Interview de Mme Nathalie Élimas, secrétaire d'État à l'éducation prioritaire, sur CNews le 7 février 2022, sur les incivilités dans les écoles et les professeurs agressés, la rémunération des enseignants, le #PasDeVague et la situation sanitaire dans les écoles.

Texte intégral

OLIVIER BENKEMOUN
On accueille sur ce plateau Nathalie ELIMAS, bonjour, vous êtes secrétaire d'Etat chargée de l'Education prioritaire, et Philippe BALLARD, bonjour porte-parole du RN et conseiller régional d'Ile-de-France, ça sera… tous les deux, vous serez dans quelques minutes face à face pour répondre à nos questions d'actualité. Philippe BALLARD se réjouissait du beau temps, c'est très bien…

PHILIPPE BALLARD
Oui, eh bien, c'est enfin, enfin une bonne nouvelle.

OLIVIER BENKEMOUN
Enfin, une bonne nouvelle… A la Une donc après ORPEA, le groupe KORIAN est à son tour mis en cause pour maltraitances.

OLIVIER BENKEMOUN
Nathalie ELIMAS, vous êtes plutôt chauffard ou prudente à trottinette électrique ?

NATHALIE ELIMAS
Ah, moi, je n'ai pas de trottinette électrique déjà, mais en voiture, je suis toujours très prudente.

OLIVIER BENKEMOUN
Mais je n'en doute pas une seconde. Philippe BALLARD, vous utilisez ou pas ces nouveaux moyens de transport ?

PHILIPPE BALLARD
Oui, non, je suis plutôt transports en commun, de toute façon, en Ile-de-France, notamment à Paris, la voiture, je pense qu'il faut oublier…

NATHALIE ELIMAS
C'est très problématique, oui…

PHILIPPE BALLARD
Et les rares fois où je la prends, effectivement, moi, je constate quand même que ces gens qui utilisent cette trottinette électrique prennent des risques, mais majeurs, quand ils n'ont pas des oreillettes, ils vivent dans leur monde, dans leur bulle, bon, ce n'est pas étonnant qu'il y ait des accidents graves.

OLIVIER BENKEMOUN
Non, non, mais c'est aussi une question de comportement en société, les gens qui sont sur leur trottinette sont conscients, une enquête du JDD le disait : 6.000 fractures dans les principales villes, Paris, Lyon, Marseille, enfin, c'est énorme, est-ce qu'il faut légiférer à votre avis ?

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, il faut peut-être légiférer effectivement, en tout cas, ça se propage, on le voit, on voit des trottinettes partout sur les trottoirs notamment à Paris, dans tous les sens, et puis, c'est vrai des gens qui sont parfois à la limite de l'inconscience, complètement dans leur monde, donc si s'il faut légiférer pour les protéger, enfin, le mieux, c'est d'abord essayer de se responsabiliser soi-même.

OLIVIER BENKEMOUN
Civilité, incivilités, c'est toujours pareil. A propos d'incivilités, premier thème de débat, ces professeurs bousculés, près d'un directeur d'école primaire sur deux, 44 %, a été insulté au cours de l'année 2020-2021, étude de la Fédération des délégués départementaux de l'Education nationale, 8 % des directeurs et directrices d'école affirment avoir été plus bousculés, même frappés. C'est un phénomène nouveau, c'est un phénomène Covid ou ça vient de plus loin ?

NATHALIE ELIMAS
Non, ça n'est pas un phénomène nouveau, en tout cas, au ministère de l'Education nationale, on ne met pas du tout la poussière sous le tapis sur ce sujet-là. Il y a probablement un phénomène Covid, il y a aussi… vous savez, l'école, c'est le miroir de la société, et donc ce qui évolue dans la société, et ça a été d'ailleurs le propos introductif de ce journal avec violence dans la société, et ça se traduit également dans l'école, il y a les sujets de radicalisation, et puis, il y a des incivilités tout court. Donc nous, ce que l'on a fait, c'est que l'on a renforcé la protection fonctionnelle des professeurs, et qu'effectivement, aujourd'hui, tous les faits doivent être connus et éventuellement bien sûr qualifiés s'ils sont graves.

