Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur les médaillés des Jeux Olympiques et Paralympiques de Pékin 2022, à Paris le 29 mars 2022.

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Circonstance : Cérémonie de remise de décorations des médaillés des Jeux Olympiques et Paralympiques de Pékin 2022

Prononcé le

Texte intégral


Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur,
Mesdames les Présidentes du CNOSF, du CPSF, des fédérations françaises de ski, des sports de glace, handisport, et quel beau symbole d'ailleurs que cette présence féminine pour tous nos sports d'hiver, et au-delà dans le monde sportif. Je vois que le monde olympique est hautement représenté ici, et de voir préfet CADOT, et Tony ESTANGUET à nos côtés nous honore également. Merci d'être là l'un et l'autre.
Mesdames et messieurs les médaillés et les membres de la délégation française aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Pékin,
Mesdames et messieurs.


Je suis très heureux de vous accueillir aujourd'hui ici, et d'avoir cette équipe réunie, grande famille olympique et paralympique qui a su tenir son rang lors de ces Jeux hors du commun à tous égards, si je puis dire.

Un grand merci tout d'abord pour votre présence aujourd'hui parmi nous, vous qui êtes entre deux entraînements pour beaucoup, entre deux médailles aussi et quelques compétitions. Certains d'entre vous ont d'ailleurs pu compléter ces dernières semaines leur collection de médailles pékinoises par de nouveaux titres à Montpellier, Courchevel, en Suisse, en Estonie, en Norvège. J'aurai l'occasion d'y revenir, et donc félicitations au carré pour ces champions nouvellement couronnés qui n'ont pas hésité à nouveau, si je puis dire, à mouiller la combi, sitôt atterri en Europe.

C'est la deuxième fois que nous avons l'occasion de nous retrouver sous ce format, et de célébrer notre délégation au retour de Jeux d'hiver. Un certain nombre d'entre vous étaient d'ailleurs présents en ces lieux à l'issue des Jeux de Pyeongchang, il y a 4 ans. 4 années au cours desquelles je sais, pour beaucoup d'entre vous, ce fut un entraînement intense, sans relâche pour décrocher une médaille à Pékin, et ces 4 années, c'est une partie simplement, je le sais, des efforts qu'il y a derrière la consécration d'aujourd'hui. Et donc bravo pour cela. Ne regrettez rien de ce voeu de labeur, de sueur, de fidélité à nos couleurs qui nous rend si fiers.

Ces derniers Jeux Olympiques à Pékin étaient une aventure hors du commun. Une aventure hors du commun qui est une épopée en bleu blanc rouge. Participer aux Jeux est un honneur qu'il faut servir, un rêve qu'il faut saisir, et vous l'avez fait. En hissant à 26 reprises nos couleurs sur les podiums olympiques chinois, en faisant fondre la neige de Pékin au souffle de la Marseillaise, entonnée tant de fois depuis la plus haute des 3 marches, en faisant montre de courage et d'abnégation, deux valeurs qui disent beaucoup du tempérament en français, vous nous avez rendu fiers.

C'est une aventure hors du commun qui n'est jamais une échappée en solitaire, mais toujours une équipe. Et ce très beau palmarès, le vôtre, rappelle qu'au-delà du talent et du dépassement individuel, il y a cette force du collectif qui consiste à penser, à prouver qu'unis, ensemble, on est plus fort que séparément.

Unis, vous l'êtes avec vos clubs sportifs qui vous ont accueilli dès votre plus jeune âge, avec vos entraîneurs, qui vous ont transmis un savoir-faire et un savoir-être, qui tire chaque jour le meilleur de vous, avec les préparateurs physiques, avec vos fédérations, avec vos familles aussi, et je veux remercier ce cortège d'efforts parfois accumulés depuis tant et tant d'années, qui a rendu, qui ont rendu ces médailles possibles.

Unis, vous l'êtes également avec vos coéquipiers, qui vous soutiennent, parfois, qui vous challengent aussi, avec les familles que j'évoquais, qui vous entourent et vous encouragent.

