Interview de M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, à Sud Radio le 12 septembre 2022, sur les pertes agricoles dues à la sécheresse, le système assurantiel des agriculteurs, les produits agroalimentaires et l'avenir de l'agriculture .

Texte intégral

LAURIE LECLERE
L’invité politique du jour : Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

PATRICK ROGER
Bonjour Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Bonjour.

PATRICK ROGER
Est-ce qu’on risque une crise alimentaire cet hiver ? La sécheresse et ses conséquences, des pertes de récolte, la France aura-t-elle encore assez d’agriculteurs à l’avenir ? Autant de questions que nous allons voir ensemble. Marc FESNEAU, la nouvelle vague de chaleur aujourd’hui dans le sud-ouest, les agriculteurs qui sont inquiets après un été de sécheresse, il n’y a pas d’ailleurs que le sud-ouest. Est-ce qu’ils peuvent espérer la mise en place du régime de calamité agricole ?

MARC FESNEAU
Bien évidemment puisque c’est un régime de droit commun si je peux dire. Toute la question c’est sur ce quoi on travaille, c’est d’accélérer le process, puisque dans un process de calamité agricole, pour l’année en cours, on serait plutôt sur un paiement mars-avril. Et donc le travail que je suis en train de faire avec les services du ministère de l’Agriculture, avec les organisations agricoles, c’est de faire en sorte qu’on puisse beaucoup plus rapidement délivrer, une fois qu’on aura fait le constat puisque, par exemple, pour ce qui concerne les prairies, il faut attendre la troisième ou la quatrième pousse pour savoir vraiment l’état des prairies. Et donc, l’idée c’est d’accélérer parce que le sujet principal pour l’élevage, c’est un sujet de trésorerie, parce qu’ils sont obligés d’appeler de la nourriture qui vient de l’extérieur pour les animaux beaucoup plus tôt que d’habitude. Normalement, c’est plutôt octobre, novembre ou décembre ; et là, ça arrive il y a déjà depuis quelques semaines, voire quelques mois pour certains malheureusement. Un besoin d’alimentation qui vient de l’extérieur, et donc il y a un sujet de trésorerie. C’est ça qu’on est en train d’expertiser.

PATRICK ROGER
Est-ce que vous avez déjà pu quantifier justement les pertes dues à la sécheresse dans leur globalité ?

MARC FESNEAU
Dans leur globalité, c’est difficile à date pour les raisons que je viens d’évoquer. Mais on sait par exemple qu’en maïs, on en perd 20 % de la récolte, et en prairie, on perd 25 % de la récolte. Donc c’est quand même des éléments qui sont très tangibles et très visibles pour les agriculteurs.

PATRICK ROGER
Oui. Est-ce qu’il faut revoir aussi le système assurantiel pour l’agriculture compte tenu des défis climatiques ?

MARC FESNEAU
Alors, c'était un engagement du Président de la République qui datait de l'an dernier. Il a réaffirmé cet engagement. On est en train d'y travailler pour que le 1er janvier, donc c'est demain, en moins d'un an quasiment, on aura profondément modifié le système assurantiel qui vise à faire quoi ? A faire en sorte que beaucoup plus d'agriculteurs rentrent dans le système assurantiel. J'y reviendrai peut-être après, ce n'est pas le seul sujet, mais il me semble qu'on puisse couvrir les risques des agriculteurs beaucoup mieux. Il y a des secteurs où on est à 2, 3, 4 % d'assurance parce que le système assurantiel était trop élevé, donc on va subventionner l'assurance, et parce que l'attractivité n'était pas assez grande. Donc c'est ça sur lequel on travaille. On va passer d'un budget global de 300 millions par an à 600 millions par an, et ça permettra d'inciter beaucoup plus d'agriculteurs à rentrer dans le système assurantiel.

PATRICK ROGER
Le budget de 600 millions, c'est quoi précisément alors ?

MARC FESNEAU
C'est une subvention à l'assurance et de faire en sorte… on va remplacer le système de calamité mais quand ? Ce n'est pas l'assurance qu’il peut prendre, que la solidarité nationale puisse prendre. C'est une partie par les agriculteurs les cotisations, une partie par l'Etat et l'Union européenne et une partie par le régime assurantiel.