OLIVIER BENKEMOUN
C'est suffisant Philippe BALLARD ?

PHILIPPE BALLARD
Oui, on n'est pas étonné, alors, on a compris que, avant le premier tour, il n'y aura pas de débat avec le président de la République, pourtant, l'école aurait pu être un beau thème de débat, quand on fait le bilan qui est catastrophique…

NATHALIE ELIMAS
Mais moi, je veux bien débattre de l'école autant que vous voulez…

PHILIPPE BALLARD
On va en parler alors, on va en parler.

NATHALIE ELIMAS
Avec grand plaisir.

PHILIPPE BALLARD
Parce que vous parlez de ces professeurs agressés, on a tous en tête ces images, alors, dans le Val-de-Marne, il y avait une professeure qui avait été… qui s'était fait braquer avec un pistolet, alors, certes factice, mais enfin, sur la tête…

NATHALIE ELIMAS
Oui…

PHILIPPE BALLARD
A Combs-la-Ville, on a vu ces images, cette professeure…

NATHALIE ELIMAS
Je ne le nie pas, Monsieur BALLARD, je ne le nie pas…

PHILIPPE BALLARD
Qui s'est fait renverser par un élève, et puis, alors, tout le monde dans la classe, on entend : ouech, ouech, et c'est filmé par le portable. Il y le #PasDeVague, alors, effectivement, monsieur BLANQUER, votre gouvernement, s'inscrit en quelque sorte dans la suite de ce qui se passe depuis des années, des années et des années, les professeurs ne sont pas soutenus…

NATHALIE ELIMAS
C'est faux…

PHILIPPE BALLARD
Ils sont mal payés, il y a eu un rapport, le rapport Obin…

NATHALIE ELIMAS
Ça aussi, factuellement, c'est faux…

PHILIPPE BALLARD
Qui date du début des années 2000, qui pointait du doigt le communautarisme qui s'installait dans les écoles…

NATHALIE ELIMAS
Nous avons revalorisé la rémunération des professeurs à l'entrée dans le métier…

PHILIPPE BALLARD
Et tous les gouvernements l'ont mis de droite comme de gauche sous le tapis ; voilà, on pourrait continuer d'égrener tout cela…

NATHALIE ELIMAS
Non, la poussière sous le tapis, là, je m'inscris complètement en faux…

PHILIPPE BALLARD
Non, non, mais attendez, le rapport Obin, pardon, il date du début des années 2000…

NATHALIE ELIMAS
Mais je l'ai vu le rapport Obin…

PHILIPPE BALLARD
Et on en a pris conscience, alors…

OLIVIER BENKEMOUN
Attendez, je ne suis pas sûr que tout le monde connaisse le rapport Obin…

PHILIPPE BALLARD
Oui, voilà, je précise que c'est un inspecteur de l'Education nationale qui au début des années 2000 mettait en garde contre le communautarisme qui gangrenait complètement l'Education nationale, et tous les gouvernements…

NATHALIE ELIMAS
Et qui a regardé ces sujets les yeux dans les yeux, c'est Jean-Michel BLANQUER…

PHILIPPE BALLARD
De droite comme de gauche, ont mis la poussière sous le tapis.

NATHALIE ELIMAS
Oui, sauf que la poussière, elle n'est pas là depuis 5 ans, Monsieur BALLARD, il faut être objectif…

PHILIPPE BALLARD
Mais c'est ce que je viens de vous dire, elle date du début des années 2000…

NATHALIE ELIMAS
Voilà, elle est là depuis des années, elle est là depuis des années, et c'est Jean-Michel BLANQUER qui justement a dit : ça suffit, on ne met plus la poussière sous le tapis, et on regarde les faits tels qu'ils sont. Donc on a pris un certain nombre de mesures en ce sens, ensuite, quand vous dites que les professeurs ne sont pas considérés, que tout va très mal sur le terrain, vous savez, moi, je me déplace toutes les semaines, je ne nie pas les faits dont on parle aujourd'hui, ce matin, mais je vois aussi de très belles choses dans les écoles, je vois aussi des équipes qui fonctionnent très bien, je vois aussi des professeurs qui sont heureux. Donc quand il y a des problèmes, encore une fois, là où je dis qu'il faut les regarder les yeux dans les yeux, on les regarde, on les traite, on les qualifie, et on poursuit, si c'est nécessaire, mais heureusement, c'est quand même une minorité, Monsieur BALLARD.

