Interview de M. Roland Lescure, ministre chargé de l'industrie, à Sud Radio le 20 septembre 2022, sur les entreprises face aux coût de l'énergie, la réindustrialisation, la réforme des retraites, le cumul des mandats et la production de vélos en France.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Roland LESCURE.

ROLAND LESCURE
Bonjour Patrick ROGER.

PATRICK ROGER
Toutes les questions politiques ce matin, des retraites aux craintes des entreprises face à la crise énergétique et qui n’arrivent pas à recruter, ces entreprises, en passant aussi par le Plan vélo, on va l’évoquer, on en parlait tout à l’heure dans le journal. Alors, vous êtes depuis cet été ministre en charge de l’Industrie, il y a une grande inquiétude de beaucoup d’entreprises aujourd’hui, et des usines, devant l’explosion des factures de l’énergie, qu’est-ce que vous prévoyez pour les entreprises de plus de 10 salariés, les industries qui ne sont pas vraiment concernées par ce bouclier tarifaire ?

ROLAND LESCURE
On les accompagne. Alors, avant de parler des industries qui souffrent, je veux quand même dire deux mots des industries qui vont bien, il y a toute une partie de l’industrie française qui va bien, qui croît, qui peut passer les augmentations de coût de l’énergie dans les prix, et qui a même des difficultés de recrutement, donc il y a un peu une industrie à deux vitesses, et c’est vrai que par ailleurs il y a des entreprises…

PATRICK ROGER
Non, mais même s’ils ont des difficultés de recrutement, il n’empêche que cet hiver les factures vont exploser aussi pour elles.

ROLAND LESCURE
Oui, alors il y a des entreprises qui sont ce qu’on appelle « couvertes », c'est-à-dire qui ont des contrats à long terme, qui ont négocié avec leur distributeur d’énergie, des contrats à long terme qui font qu’elles seront moins affectées. Il y a aussi des entreprises qui peuvent les hausses de coûts en hausses de prix, on le sait bien, il y a de l’inflation aujourd'hui parce qu’il y a une partie des hausses des coûts de l’énergie qui passe en prix. Et puis il y a des entreprises, moi j’étais chez DURALEX par exemple, qu’on connaît tous, les verres, on regarde l’âge au fond du verre et on échange son âge, parfois avec bonheur en ce qui me concerne parce que j’ai de loin dépassé l’âge des verres DURALEX, et eux leur facture énergétique, pour fixer les esprits, elle était de 2,5 millions d’euros l’année dernière, elle est de 13 millions cette année, évidemment ils ne peuvent pas doubler, tripler le prix de leurs verres, et donc ça c’est un sujet très important. Nous on les accompagne avec ce qu’on appelle « le fonds Ukraine », qui est un fonds d’appui aux entreprises qui permet de limiter un peu la casse, mais certaines entreprises, et malheureusement DURALEX en fait partie, doivent faire du chômage partiel et donc fermer une partie de leur activité pendant…

PATRICK ROGER
Donc il y a un risque de décrochage pour certaines entreprises, certaines industries peut-être, certains secteurs cet hiver alors !

ROLAND LESCURE
A ce stade c’est limité, c'est-à-dire que nous on suit de très près les entreprises qui nous alertent sur la hausse des coûts de l'énergie, vous savez qu'on a des gens dans tous les territoires qui sont en contact avec les industriels, on parle aujourd'hui de quelques dizaines d'entreprises, un peu plus de 300 qui nous alertent en disant « là je ne peux plus, il va falloir faire quelque chose. » Il y a beaucoup d'industries, je le répète, parce que j'aime à regarder le verre à moitié plein, qui vont bien, vous savez que l'emploi progresse fortement en France, le chômage est au plus bas, donc je ne veux pas non plus…

PATRICK ROGER
Noircir le tableau.

ROLAND LESCURE
Paniquer tout le monde, il y a des…

PATRICK ROGER
Non, c’est vrai, mais enfin hier, attendez, Roland LESCURE, comme vous on est en contact avec beaucoup de chefs d’entreprise et hier moi j’en recevais certains, et des délégués, qui me disaient « écoutez, on est un peu perdu, on ne sait pas comment ça va se passer cet hiver, et en plus de ça à l'intérieur de l'entreprise il y a une forte demande pour des augmentations de salaire, comment peut-on faire aujourd'hui ?

