Déclaration de M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, et de la recherche, sur sa feuille de route et le budget en ce qui concerne l'enseignement supérieur et la recherche, l'accueil d'étudiants et de chercheurs étrangers et les libertés académiques, Marseille le 28 août 2025.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Circonstance : Discours prononcé à l'occasion de l'assemblée générale de rentrée de France Universités, au Campus Pharo d'Aix Marseille Université

Texte intégral

Monsieur le président de l'Université Aix-Marseille qui nous accueille, cher Éric, 
Monsieur le Président de France Universités, cher Lamri,
Mesdames et messieurs les présidents et vice-présidents d'Université,

Merci de m'accueillir ce matin pour votre assemblée générale de rentrée.

Je suis heureux de vous retrouver ici, à Marseille : une réunion loin de Paris qui nous rappelle opportunément que l'enseignement supérieur et la recherche irriguent tout notre territoire.

Il est bon que cela se manifeste à tous les niveaux de leur organisation !

La rentrée s'annonce, cette année, sous des auspices particuliers.

C'était vrai même avant la modification du calendrier que nous connaissons depuis lundi dernier.

Au-delà de ce changement de l'échéancier politique, la question budgétaire est au cœur de l'actualité française.

La question budgétaire, c'est-à-dire le financement de l'action de l'État, et donc de notre ministère.

Vous comprenez bien que, dans une situation où la baisse du déficit de l'État est une priorité absolue, l'augmentation générale des moyens n'est pas une option.

Dans une période comme la nôtre, où les économies à trouver se comptent en dizaines de milliards, nous devons donner les preuves de notre capacité à agir efficacement, en faisant le meilleur usage possible des moyens qui nous sont donnés.

Et je le dis quelle que soit l'issue politique des prochaines semaines, c'est une réalité qui s'imposera quoi qu'il arrive.

Depuis plusieurs semaines, comme en début d'année pour le budget 2025, je me bats sans relâche aux côtés de la ministre d'État, Élisabeth Borne, pour préserver notre budget.

Malgré les immenses efforts à réaliser, celui-ci a pour le moment été relativement préservé, puisque selon la copie budgétaire rendue avant l'été, il devrait augmenter en 2026.

Pour être clair, dans l'état actuel des choses, les crédits de la MIRES – la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur – augmentent de 500 millions d'euros.

Malgré les incertitudes du moment, cela montre que l'enseignement supérieur et la recherche sont identifiés comme une priorité pour notre pays.

Cela montre aussi que nous avons su, collectivement, donner des preuves de notre capacité à agir de manière efficace.

Nous devons continuer à le faire.

Ces derniers mois, cela s'est notamment traduit par le travail de revoyure de la loi de programmation de la recherche, que j'ai engagé dès mon arrivée.

La LPR, soyons-en conscients, a permis de remettre de l'argent dans l'ESR français, après des décennies de désinvestissement.

Malgré les difficultés financières qui pèsent sur nous, j'ai tout fait pour préserver au maximum la trajectoire de la LPR, avec un soutien fort de la ministre d'État Élisabeth Borne, mais aussi du président de la République.

Rappelez-vous qu'il a dit explicitement son attachement à la LPR lors de son intervention en Sorbonne, le 5 mai dernier, à l'occasion du lancement de Choose Europe for Science.

Cet effort a porté des fruits.

Les chaires de professeur junior ont été poursuivies, ce qui répondait à une attente légitime de la part des établissements.

Ces CPJ sont un des leviers de notre attractivité à l'international.

Vous êtes très nombreux à m'avoir demandé de préserver ce dispositif, nous pouvons donc tomber d'accord sur la nécessité de les poursuivre.

J'entends les questions et les inquiétudes qui se sont exprimées sur le CAS pensions.

À ce sujet, je suis monté au créneau

J'ai obtenu, dans la copie actuelle du gouvernement, une prise en compte de la situation de l'ESR.

Ainsi, le taux du CAS pensions augmentera encore en 2026 avec un impact équivalent à celui enregistré en 2025.

Ce qui représente parfois, je le sais, des millions d'euros pour vos établissements.  

Avec la ministre d'État Élisabeth Borne, nous nous sommes battus pour obtenir cette compensation partielle d'une hausse qui pèse sur nos établissements.

