exploitations, toujours être sur cette voie du progrès, mais on a une agriculture de qualité, il faut être fier de cette agriculture de qualité.

AUDE RASO
Merci Julien DENORMANDIE, ministre de l'Agriculture, merci d'avoir été l'invité de France Bleu Alsace. Je rappelle que vous êtes là en Alsace pour deux jours dans le cadre de la présidence française du conseil de l'Union européenne.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 février 2022