ROLAND LESCURE
Alors, le premier combat il est européen, il faut le savoir, aujourd'hui le marché du gaz et le marché de l'électricité est sur des prix qui n'ont aucun sens, il y a un an le gaz ça valait 50 euros le kilowattheure, maintenant ça vaut 100 le kilowattheure, et la semaine dernière ça valait 300, donc les marchés n’ont plus aucun sens, donc il faut calmer le jeu, d'ailleurs ça a commencé puisqu'on est passé de 300 à 100 en une semaine, et ça c'est grâce à l'intervention d'Emmanuel MACRON, d’Ursula VON DER LEYEN, pour calmer le marché. Ensuite, il faut accompagner les entreprises qui en ont le plus besoin, je le disais tout à l'heure, on a un fonds de soutien, on est en train d'en alléger les critères, de le prolonger pour 2023, pour accompagner les entreprises qui en ont le plus besoin. Sur le pouvoir d'achat, et sur les augmentations de salaires, on a voté une loi cet été, les députés ont voté une loi proposée par le gouvernement, la loi dite de pouvoir d'achat, qui donne aux entreprises des instruments qui permettent de donner du pouvoir d'achat aux salariés, sans nécessairement passer par la case augmentation de salaires qui est parfois un peu inquiétante pour les chefs d'entreprise.

PATRICK ROGER
Oui, oui…

ROLAND LESCURE
La prime Macron…

PATRICK ROGER
Il y a des primes.

ROLAND LESCURE
Mais oui, bien sûr, défiscalisée, désocialisée, c'est-à-dire c’est un effort très important de l'Etat pour accompagner à la fois les entreprises et leurs salariés, parce qu'il faut bien les deux bouts de l'équation évidemment.

PATRICK ROGER
Mais on les comprend, certaines qui sont en pleine période d'incertitude, de se dire " est-ce que je pourrais en fait en donner sachant que, je ne sais pas, je vais peut-être même fermer en partie cet hiver. "

ROLAND LESCURE
Bien sûr.

PATRICK ROGER
Mais est-ce qu’il va y avoir, puisque vous parlez de ce fonds de soutien, c’est le " fonds Ukraine " !

ROLAND LESCURE
Oui.

PATRICK ROGER
Est-ce qu’il y en aura un autre et est-ce qu'il y aura aussi un bouclier tarifaire que l'on va mettre en place, c’est un petit peu flou là à ce niveau-là ?

ROLAND LESCURE
Alors, pour les ménages, pour les consommateurs, les très petites entreprises, oui…

PATRICK ROGER
Non mais, il va y avoir…

ROLAND LESCURE
Pour les grandes, non, parce que, je le répète, il y a aujourd'hui des entreprises qui ne souffrent pas exagérément de cette hausse des prix, soit parce qu'elles sont couvertes, elles ont des contrats à long terme, soit parce que l'énergie représente finalement une petite part. Moi j'étais dans le Maine-et-Loire il y a deux semaines, l'entreprise Lacroix qui fait des circuits électroniques, qui vient d'inaugurer une usine flambant neuve, extrêmement productive, qui gagne de l'argent et tant mieux pour elle, les coûts de l'énergie pour elle c'est marginal, donc on ne va pas se mettre à aider tout le monde alors que pour certaines ça n'a aucun intérêt, le " quoi qu'il en coûte " c'est terminé, on est dans du précis…

PATRICK ROGER
Dans du ciblé.

ROLAND LESCURE
Pour aider les entreprises qui en ont le plus besoin, pour les aider à passer l'hiver sans trop de heurts, et évidemment reprendre une croissance très vite l'année prochaine.

PATRICK ROGER
Donc on a compris, un fonds de soutien, mais pas de bouclier tarifaire, c'est très clair Roland LESCURE. Le problème de recrutement, vous l'avez évoqué tout à l'heure, il y a énormément de secteurs, dans le domaine de l'industrie, qui n'arrivent pas à recruter, qu'est-ce que vous pouvez faire aujourd’hui ?

ROLAND LESCURE
D’abord, et merci de me donner la parole pour ça, donner envie d'industrie. Quand vous demandez à un jeune ce qu'il pense de l'industrie, dans les enquêtes, on nous dit, encore trop souvent, que l'industrie ça pollue, l'industrie ça dépollue, en fait c'est la solution à la plupart de nos problèmes, c'est grâce à l'industrie qu'on va dépolluer…

PATRICK ROGER
Le discours ambiant c'est vrai qu’on a tendance à faire du bashing de l'industrie !

