Texte intégral
MAUD BREGEON
Bonjour,
APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'être à ce micro, ce matin, pour répondre à mes questions. Vous êtes la porte-parole du Gouvernement. Quentin est mort à Lyon. Ce jeune homme de 23 ans a été tabassé à mort en marge de la venue de Rima HASSAN à Sciences Po Lyon. Laurent NUNEZ parle d'un lynchage. Gérald DARMANIN parle de discours politique violent qui amène à la violence physique. Quelle est votre réaction vous ce matin ?
MAUD BREGEON
D'abord permettez-moi d'avoir une pensée pour sa famille et pour ses proches. Ce qui s'est passé est évidemment effroyable. Résulte, en toute vraisemblance, d'un affrontement entre l'ultra gauche et l'ultra droite. Et donc, je reprends les mots de Laurent NUNEZ, employé ce matin chez vos confrères : "Il s'agit de toute évidence d'un lynchage". Et les images que nous avons toutes et tous vues sont absolument insupportables.
APOLLINE DE MALHERBE
D'un lynchage politique ?
MAUD BREGEON
Je laisserai le procureur, vous savez qui s'exprime cet après-midi, sur le sujet et sur cette affaire spécifiquement. La question qui nous est posée à nous, responsables politiques, c'est quels mots qu'on peut employer ? Quels mots sont acceptables ? Quels mots ne sont pas acceptables ? Et qu'est-ce qui, dans nos paroles et dans nos actes, que ce soit à l'Assemblée nationale, lors des meetings, est de nature à encourager cette violence ? Parce que le garde des Sceaux a raison, quand on emploie des mots d'une telle violence, on ne peut pas s'attendre à ce que cette violence-là ne rejaillisse pas potentiellement dans la rue.
APOLLINE DE MALHERBE
Le garde des Sceaux, Gérald DARMANIN, qui a parlé de la France insoumise, il dit qu'il y a une complaisance de la France insoumise pour la violence politique. Et au fond, il estime qu'ils font semblant de ne pas voir que les mots tuent, dit-il.
MAUD BREGEON
Il faut appeler un chat un chat, la France insoumise encourage depuis des années maintenant un climat de violence. La France insoumise a des liens avérés et assumés avec des groupes d'ultra-gauche extrêmement violents. Je pense par exemple à la Jeune Garde. Jean-Luc MELENCHON, il y a quelques mois, en meeting, expliquait que c'était un mouvement, je cite, lié à la France insoumise et que les membres de la Jeune Garde étaient ses camarades. C'est la France insoumise qui, en 2024, lors des législatives de 2024, a investi et fait élire un membre de la Jeune Garde.
APOLLINE DE MALHERBE
Raphaël ARNAULT.
MAUD BREGEON
Fiché S. C'est la France insoumise qui, la semaine dernière, le 11 février, dans un communiqué, demandait au Gouvernement de revenir sur la dissolution de la Jeune Garde. Il y a donc, vis-à-vis du climat politique, du climat de violence, une responsabilité morale de la France insoumise.
APOLLINE DE MALHERBE
Une responsabilité morale de la France insoumise dans la mort de Quentin…
MAUD BREGEON
Une responsabilité morale de la France insoumise dans ce climat de violence exacerbée.
APOLLINE DE MALHERBE
Il y a aussi la question de la responsabilité d'un individu qui aurait, d'après nos confrères de MEDIAPART, été présent au moment du lynchage du jeune Quentin. Nos confrères de MEDIAPART parlent de Jacques-Élie FAVROT, c'est l'assistant parlementaire de Raphaël ARNAULT, le député du Vaucluse La France insoumise dont vous parlez, lui-même cofondateur du mouvement La Jeune Garde. Jacques-Élie FAVROT, assistant parlementaire de Raphaël ARNAULT, dément être responsable de la mort de Quentin, mais il dit se retirer de ses fonctions le temps de l'enquête. Il y a donc, au minimum, une proximité entre les militants qui, semble-t-il, encore une fois, tout cela devrait être confirmé ou non, ce soir, à partir de 15 h, par la conférence du procureur, mais ils disent que les militants qui ont tabassé à mort Quentin, et ça, ce sont notamment les amis de Quentin qui l'affirment, seraient des membres de ce groupuscule de La Jeune Garde co-créé par un député LFI. Est-ce que, dans ce cas, il faudra des conséquences et lesquelles ?