Le reste du chemin devra être réalisé par les députés et les sénateurs durant la discussion budgétaire.

En 2025, j'ai réussi à obtenir un maintien des mesures du protocole RH.

En 2026 le budget qui se dessine devrait permettre de poursuivre sa mise en œuvre.

Tout cela, tout l'effort pour préserver notre budget, est important et je continuerai à tout faire pour préserver et si possible augmenter nos marges de manœuvre en la matière.

Mais par ailleurs, nous devons, collectivement, utiliser au mieux ces moyens.

J'ai déjà eu l'occasion de vous le dire lors de votre colloque de fin d'année, je vous le redis aujourd'hui à la veille de la rentrée.

C'est pourquoi je vous demande de tout faire pour mobiliser au mieux votre trésorerie, qui devrait faire l'objet d'une attention particulière lors des débats à venir au Parlement.

J'ai d'ailleurs demandé aux recteurs de suivre de manière particulièrement active ce sujet et de vous accompagner.

Je vous encourage aussi à être plus proactifs en ce qui concerne la valorisation de votre immobilier, qui représente un patrimoine considérable et doit faire l'objet de toute votre attention.

Là encore, les services du ministère et des rectorats sont à votre disposition.

Sur le financement de l'apprentissage, j'ai entendu les craintes qui se sont exprimées.

Je me bats, aux côtés de ma collègue ministre du travail, pour vous permettre de développer l'accès à cette ressource en favorisant l'apprentissage dans le supérieur public.

Vous devez cependant être conscients qu'il ne s'agit en rien d'une manne, mais que le financement de l'apprentissage ne peut répondre qu'à des formations de qualité.

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que les recours systématiques à l'apprentissage ont quelques liens avec le développement d'une offre de formation privée que je m'efforce justement de réguler, notamment à travers le projet de loi dont j'espère qu'il pourra être examiné.

Il est donc impératif que vous accélériez sur l'apprentissage en même temps que l'on régule le recours à l'apprentissage dans le privé.

Pour être clair, il y aura une régulation plus stricte de l'apprentissage, et elle se fera par la qualité.

Soyez au rendez-vous en proposant des formations de qualité en apprentissage.  

L'évolution du modèle économique des établissements doit pouvoir s'appuyer sur le programme ASDESR.

Il y a plus de deux ans que cette initiative est lancée, les recrutements sont faits et nous sommes attendus au tournant : il est temps de voir les résultats concrets ou, pour le dire autrement, le retour sur les investissements qui ont été consentis, tant sur le volet Europe que sur le volet formation continue.

La question des moyens et de leur déploiement est primordiale, j'en conviens.

Mais il ne faut pas en rester aux moyens, qui visent, par définition, une fin, qui permettent l'accomplissement de nos objectifs.

Objectifs qui doivent être rapportés à notre mission : accompagner la jeunesse de notre pays par la formation dans tous les territoires, préparer l'avenir et garantir la souveraineté de notre pays par la recherche, la découverte, l'innovation.

Depuis 15 ans et la loi sur l'autonomie des universités, vous avez été mis au cœur de cette mission.

L'autonomie visait à affirmer que les établissements étaient le maillon essentiel et l'échelle pertinente pour déployer les actions de l'ESR au plus près des territoires.

Cependant, l'organisation du ministère n'a pas suffisamment accompagné cette bascule.

Le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche est resté, pour le dire clairement, encore trop centralisé.

C'est un paradoxe, dans la mesure où nous sommes, et de très loin, le premier ministère en termes de nombre d'opérateurs.

Ce qui se traduit par une implantation géographique qui couvre très largement notre territoire national.

Mais aussi par une très grande diversité des établissements, à tous points de vue.

Une organisation centralisée ne permet pas de prendre pleinement en compte cette variété des situations locales.

Pour agir au plus près des territoires et des établissements, il est logique et nécessaire de pousser plus loin la déconcentration de l'action publique dans le champ de l'enseignement supérieur.

Oui, la déconcentration est le pendant et la condition nécessaire d'une véritable autonomie des universités.

La déconcentration est la traduction administrative de la confiance faite aux universités : elles sont des interlocuteurs à part entière et doivent être traitées et accompagnées individuellement en prenant en compte leurs spécificités.