ROLAND LESCURE
Ça il faut le changer. Il y a des gens…

PATRICK ROGER
Y compris les écologistes.

ROLAND LESCURE
Il y a des gens qui n’aiment pas l'industrie, moi j'aime l'industrie et je veux le dire, et il faut le dire aux jeunes. Deuxième point, on dit l'industrie c'est pénible, en fait les métiers de l'industrie sont de moins en moins pénibles, là encore l'usine Lacroix dans le Maine-et-Loire, on a des Cobots, c'est-à-dire des robots qui collaborent avec les humains, pour les aider à se débarrasser des tâches difficiles, donc les grandes pièces sont portées par des Cobots, les gens sont de plus en plus des opérateurs, typiquement informatiques. Et le troisième point contre lequel je veux lutter c’est l’industrie ça ne paye pas, les salaires dans l’industrie sont supérieurs à ceux qu’il y a dans le reste de l’économie, de l’ordre de 250 euros en moyenne, c’est beaucoup 250 euros à un moment où le pouvoir d’achat n’est pas au rendez-vous. donc, un, il faut donner envie d’industrie, deux, il faut changer les filières de formation, on a plus d'apprentis en France qu'on en a jamais eu, il faut aller dans les lycées professionnels, moi je discutais avec des organisations syndicales de DURALEX, les gars le disaient « moi je veux aller dans les lycées parler aux jeunes, leur dire que faire des verres aujourd'hui c'est moderne, c'est payant, et c'est utile », donc on a vraiment tout un sujet pour rapprocher l'école de l'entreprise, et rapprocher l'entreprise de l’école.

PATRICK ROGER
Dites-moi Roland LESCURE, on a entendu Emmanuel MACRON la semaine dernière dire il faudrait répartir sur tout le territoire des étrangers, notamment des migrants, est-ce qu'il n'y aurait pas déjà du travail à faire dans des quartiers où il y a 20 à 30% de chômeurs aujourd'hui et dans le même temps on manque, comme vous l'avez dit, de main-d’oeuvre et de gens qualifiés sur tout le territoire, est-ce que ce n’est pas là, au lieu d’avoir ces grandes paroles et ce " blabla ", comme c’est considéré par certains…

ROLAND LESCURE
Ce n’est pas du " blabla ", en fait ça va exactement dans le même sens.

PATRICK ROGER
Oui, mais alors faites-le, faites-le.

ROLAND LESCURE
Mais on va le faire.

PATRICK ROGER
Pourquoi ce n’est pas fait, courage politique ?

ROLAND LESCURE
Non mais le courage politique il existe, moi c'est mon job, mon job il m'a été confié par la Première ministre et le président de la République, mon job c'est de réindustrialiser la France dans les territoires éloignés. J’ai une conviction Patrick ROGER, quand l'industrie avance, l'extrême droite recule, et donc plus on industrialisera les territoires éloignés, qui se sentent un peu abandonnés, plus on donnera des jobs, y compris d'ailleurs à des jeunes qui sont ailleurs et qui vont aller dans ces territoires. La campagne est à la mode aujourd'hui, les territoires éloignés, du fait de la Covid, du fait du télétravail, du fait des enjeux de mobilité, c'est à la mode, il faut-il y créer de l'emploi, et l'industrie c'est la manière de créer de l'emploi. Aujourd'hui, moi toutes les semaines je suis dans un territoire, pour montrer que l'industrie ça marche et que plus on aura d'emplois industriels dans les territoires, plus les gens ils seront heureux, et plus, enfin moins ils auront envie de voter à l'extrême droite, ça c'est sûr.

PATRICK ROGER
Roland LESCURE, la réforme des retraites, cette réforme, le recul du départ à la retraite, est-ce que c'est vraiment indispensable justement dans votre secteur l’industrie ?

ROLAND LESCURE
Mais bien sûr, c'est du bon. Ecoutez, si on veut financer…

PATRICK ROGER
Travailler à 65 ans dans l’industrie ce n’est pas forcément le rêve de tout le monde !