MAUD BREGEON
Il y a des témoignages qui vont dans ce sens. Moi, je laisserai le procureur, encore une fois, en parler cet après-midi. Mais je redis ce que je vous disais tout à l'heure. Lorsque La France Insoumise investit un candidat et fait élire un député membre de La Jeune Garde, La Jeune Garde qui est un groupe d'ultra-gauche structuré, organisé autour de la violence, qui dispensait, avant qu'on prononce la dissolution, des formations pour ce type d'organisation. Quel message on envoie ? Et c'est en ça où je dis que La France Insoumise a une responsabilité morale dans le climat ambiant.
APOLLINE DE MALHERBE
Rima HASSAN a-t-elle sa place dans une salle de cours d'université ?
MAUD BREGEON
C'est aux universités de le dire. Vous savez, moi, je crois que derrière la question qui se pose pour nous toutes et tous, citoyens, c'est le choix qu'on fait dans les urnes. Parce que, Rima HASSAN, quoi qu'on en pense, je n'ai aucune complaisance envers cette eurodéputée, de par ses propos, de par ce qu'elle véhicule, en particulier sur l'antisémitisme, je n'ai aucune complaisance vis-à-vis de La France Insoumise et de ses députés. Mais il et elle, ont été élus. Et donc, nous avons, nous, une responsabilité politique, c'est de les combattre dans les urnes. Et nos concitoyens, ceux qui en tout cas ont été amenés à voter pour eux, doivent regarder en face ce qu'ils sont réellement, derrière les discours, derrière les insinuations, la façon dont ils sont structurés, les femmes et les hommes, qu'ils ont mis en avant. On a une responsabilité, on a tous une responsabilité, lorsqu'on glisse un bulletin La France Insoumise dans l'urne.
APOLLINE DE MALHERBE
Il y a la question de l'élection, il y a la question aussi de l'invitation qui a été faite et de l'autorisation qui a été donnée. À l'inverse, le directeur de Sciences Po Paris avait refusé, à deux reprises, la venue de Rima HASSAN à Sciences Po Paris, par crainte, disait-il, de troubles à l'ordre public. Il a dû batailler pour cela. D'abord, le tribunal administratif a refusé son interdiction, avant que le Conseil d'État finisse par dire qu'il avait effectivement raison de craindre des troubles à l'ordre public. Et les faits, semble-t-il, lui ont donné raison. Je vous repose la question, est-ce qu'une université doit inviter ou accepter d'inviter Rima HASSAN ?
MAUD BREGEON
On va, encore une fois, laisser l'enquête se faire, mais enfin, de toute évidence, on voit que lorsque Rima HASSAN se déplace, lorsqu'elle s'exprime, notamment dans des universités, ça crée autour de cette expression un climat de violence, avec des forces de l'ordre qui sont mobilisées. Tout ça n'est pas anodin, tout ça n'est pas normal. Et donc, il faut s'interroger sur les invitations qu'on accepte ou qu'on n'accepte pas.
APOLLINE DE MALHERBE
Raphaël GLUCKSMANN, chez nos confrères d'RTL ce matin, dit "MELENCHON n'ignore rien du discours de guerre de Rima HASSAN". Est-ce que vous considérez aussi aujourd'hui qu'il y a, autour de la personne de Raphaël ARNAULT que vous avez mentionné, de la personne de Rima Hassan, un choix particulier comme une forme de provocation à la violence ? Le mot de guerre utilisé par Raphaël GLUCKSMANN.