La création des recteurs délégués à l'enseignement supérieur et à la recherche est un pas supplémentaire dans cette direction.  

C'est pour cette raison que je veux aller plus loin.

J'ai envoyé au début du mois une circulaire aux recteurs, qui porte précisément sur ce sujet.

Elle a été publiée ce matin, et vous pourrez en prendre connaissance.

J'ai eu l'occasion, avant-hier, de rappeler directement aux recteurs mes attentes envers eux à ce sujet.

Les nouveaux COMP sont la traduction de cette étape supplémentaire de déconcentration que j'ai voulu porter pour notre ministère.

Fusionnés avec les contrats pluriannuels, ils permettront un réel dialogue sur la base de la feuille de route partagée élaborée à partir de vos stratégies d'établissement, et validées non seulement par l'Etat comme c'était le cas jusqu'ici, mais aussi en y intégrant tous vos partenaires clés : collectivités territoriales, ONR, mais aussi entreprises, acteurs socio-économiques pertinents.

Avec ces nouveaux COMP, vous devenez véritablement les chefs de file de l'écosystème que vous entrainez dans votre sillon.

Dans le cadre de la négociation contractuelle, les sujets de discussion avec les recteurs seront multiples : crédits immobiliers, recherche et transfert, capacités d'accueil ou encore carte des formations.

Ces nouveaux COMP sont donc une mise en œuvre concrète du dialogue entre établissements et rectorats, c'est-à-dire de la déconcentration.

À ce sujet, un travail sur la mise en cohérence des vagues d'évaluation HCERES et des COMP est en cours au sein de la DGESIP.

Le déploiement de cette organisation, plus saine financièrement et plus efficace en ce qui concerne les relations entre Paris et les différents territoires, n'est pas une fin en soi.

Il s'agit de vous donner les moyens d'agir, de manière plus efficace, pour mener à bien vos missions.

C'est là le chemin pour assurer le rayonnement de l'enseignement supérieur français, et de chacun de vos établissements.

C'est particulièrement important aujourd'hui, alors que l'attractivité de la France pour les chercheurs et les étudiants du monde entier est un enjeu fondamental.

Cela, à plus d'un titre.

La boussole de l'attractivité universitaire s'est affolée ces derniers mois.

Les décisions de l'administration américaine en matière de recherche et d'enseignement supérieur ont des conséquences dont il est encore difficile de mesurer la portée.

La baisse des financements, les procès contre les universités, l'intimidation des chercheurs dans certains domaines, sans parler de la restriction d'accès aux données, tout cela peut entraîner le départ de certains chercheurs ou refroidir les envies des personnes attirées par les États-Unis et leurs établissements.

Il serait illusoire d'espérer renverser d'un coup une suprématie états-unienne qui s'est installée depuis des décennies, à force d'investissements considérables dans la recherche et l'innovation.

Mais il serait coupable de ne pas tout faire pour tendre la main à des chercheurs empêchés de mener à bien leur travail, et de ne pas agir pour que ce moment profite à nos établissements et à notre pays.

C'est bien entendu le cœur de Choose France for Science.

Vous avez entendu Eric Berton à ce sujet.

Le processus prend du temps : les chercheurs installés aux États-Unis sont prudents, et changer de pays, d'établissement, de mode de vie est une décision lourde.

La plateforme mise en place par la France continue cependant à susciter l'attention, avec la création de plus de 1700 comptes fin août, et plusieurs centaines de questions envoyées par des candidats potentiels.

La plateforme a reçu des dizaines d'excellentes candidatures, dont une soixantaine ont été déposées pour de bon et sont en cours d'analyse par le jury.

Au-delà de cette démarche, nous devons poursuivre une politique d'attractivité de plus long-terme.

La géographie de l'ESR mondiale est en recomposition profonde depuis le début des années 2000.

La dernière publication du classement de Shanghai, cet été, est un bon thermomètre de ces tendances.

Vous connaissez comme moi les limites de ces classements, mais il serait trop facile d'accuser le thermomètre et de ne pas voir la réalité qu'il indique.

La France tient son rang, cette année encore.

Bien sûr, nous voulons et nous devons faire mieux.