ROLAND LESCURE
Alors, je le disais tout à l’heure, il y a des jobs qui sont pénibles et il faut intégrer ça dans notre réforme, mais si on veut financer les crèches, les écoles, gratuites, l'université, quasiment gratuite, la santé, quasiment gratuite en France, la retraite, y compris en améliorant d'ailleurs la situation des personnes qui sont sur des métiers pénible, et le grand âge et l'autonomie pour… nos aînés, il va falloir payer, et la seule manière de payer c'est qu'il y ait plus de gens qui travaillent et, oui, qui travaillent plus longtemps, donc c'est du bon sens. Après, il faut voir les paramètres, évidemment les petites retraites doivent être augmentées, évidemment les métiers pénibles doivent être intégrés pour que celles et ceux qui font des métiers pénibles puissent passer à autre chose, par exemple aller dans les écoles, donner envie d'industrie à nos jeunes, donc il faut être créatif, mais l'équation d'ensemble, je suis désolé, elle est réelle, on travaille moins longtemps en France qu'à peu près partout ailleurs dans le monde, on va devoir travailler davantage, et pas pour embêter les gens, pour financer notre modèle social qui est une fierté. Moi je suis extrêmement fier du modèle français, pour le financer il faut qu’on travaille tous davantage.

PATRICK ROGER
Est-ce qu’en revanche il faut éviter de passer en force, comme c'est évoqué en ce moment ?

ROLAND LESCURE
On ne passera pas en force, il y aura un débat parlementaire.

PATRICK ROGER
C’est sûr ?

ROLAND LESCURE
Mais bien sûr qu'il y aura un débat parlementaire. Ensuite le 49.3, pour ne pas le citer, puisque j'imagine c'est ce que certains ont en tête quand ils parlent de passer en force, ça fait partie des outils constitutionnels, je peux vous dire que pour avoir été à l'Assemblée, quand on a voté la première réforme des retraites, par du 49.3, on avait débattu, et sacrément débattu avant d'y arriver, donc on débattra à l'Assemblée et ensuite on votera, et j'espère qu'on votera pour, quelle que soit la manière dont on votera, finalement ça c'est accessoire.

PATRICK ROGER
A propos de l'Assemblée nationale, Roland LESCURE, est-ce que vous êtes favorable à cette proposition de loi de Karl OLIVE, que l'on recevait hier, qui est lui pour la fin de l'interdiction du cumul des mandats, autrement dit qu'un maire d'une ville moyenne puisse être en même temps député à l'Assemblée nationale ?

ROLAND LESCURE
Ecoutez, moi j'aime beaucoup Karl OLIVE…

PATRICK ROGER
Il est dans votre famille politique aujourd'hui.

ROLAND LESCURE
Je suis souvent d’accord avec lui, mais là je dois reconnaître que ce n’est pas le cas. Moi j'ai été député pendant cinq ans, je n'ai fait que ça et je peux vous dire que je n’ai pas chômé, et j'imagine qu'un maire, qui est maire y compris d'une petite commune, a sans doute peu de temps à consacrer à d'autres tâches, donc moi je suis pour…

PATRICK ROGER
Pourtant on dit qu’il y a une déconnexion…

ROLAND LESCURE
Mais non, mais ce n’est pas vrai, c'est-à-dire que…

PATRICK ROGER
Ce n’est pas vrai, ah bon !

ROLAND LESCURE
Il faut que les députés soient ancrés, ça c’est vrai, il y a différentes manières de s'ancrer, d'abord on peut s'ancrer en ayant été maire, on peut s'ancrer en étant dans un conseil municipal, on peut s'ancrer en étant dans le tissu associatif, dans le tissu professionnel, quand on arrive député, et de plus en plus, et ça c'est très bien, on n'a pas que des hommes et des femmes politiques de carrière, on a des gens qui ont eu une vie avant, ils amènent leur expérience, ils amènent leur ancrage, moi personnellement je considère que député c’est un job à plein temps, je peux vous dire que ministre aussi d'ailleurs.

PATRICK ROGER
Donc il va y avoir des débats animés sur ce sujet.

ROLAND LESCURE
Intéressants, évidemment.

PATRICK ROGER
Le Plan vélo, vous serez aux côtés d'Elisabeth BORNE ce matin pour fêter les quatre ans de ce plan, avec de nouvelles annonces. A ce propos, un quart seulement des vélos en France sont produits en France, est-ce qu'il y a une possibilité de relocalisation, puisqu'on parle beaucoup de réindustrialisation…

ROLAND LESCURE
Bien sûr.

PATRICK ROGER
Parce que ces vélos j'en vois partout, mais ils ne sont pas fabriqués en France.

