Déclaration de M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur, sur les commissaires de police, Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône) le 26 juin 2026.

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Circonstance : Cérémonie de sortie de la 76e promotion des commissaires de police

Texte intégral

Monsieur le préfet, cher Etienne,
Madame la députée,
Madame la sénatrice,
Monsieur le député européen,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le maire de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or,
Mon Général, commandant la région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes,
Monsieur le vice-président de la métropole de Lyon,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le préfet délégué pour la sécurité et la défense, cher Antoine,
Monsieur le directeur général de la police nationale, cher Louis,
Monsieur le chef de l'inspection générale de la police nationale, cher Stéphane,
Mesdames et messieurs les directeurs de services actifs de la police nationale,
Monsieur le directeur de l'Ecole nationale supérieure de police, cher David,
Monsieur le président du conseil d'administration de l'Ecole nationale supérieure de police, cher François,
Mesdames et messieurs les directeurs, sous-directeurs, et chefs de services,
Mesdames et messieurs les représentants des organisations syndicales et associatives,
Mesdames et messieurs, en vos grades et qualités,
Chers élèves-commissaires des 76e et 77e promotions,
Et chères famille,

" Sur l'honneur, je prends solennellement l'engagement d'assumer fidèlement les devoirs et responsabilités du commissaire de police ". Ce sont les mots que nous venons d'entendre parce que vous venez de les faire vôtres. Des mots simples, sans effets oratoires et qui, pourtant, emporteront bientôt un grand effet dans vos vies. De grands efforts, aussi.

En cette heure, vos familles et vos proches perçoivent sans doute toute l'importance que cette cérémonie revêt pour vous. Les initiés en saisissent la force symbolique. Vos ainés, vos supérieurs et vos formateurs en comprennent l'exacte portée. Mais, en cet instant, vous seuls connaissez les raisons intimes, le mouvement intérieur qui vous a conduits jusqu'à ces rangs que vous formez ce matin.

Chers élèves-commissaires de la 76e promotion : derrière l'engagement commun que vous venez de prendre, se cache pourtant une pluralité de parcours et d'individualités. Certains d'entre vous feront dans quelques jours leurs premiers pas dans la police nationale ; d'autres - qui la servent depuis plusieurs années déjà – lui renouvellent leur engagement et leur fidélité. Oui, vous venez de partout et même d'ailleurs, puisque votre promotion accueille aussi des cadres de police étrangers, - auxquels s'ajoutent ceux de la 31e promotion d'élèves officiers -  ainsi que cinq commissaires luxembourgeois. Cette diversité des trajectoires, c'est la richesse de la police nationale. Elle est la preuve, à travers vous, que le sens de l'Etat et le goût de la République ne sont réservés à personne en particulier, sinon à tous ceux qui ont librement décidé d'en faire une vocation - et peut-être même un sacerdoce.

Devenir commissaire de police, c'est rejoindre le corps de conception et de direction de la police nationale. Concevoir, c'est voir dans son intégralité. C'est éclairer l'action de terrain à la lumière de l'analyse ; c'est insuffler de la méthode dans les réflexes ; c'est prendre du recul, y compris dans l'urgence. C'est faire de l'opérationnel une stratégie. Concevoir, c'est aussi voir avant les autres, anticiper, impulser, initier. C'est prendre les devants et assurer tous les arrières.

Oui, devenir commissaire de police, c'est rejoindre le corps de conception et de direction de la police nationale. Diriger, c'est mener sans les perdre les hommes et les femmes qui vous sont confiés. C'est leur donner l'orientation de l'action et le sens de la mission. Diriger, c'est bien sûr décider, trancher, assumer. C'est endosser seul la responsabilité de tous. Mais diriger n'est pas l'affaire des petits chefs : c'est le rôle des grands serviteurs qui attribuent à leurs hommes les victoires et prennent sur eux leurs échecs.

C'est tout ça, être commissaire de police – et c'est beaucoup de responsabilités en somme. Pour autant, vous êtes ce matin quelque 80 hommes et femmes issus de la 76e promotion des commissaires de police à accepter, en conscience, d'assumer une telle charge. Vous l'avez accepté devant de vos pairs de la 77e promotion qui bientôt vous emboîteront le pas. Vous l'avez également accepté, en vous avançant sous un nom de baptême prêté par l'un de vos plus illustres prédécesseurs. Le commissaire de police François Le MOUËL avait inspiré la création de la Brigade de recherche et d'intervention en 1964, et institué vingt ans plus tard, l'Unité de coordination de la lutte anti-terroriste, ce qui aurait suffi à faire de lui une figure inspirante pour les générations suivantes. Mais avant même de rejoindre les rangs de la police nationale, il avait rejoint ceux de la Résistance, tout comme son aîné, le commissaire Georges VIGOUREUX dont la 77e promotion a choisi l'éponyme. Voilà ce que c'est, aussi, devenir commissaire de police : c'est s'inscrire dans cette lignée d'aînés courageux dont on ne peut pas toujours imiter le sacrifice, mais dont on doit toujours honorer la mémoire et l'exemple.

D'ici à quelques jours, vous exercerez vos nouvelles responsabilités de commissaire de police, chacun à son poste et dans toute la diversité des filières qu'abrite la police nationale. Beaucoup d'entre vous rejoindront la sécurité publique, et tout autant la filière judiciaire ; d'autres encore occuperont des postes en renseignement ou à la police aux frontières. Chefs de service, de division, d'unité ou de district ; en circonscription ou dans les états-majors ; en service local, départemental ou central : la police nationale a besoin de chefs partout où elle fait son office ; elle a besoin de vous partout où elle vous envoie. Elle compte sur vous, comme je le fais moi-même. Parce que je connais parfaitement la valeur des commissaires de police de notre pays pour les avoir moi-même dirigés en diverses fonctions, parce que je connais leur sens de l'engagement, du devoir et de l'honneur que j'ai eu mille occasions de vérifier, vous avez mon absolue confiance, doublée de mon estime infinie.

Vive la police nationale,
Vive la République, et vive la France.


Source https://www.interieur.gouv.fr, le 29 juin 2026