Mais notre position est la preuve que la politique menée depuis quelques années est pertinente ; une politique qui a permis à certains grands établissements français d'acquérir une visibilité internationale devenue vitale, dans la compétition pour les talents – aussi bien les chercheurs que les enseignants ou les étudiants.

Car au-delà de notre pays, le paysage mondial de l'enseignement supérieur poursuit sa transformation.

Les États-Unis conservent leur première place, mais ils sont toujours plus talonnés par la Chine à la fois dans le top 100 et dans le top 500.

Chine qui, il y a dix ans, ne comptait aucun établissement dans le top 100 de ce classement.

L'Europe se maintient globalement, mais l'Allemagne perd des établissements dans le top 100, par exemple.

Je cite cela à titre d'exemple, il y aurait bien d'autres leçons à tirer des mouvements observés depuis plusieurs années, et des inflexions actuelles.

Une chose est sûre : nous n'avons pas de place réservée dans les nations les plus attractives pour l'enseignement supérieur et la recherche.  

Nous devons en avoir conscience.

Et au-delà des chercheurs, la question des étudiants internationaux est incontournable.

Nous ne pouvons tout simplement pas nous passer d'eux.

C'est une position que j'assume et que je porte de manière résolue au sein du gouvernement.

C'est déjà vrai aujourd'hui : les étudiants internationaux représentent une part significative des effectifs dans de nombreuses filières, en particulier dans des secteurs comme l'ingénierie.

Les tendances démographiques à l'œuvre vont rendre leur apport encore plus crucial dans les années et décennies à venir.

En effet, le nombre d'étudiants français va baisser, tandis que les départs à la retraite vont être massifs, notamment dans l'enseignement supérieur – mais pas uniquement.

Dans des domaines cruciaux pour notre souveraineté et notre compétitivité économiques, nous allons manquer de personnes formées.

C'est particulièrement vrai dans les sciences et technologies.

Les ingénieurs, les techniciens, les professionnels de santé : autant d'expertises pour lesquelles nous n'avons pas les effectifs suffisants en France.

Dans un rapport récent, l'Institut Montaigne proposait de doubler le nombre d'étudiants internationaux en études d'ingénieur pour répondre à nos besoins d'ici 2040 !

C'est avec cette réalité que nous devons composer.

Nous devons donc mettre en place les moyens d'attirer les étudiants internationaux, et de leur donner envie de rester étudier et travailler en France.

Or, aujourd'hui, nous n'y réussissons pas.

Il faut une clarification de notre ambition en la matière.

Car force est de constater qu'en l'absence d'objectifs précis et assumés, il est difficile de mener une politique efficace.

La France doit porter une politique résolue pour attirer les talents dont elle a besoin, en se concentrant sur trois types de publics prioritaires.

D'une part, les meilleurs étudiants de pays qui voient dans la France une destination parmi d'autres dans le marché mondial de l'enseignement supérieur, toutes disciplines confondues.

Nous devons les attirer en jouant sur nos atouts propres, de l'excellence de nos formations à la qualité de vie, tout en travaillant à réduire les irritants, notamment administratifs.

Deuxième public "cible", celui des étudiants spécialistes, en particulier les masters doctorants, auxquels j'ajouterais les étudiants en professions de santé.

Enfin, troisième et dernier public prioritaire, celui des étudiants dont le champ d'études correspond aux besoins de notre économie, en particulier en provenance des pays francophones.

Cette politique est nécessaire pour tenir nos promesses envers les étudiants qui choisissent la France, et pour qu'ils contribuent au rayonnement et à la réussite de notre pays dans le champ scientifique et économique.

Vous devez jouer votre rôle pour assurer son déploiement.

La sélection des étudiants est aussi une manière de les protéger de difficultés dans les études et dans la vie quotidienne.

Soyons clairs : accueillir un étudiant qui n'a pas les moyens d'étudier en France est le chemin le plus sûr vers un double échec, échec pour lui mais aussi échec pour notre pays.

Bien sûr, nous devons soutenir financièrement les étudiants excellents qui n'auraient pas, seuls, les moyens financiers de rester en France.

Mais le constat est sans appel : l'extrême précarité d'un grand nombre d'étudiants étrangers en France pèse sur notre système de solidarité envers tous les étudiants.

C'est le symptôme d'une sélection qui ne fonctionne pas correctement.

