Point de presse de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur la filière viticole, à Paris le 9 février 2026.

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Circonstance : Salon Wine Paris

Texte intégral

Journaliste
Est-ce qu'on protège suffisamment la filière viticole monsieur le Président ? Quand on voit toutes les politiques d'arrachage, des vignes, etc.

Emmanuel MACRON
On les protège. Après, là, on a des difficultés qui sont conjoncturelles. On y répond, en effet, avec ces politiques d'arrachage et de soutien, avec aussi un soutien français européen important. Après, la clé, c'est d'en défendre d'abord la consommation avec modération et donc de la rendre compatible avec la santé publique. On a une politique de prévention exigeante. En même temps, on défend le vin français comme faisant partie de l'art de vivre à la française, de notre gastronomie, sa consommation et l'export. Et donc, l'un des points clés, c'est de bien l'exporter en Europe, de le défendre à l'international quand il est attaqué par des pratiques qui sont agressives, et puis d'aller conquérir de nouveaux marchés. On parlait, là, de l'Inde, on parle du Canada, on parle du Brésil, il y en a beaucoup.

Journaliste
Est-ce qu'il y a un risque de déclassement du marché français ?

Emmanuel MACRON
Non, pas du tout. Il y a un accompagnement à faire parce qu'il y a une consommation qui a baissé dans les dernières décennies, et puis il y a une consommation qui change. On en a parlé, c'est-à-dire qu'il y a une demande toujours pour, évidemment, les meilleurs millésimes, pour une pratique du vin ou du champagne qu'on connaît, et puis on a une entrée, si je puis dire, dans le vin ou les alcools qui passe par des produits qui sont moins chargés en alcool, qui peuvent être servis plus frais, donc il y a de l'innovation à faire, et on a des viticulteurs et des filières qui sont aussi prêtes à répondre à cela. Donc il y a une transformation, un changement aussi de demande.

Journaliste
Pas de danger sur l'exportation française de vin ?

Emmanuel MACRON
Non, il y a surtout une politique, il y a de la concurrence. De plus en plus, on en parlait. On a des Chinois qui savent produire, on a des Italiens qui sont très bons sur ces marchés. Mais je crois que la France, c'est le pays du vin. On disait en quelques années, ce salon, qui est venu de Bordeaux à Paris et puis qui s'est internationalisé, est devenu le plus grand au monde. Donc ça montre que quand le monde pense au vin, il pense au vin, au champagne, au spiritueux, au cognac, à l'armagnac, il pense à la France.

Donc il faut être fier de ce qu'on est. On a un potentiel extraordinaire. Nulle part ailleurs, il y a le Bordeaux, il y a le Bourgogne, nulle part ailleurs maintenant, il y aura le Cosmos, voilà. Nulle part ailleurs, on a le cognac, l'armagnac. Donc on a des produits connus dans le monde entier qui sont des noms de nos terroirs, qui sont un savoir-faire, qui sont le fruit à la fois de nos climats, de notre sol. Donc il faut être fier, il faut les défendre, il faut s'adapter aux changements de consommation, il faut être aux côtés de nos vignerons, de nos négociants, de nos distributeurs, ce qu'on fait.

Journaliste
Vous ne craignez pas d'être perçu comme le président qui arrache les vignes ?

Emmanuel MACRON
Non, parce qu'il faut le faire en ce moment. Et il faut le faire pour que les autres gardent de la valeur. Et parce qu'il y avait la surproduction, on le sait, sur cette zone. Maintenant, je pense aussi que c'est responsable, parce que si on n'arrache pas dans ces périodes-là, qu'est-ce qu'on fait ? On distille la perte. Ce qui est terrible pour les vignerons, terrible. Et donc ce qu'il faut faire, c'est qu'on était d'ailleurs avec l'un d'entre eux, je parle devant le président, là, des pays DOC, mais si on ne les aide pas à arracher quelques hectares pour mieux valoriser tout le reste de la production, on les met dans une impasse.

Par contre, il ne faut pas voir ça comme l'alpha et l'oméga. Ça concerne une géographie qui est face à des problématiques très particulières. Ce qu'il faut aider, c'est justement qu'elle continue à innover, qu'elle continue à pouvoir toucher toutes les gammes et puis qu'on accompagne. Le président nous disait ce qu'il voulait faire aussi sur des vins mousseux de qualité, on va les accompagner, parce qu'il n'y a pas de fatalité. Ils veulent pouvoir rentrer aussi sur du début de gamme, moins titré, avoir une vinification différente qui permet de baisser le degré d'alcool. Donc on a la possibilité de faire tout ça.

Je regarde plutôt devant. Merci beaucoup.