Texte intégral
Monsieur le Premier ministre, cher Robert,
Mesdames les ambassadrices,
Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités,
Mesdames Messieurs les journalistes.
Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui à Paris, cher Robert, pour poursuivre nos échanges sur la situation internationale, sur notre agenda européen, sur les différents axes de notre coopération bilatérale, 4 mois après ma visite à Portoroz pour le sommet du MED9, puis à Koper et Ljubljana dans ce cadre bilatéral, et quelques jours après nos échanges en marge de notre retraite stratégique sur la compétitivité en Belgique. Je veux dire ici combien nos deux pays travaillent ensemble de manière efficace au service de nos compatriotes et de notre Europe. Et nous le faisons parce que nous partageons le même attachement à des valeurs. Le même attachement aux valeurs démocratiques, libérales, au progrès social. Le succès, j'allais dire, au niveau européen de My Voice, My Choice est une avancée importante pour les femmes de notre continent, et je sais combien, M. le Premier ministre, vous l'avez porté et avez été engagé. Nous avançons au service des combats communs qui sont les nôtres, celui de la paix et de la stabilité du continent européen.
Sur l'Ukraine, je veux ici redire combien notre mobilisation est essentielle. Il y a quelques jours, nous étions avec le président Zelensky et nos collègues de la coalition des volontaires, apportant un soutien décisif à ce pays qui entre dans la cinquième année de conflit après le lancement de la guerre d'agression russe sur son sol. Notre soutien, c'est la poursuite d'un soutien financier et militaire, la mise en œuvre sans délai du prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, conformément à l'accord conclu au Conseil européen de décembre dernier, la pression que nous devons poursuivre sur la Russie à travers les sanctions européennes qui sont les nôtres, mais aussi l'action concrète contre la flotte fantôme, et l'accélération de nos travaux sur des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine, enjeu central pour notre sécurité.
Je veux vous remercier, M. le Premier ministre, pour nos convergences sur tous ces sujets, comme, aussi, sur beaucoup de sujets du Proche et du Moyen-Orient, en Iran, au Liban, à Gaza, où vous avez constamment fait preuve d'engagement. Et je veux ici le dire, nous avons été toujours extrêmement alignés, et nous le sommes, et je veux féliciter la Slovénie, qui a achevé son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour la période 2024-2025, et s'est montrée très active sur tous ces sujets.
Le travail commun qui est le nôtre au service de notre peuple et l'efficacité que nous voulons avoir à cet égard, c'est aussi celui que nous menons pour une Europe plus forte, plus compétitive et plus souveraine. Cette autonomie stratégique que nous portons, à laquelle nous croyons l'un et l'autre, produit des résultats très concrets pour nos compatriotes et est essentielle pour la prospérité et l'indépendance de notre Europe. C'est celle par laquelle, nous défendons à la fois plus de simplification, de diversification commerciale, mais aussi d'investissement public et privé dans les capacités d'innovation de rupture tout particulièrement et de l'union des marchés de capitaux, et par laquelle nous défendons une préférence européenne qui permet à la fois de protéger des secteurs qui sont attaqués et de développer des secteurs technologiques en rupture ou sur lesquels nous avons à bâtir plus d'autonomie.
Sur ces quatre piliers de notre stratégie de croissance, d'autonomie stratégique européenne, nous nous retrouvons. Nous échangerons également dans un instant sur les enjeux de l'élargissement et notre volonté d'accompagner les Balkans occidentaux dans leur chemin vers l'Europe et votre pays a ô combien aussi à apprendre à tous ces pays et à, je le sais, vous le faites à chaque fois avec beaucoup d'esprit de responsabilité, aider notre Europe à réussir sur ce chemin.