Unis, vous l'êtes avec la nation tricolore car malgré les gradins, je le sais, qui étaient presque vides, tout le pays était derrière vous. Vous avez dû recevoir beaucoup de messages, mais ils étaient là, vibrants, émus, fiers.

Et unis, vous l'êtes aussi, famille olympique, paralympiques, civils et militaires, et je remercie l'ensemble des ministres, ici présents, d'ailleurs de porter la cohésion de toutes ces composantes de notre engagement.

Tous composent cette alliance sacrée, qui vous permet de déplacer des montagnes, de les dévaler parfois à toute vitesse, et d'avoir réussi cette aventure hors du commun, avec, je le sais derrière, des programmes d'entraînement, des planning colossaux. Et je veux d'autant plus vous féliciter que vous l'avez fait dans un contexte extraordinaire. Votre préparation a été bousculée par le Covid-19. Et je sais que pour beaucoup d'entre vous, ça a été des complications supplémentaires, et beaucoup de désorganisations. En Chine, la bulle sanitaire stricte, les tests quotidiens, la quasi absence de public ont aussi accru les difficultés. Ce qui rend ce couronnement, encore plus fort, plus exceptionnel. Et pour beaucoup d'entre vous, c'est le couronnement d'une vie scandée par les entraînements, des efforts répétés, des conquêtes de chaque jour.

En disant cela, je pense à ceux dont la seule présence fut une magistrale leçon de résilience et de détermination. Notre porte-drapeau, Kevin ROLLAND, cher Kevin. Vous qui avez frôlé la mort il y a deux ans, vous à qui les médecins répétaient inlassablement : C'est fini ! Pourtant, vous avez arraché votre qualification en finale de l'épreuve de halfpipe et malgré votre bassin verrouillé par une plaque de fer, dont chaque mouvement vous rappelle douloureusement la présence, vous étiez là, vous avez porté les couleurs. Chapeau !

Je pense aussi à nos athlètes paralympiques, quatrièmes de ces Jeux, incarnant une nouvelle fois avec panache cette magnifique revanche de la différence face à l'indifférence. Toute votre vie, vous avez lutté 10 fois, 100 fois plus que les autres, pour pratiquer votre passion, pour faire entendre votre voix, défendre votre place.

Et j'ai une pensée aussi pour ceux qui, cette année, ne sont pas revenus coiffés de lauriers alors qu'ils avaient aussi mené tant et tant d'efforts, n'avaient pas ménagé leur entraînement. Je sais leur déception. Mais je veux aussi leur dire qu'ils sont autant des exemples lorsqu'ils ont eu des victoires, que lorsque parfois l'objectif qu'ils s'étaient donné n'a pas été totalement atteint. Ce sont les valeurs de l'olympisme : par votre capacité à surmonter les désillusions, à toujours apprendre, et à avancer, vous nous donnez une formidable leçon de résilience, et c'est aussi ça le sport. Et donc je le dis à toutes celles et ceux qui sont ici présents, et qui n'ont pas eu les performances, forcément qu'ils souhaitaient, pour lesquelles ils s'étaient préparés, que c'est dans la poursuite, la ténacité, les efforts conduits qu'on préparera aussi les prochaines victoires, les prochains Mondiaux, les prochains Jeux, on le sait tous ici. Et de Tessa à Perrine qui, je crois, ne sont pas là aujourd'hui et à beaucoup d'autres qui sont parmi nous, après des Jeux difficiles, vous l'avez magnifiquement démontré, avec pour Tessa et Perrine, leurs globes de cristal il y a quelques jours et beaucoup d'entre vous sont déjà dans plusieurs compétitions.

Mais pour beaucoup donc, les résultats ont été au rendez-vous avec une récolte, 26 médailles en tout, dont près de la moitié frappées du plus précieux des métaux, compétitions olympiques et paralympiques confondus, 14 médailles olympiques, 12 paralympiques et derrière chacune d'elles, des parcours extraordinaires, des histoires personnelles qui sont autant de leçons de vie.