MAUD BREGEON
Il y a un choix d'encouragement à cette violence tout du moins dans les mots. On prend l'exemple de Rima HASSAN, on prend l'exemple de Raphaël ARNAULT. Monsieur GLUCKSMANN a pris, je crois, l'exemple de Thomas PORTES. Il y en a d'autres. Ce qui se passe avec la France insoumise n'est pas anodin. Encore une fois, parlons de l'antisémitisme qui est véhiculé depuis notamment le 7 octobre. Tout ça est extrêmement grave. Ensuite, j'entends Jean-Luc MELENCHON s'étonner d'être qualifié d'extrême-gauche. Mais enfin !
APOLLINE DE MALHERBE
Pour vous, la qualification d'extrême-gauche, puisqu'effectivement c'est concomitant avec le classement qui a été fait et officialisé la semaine dernière par le ministère de l'Intérieur de LFI, désormais classé à l'extrême-gauche.
MAUD BREGEON
C'est un parti révolutionnaire. C'est un parti anti-système. C'est un parti qui encourage les groupes ultra-violents et notamment de l'ultra-gauche. C'est un parti qui s'en prend à l'autorité républicaine, qui défile sous les slogans de : "La police tue". Ce n'est pas la gauche sociale-démocrate, Apolline de MALHERBE. Comment est-ce qu'on appelle ça si ce n'est pas l'extrême-gauche ?
APOLLINE DE MALHERBE
Et pourtant, lors des législatives de 2024, Gabriel ATTAL, à l'époque Premier ministre, aujourd'hui patron du parti Renaissance, avait appelé à faire barrage au RN, même avec un bulletin LFI. Est-ce que vous referiez la même chose aujourd'hui ?
MAUD BREGEON
D'abord, ma position personnelle a toujours été claire. Dès le lendemain du premier tour des élections législatives, je me suis exprimée avec une parole simple. Ni à LFI, ni à RN. Et Gabriel ATTAL a eu l'occasion de s'exprimer sur le choix qui a été le sien. Mais je crois qu'encore une fois…
APOLLINE DE MALHERBE
A posteriori, vous estimez que votre position était la bonne ?
MAUD BREGEON
J'ai toujours estimé que ma position était la bonne. On ne combat pas un extrême par un autre. On ne combat pas l'extrême-droite en promouvant l'extrême-gauche, tout simplement.
APOLLINE DE MALHERBE
Donc, pour vous, malgré tout, quand on regarde l'ordre des législatives de 2024 et l'appel à faire barrage au RN, est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, Gabriel ATTAL dirait la même chose ?
MAUD BREGEON
Il faudra lui poser la question, je le ferai. Il faudra lui poser la question, je ne suis pas porte-parole…
APOLLINE DE MALHERBE
Mais j'imagine que ces discussions, vous les avez entre vous, non ?
MAUD BREGEON
Je ne suis pas porte-parole de Gabriel ATTAL. Et Gabriel ATTAL n'a aucune complaisance avec les valeurs de la France insoumise. Il a toujours été extrêmement clair, encore une fois, sur son rapport à la violence, sur son rapport à l'antisémitisme. Donc, ne laissons pas dire n'importe quoi. Il a fait un choix dans un moment exceptionnel. Je ne partageais pas ce choix, mais il a eu l'occasion de s'en expliquer. Et je crois, encore une fois, que les valeurs portées par Renaissance, portées par Gabriel ATTAL, sont extrêmement claires.
APOLLINE DE MALHERBE
Pour les municipales ?
MAUD BREGEON
Pas de mauvais procès.
APOLLINE DE MALHERBE
Pour les municipales qui viennent, vous diriez toujours la même chose ? Vous n'appellerez pas ?
MAUD BREGEON
Je dirais toujours la même chose.
APOLLINE DE MALHERBE
S'il y a des seconds tours avec, d'un côté, la France insoumise, de l'autre, le RN, vous n'appellerez à voter pour ni l'un ni l'autre ?
