Déclaration de M. Nicolas Forissier, ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité, en réponse à une question d'actualité au Gouvernement sur la transition démocratique au Venezuela et les sanctions à l'encontre du régime chaviste, au Sénat le 7 janvier 2026.

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Intervenant(s) : 
  • Nicolas Forissier - Ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité

Circonstance : Question d'actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat

Texte intégral

Monsieur le sénateur [Olivier] Cadic,

Nous avons déjà échangé dans d'autres temps et sur d'autres sujets. Je voudrais vous répondre qu'évidemment, la France suit de très près la situation au Venezuela. Elle le fait dans le cadre des Nations unies. Il ne faut pas oublier que c'est d'abord dans ce cadre - ici, nous sommes des défenseurs des Nations unies et du multilatéralisme - que nous devons agir. Le Président de la République, comme le Premier ministre et comme le ministre des affaires étrangères, ont rappelé d'ailleurs cette position de la France et ont rappelé combien la France était prête à accompagner la transition démocratique que vous évoquez.

Rappelons que la France n'a jamais reconnu la soi-disant élection, dont les résultats n'ont pas été publiés, de M. Nicolás Maduro, mais qu'elle a par contre pris acte du fait que le président - je l'appelle président - [Edmundo] González Urrutia a été élu avec près de 70% des voix. C'est la réalité telle qu'elle est connue. Donc c'est dans ce cadre-là, et en espérant que le président Urrutia ou d'autres personnalités, vous avez évoqué Mme [Maria] Machado, c'est dans ce cadre-là que nous soutiendrons, par toutes les initiatives possibles, la transition démocratique, de façon à ce que le peuple vénézuélien puisse recouvrer sa liberté, pleinement, par lui-même. Il ne s'agit pas d'avoir un régime qui serait imposé de l'extérieur. Là, je ne peux pas être plus clair non plus.

Deuxième point, et c'est votre seconde question importante, la question des sanctions. Je voudrais rappeler que nous avons aujourd'hui 69 personnalités vénézuéliennes, dont l'essentiel des membres du gouvernement - en particulier, je pense au ministre de l'intérieur, mais c'était évidemment le cas de M. Maduro et de son épouse -, qui sont sous sanctions en France. Leurs avoirs sont gelés. Il n'y a d'ailleurs pas beaucoup d'autres avoirs, mais en tout cas, je peux vous dire que nous en avons 69, 15 supplémentaires l'an dernier. C'est une position qui est, stricto sensu, française. D'autres pays ne le font pas. Nous serons évidemment extrêmement vigilants. Après, il ne m'appartient pas de vous dire, puisque ça dépend de la discussion, notamment au niveau de l'Union européenne et des Nations unies, quelles sont les autres sanctions qui pourraient être prises en accompagnement de cette volonté de transition démocratique.

Je vous remercie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 janvier 2026