Ces rafales de médailles, nous les devons d'abord aux salves tirées par nos biathlètes tricolores qui ont su enflammer une piste. Je crois que toutes celles et ceux qui étaient derrière leur écran ont pu le voir, frôler parfois les moins 30 degrés et qui réalisent avec cette récompense leur meilleur total, tous jeux confondus. Une de plus qu'à Vancouver, sous votre contrôle. Un immense bravo à nos 6 champions qui nous ont fait rêver par leurs exploits de soliste ou d'orchestre.

On a pu parfois douter, mais oui, en biathlon français, il y a une vie après Martin FOURCADE et en disant cela, je salue sa brillante élection au CIO dont nous sommes tous très fiers. Alors, il y a cette équipe de Pékin emmenée par un Jurassien, Quentin FILLON MAILLET. Avec 5 médailles, dont deux titres, vous avez cher Quentin tenu votre rang de patron de l'équipe de France de biathlon qui est venu justement récompenser votre rôle de porte-drapeau à la clôture des Jeux, avant d'aller confirmer votre domination en conquérant le globe de cristal, la Coupe du monde. Bravo à vous !

L'or aussi, pour Justine, qui, je crois, a le Covid, et donc n'est donc pas parmi nous aujourd'hui, mais je la félicite néanmoins, cela va sans dire, elle qui a été formée aux Saisies, la station qui accueillit les biathlètes lors des Jeux d'Albertville comme un bel augure de son destin, elle qui allait décrocher les étoiles de Pékin. Et donc, 16 ans après le titre de Florence BAVEREL-ROBERT à Turin, Justine est entrée dans l'histoire, devenant la deuxième championne olympique française de Mass Start.

Un double titre de vice-championne olympique en individuel et en relais mixte pour Anaïs CHEVALIER-BOUCHET qui, je crois, est frappée du même virus. Il paraît qu'il y en a beaucoup aussi en ce moment. On est maintenant habitués collectivement, pas de panique, mais malheureusement, cela nous prive de leur présence. Mais je veux ici les célébrer. Deux médailles comme un chiffre porte bonheur pour à la fois son mari et sa petite fille, qui peuvent être fiers d'avoir Chev, comme on l'appelle pour épouse et maman.

Émilien JACQUELIN, lui, est bien là. Vous qui avez quitté Pékin avec ses deux belles médailles d'argent collectivement au relais, vous, Lucky Luke, le Villehardouin, double champion du monde, je le sais, vous espériez davantage, vous espériez l'or olympique qui manque encore à votre palmarès de champion accompli. Alors, je vais simplement vous dire d'abord bravo. Et Milan est à vous. Donc, on continue.

Simon DESTHIEUX, vous qui avez remporté l'argent en relais masculin et qui avez remporté l'or en Corée, vous achevez avec panache une carrière de très haute volée après 10 ans sur le circuit mondial. Vos coéquipiers vous regrettent déjà, vous qui étiez un guide, un mentor pour nombre d'entre eux. Bravo ! Pas simplement pour ces Jeux, mais aussi pour cette carrière, ces années et ce compagnonnage. Je crois que tout le monde ici partage les mots que je viens d'avoir.

Une médaille aussi pour les Vosges, grâce à notre bassurois, Fabien CLAUDE. Vosgien, certes, mais le fidèle Pyrénéen que je suis, aime rappeler qu'en France, il n'y a pas que les Alpes. Cher Fabien, vous avez assuré l'argent avec vos camarades du relais masculin pour votre première participation aux Jeux. Le meilleur reste donc à venir, y compris les défis que j'ai lancés à quelques autres.

Julia SIMON, originaire de cette pépinière des Saisies, n'est pas là non plus. Je crois qu'elle est empêchée. Mais originaire de la même pépinière des Saisies, décidément, elle qui n'avait pas pu disputer les épreuves à PyeongChang, a su faire la différence avec cette seconde place remportée. À tous nos bi-athlètes, je veux donc dire ici : bravo ; la France vous dit : merci.

