Texte intégral
DAVID VALVERDE
Sébastien MARTIN, bonjour.
SEBASTIEN MARTIN
Bonjour.
DAVID VALVERDE
Vous venez en voisin depuis votre Saône-et-Loire où vous êtes depuis des années élu local pour Les Républicains et donc ministre de l'Industrie depuis octobre dernier. On va parler de NIGAY dans un instant, mais vous allez commencer, Monsieur le Ministre, votre visite par URGO à Veauche, spécialiste des pansements notamment. Soixante millions d'euros d'investissement, 300 emplois créés dans le cadre de la construction d'une nouvelle usine à Andrézieux-Bouthéon. Entreprise familiale, dynamique, qui joue la carte du local, tout y est, Monsieur le Ministre ?
SEBASTIEN MARTIN
Oui, écoutez, c'est l'industrie telle que nous l'avons célébrée d'ailleurs à Choose France pour les Français au mois de novembre, au cours de laquelle plus de trente milliards d'euros d'investissement ont été annoncés pour la France, et parmi lesquels l'entreprise URGO, qui fait le choix effectivement de la Loire pour construire un nouveau site, investir soixante millions d'euros, créer à terme 135 emplois dans un premier temps, puis encore une bonne centaine de plus dans la foulée. Donc c'est un beau modèle, et en plus c'est l'industrie du dispositif médical, et on sait à quel point les Français sont attachés à cette industrie-là aussi.
DAVID VALVERDE
En fin de journée, vous visiterez ensuite NIGAY, qui fait cette fois du caramel. 45 millions d'euros investis pour un site à Feurs, l'objectif, c'est de devenir numéro un mondial du secteur. Alors le patron de NIGAY qu'on a rencontré récemment nous avait confirmé que cet objectif allait être peut-être possible, mais qu'il allait imaginer, réfléchir à s'installer à l'étranger, parce que les charges étaient trop élevées en France. Qu'est-ce qu'il va vous en parler forcément ce soir ? Qu'est-ce que vous allez lui répondre ?
SEBASTIEN MARTIN
Écoutez, certes, les charges seront sans doute toujours plus chères en France que dans certains autres pays qui sont des pays à bas coût, mais il y a une question de savoir-faire, il y a une question d'accompagnement, il y a une question d'un écosystème aussi qui accompagne. Et d'ailleurs, pour le cas de l'entreprise NIGAY, je sais qu'à la fois le territoire dans lequel elle est implantée, puis aussi la France, l'accompagne dans ses projets de développement. Et puis je sais que cette belle entreprise, malgré tout ça, elle a aujourd'hui un site dans la Loire, deux sites dans les Hauts-de-France, donc je crois que c'est une belle valorisation du Made in France.
DAVID VALVERDE
Et vous irez ensuite au siège de la communauté de communes de Forez-Est avant de déjeuner avec les élus, les représentants des acteurs économiques de la Loire. Qu'est-ce qu'on va leur dire quand on est ministre de l'Industrie ? Vous allez leur dire " Investissez, osez ! " ?
SEBASTIEN MARTIN
D'abord, je dis aussi aux élus, aux territoires, moi, je suis ministre de l'Industrie et des Territoires industriels. J'ai toujours considéré que les questions de développement économique, de réindustrialisation, vous avez parlé de mon histoire au Grand Chalon, en tant que président de l'agglomération de Chalon-sur-Saône, cette réindustrialisation ne peut pas se faire sans l'accompagnement des élus, et sans une vraie volonté de terrain. Et c'est aussi ça sur lequel nous allons parler tout à l'heure, parce que je sais que dans la Loire, il y a une vraie volonté d'accompagner le développement économique.
DAVID VALVERDE
Alors justement, pour débloquer certains projets, vous réfléchissez, Monsieur le Ministre, à la création d'un fonds d'investissement industriel avec BPIFRANCE. Il y a déjà un fonds qui est consacré à la défense, vous voulez qu'il y en ait un pour l'industrie ?
SEBASTIEN MARTIN
Oui, moi je pense qu'à l'image de ce qu'on a fait avec le fonds défense avec BPIFRANCE, eh bien on pourrait, pourquoi pas, élargir ce fonds en direction d'autres secteurs industriels. On est en train d'y travailler avec BPIFRANCE, donc c'est encore un peu tôt pour en donner les détails, mais on sait qu'il y a beaucoup d'épargne disponible en France, que les Françaises et les Français, ils aiment leurs usines, qu'ils savent que notre pays a besoin de ces usines pour être fort, pour être indépendant, et donc je pense que c'est quelque chose qui pourrait attirer des capitaux, notamment des capitaux français.