PATRICK ROGER
Oui parce que les agriculteurs, ils ne peuvent plus, ils sont déjà étranglés pour certains.

MARC FESNEAU
Oui mais c’est pour ça qu'il faut qu'on subventionne l'assurance à des taux qui seront très élevés puisqu'ils sont autour de 70%, et donc c'est bien ça l'objectif. Alors, ce que je dis aussi, c'est quand vous croisez les agriculteurs, vous comme moi, les agriculteurs, ils n'ont nulle l’intention de vivre simplement de la prime d'assurance si je peux dire. Du fait que la l'assurance vienne couvrir des risques, il faut aussi qu'on organise un système qui soit plus résistant, résilient comme on dit maintenant, plus résistant aux aléas climatiques. Donc c'est le changement de pratique, le changement d’assolement, le travail sur les variétés. Et puis, troisième élément qui est un élément important pour moi, en tout cas, pour les sujets de sécheresse, c'est la question de l'accès à l'eau.

PATRICK ROGER
Oui, ça, c'est vrai, c'était fondamental. On avait un agriculteur d'ailleurs en ligne tout à l'heure qui nous le disait. Est-ce qu'on risque de manquer de certains produits cet hiver ?

MARC FESNEAU
Alors, en quantité, nous avons la quantité de produits. D'ailleurs, pourquoi on a une quantité de produits ? C'est bien de le rappeler. C'est parce que nous sommes une puissance qui parfois est exportatrice. Et, par exemple, sur le maïs, on est assez puissamment exportateur, donc on en aura assez pour nourrir. Le sujet principal, c'est un sujet d'accès, c'est-à-dire le prix, et donc c'est pour ça qu'il faut qu'on fasse jouer la solidarité nationale. Et puis, par ailleurs, ça revient à un deuxième sujet peut-être, c'est le sujet de la rémunération de tous les acteurs de la filière. Quand vous avez des acteurs qui ne sont pas rémunérés, il y a la marchandise mais le fait de la transformer ou de la vendre leur fait perdre de l'argent, et donc, là, c'est un travail qu'il faut qu'on continue, en particulier avec la grande distribution au travers d’Egalim.

PATRICK ROGER
Oui, c’est ça, la grande distribution mais également les industriels qui transforment. Mais comment vous pouvez intervenir et peser aujourd'hui ?

MARC FESNEAU
C'est un débat d'opinion publique d'abord ; et puis, deux, c'est de faire respecter la loi Egalim. Quand il y a besoin, il y a des contrôles. Ça s'appelle la DGCCRF qui est là pour exercer des contrôles, puisque vous vous souvenez qu’Egalim, la version 2 portée par Julien DENORMANDIE, mon prédécesseur, visait à faire en sorte qu'on parte du prix de matières pour construire le prix, et pas simplement le prix final. Au démarrage, on prenait le prix final, et puis après, on le faisait descendre, donc on était déflationniste. Ça a produit ses effets au mois de mars puisque, pour la première fois depuis dix ans, globalement, les prix ont légèrement augmenté. Sauf que c'est venu se percuter avec la guerre en Ukraine, et là, les prix se sont envolés, les matières premières et des tas de choses. Et donc, là, on a un dialogue qu'il faut qu'on renforce encore et qu'on continue d'avoir avec la transformation et la grande distribution pour qu’on rémunère les agriculteurs et qu'on rémunère l'ensemble des maillons de la chaîne. La souveraineté, c'est une question de rémunération de tous les acteurs de la filière. Personne, aucun acteur économique ne peut durablement tenir son système s'il n'est pas rémunéré. C'est aussi simple que ça ; et ça, c'est une question de souveraineté. Et donc dans certains cas parfois, il y a quelques produits qui manquent. Ils manquent parce que l'industriel ou l'agriculteur n'est pas rémunéré.