Les jeux d'hiver n'ont pas non plus dérogé à leur réputation de véritable festival de la glisse, toutes catégories confondues, et immanquablement, nos skieurs y ont sûrement occupé le devant de la scène, raflant tous les nuanciers des médailles. L'or en slalom avec Clément NOËL bien sûr ; j'allais dire Clément NOËL évidemment. Le meilleur slalomeur du monde d'après vos coachs, et sans doute désormais d'après vos adversaires. Cher Clément, vous vous étiez hissé au pied du podium en 2018, si près du but ; en 2022, vous entrez dans l'histoire en devenant notre troisième champion olympique de la discipline, relevant le flambeau de vos éminents prédécesseurs, ce qui met tout de suite la pression, Jean-Claude KILLY et Jean-Pierre VIDAL. Ce qui vous positionne dans un bon compagnonnage, mais vous êtes l'illustration parfaite de ce que je disais tout à l'heure à celles et ceux qui ont un peu de déception après ces Jeux. Vous vous êtes accroché, vous avez redoublé d'efforts après la déception de 2018. Et là, c'est la consécration. Donc, ne lâchez rien.

L'argent en descente, pour Johan CLAREY, dont la longévité force le respect. Je dis ça moi-même avec beaucoup de respect et de considération, mais c'est terrible de dire qu'on peut paraître vieux à 41 ans, vice-champion olympique, mais aussi détenteur d'un autre record puisqu'en effet, devenant à 41 ans le médaillé en ski le plus âgé de l'histoire des Jeux, vous qui déteniez déjà à 38 ans ce record pour le podium des Mondiaux. Chapeau ! Vous avez repoussé les limites, reculé les frontières de l'âge, vous avez surtout encore une fois fait une démonstration de talent, de détermination et de constance. C'est pas facile de gagner, se maintenir à ce niveau aussi longtemps, c'est encore autre chose. Donc, bravo à vous, vraiment.

Je continue la série et donc continuons de féliciter les uns les autres. Un titre de vice-championne olympique cette fois pour Tess LEDEUX en ski acrobatique. Chère Tess, depuis le décès de votre papa, il y a un peu plus d'une année, vous avez fait du deuil qui, je le sais, vous a beaucoup touché, une force supplémentaire. En l'évoquant aujourd'hui, je ne le fais pas par hasard, et au lieu de vous terrasser, la tragédie a décuplé votre volonté de vaincre, faisant de vous une athlète accomplie. Médaillée olympique à seulement 20 ans. Et il y a dans cet enchaînement des destins, des fins de carrière pour les uns et des consécrations si jeunes pour les autres, c'est quelque chose aussi qui montre la force de notre sport français et de ce que vous représentez les uns les autres. Et donc, bravo à vous.

Une médaille d'argent en snowboard cross pour vous, Chloé TRESPEUCH, une splendide revanche sur vos derniers jeux, 8 années après votre médaille de bronze à Sotchi en 2014. Là aussi, c'est la consécration du talent, bien sûr, mais de la ténacité, de tant d'entraînements et la capacité à rebondir et à réussir à démontrer à l'égard de toutes vos concurrentes, tout le talent français.

Un nuancier complet, je le disais, qui se colore donc aussi d'airain en slalom géant pour Mathieu FAIVRE, vous qui n'en finissez pas de garnir votre beau palmarès de champion du monde et qui avez déjà remporté, 53 ans après Jean-Claude KILLY, l'épreuve parallèle aux Mondiaux italiens l'an dernier.

Et après deux médailles de bronze à Sotchi, à Pyeongchang, jamais 2 sans 3, comme on dit, pour nos fondeurs du relais masculin Richard JOUVE, Hugo LAPALUS, Clément PARISSE, Maurice MANIFICAT qui ont fièrement honoré nos couleurs sur le podium. Et donc, un grand bravo à tous. Il y a des profils déjà récompensés et célébrés, il y a la consécration en tout cas de cette magnifique équipe et je veux ici aussi vous féliciter. Bravo vraiment.

