Texte intégral
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Madame la sénatrice [Marianne Margaté],
Merci pour votre question qui va me permettre de rappeler aussi ce que vous n'avez pas fait, ce que la France fait d'ores et déjà pour Cuba, et depuis longtemps, puisque la France se tient aux côtés du peuple cubain depuis des décennies, qui traverse une crise très profonde. Une crise qui est provoquée, c'est vrai, vous l'avez dit, par les sanctions extraterritoriales auxquelles la France et l'Union européenne s'opposent, car nous ne sommes pas les vassaux des États-Unis d'Amérique. Et c'est ainsi que la France, chaque année, s'oppose, aux Nations unies, le Premier ministre l'avait rappelé, à l'embargo. C'est ainsi que la France a soutenu, dans le cadre du Club de Paris, la restructuration, le refinancement de la dette cubaine. Que la France a relancé une ligne de garantie export, permettant d'exporter vers Cuba du blé et des équipements pour les centrales électriques, permettant d'apporter un soutien à la fois alimentaire et énergétique au peuple cubain. Et c'est ainsi qu'en 2021, après la catastrophe Melissa, une aide humanitaire est parvenue à Cuba depuis la France.
Mais cette crise profonde, le Premier ministre l'avait rappelé également la semaine dernière, ou en tout cas il y a quelques jours, elle trouve aussi ses origines dans les décisions du gouvernement cubain lui-même, avec lequel les autorités françaises, européennes, entretiennent un dialogue franc, mais que nous appelons à prendre des mesures d'ouverture démocratique et de respect des droits fondamentaux. À commencer par la protection des lanceurs d'alerte, des journalistes, des artistes, l'établissement de l'indépendance de la justice, le droit et l'accès à un procès équitable. Il serait souhaitable que Cuba puisse aussi ratifier le pacte international relatif aux droits civils et politiques qui a été adopté par l'ONU en 1966. Que Cuba puisse ratifier le protocole de la convention de l'ONU contre la torture. Que Cuba puisse envisager d'abolir la peine de mort.
Donc oui, nous nous tenons aux côtés du peuple cubain ; mais oui, il est important que les autorités cubaines prennent les mesures d'ouverture démocratique qui contribueront aussi à alléger la crise qui pèse sur les épaules de son peuple.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 février 2026