PHILIPPE BALLARD
Mais comment vous expliquez qu'il y ait ce #PasDeVague, ces professeurs, ces professeurs des écoles, professeurs dans les collèges, dans les lycées…

NATHALIE ELIMAS
Alors, on ne fait pas une politique à la lumière de ce qui est écrit sur Twitter…

PHILIPPE BALLARD
Attendez, je finis, qui aient lancé cette bouée de sauvetage…

NATHALIE ELIMAS
Parce que je peux vous dire que vu tout ce que prend le gouvernement…

PHILIPPE BALLARD
Ce cri du coeur. Et puis, il y a monsieur LEMAIRE, par exemple, ce professeur de philosophie de Trappes qui travaille sous protection policière, je ne parlerai pas évidemment de Samuel PATY, égorgé par un Tchétchène, parce qu'il avait montré les caricatures du prophète, voilà, l'Education nationale en est là avec des professeurs qui sont moins payés, si l'on compare par rapport aux pays de l'OCDE…

NATHALIE ELIMAS
Alors ça, c'est faux, alors, en comparaison internationale…

PHILIPPE BALLARD
Et je terminerai, je terminerai d'une phrase…

NATHALIE ELIMAS
Je vous en prie…

PHILIPPE BALLARD
Cet automne, il y a eu comme tous les ans un concours pour recruter des professeurs des écoles notamment, et on s'est aperçu qu'il n'y avait pas assez de candidats, parce que le métier n'était plus attrayant, et après, comme il n'est plus attrayant, on prend ceux qui se sont présentés, qui ont été pris, mais il y a un taux d'absentéisme énorme.

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, justement, pour travailler sur l'attractivité du métier, je vous rappelle qu'il y a eu un Grenelle de l'Education, et contrairement à ce que vous avez annoncé précédemment, la rémunération des professeurs a été revalorisée, dans l'entrée dans le métier, déjà, ils ont de plus 186 euros aujourd'hui avec un objectif de ne pas entrer à moins de 2.000 euros, on a mis en place une politique des ressources humaines qui n'existait pas jusque-là ; on travaille effectivement sur le recrutement, sur la formation des professeurs, on est même capable aujourd'hui de remplacer dans le cadre de la crise Covid. Donc j'entends la critique et toutes les critiques des oppositions qui ne cessent, et puis, c'est un petit peu de saison de taper sur le gouvernement en disant que rien ne va bien, mais, moi, ce que je veux entendre aussi dans ce cas-là...

PHILIPPE BALLARD
Comme on n'a pas de débat…

NATHALIE ELIMAS
Puisqu'on est dans le débat, puisque c'est la période, ce sont les propositions, et qu'on débatte, finalement, proposition contre-proposition…

PHILIPPE BALLARD
Eh bien, débureaucratiser l'Education nationale…

NATHALIE ELIMAS
En tout cas, factuellement, factuellement, sur des éléments qui sont réels…

PHILIPPE BALLARD
Augmenter les salaires, parce que, contrairement à ce que vous dites par rapport à l'OCDE, les professeurs des écoles et professeurs français sont moins bien payés…

NATHALIE ELIMAS
Nous l'avons fait. Vous savez, Valérie PECRESSE a dit qu'il fallait augmenter les salaires de 10 % avant de se raviser et de dire qu'il fallait le faire de 3 %, sauf que dans l'Education nationale, à l'entrée dans le métier, on l'a déjà fait.

OLIVIER BENKEMOUN
Allez, on fait une petite parenthèse sur le protocole, le protocole qui pourrait être allégé, si j'ai bien compris, après les vacances d'hiver, du changement dans les écoles, ça, c'est important pour les Français.