PATRICK ROGER
Oui, c’est ça. Ce qui est complexe et quand même un peu paradoxal, c'est qu’évidemment, les prix flambent, donc la grande distribution, elle a envie " d'aider ", je dis bien " entre guillemets ", mais il y a des consommateurs avec des promotions mais ça peut être au détriment des agriculteurs.

MARC FESNEAU
Il faut qu’on tienne les deux bouts si je peux dire de cette équation, c'est-à-dire d'essayer de tenir l'inflation. Alors l'Etat met des choses sur la table, la prime à l'alimentation qui va être déversée là, ce mois-ci, cent euros par foyer plus cinquante euros par enfant par personne à charge. Ça permet d'alléger cette facture. Et donc l'Etat a fait sa part ; la grande distribution doit aussi faire sa part et tout le monde doit faire sa part. Et puis, comme consommateurs et comme citoyens au fond, on porte une clé quand on choisit un produit français. Parfois, c'est l'affaire d'un ou deux centimes. Alors, pour certains, c'est beaucoup déjà, j’en ai tout à fait conscience. Mais parfois, par ce geste-là, on assure notre souveraineté.

PATRICK ROGER
Oui. Il y avait la promesse d'un chèque alimentaire l'année dernière. Où en est-on ?

MARC FESNEAU
Alors, il y a une première version puisque d'une certaine façon, cent euros plus cinquante euros par personne au foyer, ça ressemble à quelque chose qui est de cet ordre-là.

PATRICK ROGER
Mais ce n’est pas le chèque alimentaire en tant que telle.

MARC FESNEAU
Non, non, on est en train d’y travailler avec Jean-Christophe COMBE puisque c'est une question plutôt de solidarité, donc on est en train d'y travailler. C'est un sujet assez complexe mais on est en train d'y travailler pour regarder ce qu'on pourra proposer.

PATRICK ROGER
Quand ? Au mois de novembre ?

MARC FESNEAU
C’est au moment budgétaire que les choses commenceront à se caler.

PATRICK ROGER
Oui, c'est ça. Et il pourrait y avoir un chèque… En tout cas, l'idée n’est pas rejetée.

MARC FESNEAU
L'idée n'est pas rejetée. Alors, après, c'est quel type de produits ? Quel type de public ? Quel circuit de distribution ? Est-ce qu'on passe par la grande distribution ou on passe par les banques alimentaires compte tenu de la cible qui est choisie ? Donc tout ça, c'est des sujets qui sont…

PATRICK ROGER
Vous estimez à peu près la population, le nombre de bénéficiaires ?

MARC FESNEAU
Non, ce n'est pas encore calé de ce point de vue-là. Il faut qu'on regarde précisément l'objet du chèque alimentaire dans sa version qui avait été indiqué par la Convention citoyenne sur le climat, c'était de permettre à des gens qui n'ont pas accès d'accéder à une alimentation de qualité. Donc c’est la diversification des produits, et donc c'est comme ça qu'il faut le calibrer.

PATRICK ROGER
Marc FESNEAU, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. " Souveraineté ", est-ce que vous dites donc " mangez français " ?

MARC FESNEAU
Oui. Ça fait partie de l'acte citoyen que pour ceux qui…

PATRICK ROGER
Mais pas de campagne de prévue, si ?

MARC FESNEAU
Si, si. Enfin, on le fait globalement dans les médias. Après, il y a des règles, on est dans un marché ouvert, on est dans l'Union européenne, on vend des produits à l’extérieur de l'Union européenne. On peut indiquer que c’est français. Et nous, on indique l'idée que pour qu'on ait des produits français, il faut des producteurs français, et donc il faut acheter français.

PATRICK ROGER
Ah oui ! Mais il y a le made in France, il y a beaucoup de campagnes qui existent.

MARC FESNEAU
Mais c'est qu'on continue à faire parce que c'est un élément… Qu'est-ce que nous a révélé finalement la crise ukrainienne ? Elle nous a révélé que l'alimentation, monsieur POUTINE en tout cas l'avait compris, c'est une arme. Et donc si on veut être autonome, y compris autonome géopolitiquement, il faut qu'on soit en capacité d'avoir une agriculture forte. Et pour avoir une agriculture forte, il faut qu'elle ait sa capacité exportatrice mais il faut d'abord qu'elle rémunère ses paysans dans son territoire.