MAUD BREGEON
Mais je ne peux pas combattre le Rassemblement national en faisant la promotion ou en appelant à voter pour un parti avec des relents antisémites et communautaristes. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Et puis ensuite, les électeurs sont libres dans l'isoloir.
APOLLINE DE MALHERBE
Maude BREGEON, le plan sur l'énergie a enfin été dévoilé vendredi. Le RN vous accuse, vous accuse un, de l'avoir publié sans avoir vraiment consulté l'Assemblée. Mais surtout, il dit, et c'est Jean-Philippe TANGUY à ce même micro vendredi, qu'il y aura des conséquences sur les factures des Français. Il parle du prix du pétrole, je cite : "Le prix du pétrole, du gaz, va augmenter de 50 %".
MAUD BREGEON
Alors c'est faux. Et les chiffres de Monsieur TANGUY et du Rassemblement national sont bidons. D'abord, quand on veut maîtriser nos coûts, quand on veut maîtriser les factures, on produit chez nous et on maîtrise notre production. À l'inverse, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que 60 % de l'énergie qu'on consomme provient effectivement du gaz importé, du gaz algérien, du gaz russe, du GNL américain, du pétrole provenant du Moyen-Orient. Ça équivaut à 60 milliards d'euros d'import par an. Ce n'est pas comme ça qu'on protège le pouvoir d'achat des Français. Et ensuite, il y a quelque chose qui est assez curieux dans le discours de Monsieur TANGUY, parce que quand on se prétend souverainiste, quand on prétend défendre la souveraineté de la France, on ne se range pas du côté des grandes puissances qui nous vendent le gaz, qui nous vendent le pétrole et qui en fixent le prix.
APOLLINE DE MALHERBE
Alors ce qu'il pointe du doigt, c'est aussi la question de l'éolien ou de l'alternative au nucléaire. Est-ce que là-dessus, vous estimez qu'il y aura des conséquences sur les factures ?
MAUD BREGEON
Nous disons une chose très simple, le nucléaire ne peut pas couvrir l'ensemble de la demande en électricité. Les prochains réacteurs verront le jour d'ici à 2038, donc, il y a encore du temps et on a besoin de diversifier ce mix. On s'appuie sur les énergies renouvelables et on s'appuie sur le nucléaire. Toutes les études, Apolline de MALHERBE, scientifiques, je pense au GIEC, je pense à RTE, expliquent qu'on a besoin des deux. Encore une fois, le choix est assez simple. Est-ce qu'on veut continuer à dépendre du GNL de monsieur TRUMP ou du gaz de monsieur TEBBOUNE ou est-ce qu'on veut produire chez nous et développer des filières françaises ?
APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que vous donneriez le chiffrage précis qui vous a conduit à un tel plan énergétique ?
MAUD BREGEON
Bien sûr, et en fait, ce chiffrage, il est connu.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez dit que les chiffres du RN étaient bidouilles.
MAUD BREGEON
Je vous explique pourquoi…
APOLLINE DE MALHERBE
Mais pourquoi vous ne donnez pas les vôtres ?
MAUD BREGEON
Monsieur TANGUY parlait de 300 milliards sur votre plateau, c'était je crois la semaine dernière. Dans ces 300 milliards, il y a 200 milliards qui sont de la rénovation, de l'adaptation au changement climatique des réseaux. Il faudra de toute façon le faire. Et ce n'est pas 200 milliards sur une année, c'est un investissement sur 20 à 30 ans. Donc, il faut voir de quoi on parle. Quant aux 100 milliards qu'il alloue aux énergies renouvelables, c'est beaucoup plus compliqué à chiffrer que ça, puisque ça dépend des structures de prix, ça dépend de l'évolution du prix du marché.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais vous-même, vous avez bien fait des chiffrages. Je veux dire, le Gouvernement a bien fait des chiffrages, évidemment.
MAUD BREGEON
Je vous en donne par exemple un dont Monsieur TANGUY ne parle jamais, c'est le coût des futurs EPR 2, des nouveaux réacteurs. Vous savez qu'on a pour projet d'en construire six. Le premier, d'ailleurs, la construction du premier à Penly a déjà démarré. EDF estime ce coût à 70 milliards. Mais c'est un investissement.
APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que c'est crédible parce que les EPR ont quand même, jusqu'à présent, toujours débordé de leurs coûts ?
MAUD BREGEON
C'est un coût qui a été mis à jour, réactualisé, si je puis dire, il y a encore quelques mois de ça. Donc, ce n'est pas moi qui fais ce calcul. Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, on est sur des investissements et il faut regarder la durée de ces investissements. Et la durée sur laquelle on étale ces coûts, on parle de, encore une fois, 15, 20, 30 ans.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez peut-être entendu les mots de Patrick POUYANNE, le patron de TOTAL. Emblématique patron français. Il dit qu'il y a une forme de ras-le-bol des patrons français. Et je pense qu'on va l'exprimer. Vous faites face de plus en plus à une fronde des patrons français. Vous l'imaginiez ça, vous, macroniste ?
MAUD BREGEON
Ecoutez, si Monsieur POUYANNE fait référence au budget, moi je redis ce qu'est la réalité de ce budget. La fiscalité pour les entreprises.
APOLLINE DE MALHERBE
Il parle effectivement du budget. Il dit, ce n'est pas bien, je voudrais reprendre ses mots exacts. Il dit : "Ce n'est pas bien qu'à la fin, la variable d'ajustement du budget de la France, ça soit systématiquement la taxation des grandes entreprises". Il parle d'une surtaxe et d'une énorme erreur.
MAUD BREGEON
Alors, ce n'est pas une variable d'ajustement. Un budget, c'est faire des choix. Quels choix avons-nous fait ? On a fait le choix d'une stabilité fiscale pour les entreprises entre 2026 et 2025. Les entreprises ne verront pas leurs impôts augmenter. Les commerçants qui nous écoutent, ceux qui sont à la tête de TPE, de PME, d'ETI, doivent savoir ce matin que leurs impôts n'augmenteront pas. Et ensuite, un budget, c'est faire des choix. Est-ce qu'on doit ou pas investir pour le réarmement militaire quand on voit ce qu'est aujourd'hui le contexte international ? Je pense que la réponse est oui. Est-ce qu'il fallait ou pas abandonner la suppression de deux jours fériés qui n'étaient pas comprises par les Françaises et les Français ? Je pense que la réponse est oui. Et donc, tout ça nous amène à faire des choix. Et oui, il y a un effort exceptionnel qui est demandé à 300 grandes entreprises. Est-ce que c'est idéal ? Non. Est-ce qu'on aurait aimé faire autrement si on avait eu une majorité absolue ? Probablement. Mais en tout état de cause, on a construit ce budget avec, encore une fois, des compromis. C'est un budget qui appartient à l'Assemblée nationale, avec laquelle le Gouvernement a travaillé, et qui a amené les uns et les autres à faire des choix. Moi, je peux aller aujourd'hui dans ma circonscription en disant aux commerçants que leurs impôts n'augmenteront pas, et je peux regarder mes électeurs droits dans les yeux en leur disant que leurs impôts n'augmenteront pas non plus.
APOLLINE DE MALHERBE
Remaniement, cette semaine, vous vous restez.
MAUD BREGEON
Écoutez, si vous avez l'information…
APOLLINE DE MALHERBE
Au moment où on se parle, vous n'avez pas envie de partir, en tout cas.
MAUD BREGEON
Écoutez, moi, je dis une chose simple. Il faut des femmes et des hommes, au Gouvernement, mais aussi ailleurs, aussi dans les partis politiques, qui travaillent aux urgences des Français pour aujourd'hui et qui ne se concentrent pas uniquement sur la présidentielle dans 14 mois. Voilà. Du reste, je n'ai pas d'informations à vous donner. Vous savez que c'est la prérogative de deux personnes, le président de la République et le Premier ministre.
