Déclaration de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur la réforme de Schengen, à l'Assemblée nationale le 8 février 2022.

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Circonstance : Question au Gouvernement à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Monsieur le Député,

Vous avez raison d'insister sur l'importance de cette réforme, de ce sujet de Schengen, qui a été mis au coeur des priorités de la présidence française de l'Union européenne par le Président de la République. La semaine dernière, pour l'une des premières réunions de cette présidence, le ministre de l'intérieur a réuni tous ses homologues européens pour engager concrètement cette réforme de Schengen.

La réforme de Schengen, on en a beaucoup parlé, nous l'engageons enfin, nous la faisons enfin. Cela commence en effet par une reprise en main politique de ce sujet. Comme nous le faisons sur la monnaie, sur l'euro, avec l'Eurogroupe qui réunit régulièrement les ministres des finances, il y aura désormais, nous le mettons en place, un conseil Schengen qui réunit les ministres de l'intérieur de cet espace, sur la question de la protection des frontières extérieures.

Ce n'est pas simplement une réunion de plus, cela commencera dès le mois de mars, c'est très concret. Il y aura autour de cela un coordinateur Schengen, qui sera chargé d'évaluer, régulièrement, probablement sur une base trimestrielle - Gérald Darmanin précisera cela très rapidement- les ministres concernés pour faire le point sur les défaillances, les mesures à prendre aux frontières extérieures et les corriger. Cela est très important et cela commencera sous présidence française.

Le Président de la République et le ministre de l'intérieur ont également évoqué une réforme complémentaire à Frontex, l'agence de police des frontières que nous mettons en place, avec déjà 1500 hommes et ses effectifs sont en train de monter en puissance. Nous proposons la mise en place - et cela a rencontré déjà un écho favorable auprès de nombreux Etats membres - d'un mécanisme d'urgence, quand il y a des crises, comme nous les connaissons, comme nous l'avons connu, ces dernières semaines, à la frontière polonaise, à la frontière de la Lituanie, organisées parfois par des puissances extérieures, que nous puissions aider rapidement, puissamment, les pays qui sont en difficulté.

Il ne faut pas parler, je crois, de chiffres fantaisistes, de ligne Maginot qui ne marche pas, mais renforcer concrètement la protection de nos frontières, c'est que nous faisons, loin des slogans, avec deux convictions : c'est la protection des frontières extérieures qui permettra de préserver la libre circulation à l'intérieur de l'Europe, et toute réponse efficace à cette problématique majeure doit être européenne.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 février 2022