NATHALIE ELIMAS
Oui, il va y avoir effectivement des discussions dès demain d'ailleurs, une rencontre avec les organisations syndicales, pour regarder la situation, on voit qu'il y ait une décrue dans la population générale, et donc, il n'y a pas de raison de ne pas adapter les mesures à l'école, donc sur 3 points, d'abord, il y a effectivement ce fameux protocole en 4 niveaux, aujourd'hui, on est au 3ème niveau dans le 1er degré, au second degré (sic)… dans le second degré au 2ème niveau, donc on va regarder déjà tout cela. Ensuite, on va se poser la question sur le port du masque bien évidemment …

OLIVIER BENKEMOUN
En extérieur ?

NATHALIE ELIMAS
En extérieur, mais également, parce que ça a été problématique pour les familles, et personne ne l'a nié d'ailleurs, on a ajusté la situation, sur les autotests. Donc, comme d'habitude, il y a d'abord les recommandations des autorités sanitaires, il va y avoir du dialogue, du dialogue social avec les organisations syndicales, avec les représentants de parents d'élèves, et dans la semaine, nous allons annoncer ces nouvelles mesures effectivement qui seront mises en place après les vacances.

OLIVIER BENKEMOUN
Moi, j'ai même entendu des parents dire : on ne fait plus les autotests, on ne fait plus rien, je veux dire, on en a assez de dérégler tout notre famille, on n'y arrive pas, on ne va pas même dire que notre enfant est positif, ça ne sert à rien. Vous avez entendu aussi ?

PHILIPPE BALLARD
Eh bien, il y a un ras-le-bol général, mais je pense que c'est un peu la gestion de cette crise de la Covid depuis le début qui entraîne ce sentiment. Alors, si vous faites plus simple qu'au mois de janvier, bravo, parce que, là quand même, on avait touché le fond, 3 protocoles en en 10 jours, on pouvait difficilement faire pire, il y a des mesures très simples qui n'ont pas été prises, les capteurs de CO2, notamment, les purificateurs d'air, alors c'est de la compétence des collectivités locales, d'accord, mais moi, j'ai entendu Emmanuel MACRON nous dire : on est en guerre, le 12 mars 2020, dans son allocution télévisée…

NATHALIE ELIMAS
On est en 2022…

PHILIPPE BALLARD
Et quoi qu'il en coûte, on met de l'argent, donc autant financer les collectivités…

NATHALIE ELIMAS
On a mis l'argent, Monsieur BALLARD…

PHILIPPE BALLARD
Leur acheter ces capteurs d'air, ces purificateurs d'air, après…

OLIVIER BENKEMOUN
Non, attendez, sur les purificateurs d'air, parce que ça mérite une information, je pense que…

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, ce que déjà effectivement monsieur BALLARD a dit, les capteurs de CO2, c'est de la compétence des collectivités…

PHILIPPE BALLARD
Des collectivités locales, mais vous pourriez les acheter…

NATHALIE ELIMAS
Et nous les accompagnons puisque nous avons voté un budget en ce sens…

PHILIPPE BALLARD
Non, mais voilà, quand on est en guerre…

OLIVIER BENKEMOUN
Mais ils ont été achetés, enfin, le budget était là ?

PHILIPPE BALLARD
Non, pas partout, oui, non, non, pas partout, loin de là…

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, non, mais si les collectivités ne veulent pas équiper, elles peuvent ne pas le faire. Ensuite, Monsieur BALLARD…

PHILIPPE BALLARD
Mais il fallait le faire d'une façon qui soit un peu autoritaire…

NATHALIE ELIMAS
Il n'est pas nécessaire forcément de mettre un capteur de CO2 dans toutes les classes. Ces mesures…

PHILIPPE BALLARD
Eh bien, j'écoutais ce matin, moi, le témoignage de professeurs qui disaient : au bout d'un quart d'heure, il y une saturation du CO2…

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, on ouvre la fenêtre…

PHILIPPE BALLARD
Voilà, très bien, mais encore faut-il qu'ils aient des capteurs de CO2.

