Texte intégral
Roland LESCURE : Bonjour à tous et à toutes, je suis très heureux d'être ici pour mon troisième Eurogroupe et, demain, mon troisième ECOFIN depuis ma nomination. Je voudrais d'abord saluer chaleureusement l'élection de Kyriakos PIERRAKAKIS, le nouveau président de l'Eurogroupe, à la fois parce que je veux le féliciter pour ses qualités personnelles, évidemment, qui ont été saluées dans le cadre de cette élection. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il sera un grand président de l'Eurogroupe : il a des qualités techniques, il a des qualités de leadership, il est parfaitement adapté à ce poste. Et puis dire aussi que c'est une belle histoire : il y a un peu plus de dix ans, c'est à l'Eurogroupe qu'ont été pensées, mises en œuvre les mesures pour contribuer au sauvetage de la Grèce, qui était à l'époque dans une situation économique et financière extrêmement difficile ; que la Grèce a fait les efforts, que la Grèce s'est redressée, que la Grèce est aujourd'hui en train de baisser sa dette publique. La Grèce est évidemment au cœur de la zone euro alors qu'il y a un peu plus de dix ans les inquiétudes pointaient, et donc c'est aussi une histoire nationale et européenne extrêmement forte qui est saluée aujourd'hui avec la présidence de Kyriakos.
Pour dire qu'on est évidemment à fond sur l'agenda économique et financier aujourd'hui et demain, je voudrais insister sur un point qui m'est cher, qui nous est cher : la franchise sur les petits colis en dessous de 150 euros. La France souhaite qu'on avance sur ce sujet. Vous vous souvenez qu'il y a un mois nous avons tout fait en sorte qu'on avance vite et qu'on avance la décision de 2028 à 2026. Nous souhaitons avancer dès demain avec un processus qui doit intégrer une taxe forfaitaire sur les petits colis. C'est un élément important parce que nous souhaitons que les mesures prises en Europe aient de l'impact et, évidemment, sur des petits colis, voire même des tout petits colis, envisager une taxation proportionnelle fait que ça n'aura aucun impact. Donc c'est évidemment ce que je vais porter auprès de mes collègues, et j'entends un certain nombre de collègues qui sont d'accord avec moi, auprès de la Présidence et auprès de la Commission pour qu'on avance vite sur un sujet important.
J'ai évidemment aussi eu l'occasion, à la présidence des discussions de l'Europe, de faire un point d'actualité sur le processus budgétaire français, qui continue à avancer avec le vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale cette semaine. Le chemin continue et on va évidemment tout faire pour que la France ait un bon budget, avec un déficit public à 5 % le plus vite possible.
I want to congratulate the new President of the Eurogroup. He's a great leader, he's a great Finance Minister. I'm sure he's going to be a great president of the Eurogroup. It's also a great story to be recognised today, the story of a country that was on a brink, a bit more than 10 years ago, the safety of which was designed and implemented in the Eurogroup and they have made massive efforts. They are now obviously declining the public debt, they have got growth, they have gone through very difficult hardship, but they are now on the way back and I am very glad they are. So by electing today M. PIERRAKAKIS, we have also shown that there is a great story of solidarity and efficiency in Europe, in the Eurozone, and it is going to keep on going for a long time.
I am also here to talk about the story of the small parcel and the fact that parcels under 150 euros should stop having a de minimis that we decided upon last month. So last month I was able to convince my colleague that we should move fast and bring the deadline for getting rid of de minimis from 28 to 26. I am also here to tell the Commission, the Presidency, and I think I am not alone to say that, that those new taxation of small parcels should be lump sums and not proportionals because we want these measures to be efficient. We are getting 4 billion parcels every year in Europe and they should be properly taxed as all trade should be done. So this is going to be a conversation we are going to have between now and tomorrow and I hope we are going to move forward. I am also here obviously to update my colleague on the French budgetary situation. We had a great vote this week with a majority of members of parliament adopting a social security budget. We are going to keep on moving to make sure that we have a budget. It is a hard, difficult discussion. We are having a compromise building culture that is being invented in France as we speak and as we walk. But I am going to make sure, I am going to do everything we can to make sure we have a budget for next year and a budget that is sound with a budget deficit below 5%.
Question (AFP) : Une question sur les petits colis. La France pousse pour une mise en place le plus rapide possible de ce système transitoire. À partir de quel moment pensez-vous que ce soit possible ? Et quelle est la gravité, l'urgence de la situation, pour convaincre vos collègues ?
Roland LESCURE : Il y a 4 ans, il y avait un milliard de colis qui arrivaient de Chine. Aujourd'hui, c'est 4 milliards. Ces colis, aujourd'hui, bénéficient d'une concurrence déloyale par rapport à un commerce de centre-ville qui, lui, paye des taxes. Et donc, il est essentiel d'agir et d'agir vite, sinon on agira trop tard. Ce combat, il a été mené, il a été gagné. L'immense majorité, en fait, la quasi-totalité de mes collègues, il y a un mois, étaient d'accord pour dire qu'il faut accélérer le mouvement et le mettre en œuvre dès début 2026. Est-ce que ce sera le 1er janvier ? Est-ce que ce sera le 1er avril ? On verra, mais en tout cas, je souhaite que ça aille très vite en 2026.
Maintenant, la discussion qui reste, c'est quel type de taxation on met sur ces colis qui rentrent et qui sont aujourd'hui détaxés. Là-dessus, notre position est très claire et j'ai eu l'occasion d'échanger avec certains de mes collègues. Je pense qu'on est rejoints là-dessus. C'est que si on met une taxe proportionnelle sur des petits colis avec des petits prix, cette taxe aura un petit effet, aura même un très petit effet. Et nous, on souhaite que ça ait de l'impact. Et donc, on souhaite que la taxe soit forfaitaire. Vous le savez, le Parlement français s'oriente vers une taxation de 2 euros. En tout cas, ça doit être quelques euros pour que ça se voit, pour que ça se sente et pour qu'on change de monde. Parce que le monde auquel on fait face aujourd'hui, il est injuste et nous, on veut un monde juste.
Question : Sur l'élection de M. PIERRAKAKIS à la tête de l'Eurogroupe, est-ce que vous pensez que la position belge sur les avoirs russes et le financement de l'Ukraine a pu peser sur la candidature de votre collègue belge ?
Roland LESCURE : Non. On ne choisit pas en Europe des leaders pour 2 ans et demi du fait de discussions qui ont lieu, tous les décembres et tous les juillets on en a, au sein du Conseil européen. Il y a des débats importants sur les avoirs russes, il y a des débats importants sur la flexibilité européenne, il y a des débats importants sur toutes sortes de sujets qui sont, je dirais, la vie des institutions européennes et le lot des institutions européennes. On avait deux excellents candidats qui ont d'ailleurs tous les deux fait un discours extrêmement fort et voilà, il fallait choisir. On a choisi un excellent président de l'Eurogroupe et l'un et l'autre d'ailleurs ont échangé très informellement et sympathiquement à l'issue. On va avoir un très bon Eurogroupe et un très bon président.
Source https://ue.delegfrance.org, le 8 janvier 2026