Texte intégral
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président du Sénat,
Madame la Présidente de l'Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs,
Chers élus,
Chers partenaires calédoniens,
Nous y sommes. Après trois jours d'échanges denses, parfois rudes, mais toujours loyaux et directs, vous êtes parvenus à un accord. Je veux vous remercier d'être toujours restés à la table des discussions même vives, pour réussir à éclairer Bougival et le rendre pleinement opérant.
Deux textes viennent aujourd'hui lui donner toute sa portée : un texte commun sur le volet institutionnel, l'accord Élysée Oudinot, et un texte commun sur la portée et les modalités au pacte de refondation économique voulu par le Premier ministre.
Ce que vous avez fait ici est important.
Vous avez su trouver un équilibre politique majeur. Un équilibre qui n'était ni évident, ni automatique. Un équilibre construit par la volonté assumée de regarder l'avenir ensemble.
C'est un moment que je veux saluer. Et je veux vous en féliciter.
Vous êtes parvenus à vous accorder sur les piliers essentiels de Bougival. Sur ce qui touche à l'identité, à l'avenir institutionnel, à l'autodétermination, à l'économie, à l'organisation du pouvoir et au calendrier.
Autrement dit : sur ce qui fonde un destin collectif.
Sur la question des identités, vous avez clarifié les choses avec sérieux et respect.
La reconnaissance pleine et entière de l'identité kanak, telle qu'elle figure dans l'accord de Nouméa, a été réaffirmée.
Elle demeure un socle historique et politique.
Dans le même mouvement, vous avez consolidé l'affirmation d'une identité calédonienne, partagée, assumée, ouverte. Une identité qui reconnaît la pluralité des parcours, des mémoires, des appartenances.
Vous vous êtes inscrits dans ce chemin de réconciliation voulu par le Président de la République. Un chemin exigeant, mais nécessaire. Un chemin qui ne nie rien du passé, mais qui refuse qu'il empêche l'avenir.
Un chemin vers une concorde calédonienne durable.
Sur l'autodétermination, vous avez fait un choix clair et courageux. Vous avez décidé de dépasser la logique des référendums binaires.
Ensuite en permettant que ce droit s'exerce à travers un mécanisme possible de transferts progressifs des compétences régaliennes, fondé sur des majorités renforcées et sur l'approbation d'une majorité des Calédoniens.
C'est un pari sur la confiance.
Un pari sur la maturité politique.
Je peux vous assurer M. le Président que les échanges ont été techniques et précis. Un atelier dédié a permis d'explorer concrètement l'association à l'exercice des compétences régaliennes, avec l'ensemble des ministères concernés que je remercie. Le relevé de conclusions est prêt, il sera distribué tout à l'heure, il trace clairement le champ des possibles et le travail qui nous attend désormais.
Le comité de suivi prévu par l'accord jouera un rôle central. Il assurera le suivi de cette association aux compétences régaliennes et nourrira, dans la durée, la réflexion sur leur éventuel transfert.
Sur le plan économique, vous avez réaffirmé une conviction forte : les provinces restent le cœur du développement économique et social.
La future loi organique traduira cette ambition.
Elle garantira à la fois l'autonomie financière des provinces et la solidarité entre les territoires. Chaque province pourra ainsi conduire des politiques adaptées à ses forces, à ses besoins.
Sur le plan institutionnel pur, vous avez également apporté des clarifications décisives. La hiérarchie des normes issue de Bougival est confirmée. Le champ ouvert à la loi fondamentale est large. Et le principe d'auto-organisation est pleinement respecté, conformément à la position du Conseil d'État.
Enfin, vous avez fixé un calendrier clair et réaliste qui se déroule ainsi :
Publication de l'accord.
Révision constitutionnelle.
Présentation et vote de l'avant-projet de loi organique.
Consultation des Calédoniens.
Et, avant la fin de l'année, les élections provinciales.
Ce calendrier donne un cap. Il engage tout le monde.
Vous avez enfin souhaité éclairer et même renforcer le pacte de refondation économique et sociale. Un atelier s'est tenu ce matin jusqu'à il y a peu pour faire le point sur les travaux engagés depuis octobre et pour se projeter.
Ce pacte, doté de 2,2 milliards d'euros sur la période 2026-2030, traduit un engagement inédit de l'État, dans un contexte budgétaire pourtant contraint. Le soutien à la filière nickel, les enjeux cruciaux de 2026 pour l'avenir des usines, la relance économique, la pérennisation du modèle social, l'appui à la jeunesse et le désendettement du territoire ont été pleinement intégrés.
Les arbitrages rendus permettent aujourd'hui d'avancer concrètement.
Tout ce que vous avez fait et produit compte déjà et va compter pour cette année décisive au redressement du territoire.
Avec ces textes, vous remettez la NC en mouvement, vous lui permettez de remarcher sur ses 2 jambes : institutionnelle et économique.
Le courage l'a emporté sur la méfiance et les désaccords.
Vous avez démontré que le dialogue n'est pas un mot creux.
La phase parlementaire va désormais s'ouvrir pour donner vie à ce que vous avez souhaité pour la Nouvelle-Calédonie.
Source https://www.outre-mer.gouv.fr, le 21 janvier 2026