PATRICK ROGER
Marc FESNEAU, est-ce que, par exemple, le chèque alimentaire pourrait être conditionné à ça ? C'est-à-dire uniquement les produits français ?

MARC FESNEAU
Juridiquement, ça, ça n'est pas possible.

PATRICK ROGER
Ah oui ! Mais alors vous pouvez…

MARC FESNEAU
Le vin français, le pain français, les céréales françaises sortent de nos frontières. Si on commence à dire : « Tous, on fait ça », on revient au régime autarcique, et ça, ça ne marche pas. Mais après qu'on ait un mécanisme d'incitation au fond de prise de conscience collective sur l'idée qu’il faut acheter français, mais au-delà d'acheter français, il faut acheter français au bon prix. C'est-à-dire que faire en sorte que la rémunération soit au rendez-vous.

PATRICK ROGER
Oui. Bon. Donc on a compris le message quand même aux distributeurs aussi. Là, vous avez multiplié les contrôles.

MARC FESNEAU
C’est un message de responsabilité parce qu'on ne peut pas se retrouver avec des distributeurs qui vous disent : "Je ne sais pas si j'aurais du lait ou autres ", et qui ne rémunèrent pas le lait. Il y a du lait, il y a des vaches pour produire du lait. Simplement, pour qu'elles puissent aller sur le marché, il faut qu'elles soient rémunérées en la matière.

PATRICK ROGER
La France pourrait-elle manquer un jour d’agriculteurs ?

MARC FESNEAU
Oui, c'est le risque. C'est d'ailleurs ce qu'a voulu dire le Président de la République en allant à Terre de Jim qui est la grande rencontre des jeunes agriculteurs, c'est de faire en sorte qu'on réfléchisse. C’est près de la moitié des agriculteurs dans la dizaine d'années qui va être en situation de pouvoir partir à la retraite, donc c'est une question de renouvellement de génération.

PATRICK ROGER
On est à peu près à 300 000 là, c'est ça ?

MARC FESNEAU
Un peu plus, près de 400. Mais la question, c'est d'essayer de faire en sorte qu'on on réussisse à installer des jeunes agriculteurs. Alors, dans les temps un peu plus anciens, on remplaçait ses parents ; souvent, c'était dans le cadre familial que ça se faisait. Donc, un, il faut qu'on aille chercher les jeunes qui sont issus du monde agricole mais aussi des jeunes ou des moins jeunes d'ailleurs qui ne sont pas issus du monde agricole. Et deux, il faut les installer sur des systèmes qui tiennent. Premier élément pour qu'ils tiennent, c'est qu'il y ait de la rémunération. Deuxième élément, c'est d'avoir des installations en transition, c'est-à-dire que ce soit des installations qui puissent faire face aux grands défis qui sont ceux de demain, c'est le défi climatique, et en particulier le défi du dérèglement climatique. On voit bien que les systèmes de production vont évoluer. Donc vous pensez que les jeunes qu'on installe aujourd'hui, ils vivront dans le climat qu'on a vécu cet été mais qui va se généraliser dans cinq, dix, quinze, vingt ans. Et donc il faut qu'on n'organise une transition qui leur permet de s'adapter à ça.

PATRICK ROGER
Oui, mais les agriculteurs en ont marre aussi parce qu’ils disent qu'ils sont victimes d'une certaine… d'un bashing d'attaques en permanence. Disons qu'ils sont responsables de tout, du dérèglement climatique, de l’appauvrissement des sols.

MARC FESNEAU
Je comprends parfaitement et je partage parfaitement le sentiment parfois de désarroi qui crée beaucoup de mal-être, on va dire les choses comme elles sont, de ceux qui viennent à longueur de plateau…

PATRICK ROGER
Oui, énormément de suicide.