Comment enfin ne pas mentionner cette performance à couper le souffle. Un pas de deux maîtrisé jusqu'au bout des lames de Gabriella PAPADAKIS et Guillaume CIZERON. Après tant et tant d'exploits, avec cette médaille d'or en patinage artistique, vous avez battu votre propre record du monde, avant de le pulvériser de nouveau samedi dernier sur la glace de Montpellier, raflant de nouveau le titre mondial. Chère Gabriella, cher Guillaume, vous pour qui la patinoire était devenue un refuge face au harcèlement scolaire, et je le dis ici parce que je pense que c'est important également de redire cette part de votre histoire, et elle est importante pour nous qui nous battons, je le dis avec les ministres ici présents, mon épouse aussi se bat beaucoup aussi sur ce sujet, vous avez eu beaucoup de courage, vous l'avez constamment dénoncé, mais vous avez fait la démonstration de résilience, comme on dit maintenant, parce que de ce refuge vous avez fait un lieu de triomphe. Et c'est une joie de voir ces récompenses suprêmes consacrer 20 années de complicité, d'amitié, si je puis dire de glace et de grâce.

Comme à l'accoutumée, nos athlètes paralympiques n'ont pas manqué à l'appel. Et en terminant quatrième au classement, comme en 1994, comme en 2006, comme en 2018, ils font une belle leçon, peut-être un peu frustrante, de régularité, si je puis dire, parce que maintenant il faut qu'on arrive encore à dépasser. Mais c'est une formidable démonstration de force, une belle leçon — à quelques médailles du podium à chaque fois d'ailleurs pour beaucoup d'entre vous, je le sais aussi — mais belle leçon de régularité, de force. Et je veux vous dire ici, vous êtes toujours quelques places devant vos coéquipiers olympiques, vous pouvez donc continuer à les chambrer.

Ce faisant, vous démontrez également, je crois pouvoir le dire, la force et la cohérence du projet porté par le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et la ministre des Sports de mettre en place un statut pour les athlètes paralympiques et de pouvoir assurer aussi, justement, à côté des entraînements, un vrai statut qui permet de s'entraîner, une plus grande solidité financière et la capacité à avoir aussi une après-carrière. Et donc je pense que ce projet qui est un très beau projet, qui n'est pas qu'un projet d'ailleurs, qui est une réforme en cours, est extrêmement important et je veux ici en redire l'importance à mes yeux et souligner combien dans les mois et les années qui viennent il faudra poursuivre cet effort. Mais votre démonstration de force durant ces Jeux a montré, je crois pouvoir le dire, la pertinence de cette réforme.

Alors avec, pour commencer, un chapelet de quatre médailles pour Arthur BAUCHET : l'or par trois fois en descente — super combiné et slalom — et une médaille de bronze en slalom géant. L'or enfin conquis après quatre titres de vice-champion paralympique aux Jeux de Pyeongchang à 17 ans seulement. Votre palmarès, cher Arthur, est étincelant, comme votre sourire et votre tempérament pour tous ceux qui vous connaissent, et cette espèce de bonne humeur permanente qui ne vous quitte jamais malgré la douleur quotidienne. C'est une marche nouvelle et vous avez encore une immense carrière devant vous. Mais tout ça nous rend très fiers et le chemin parcouru depuis quatre ans est extraordinaire, qui démontre de votre force, votre force, votre ténacité.

Une belle collection aussi pour Benjamin DAVIET, notre porte-drapeau, qui a remporté coup sur coup une médaille d'or et deux d'argent en ski de fond et l'or encore en biathlon. Vous dont la vie a basculé à cause d'un accident de mobylette à seulement 17 ans, vous avez pris une belle revanche sur l'existence en devenant rien moins qu'un décuple champion olympique. C'est une catégorie d'hommes, ou plutôt de surhommes, assez rares, et une démonstration de courage assez probante.