APOLLINE DE MALHERBE
Rachida DATI et Amélie DE MONTCHALIN, de fait, partiront d'ici la fin de la semaine, semble-t-il. Vous confirmez au moins le timing ?
MAUD BREGEON
D'ici au 22.
APOLLINE DE MALHERBE
D'ici au 22, puisque ce sera le début de la période de réserve pour les élections municipales. Et donc, ce serait important que ce soit fait avant pour que des expressions puissent être prises par ceux qui viennent notamment les remplacer. Philippe JUVIN, au budget, ça vous paraît crédible ?
MAUD BREGEON
Écoutez, encore une fois, je n'ai pas d'informations.
APOLLINE DE MALHERBE
Qui est actuellement rapporteur du budget à l'Assemblée.
MAUD BREGEON
J'ai beaucoup de considérations pour Monsieur JUVIN, qui est par ailleurs un de mes collègues députés des Hauts-de-Seine. Mais je n'ai pas plus d'informations à donner. Je ne vous fais pas de la langue de bois. Je n'ai juste pas d'informations. C'est la prérogative du président et du Premier ministre.
APOLLINE DE MALHERBE
Et sur la question, vous l'avez dit à l'instant, des partis, quand vous dites qu'il vaut mieux parfois qu'il y ait aussi au sein des partis ceux qui vont mener les batailles. Toute la question. On sait que quand Sébastien LECORNU est arrivé au pouvoir, il a dit qu'il ne voulait pas, dans le Gouvernement, des gens qui aient en gros la tête ailleurs, c'est-à-dire notamment à la présidentielle. Quand vous entendez les mots de Gérald DARMANIN, qui ne se cache pas d'avoir de l'ambition pour 2027, quand vous voyez de plus en plus, y compris autour du Gouvernement, quelqu'un comme Gabriel ATTAL qui commence à parler aussi de ses ambitions, Édouard PHILIPPE, les primaires à droite, ça commence à faire beaucoup de monde qui pense à 2027.
MAUD BREGEON
Les ambitions des uns et des autres sont légitimes. Moi, j'ai toujours tenu une position très claire. Il faut que les uns et les autres se parlent et il faudra que les uns et les autres, candidats, déclarés, réputatifs, s'entendent. On parlait de la dangerosité de la France insoumise tout à l'heure. On aurait pu parler de celle du Rassemblement national.
APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez d'ailleurs dit que vous ne vouliez pas l'un ou l'autre.
MAUD BREGEON
Je refuse de laisser aux Français le choix d'un second tour entre la France insoumise et le Rassemblement national, entre Monsieur BARDELLA ou Madame LE PEN et Monsieur MELENCHON.
APOLLINE DE MALHERBE
Ça veut dire qu'il faut que vous vous mettiez d'accord d'où à où ?
MAUD BREGEON
Il faut un candidat unique dès le premier tour de la droite et du centre. C'est mon avis. Il faut que, de Renaissance aux Républicains, de renaissance à ceux qui refusent l'alliance avec le Rassemblement national, en passant par le MoDem, en passant par Edouard PHILIPPE, les uns et les autres se mettent dans une même pièce et discutent.
APOLLINE DE MALHERBE
Mais ça va jusqu'où, de Bruno RETAILLEAU, Edouard PHILIPPE ?
MAUD BREGEON
Sans quoi on laissera aux Français le choix d'un second tour entre Monsieur MELENCHON et Monsieur BARDELLA.
APOLLINE DE MALHERBE
Ça va d'où à où ?
MAUD BREGEON
Ça va de ce qu'on appelait hier le socle commun, qui est cet espace de la droite et du centre dans lequel on gouverne depuis 18 mois, depuis la dissolution avec Michel BARNIER et avec celles et ceux qui ont été ou qui sont au Gouvernement. Nous avons des ministres LR aujourd'hui au Gouvernement. C'est bien la preuve que, précisément, pour protéger la France de la France insoumise et pour protéger la France demain du Rassemblement national, on arrive et on arrivera, en tout cas, je l'espère, à s'entendre.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 février 2026