NATHALIE ELIMAS
Oui…

OLIVIER BENKEMOUN
L'information…

PHILIPPE BALLARD
L'information. Et puis, le port du masque en extérieur, mais alors là, je pense que là, on touche le fond, moi, enfin, comme tout le monde, on passe devant des écoles au moment de la récréation, on voit des petits minots, des petits gamins de 6, 7, 8 ans, 9 ans jouer dans la cour de récréation avec un masque, mais pour quelle raison…

NATHALIE ELIMAS
Vous oubliez qu'on est capable, vous savez, quand on s'ajuste, on peut le faire dans un sens, on peut le faire dans l'autre…

PHILIPPE BALLARD
Mais quelle raison, pour quelle raison ?

NATHALIE ELIMAS
A l'automne dernier, on avait enlevé les masques…

PHILIPPE BALLARD
Non, mais pour quelle raison ? Pour quelle raison…

NATHALIE ELIMAS
Monsieur BALLARD, vous vous en souvenez…

PHILIPPE BALLARD
Mais quelle est la raison de faire porter des masques en extérieur à ces enfants ?

NATHALIE ELIMAS
Parce que, encore une fois, on applique dans les écoles ce qu'on applique en population générale, et inversement…

PHILIPPE BALLARD
Ce n'est pas la même chose…

NATHALIE ELIMAS
Je vous rappelle, le mois de janvier a été particulièrement difficile…

PHILIPPE BALLARD
Ils n'ont quasiment aucun risque…

NATHALIE ELIMAS
Avec le croisement des deux variants, Delta, Omicron, on ne va pas réécrire l'histoire.

OLIVIER BENKEMOUN
Vous pouvez rappeler le nombre de classes qui ont été fermées quand même…

NATHALIE ELIMAS
Oui, alors, et j'ai même une bonne nouvelle d'ailleurs, je vous remercie, il y avait là, vendredi dernier, il y a 97 % des classes qui sont ouvertes, on est passé de 20.000 classes fermées à 16.000, on est donc en train de progresser, et je précise que 97 % des classes sont ouvertes, et que 97 % de nos élèves sont en classe, pourquoi, justement, parce que l'on a appliqué ces protocoles, c'était très inconfortable, Monsieur BALLARD, je vous l'accorde, je suis parente moi-même, c'était très inconfortable, c'était très pénible pour les professeurs…

PHILIPPE BALLARD
Mais quelle était la raison, quelle est la raison d'avoir un masque quand on a 6, 7, 8 ans…

NATHALIE ELIMAS
Pour les parents et pour les élèves. Mais notre stratégie, Monsieur BALLARD, on ne la partage pas…

PHILIPPE BALLARD
Dans la cour en extérieur…

NATHALIE ELIMAS
Notre stratégie, c'était tester beaucoup, vacciner beaucoup, protéger, plutôt que de tout fermer, c'est un choix que nous avons fait, on a bien entendu que d'autres…

PHILIPPE BALLARD
Mais vacciner les 5-11 ans, quel est l'intérêt de vacciner les 5-11 ans ?

NATHALIE ELIMAS
Que des candidats auraient peut-être fait autre chose. C'est ce que nous avons fait aujourd'hui.

OLIVIER BENKEMOUN
C'est une vraie question…

PHILIPPE BALLARD
Quel est l'intérêt de vacciner les 5-11 ans ?

NATHALIE ELIMAS
Le bilan, les écoles sont restées ouvertes…

OLIVIER BENKEMOUN
Une minute, il reste une minute.

NATHALIE ELIMAS
Le chômage n'a jamais été aussi bas.

PHILIPPE BALLARD
Ah, ça, c'est un mensonge !

NATHALIE ELIMAS
L'économie fonctionne parfaitement…

PHILIPPE BALLARD
Alors là, c'est une fake news énorme !