Cécile HERNANDEZ, chère Cécile, qui nous revenait avec une magnifique médaille d'or en snowboard cross, vous, l'athlète au mental de guerrière, l'auteure aux deux ouvrages, vous qui croquiez les Jeux de Londres dans vos écrits avant de traverser l'écran pour faire crisser la glace, vous, l'incarnation de la ténacité qui avait dû vous battre, y compris sur le terrain juridique, pour participer à ces Jeux. Vous avez eu raison de ne pas lâcher. On a toujours raison de ne pas lâcher. Plusieurs fois championne du monde, vous voilà championne olympique, ou plutôt paralympique. C'est vrai, mais comme vous le savez, comme je l'ai toujours défendu, pour moi, c'est une famille unique et c'est pour ça que, de manière constante, je fais ces célébrations ensemble et je continuerai. Mais bravo pour cette ténacité extraordinaire, vraiment.

Le snowboard français fut aussi à l'honneur au plus haut niveau chez les hommes avec l'or en bandes slalom pour Maxime MONTAGGIONI qui n'est décidément jamais où on l'attend. Vous glissez avec aisance d'une discipline à l'autre en athlète tout terrain. J'ai appris sous votre contrôle que la première médaille de votre carrière n'était d'ailleurs ni sur une planche, ni sur des skis, mais sur un tatami. Vous aviez remporté le bronze aux Mondiaux de taekwondo. Ce qui montre quand même la polyvalence et ce qui là aussi force le respect. Et donc chapeau pour cette médaille, cette célébration et cette consécration pour le snowboard français.

L'argent en super-G pour Marie BOCHET. Chère Marie, vous, l'octuple champion paralympique aux capacités de récupération hors norme qui avait su assurer la compétition malgré la blessure à l'épaule que vous ont laissé les derniers championnats du monde. Vous aussi, vous avez résisté, enduré et su gagner. Et donc merci pour cela et bravo.

Une médaille d'argent remportée en équipe avec Benjamin DAVIET pour Anthony CHALENÇON, double champion du monde, dont l'ouïe aiguisée a permis à la France de se tailler un beau podium et des marches gravies avec Brice OTTONELLO et Alexandre POUYÉ, indispensables guides qui ont su à chaque instant par leurs voix aplanir devant vous les sentiers de la gloire olympique.

Le bronze enfin pour Hyacinthe DELEPLACE en descente qui confirme une nouvelle fois la polyvalence de nos athlètes. Vraiment bravo à tous pour ces succès et cette force. Après une première carrière multi médaillée en athlétisme, vous aussi vous prenez votre risque en troquant les crampons pour les chaussures de ski. Vous vous lancez ainsi à l'assaut du sommet paralympique et une estrade pour deux, rappelons-le, partagée avec Valentin GIRAUD MOINE, votre guide qui a pu tout à la fois trouver en vous et grâce à vous un ami, une nouvelle vocation et une bien belle manière, cher Valentin, de revenir au plus haut niveau après votre blessure. Je veux ici vraiment saluer à chaque fois les athlètes, leurs guides et ce lien organique qu'il y a entre vous et je crois, dont on mesure, tous, à la fois l'excellence sportive, mais la force humaine. Et c'est aussi ça qui, je crois, nous oblige tous et toutes. Donc merci infiniment.

Voilà, chers médaillés, vous voilà désormais récompensés pour l'éternité. Ces colliers, vous les avez mérités, vous les avez fêtés, ils vous honorent et c'est aussi pour cela que la République vient ici vous dire merci, vous consacrer.

Alors cet engagement olympique évidemment il a une route et sur ce chemin, il y a le rendez-vous de 2024 qui est un formidable catalyseur d'actions aux quatre coins de l'olympisme français pour mieux soutenir, reconnaître nos athlètes, continuer d'installer la place du sport dans le quotidien de notre pays. J'ai eu l'occasion de le redire à l'école, après l'école, dans notre société, et ce moment est aussi une occasion pour moi de redire l'importance de cette France, nation sportive, à laquelle nous croyons beaucoup, de redire aussi ce lien organique qu'il y a entre nos athlètes de haut niveau, notre volonté de leur donner ce statut et de leur aider à mener une vie la plus stable possible et de construire l'après carrière qui est très important et de remercier aussi nos armées pour l'effort qui est fait, Madame la ministre, en la matière.