MARC FESNEAU
Absolument. Et qui viennent à longueur de plateau donner des leçons. Je vais vous donner un seul exemple : tous ceux qui sont contre absolument toute forme de régulation hydraulique pour essayer d'atteinte de l'irrigation. En France, l'irrigation, c'est 5% des surfaces ; en Espagne, c'est 25%. Donc c'est marginal par rapport à bien d'autres pays. Si vous voulez que les fermes soient autonomes et qu'on n'ait pas besoin de faire venir du soja produit de la déforestation, il faut des protéines ou du maïs. Si vous voulez des protéines ou du maïs, il faut de l'eau. Donc si on pouvait avoir des débats un peu construits sur ces sujets caricaturaux…

PATRICK ROGER
… elle fait beaucoup de mal à l’agriculture ?

MARC FESNEAU
Ce n’est pas ad hominem. En tout cas, des prises de position comme celle-là…

PATRICK ROGER
Elle. Non, vous avez dit " des gens… ", elle en fait partie ?

MARC FESNEAU
Elle en fait partie parce que ce sont des prises de position où on vient juste montrer du doigt sans donner aucune solution, et dire à des gens qui vivent mal de leur travail, qui travaillent beaucoup et qui sont face à des défis immenses, leur dire simplement : " Il n’y a qu’un faucon ", c'est une insulte qui leur est faite. Et donc si on pouvait se mettre simplement autour de la table et dire : " On a un sujet sur l'eau, comment on essaie de la réguler ? Comment on essaye d'accéder à l'irrigation ? " - " On a un sujet de transition, comment on gère une transition ? ". Et pas une rupture, ça serait bien.

PATRICK ROGER
Bon. Fabien ROUSSEL, lui est plutôt votre ami. Quand il dit : " Il faut manger de la viande, du fromage, du vin, etc, et en plus, ce week-end, il en rajoute avec " La France au travail " plutôt que " La gauche des allocations ".

MARC FESNEAU
Oui. Alors, je reconnais chez Fabien ROUSSEL la volonté d'ouvrir un chemin que la gauche n’avait peut-être pas assez exprimé. A vrai dire - et pourtant, ça n'est pas un ami politique, et François RUFFIN dit la même chose - la question, c'est de parler aux travailleurs, c'est de parler à celles et ceux et de dire que l'émancipation, elle passe aussi par le travail et qu'on ne peut pas se satisfaire d'une situation où au fond on met les gens en situation de dépendance aux allocations. On ne montre pas du doigt en faisant ça ; on dit simplement que la voie, c'est d'essayer d'aller vers le plein emploi. Et donc, que ce débat soit posé à gauche parce que, historiquement, c'est là que ce débat se posait, qu'on travaille sur la meilleure qualité au travail des travailleurs, la meilleure rémunération, ça me paraît un bon chemin.

PATRICK ROGER
Oui. Dernière question, Marc FESNEAU : plusieurs maires refusent l'appel d'Elisabeth BORNE et d'Emmanuel MACRON de mettre les drapeaux en berne le jour des funérailles, notamment un maire dans votre région Centre.

MARC FESNEAU
Oui, à Bourges… Compte tenu des défis qu'on a…

PATRICK ROGER
Vous comprenez ?

MARC FESNEAU
Non, je ne comprends pas quand on a de ce point de vue-là, on a des relations très anciennes avec la Grande-Bretagne, parfois tumultueuses politiquement ou sportivement d'ailleurs, mais que la Reine d'Angleterre qui vient de disparaître puisse avoir un hommage, la mise en place de drapeaux en berne, je ne suis pas sûr que ça mérite une polémique. C'est pour ça que je n'ai pas envie de la nourrir. Il est demandé cela aux maires, ça ne me paraît pas un effort insurmontable. C'est une monarchie, respectons aussi. Ce n'est pas parce que c'est une monarque, et c'était une monarque, qu’il faut en même temps ne pas respecter la personne et ce qu'elle a fait pour le Royaume-Uni. Donc pas envie de rentrer dans ce genre de polémique. Quand vous voyez les enjeux qu'on a devant nous, ça me paraît assez vain comme polémique.

PATRICK ROGER
Oui. Merci beaucoup Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Merci à vous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 21 septembre 2022