NATHALIE ELIMAS
Absolument pas…

PHILIPPE BALLARD
Alors, moi, j'invite tous ceux qui nous regardent d'aller…

NATHALIE ELIMAS
500.000 Français ont retrouvé ou ont trouvé un emploi…

PHILIPPE BALLARD
D'aller regarder sur la courbe de Pôle emploi, vous tapez sur un moteur de recherche courbe chômage Pôle emploi, on est à 5,5 millions…

NATHALIE ELIMAS
Non, mais Monsieur BALLARD, on ne sera jamais d'accord vous et moi, vous le savez bien…

PHILIPPE BALLARD
Il y a 15 ans, Emmanuel MACRON dans ses voeux aux Français, le 31 décembre dit : le chômage n'a jamais été aussi bas depuis 15 ans, c'est archi faux ! On est à 5,5 millions, il y a 15 ans, on était 3,2 millions, et moi, j'invite tous ceux qui nous regardent à aller visiter le site de Pôle emploi, et ils verront ces courbes catégorie A, B, C, il y a un delta énorme !

NATHALIE ELIMAS
Voilà, ça, alors qu'on est en pleine pandémie, 500.000 Français ont trouvé ou ont retrouvé un emploi, ça, c'est factuel.

PHILIPPE BALLARD
Eh bien, oui, on en avait tellement supprimé, quand on est au fond de la piscine, évidemment, on ne peut plus que remonter. Mais je pass vaccinal en fait, c'est un pass politique, Emmanuel MACRON va assoir sa campagne électorale sur le calendrier de ce pass politique.

NATHALIE ELIMAS
Absolument pas. Absolument pas. Emmanuel MACRON aujourd'hui…

PHILIPPE BALLARD
Qu'il descende dans l‘arène et qu'il débatte alors…

NATHALIE ELIMAS
Une crise sanitaire, et il y a une crise internationale. Et il est justement ce matin à Moscou. Et demain, en Ukraine, parce qu'il y a un véritable danger là-bas. Donc le président de la République est président de la République comme il l'a dit…

PHILIPPE BALLARD
Et ça, ça lui permet aussi de faire une campagne électorale aux frais de la princesse République…

NATHALIE ELIMAS
Jusqu'au dernier quart d'heure, Monsieur BALLARD…

PHILIPPE BALLARD
Et n'est pas décompté par le CSA, non, mais c'est… voilà, tous les candidats, Marine LE PEN, elle, c'est son temps de parole…

OLIVIER BENKEMOUN
On laisse juste répondre… on termine le débat… attendez…

PHILIPPE BALLARD
… On n'a toujours pas nos signatures, et on lance un appel aux maires d'ailleurs.

OLIVIER BENKEMOUN
On termine le débat, mais juste là-dessus, sur un débat télévisé, c'est une possibilité de venir à la télévision débattre, Emmanuel MACRON, parce que les Français le souhaitent ?

NATHALIE ELIMAS
Mais ces débats télévisés, on les a vus, là, tout récemment avec toutes les primaires de la droite, de la gauche…

OLIVIER BENKEMOUN
Oui, mais sans Emmanuel MACRON…

PHILIPPE BALLARD
Faites un bilan en défense, quand même…

NATHALIE ELIMAS
Etc., mais ce sont d'abord des shows télévisés, vous le savez très bien…

PHILIPPE BALLARD
Après un quinquennat…

NATHALIE ELIMAS
Mais qu'est-ce qu'on défend ? Qu'est-ce qu'on défend lors d'un débat ?

PHILIPPE BALLARD
Non, mais à partir de quel moment on va débattre du fond ?

NATHALIE ELIMAS
Eh bien, oui, il va falloir que l'on débatte du fond, d'ailleurs, ce qui n'arrive pas aujourd'hui, parce que, à gauche, ils sont écartelés…

PHILIPPE BALLARD
On est le 7 février…

NATHALIE ELIMAS
Emiettés façon puzzle, et puis, les droites, là, sont dans le mercato, on joue au jeu des 7 familles pour savoir qui…

PHILIPPE BALLARD
On est à deux mois du premier tour…

OLIVIER BENKEMOUN
Allez, on arrête là. On est à 62 jours exactement…

NATHALIE ELIMAS
On n'a pas encore attaqué la question de fond…

OLIVIER BENKEMOUN
Je ne vais pas vous réconcilier ce matin, je ne vais pas vous réconcilier, ça ne sera pas possible ?

NATHALIE ELIMAS
Non, non, mais attendez, ce n'est pas le sujet…

OLIVIER BENKEMOUN
On arrête là. Merci en tout cas à tous les deux. Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 février 2022