DAVID VALVERDE
Il y a aussi un autre dispositif, c'est FRANCE 2030, quarante milliards d'euros engagés, quinze milliards à venir en soutien de l'industrie. Ce sont souvent les métropoles, les grandes innovations, est-ce qu'il ne faut quand même pas oublier nos petites et nos moyennes entreprises ?
SEBASTIEN MARTIN
Bien sûr, je sais qu'il y a cette image de FRANCE 2030 concentrée sur les très grandes agglomérations, mais il y a aussi des projets dans FRANCE 2030 qui sont tenus auprès de PME et de PMI qui sont dans les territoires. Et moi je veux aller un peu plus loin d'ailleurs, puisque j'envisage là en 2026, maintenant qu'on a enfin un budget, de pouvoir travailler avec les conseils régionaux pour justement, en s'appuyant sur quelques crédits qui sont au sein de FRANCE 2030, pouvoir soutenir nos PME, nos PME industrielles partout dans les territoires sur la modernisation de nos outils productifs. On sait que par exemple en France, notre industrie et nos industriels manquent d'investissement dans la robotique, c'est un axe sur lequel je veux travailler avec eux.
DAVID VALVERDE
À Saint-Étienne, aujourd'hui, Sébastien MARTIN, des salariés du groupe ACI partent en direction du Tribunal de commerce de Lyon. Vous savez qu'il y a un redressement judiciaire pour ce groupe, six entreprises de la Loire sont concernées, 150 personnes ne savent pas s'ils vont conserver leur travail. La CGT organise une mobilisation devant le tribunal et demande à l'État de s'assurer du sérieux des éventuels repreneurs, et puis de communiquer de façon assez transparente sur les aides publiques. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
SEBASTIEN MARTIN
Je dis que le dossier ACI est un dossier qu'on suit effectivement avec mes services de très très près, qu'on a accompagné et qu'on continue d'accompagner tous les projets qui peuvent nous arriver et dont nous avons connaissance, parce que parfois certains se présentent à la barre du tribunal sans venir expliquer leur projet à Bercy. Et qu'à la fin c'est bien le tribunal qui décide, ce n'est pas Bercy qui décide des repreneurs, mais en tout cas on a mis beaucoup d'énergie à essayer d'accompagner les projets de reprise. Dans cette affaire, ce n'est pas chaque site industriel qui a été mis en défaut, c'est surtout une holding qui a été mal gérée et qui aujourd'hui met des centaines de salariés dans le désarroi. Donc cette holding c'est une chose d'un côté, mais nous on s'intéresse à l'avenir de chaque site industriel, je peux vous dire qu'il n'y a pas une semaine sans qu'on fasse un point avec mes services là-dessus.
DAVID VALVERDE
J'ai une dernière question à vous poser Monsieur le Ministre, elle concerne un de vos collègues des Républicains, le sénateur de Haute-Loire, Laurent DUPLOMB. Vous savez qu'il a relancé une proposition de loi pour réintroduire les pesticides, vous avez forcément aussi votre avis là-dessus. Est-ce que deux millions de signatures l'été dernier, censure du Conseil constitutionnel, il doit s'entêter le sénateur de Haute-Loire ou il faut savoir passer à autre chose ?
SEBASTIEN MARTIN
Non, je crois qu'il y a un débat sur les normes que l'on impose à nos agriculteurs en France, par rapport aux agriculteurs européens. Que ce débat se poursuive c'est bien légitime, et un sénateur a tout à fait le droit de déposer à nouveau un texte en ce sens. Maintenant il faut que le débat parlementaire ait lieu, mais sachez que la ministre de l'Agriculture, Annie GENEVARD, suit tout ça de très très près, et je pense qu'il y a beaucoup de sujets en ce moment qui sont mis sur la table au niveau agricole et qu'on ne manque pas d'être à l'écoute.
DAVID VALVERDE
Sébastien MARTIN, merci d'avoir été avec nous ce matin.
SEBASTIEN MARTIN
Merci.
DAVID VALVERDE
Merci d'avoir partagé ces quelques avis sur la situation, l'actualité économique et industrielle sur le département de la Loire, ministre chargé de l'Industrie, et bonne visite dans notre département aujourd'hui.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2026