ROLAND LESCURE
Alors il y en a un quart, donc c’est quand même 800.000 par an, donc ce n’est pas rien, on n’a jamais acheté autant de vélos en France actuellement, on achète plus de vélos que de voitures, que de camions, que, etc., le vélo aujourd'hui on en vend beaucoup, il faut en fabriquer davantage. Donc effectivement, un député, qui n'est pas maire, a fait un rapport sur l'usage des vélos, Guillaume GOUFFIER-CHA, député du Val-de-Marne, dont on s'inspire, pour annoncer le Plan vélo, c'est la Première ministre qui le fera tout à l'heure, et en ce qui me concerne moi on va mettre le paquet sur l'industrie du vélo, l'assemblage du vélo, en France on a fait 800.000, on veut en faire un million, donc on va développer cette filière, c'est une filière d'avenir c'est une filière qui elle aussi est dans les territoires, il y a des vélos qu'on fabrique dans la Nièvre, il y a des vélos qu’on assemble dans l'Isère, dans la Savoie, on souhaite développer cette filière, c'est une filière d’avenir.

PATRICK ROGER
Il faut un grand plan quand même pour développer, parce que c’est un peu dommage que ça nous passe sous le nez, grosso modo, ce nouveau business.

ROLAND LESCURE
C’est exactement ce qu’on annonce aujourd'hui, moi je pense que la transition écologique c'est la nouvelle révolution industrielle, il ne faut pas le voir, comme beaucoup le voient trop, comme des contraintes, comme des choses qu'on nous oblige à faire, comme des interdits, la réalité c'est que ça va nous permettre de développer des filières industrielles, le vélo, le nucléaire et d'autres, et évidemment, moi j'adore le vélo, j’en fais beaucoup, autant que je peux, plus on fera de vélos en France, des vélos électriques notamment, plus on pourra régler les petits déplacements…

PATRICK ROGER
Attendez… sur l’électrique, il faut pédaler aussi un petit peu !

ROLAND LESCURE
Et on va faire de l’électricité et pour ça il faut qu’EDF développe sa production.

PATRICK ROGER
A propos, puisque vous parlez de ça, la sobriété énergétique, justement de l'industrie…

ROLAND LESCURE
Elle est déjà très largement en cours, les industriels font beaucoup d'efforts, parce que eux ils payent, pour beaucoup, l'électricité ou le gaz plein pot, on a déjà eu des baisses de consommation d'énergie dans l'industrie en début d'année, de 5 à 10%, il faut poursuivre les efforts évidemment l'hiver pour éviter…

PATRICK ROGER
Il y aura du délestage cet hiver ?

ROLAND LESCURE
En fait pour éviter le pire il faut s'y préparer, donc la meilleure manière d'éviter le délestage c'est d'économiser sur tout ce qu'on peut économiser ailleurs, les sièges sociaux, la logistique, les transports, de manière à éviter de réduire la consommation d’énergie…

PATRICK ROGER
Il y a une petite inquiétude quand même.

ROLAND LESCURE
Non, mais c'est normal qu'on soit un peu inquiet, on a la guerre aux portes de l'Europe, le prix du gaz et de l’électricité font le yoyo, moi mon métier, je pense, c'est de rassurer les gens. On est aujourd'hui au travail, avec les industriels, pour éviter les délestages, il faut les préparer pour les éviter, et s'assurer que tout le monde optimise sa consommation du mieux possible. Je peux vous dire que toutes les filières industrielles, dans l'agroalimentaire, dans l'automobile, dans l'aéronautique, elles le font dès aujourd'hui.

PATRICK ROGER
Merci Roland LESCURE.

ROLAND LESCURE
Merci à vous.

PATRICK ROGER
Est-ce que vous allez arriver à vélo ce matin à l'hôtel Matignon ?

ROLAND LESCURE
Moi j'adore faire du vélo, je n’en fais plus beaucoup depuis que je suis ministre, mais oui, aujourd'hui j'aurai mon vélo et je ferai Bercy-Matignon en vélo avec grand plaisir.

PATRICK ROGER
Mais de l'électrique ou… ?

ROLAND LESCURE
Non, non, moi j’essaie de rester en forme, donc pas de moteur électrique, un bon vieux vélo de chez nous.

PATRICK ROGER
Bravo Roland LESCURE.

ROLAND LESCURE
Merci à vous.

PATRICK ROGER
Ministre délégué à l’Industrie.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 23 septembre 2022