Déclaration de M. Nicolas Forissier, ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité, en réponse à deux questions au Gouvernement sur la situation internationale, à l'Assemblée nationale le 7 janvier 2026.

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Intervenant(s) : 
  • Nicolas Forissier - Ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité

Circonstance : Questions au Gouvernement, en séance publique, à l'Assemblée nationale

Texte intégral

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les députés,
Madame la députée Clémentine Autain,

Il y a dans votre question un vaste panorama de l'ensemble des enjeux et des défis qui sont posés sur le plan des relations internationales à notre pays, à l'Union européenne et à bien d'autres pays. Je voudrais juste vous répondre sur trois points.

Premièrement et je reviens à votre évocation de ce qu'il s'est passé au Venezuela. La France a été extrêmement claire. Elle a rappelé que la priorité absolue, c'était de respecter le droit international, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La position de la France de ce point de vue est extrêmement claire. Elle a été réaffirmée au Conseil de sécurité pas plus tard qu'hier et c'est ce que nous continuerons à défendre. Même s'il est évident qu'il y a une situation de fait et qu'il faut que nous accompagnions la transition démocratique de façon à ce que le peuple vénézuélien puisse lui-même se déterminer. Effectivement, la position de la France, cela n'est pas d'attendre une décision de l'extérieur, c'est que le peuple vénézuélien, et je crois que l'on se retrouve, puisse décider.

Vous évoquez la surveillance sous contrainte américaine, si j'ai bien compris, de l'Ukraine. Non, la Coalition des volontaires qui s'est réunie hier à l'Élysée, qui n'a jamais été aussi nombreuse en nombre de chefs d'État, d'États représentés, cette Coalition des volontaires, elle a réaffirmé la volonté des Européens de soutenir l'Ukraine, contribuer de façon très concrète à la défense de l'Ukraine. Et évidemment, cela est lié à l'existence de l'OTAN. Et l'OTAN, les États-Unis en sont membres. Et évidemment, nous avons intérêt à faire appel aux États-Unis pour nous accompagner et pour participer à cette surveillance, même si les États-Unis demandent, attendent de la France et de l'Union européenne plus d'implication. Vous connaissez bien le débat. On ne peut pas dire aujourd'hui que ce n'est pas le cas.

Pour le reste, Madame la Députée, et vous l'avez évoqué vous aussi, je crois que l'on sera d'accord pour dire que le droit international, le multilatéralisme doivent l'emporter. C'est la position constante de la France de défendre le multilatéralisme, le droit international, malgré le fait que certains de nos alliés, vous l'avez vous-même dit et nous vous rejoignons, ne sont pas tout à fait sur la même ligne. Voilà la position de la France.

Merci beaucoup.


Monsieur le député Sylvain Berrios,

Je vous reconnais bien là dans la diversité des sujets abordés par votre question, mais l'objectif final, qui est extrêmement précis, auquel il ne m'appartient pas de répondre… Vous avez entendu tout à l'heure la réponse de ma collègue Amélie de Montchalin sur l'évolution de la discussion budgétaire, qui me paraît être très claire, en l'état.

Juste un mot pour vous dire que je vous rejoins sur le fait que nous sommes effectivement dans un monde en pleine tension, avec des sujets qui sont des sujets, je l'ai dit tout à l'heure, en réponse à Madame la députée Clémentine Autain, qui sont des sujets de respect ou non de nos valeurs fondamentales, du droit international, de la primauté des peuples à pouvoir disposer de leur avenir par eux-mêmes et non sous la pression ou sous la direction d'une puissance extérieure. Et les trois ou les quatre exemples que vous évoquez - nous pourrions aussi évoquer le débat, qui pour l'instant ne se traduit pas dans les faits, autour de la question du Groenland -, ce sont des questions qui, effectivement doivent conduire l'Union européenne, et de ce point de vue, la France est motrice, à se renforcer dans sa solidarité, dans sa capacité de renforcement de la défense et notamment de la participation à l'effort de défense et de réassurance le jour où il y a un accord de paix ou en tout cas de cessez-le-feu en Ukraine. Cette destination qui est la nôtre désormais, on doit la construire. Et encore une fois, je dois vous dire que la Coalition des volontaires telle qu'elle a été réunie hier à l'Élysée avec 35 États représentés, 27 chefs d'État et de gouvernement est là pour le prouver. La France est de ce point de vue motrice et continuera à l'être pour faire en sorte que nous renforcions notre solidarité européenne et que nous puissions peser à la fois en matière de sécurité, à la fois sur le plan économique et commercial, mais aussi dans le cadre de l'ONU en particulier et du multilatéralisme, pour le respect, avec volonté, de l'état de droit et du respect du droit international.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 janvier 2026