Je vous demande instamment tout faire à votre niveau pour que ces situations soient l'exception et non la règle.

La question des procédures de sélection m'amène à un sujet qui n'a échappé à personne parmi vous.

Au cœur de l'été, l'accueil d'étudiants gazaouis a été mis sur le devant de la scène.

Nous avons tous été saisis, doublement saisis par la violence insupportable de certains propos tenus en ligne, d'un antisémitisme abject.

J'ai adressé aux recteurs une circulaire, qui sera publiée dans les tout prochains jours, qui vise à accélérer le traitement de toute situation polémique mettant en cause des propos illégaux ou violents émanant de ou à l'encontre de personnels ou usagers de l'ESR.

Je leur ai demandé d'assurer un traitement très diligent de toute situation problématique, en lien avec les préfets, le parquet et bien entendu vos établissements.

Dans le même temps, je suis très attentif à ce que le Quai d'Orsay puisse mener au plus vite les enquêtes nécessaires pour reprendre l'accueil d'étudiants gazaouis en France. 

Ces circonstances prennent un écho singulier, alors que vous avez choisi, hier, de visiter le Camp des Milles.

Ce choix manifeste l'importance, au cœur de l'Université, de la défense de nos valeurs.

Non pas de manière figée, non pas dans une rhétorique vide ou une répétition de mantras.

Mais en faisant vivre ces valeurs, en particulier grâce aux outils propres à l'Université : le débat, le libre examen, la confrontation des intelligences, l'exploration acharnée du réel dans sa complexité.

Dès mon arrivée, je vous ai sollicités pour que la remontée des incidents dans vos établissements se fasse en bonne intelligence.

Merci pour votre implication, qui nous a permis d'établir une relation qui, je crois, a été très satisfaisante et très efficace.

Je me suis en particulier beaucoup appuyé sur les retours que vous avez faits pour lutter efficacement contre les manifestations d'antisémitisme.

Depuis janvier, comme vous le savez, cela a été un élément structurant de mon action.

À ce sujet, je peux vous confirmer que les décrets d'application de la loi Fialaire-Lévi seront publiés dans le courant de l'automne.

C'est notamment le cas en ce qui concerne les sections disciplinaires interacadémiques, dont la mise en place vous doit beaucoup.

La rentrée universitaire est souvent propice à des revendications plus virulentes de la part de certains étudiants.

La poursuite de la guerre à Gaza risque de renforcer cette tendance.

Je vous demande donc une vigilance particulière, pour que ce contexte international, auquel aucun de nous n'est indifférent, ne soit pas le prétexte à des débordements inacceptables. 

La rentrée que nous nous apprêtons à vivre n'est pas ordinaire.

La situation internationale, la situation de notre pays, ne sont pas propices à un enthousiasme débordant.

C'est justement dans ces circonstances que l'Université doit jouer tout son rôle.

Nous devons continuer à porter haut nos convictions, la défense des libertés académiques, mais aussi les moyens de vivre la discussion, la dispute universitaire, sans sombrer dans le conflit et l'anathème.

Vous avez pu le constater, je me suis impliqué sur ces sujets depuis ma prise de poste, à la fois auprès de vous sur le terrain, dans l'hémicycle ou encore dans les médias.

C'est une conviction très forte que je porterai jusqu'au bout à vos côtés.

Dans un monde qui les bouscule de toutes parts, nous devons nous faire les défenseurs de ces libertés qui ont été aux fondements de la conception française et européenne de la démocratie.

Soit dit en passant, ces libertés académiques ne signifient pas une absence totale de regard sur la gestion des universités : autonomie et responsabilité, oui ; absence de dialogue et de politique commune, non.

Je compte sur chacun et chacune d'entre vous pour assumer cette année encore la grande mission qui est la vôtre, au service des étudiants, des enseignants, des chercheurs, des personnels administratifs.

Au service de vos établissements et de vos territoires.

Je sais que vous pourrez compter sur les services du ministère pour mener à bien vos missions.

Jusqu'au bout, vous pourrez compter sur moi.

Jusqu'au bout, je resterai à votre écoute et à celle de notre communauté, y compris les étudiants qui sont légitimement sensibles aux enjeux de l'ESR, en France et dans le monde.

Merci à tous, et bonne rentrée.


Source https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, le 6 février 2026