Enfin, nous évoquerons notre relation bilatérale suite au renforcement de notre partenariat stratégique dans le domaine de la défense, et je vous remercie de votre confiance par l'acquisition des systèmes français CAESAR. Dans le domaine économique, nous étions ensemble aux côtés de cette réussite franco-slovène : Novo Mesto, le modèle Renault Twingo E-Tech électrique, qui montre combien la production industrielle se redéveloppe par l'électrification, la transition en Europe et en particulier dans votre pays avec une entreprise française. Je pense aussi à la coentreprise créée entre le port de Luka Koper et CMA-CGM, rôle essentiel pour la connexion de l'Europe et de l'Adriatique aux routes maritimes mondiales.
Dans le domaine énergétique, nos deux pays font le choix du nucléaire. Et le sommet de Paris le 10 mars prochain nous permettra d'approfondir ces coopérations, celles entre nos savants, nos scientifiques, nos industriels, et évidemment pour renforcer une intégration européenne des réseaux électriques.
Et puis, nous voulons faire davantage en matière d'intelligence artificielle, entre nos champions de l'intelligence artificielle, je veux ici saluer le leadership que vous avez toujours montré sur ce sujet, votre volonté d'avancer, l'écosystème d'excellence que vous bâtissez en Slovénie, et les acteurs français, les entreprises françaises sont tout à fait disposées à y participer. Et en particulier, nous avons l'entreprise commune européenne EuroHPC. Mais là aussi, cette stratégie pour l'IA, pour le quantique, pour le calcul quantique en Slovénie, le partenariat entre la Slovénie et la France se font au service d'une souveraineté technologique européenne renforcée.
Voilà ce que je voulais dire sur notre affinité, les grands projets européens et bilatéraux que nous menons et qui sont combien importants, je voudrais dire également un mot sur ce qui a été annoncé ce matin au sujet du Mercosur. La Commission européenne a fait le choix unilatéral d'appliquer provisoirement l'accord avec le Mercosur, alors même que le Parlement européen ne l'a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité au moment où je vous parle, d'ailleurs, plusieurs pays du Mercosur n'ont toujours pas ratifié ce traité. Je pense au Brésil. C'est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leur inquiétude et pour lesquels les Européens n'ont pas encore apporté la visibilité nécessaire. Nous sommes au début de la négociation sur la future politique agricole commune. On ne leur donne pas la clarté sur ce qui dépend de nous, on leur rajoute de l'incertitude sur des choses sur lesquelles, ils ont exprimé celles-ci. Et puis, c'est aussi une autre responsabilité vis-à-vis des citoyens européens et de leurs représentants qui n'ont pas été dûment respectés.
En substance, pour la France, c'est une surprise et une mauvaise surprise. Pour le Parlement européen, c'est une mauvaise manière. En tout cas, pour ce qui nous concerne, nous serons vigilants et nous veillerons à ce que ce que nous avons durement négocié durant ces derniers mois soit respecté : la surveillance renforcée des secteurs sensibles, la sauvegarde agricole que nous avons initiée, qui est très importante et qui doit être appliquée et scrutée, l'adoption des mesures miroirs : je pense, en particulier, aux pesticides identifiés, et le renforcement des contrôles sanitaires en pays tiers et aux frontières de l'Union. Nous serons intraitables sur le respect de ces règles parce que notre Europe a beaucoup alourdi les règles sur nos producteurs ces dernières années.
Donc, je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l'égard de ce qu'on importe et dur à l'égard de ce qu'on produit chez nous, parce que c'est incohérent pour le consommateur européen et c'est criminel pour la souveraineté européenne. Voilà ce que je voulais dire sur ce point, parce qu'il est tombé ce matin.
En tout cas, Monsieur le Premier ministre, cher Robert, je vais te redire combien je suis heureux de t'accueillir une nouvelle fois à Paris et te dire combien je suis heureux aussi de tout le travail que nous faisons au service de nos concitoyens slovènes et français, au service de notre Europe et au service d'une plus grande indépendance et autonomie stratégique européenne. Merci d'être là.