Conseil des ministres du 23 mars 2022. Les réformes prioritaires du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.

Texte intégral

Le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a présenté un point sur les réformes dont le ministère est chargé.

1. Lutter contre les inégalités à la racine : la priorité donnée au premier degré

Pour garantir la maîtrise des savoirs fondamentaux, chaque élève doit bénéficier des meilleurs conditions d'apprentissage et d'épanouissement possibles.

Afin de réduire l'impact des inégalités sociales et territoriales sur la réussite scolaire des élèves, le Gouvernement a engagé dès 2017 le dédoublement des classes en éducation prioritaire : 55 % des classes de grande section et 100 % des classes de CP et de CE1 sont dédoublées. La mesure bénéficie aujourd'hui à 350 000 élèves et son extension à l'ensemble des classes de grande section se poursuivra aux prochaines rentrées.

Sur l'ensemble du territoire, la limitation des effectifs des classes à 24 élèves vise à améliorer les conditions de scolarisation de tous les élèves. Aujourd'hui, 79,5 % des classes de grande section, CP et CE1 bénéficient d'un effectif inférieur ou égal à 24 élèves. A la rentrée scolaire 2022, toutes les classes de grande section, CP et CE1 seront concernées.

Les dédoublements, la limitation des effectifs mais également l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans sont accompagnés sur le plan pédagogique par de nouvelles ressources, formations et outils pédagogiques pour les professeurs. Les évaluations nationales pour tous les élèves de CP et de CE1 y participent en permettant la mise en place d'un accompagnement ciblé pour chaque élève.

A l'échelle nationale, les résultats des évaluations nationales soulignent une progression des résultats des élèves en français et en mathématiques depuis 2018 et la réduction des écarts entre les élèves scolarisés en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire.

2. Offrir une scolarisation adaptée à tous les élèves en situation de handicap : l'école comme pilier d'une société plus inclusive

L'école de la République est une école attentive à chacun de ses élèves et capable de les accueillir tous. C'est pourquoi la scolarisation des élèves en situation de handicap est une priorité du Gouvernement qui a souhaité la création d'un véritable service public de l'école inclusive.

Plus de 400 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés à l'école, soit 100 000 de plus qu'en 2017. Au quotidien, 125 500 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) participent à leur inclusion aux côtés des professeurs de l'ensemble des personnels.

Le parcours scolaire de ces élèves s'est fluidifié grâce à une organisation de l'ensemble du territoire national en pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) et la création, dans chaque département, d'un service dédié et d'une cellule d'écoute pour accompagner au quotidien les familles.

Il s'est également diversifié grâce à la création de nouveaux dispositifs inclusifs, au plus près des besoins : plus de 320 dispositifs déployés dans le cadre de la stratégie autisme et 1 300 unités pour l'inclusion scolaire (ULIS) ont été créées depuis 2017. La part d'élèves en situation de handicap est désormais supérieure dans le second degré traduisant un allongement de leurs parcours vers l'insertion professionnelle.

3. Maintenir les écoles et établissements ouverts dans un contexte sanitaire inédit : les enjeux de la continuité du service public d'éducation

La capacité du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports à garantir la continuité du service d'éducation par une prise en charge pédagogique en cas d'absence d'un professeur constitue un enjeu majeur pour les élèves et les familles. La situation sanitaire a renforcé cette exigence tout en complexifiant sa mise en œuvre, notamment lors des pics épidémiques.

Pour diminuer le nombre d'heures non assurées, plusieurs solutions ont été déployées : le recours à des cours en ligne et à des dispositifs de travail en autonomie anticipés par l'enseignant et encadrés par des assistants d'éducation (AED) formés. Par ailleurs, le ministère expérimente une solution numérique permettant d'optimiser les ressources de remplacement à l'échelle départementale.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la France fait partie des trois pays de l'Union européenne qui ont le moins fermé leurs établissements scolaires. Ce choix politique fort, au bénéfice des élèves et notamment des plus fragiles, a été accompagné par la structuration d'une continuité pédagogique à l'échelle du ministère et de chaque académie. Des plateformes numériques ont été déployées permettant aux élèves de suivre leur cours et à leurs enseignants d'accéder aux ressources utiles. Le centre national d'enseignement à distance (Cned) a développé le dispositif de classe virtuelle « Ma classe à la maison » utilisé par plus de 10 millions de personnes.

La mesure « Devoirs faits », déployée au collège depuis 2018, répond également à cet enjeu de continuité des apprentissages. Elle permet à tous les élèves volontaires de faire leurs devoirs au collège gratuitement, de réviser et de conforter leurs acquis en étant accompagnés par des professeurs et des intervenants en dehors des heures de classe. « Devoirs faits » bénéficie aujourd'hui à 30 % des collégiens et à près d'un collégien sur deux en éducation prioritaire renforcée (REP+). Les élèves de 6e sont les premiers bénéficiaires du dispositif (42 %).

Afin de répondre à certaines difficultés de déploiement dans les zones rurales, la déclinaison numérique du dispositif « e-Devoirs Faits » qui offre une solution dématérialisée d'accompagnement à distance par des étudiants rémunérés est en cours de déploiement dans plusieurs académies.