Texte intégral
KATIA LAUTROU
Bonjour Françoise GATEL.
FRANÇOISE GATEL
Bonjour.
KATIA LAUTROU
Vous êtes donc attendue demain matin au sein de l'entreprise TRICOTS SAINT-JAMES, une visite dans le cadre des journées Choose France, qui vise donc à valoriser les entreprises d'excellence qui font le choix de produire chez nous en France. Cette idée que l'on peut être compétitif en produisant français, est-ce qu'elle a fait son chemin ?
FRANÇOISE GATEL
Absolument, elle a fait son chemin, la preuve, l'entreprise que je visiterai demain, dont le nom est connu dans le monde entier, puisqu'un tiers du chiffre d'affaires est à l'export, et depuis 2018, le président de la République s'est fait l'ambassadeur de la France pour accueillir des entreprises, et c'est 87 milliards d'euros qui ont été investis par des industriels étrangers en France, parce qu'on a, comme à Saint-James, des conditions d'accueil des entreprises, grâce aussi à l'engagement des collectivités assez exceptionnel, un bel outil de formation, des infrastructures très positives, donc j'illustrerai ça demain à SAINT-JAMES.
KATIA LAUTROU
Est-ce qu'on peut dire qu'il y a un mouvement de retour d'entreprises qui, elles, avaient peut-être quitté la France, et qui sont reséduites en quelque sorte par ce made in France, ou on n'en est pas là ?
FRANÇOISE GATEL
Alors, si, je crois, ça reste toujours extrêmement compliqué, mais il y a à la fois des tendances très fortes, c'est-à-dire que la France est le premier pays européen en matière d'attractivité d'investissements étrangers, c'est très important, il faut le dire, et ensuite, on a des entreprises qui ont souhaité relocaliser leur fabrication en France. Alors SAINT-JAMES n'a jamais délocalisé et fait aujourd'hui des choses de grande qualité, mais c'est l'exemple pour des lunetiers qui aujourd'hui refabriquent, pour d'autres entreprises, parce qu'il y a aussi une sécurité de l'approvisionnement en matière de qualité, mais en matière de délais, et c'est une tendance que je souhaite que les consommateurs vont confirmer, parce qu'aujourd'hui, chacun de nous veille à acheter local. Je citerai un slogan qui avait été choisi par les Chambres de commerce il y a déjà quelques années, " nos achats sont nos emplois ", et je crois que c'est le meilleur acte de patriotisme, mais pour chacun de nous, parce que l'entreprise, c'est de l'emploi, ce sont des familles qui vivent, des commerces, des services, c'est du dynamisme.
KATIA LAUTROU
Vous parliez il y a un instant de l'approvisionnement, le contexte international, ça peut justement favoriser ce choix du local, justement ?
FRANÇOISE GATEL
Je pense qu'il y a, en tout cas pour certaines activités, une dépendance qui est moindre, vous avez une sécurité de vos approvisionnements, on voit bien que le trafic maritime est aujourd'hui très difficile, on l'a vu aussi à d'autres moments, donc relocaliser, produire en France, c'est d'abord assurer notre souveraineté, notre indépendance et notre autonomie. On l'a vu dans un autre domaine que Saint-James, avec les médicaments, à un moment, on s'est rendu compte que le DOLIPRANE, qui est ce médicament que chacun connaît bien, était essentiellement produit en Asie, ça veut dire qu'on était dans une dépendance totale, le coût environnemental était désastreux, et donc aujourd'hui, on a à nouveau des industries pharmaceutiques qui viennent reproduire en France. Donc la volonté du président de la République et du Gouvernement, c'est de développer ce qui se fait très bien à SAINT-JAMES, dans les conditions idéales, mais c'est aussi de l'emploi pour les gens du territoire, un beau dynamisme, et c'est une très belle vitrine aussi pour la Normandie.
CAROLINE JOUANNEAU
7 h 50, la ministre en charge de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise GATEL est l'invitée de la rédaction.
KATIA LAUTROU
Puisque vous parliez à l'instant d'emploi, dans la Manche, il y a un tissu de PME très performant et un chômage qui est très bas, on voit bien l'importance de conserver ce maillage de petites entreprises ici, mais on entend aussi des patrons qui se plaignent pas mal du coût du travail, des normes, de la paperasse, qu'est-ce que vous faites pour leur faciliter la vie à ce niveau-là ?
FRANÇOISE GATEL
Alors, le coût du travail, je veux dire, on n'aura jamais la compétitivité en matière de coût du travail d'autres pays, mais on l'a aussi parce que les Français, à juste titre, veulent avoir des conditions de vie et de salaires décents. Par contre, cela procure une main-d'oeuvre qui est stable, une main-d'oeuvre qui peut aussi vivre localement. Ensuite, on a, c'est vrai, je pense, j'en suis tragiquement convaincue, mais on travaille beaucoup là-dessus. C'est la surenchère de normes, vous avez vu les délais pour l'implantation d'entreprises, et le président de la République a toujours dans la liste…
KATIA LAUTROU
Et les démarches très longues…
FRANÇOISE GATEL
…Les chantiers de Notre-Dame. C'est-à-dire, aujourd'hui, pour sortir un projet d'usine, il nous faut cinq ans, quand en Allemagne, il faut deux ans, donc ça, ce n'est pas possible, parce qu'on perd du temps, l'entreprise a besoin d'être réactive, de s'implanter rapidement, et puis sincèrement, je pense qu'on a beaucoup trop de normes. Il y a eu la loi de simplification de la vie économique, il faut qu'on ait des normes, c'est normal, il faut qu'on soit plus rapides, plus agiles, plus simples, et plus efficaces.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 juin 2026