Aussi, une manière, comme je le disais, de célébrer ce lien entre olympique et paralympique, est ce que nous ferons pour nos J.O., ce que nous faisons pour la préparation, qui est au coeur, Madame la ministre, de cette ambition d'inclusivité qui est la nôtre. Mais 2024 dont nous savons l'importance, n'est pas notre seule ambition. Et donc, on va aussi continuer ensemble de garder le cap, travailler l'après. Les Jeux de Milan, déjà évoqués, e, 2026 dans le viseur et en amont, les Mondiaux en France en 2023.

Travailler l'après, c'est aussi définir un projet mobilisateur pour tous nos sports d'hiver et toute l'économie de la montagne qui a tant souffert durant la pandémie. Nous l'avons beaucoup soutenue et accompagnée par un plan exceptionnel. Mais je veux aussi ici dire , à vous qui êtes toutes et tous souvent des montagnards de naissance, vous qui vivez sur ces terres, que nous devons à travers cette consécration soutenir l'économie de Montagne, l'excellence de nos sports d'hiver et de ses équilibres. A l'issue des Jeux d'hiver de 2018, j'avais apporté le soutien de l'État à la candidature de Méribel et Courchevel pour accueillir les Mondiaux de 2023, qui a été couronnée de succès. Ce qui est une formidable réussite.

Aujourd'hui, cher Christian, plusieurs collectivités, dont la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, envisagent de postuler à l'accueil des Jeux d'hiver, par exemple en 2034. Évidemment, je vous dis tout mon soutien, il est acquis et ce serait un formidable tremplin pour renforcer notre soutien à la haute performance sportive, penser l'avenir des territoires de montagne, fédérer ces acteurs autour de nos athlètes pour adosser notre modèle de Jeux à une colonne vertébrale écologique et sociale qui laisse un héritage vertueux à notre pays. Ce qui correspond exactement à ce que vous avez fait d'ailleurs, et je le dis parce que vous êtes un président d'une métropole qui va de la mer à la montagne, ce qui est, je crois, unique. Et vous avez, je le sais, plusieurs athlètes qui en ont bénéficié. C'est une réconciliation et je pense que notre ministre qui est un alpin d'un peu plus haut, ne me fera pas ici mentir.

Voilà, Mesdames et Messieurs, chers sportifs, je vais maintenant accrocher aux poitrines de nos champions qui ne les ont pas déjà reçues, de nouvelles médailles, cette fois de notre République. Celles que vous avez rapportées de Pékin, récompensaient vos performances, consacraient une vie d'efforts. Mais je veux ici vous dire qu'en vous récompensant et en vous ayant tous ici à mes côtés, vous avez durant ces Jeux, eu à vos côtés 67 millions de supporteurs, une nation entière qui vous remercie d'avoir par -30 °C à 8 000 kilomètres d'ici, dans des conditions parfois difficiles porté haut ses couleurs et incarner ses valeurs.

Vous êtes toutes et tous l'image de la France, celle de cette union que j'évoquais au début de mon propos, de parcours très divers, de générations très diverses. Mais vous êtes toutes et tous des histoires de combat et de courage, et c'est pour ça que je voulais avoir un petit mot pour chacun. Vous êtes toutes et tous la démonstration qu'on n'est jamais des grands champions sans avoir relever d'immenses défis et parfois fait face à de grandes adversités. Et je le dis pour toutes celles et ceux qui, demain, à vos côtés, iront relever les nouveaux défis. C'est ça qui forge une nation, c'est ce qui nous rend fiers. Donc merci de nous avoir fait rêver, merci de nous avoir rendu fiers et merci de continuer à vous battre pour les couleurs de notre pays.


Vive la République et vive la France !