Texte intégral
Monsieur le préfet, cher Jacques,
Mesdames et messieurs les députés,
Monsieur le président du conseil régional de la Provence-Alpes-Côte d'Azur, cher Renaud,
Madame la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône,
Madame la maire d'Aix en Provence,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, cher Julien,
Monsieur le directeur de l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers,
Mesdames et messieurs les présidents d'associations représentatives,
Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités,
Chers officiers de sapeurs-pompiers,
Aujourd'hui est un jour singulier pour vous, officiers qui êtes baptisés. Mais c'est également un jour particulier pour l'ensemble de la communauté des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de notre pays à laquelle vous appartenez.
En ce 4 juin, s'ouvre en effet pour eux, pour vous, la campagne nationale des feux de forêts 2026. Sur la base aérienne de Nîmes-Garons, où je me suis rendu ce matin au côté de la ministre Monique Barbut et de la commissaire européenne Hadja Lahbib, la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises coordonnera dès à présent l'ensemble du dispositif national de lutte contre les incendies de forêt et de végétation. Trois mois, au moins, durant lesquels nos soldats du feu seront intensément mobilisés ; trois mois, au moins, pendant lesquels, aux extrêmes conditions, répondra leur inconditionnel engagement, lui aussi poussé à l'extrême.
Il y a quelques jours encore, les services de l'État et des collectivités territoriales se mettaient en ordre de bataille pour affronter les chaleurs intenses et précoces que devait traverser la France, une fois de plus. Et chaque fois que le thermomètre grimpe, c'est la pression opérationnelle qui monte pour nos sapeurs-pompiers dont le métier, les moyens et les efforts ne cessent de s'adapter quand l'environnement se dérègle. Canicules, inondations, tempêtes : vous êtes soldats du feu, soldats des eaux, soldats du vent, et tout le reste du temps héros du quotidien. Vous êtes sur tous les fronts.
Et sur tous les fronts, on trouve des chefs qui conduisent leur troupe, dirigent les opérations, montrent l'exemple. Commander est un métier : c'est celui auquel vous avez été ici formés, dans l'exigence et la rigueur, par l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers. Officiers de garde ou chefs de groupement, lieutenants de 1ère classe, capitaines, élèves-colonels ou professionnels de santé : quel que soit l'emploi, quel que soit le grade, vous tous qui êtes baptisés aujourd'hui serez amenés à encadrer des hommes et des femmes qui attendront vos ordres pour agir, écouteront vos instructions avant d'intervenir. Vos décisions deviendront les leurs ; leurs actions resteront les vôtres : c'est une responsabilité immense. Et chacun d'entre vous aura à l'honorer.
C'est aussi la raison pour laquelle cette école vous forme dans une éthique commune. Chaque lundi matin, lors de la cérémonie des couleurs, les élèves de cette école prêtent l'oreille à la présentation d'une valeur qui doit guider tout officier dans l'exercice de ses fonctions. Le mois dernier, vous avez ainsi pu entendre les valeurs de discernement, d'équilibre ou encore d'anticipation. Mais cette semaine, c'est la valeur cardinale de la transmission qui a été mise à l'honneur et, dans cette école qui forme depuis près d'un demi-siècle les cadres de la sécurité civile, elle résonne cet après-midi avec un écho particulier. Officiers : entre ces murs, vous avez beaucoup reçu. Vous avez hérité de l'art de commander, du sabre et de l'épée. Dans les nouvelles responsabilités qui vous attendent, vous devrez à votre tour transmettre ce qui a été reçu, faire prospérer l'héritage qui vous a été confié : notre modèle de sécurité civile.
En effet, pour que la sécurité civile française demeure un modèle – ce qu'elle est en vérité – il nous faut la préserver et la défendre. Moderniser notre modèle pour le pérenniser : c'est le sens des concertations qui ont été menées dans le cadre du Beauvau de la sécurité civile et dont les conclusions ont été rendues en septembre dernier. Leur traduction juridique et normative est une ligne de mire sur laquelle je garde les yeux rivés. En dépit d'un calendrier législatif extrêmement contraint, en dépit aussi des restrictions budgétaires, le gouvernement se mobilise sans résignation.
Pour réformer le modèle de financement des services d'incendie et de secours : c'est l'objet des discussions soutenues que nous menons actuellement auprès des financeurs avec la ministre Françoise Gatel.
Pour améliorer la coordination du secours d'urgence dans les départements : sur ce volet, nous continuons de travailler avec nos partenaires de la Santé pour la mise en place d'un contrat territorial du secours d'urgence à personne qui permettrait au préfet de renforcer la coordination des acteurs concernés et de leurs moyens.
Pour valoriser, enfin, le volontariat qui fait toute la spécificité et la valeur de notre modèle de sécurité civile. A cet égard, la promesse de trimestres supplémentaires accordés aux sapeurs-pompiers volontaires ayant accompli 10 ans de service a pu enfin être tenue : elle sera effective dès ce 1er juillet. Le mois dernier, nous avons par ailleurs signé le plan d'action volontariat, avec le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France que je salue en cet instant.
Nous irons plus loin encore, je l'espère, dans la déclinaison du Beauvau de la sécurité civile. Je souhaite ardemment que nous puissions inscrire à l'agenda parlementaire un projet de loi ambitieux de modernisation de la sécurité civile, qui soit à la hauteur de l'engagement de ceux qui la servent. J'y travaille, de même que les services du ministère de l'intérieur qui finalisent actuellement la rédaction de ce que pourrait être ce projet de texte.
Cultiver le passé pour enfanter l'avenir, c'est la devise que cette école conjugue au présent. C'est aussi l'ambition que nous portons aujourd'hui pour la sécurité civile dont nous avons fêté les 50 ans l'année dernière et qui, demain, sait pouvoir compter sur les épaules des chefs que vous êtes devenus – comme je sais moi-même pouvoir le faire.
Vive la Sécurité civile,
Vive la République,
Et vive la France !
Source https://www.interieur.gouv.fr, le 9 juin 2026